‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 502 sur 676 · IV. Etude clinique · texte numérisé non relu

IV. Etude clinique

Nous ne pouvons nous occuper que des phlébites infectieuses des membres, les phlébites infectieuses viscérales ne sont pas isolées, il y a toujours des symptômes associés qui dépendent des lésions du parenchyme de l'organe en cause. Les phlébites infectieuses viscérales font ainsi partie de la pathologie des organes, foie, reins, cerveau.

A. DÉBUT

a) Brusque, rare. Parfois après un traumatisme local, à la suite d'une fracture, d'une opération, au cours d'une infection purulente, les manifestations phlébitiques se déroulent avec brusquerie et rapidité.

b) Insidieux, normal. Se manifeste par un œdème passager^ des douleurs vagues, mobiles, peu intenses.

c) Par embolie pulmonaire. C'est la phlébite latente à début embolique de Vaquez se manifestant au cours d'une infection quelconque par un point de côté brusque,

des crachats sanglants, hémoptoïques, une poussée fébrile d'intensité variable, des signes physiques en rapport avec la lésion.

B. Période d'état.

La phlébite infectieuse constituée se montre sous deux aspects cliniques. L'ancienne phlegmatia des classiques n'est que le second stade (période oblitérante) d'une complication de nature infectieuse dont le stade primitif (période pré-oblitérante) évolue plus sourdement, ne donnant lieu qu'à des S3^mptômes atténués. Bi. Phase pré-oblitérante.

a) Douleurs spontanées, engourdissements, élancements à caractères plus ou moins névralgiques ; localisées suivant le trajet d'une veine. A la jambe les douleurs irradient fréquemment vers la partie postérieure de la cuisse, le long du sciatique et suivant ses branches. Le diagnostic hésite entre la phlébite et la sciatique ; de fait les deux affections coïncident souvent.

b) Douleurs provoquées par pression de la veine sur le plan osseux sous-jacent ou à l'embouchure des grosses collatérales.

c) OEdème, Rarement considérable, diffus ou localisé à la cheville ; œdème blanc et rosé avec traînées rougeâtres de lymphangite superficielle, unilatéral, lentement ascendant, parfois transitoire.

d) Accès de fièvre du type de la fièvre septique.

e) Evolution.

a. Ce'ite phlébite préoblitérante ne marque que le premier stade d'une infection purulente compliquant une maladie infectieuse quelconque. La phlébite se généralise ou la lymphangite s'y associe, des embolies multiples vont semer l'infection dans tout l'organisme. Enfin le tableau de l'infection purulente se complète; c'est une forme fréquente de la fièvre puerpérale.

p. Evolution sub aiguë par poussées. C'est une phlébite récidivante, indéfiniment pré-oblitérante. La phlébite des cachectiques reste souvent à ce stade. Le type en est réalisé chez ces tubercu-

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leux qui ont des poussées fébriles avec douleurs malléolaires souvent du type névralgique et léger; œdème rosé, douloureux, malléolaire ou prétibial. Y- Ou passage à la phase oblitérante^ c'est la forme la plus anciennement connue, la phlegmatia alba dolens.

Z?2. Phase oblitérante : Phlegmatia alba dolens. a) Signes locaux.

Trois signes cardinaux : la douleur, l'œdème, la dilatation veineuse, a. Douleur.

C'est un signe précoce, mais très variable comme intensité et comme siège. Elle relève de deux origines : phlébitique, névritique. i. Douleur phlébitique.

Spontanée, légère, siégeant au niveau du thrombus : face interne de la cuisse, pli de Faine, mollet.

Réveillée par le mouvement, le palper au niveau du canal de Hunter, au-dessus de l'arcade crurale.

2. Douleur d'origine nerveuse ordinairement du type névralgique.

Douleur spontanée, paroxystique, suivant le trajet du sciatique et de ses branches. Douleur exagérée par le mouvement.

Quelquefois intolérable, rappelant les douleurs fulgurantes du tabès (forme névralgique de Quénu).

p. Œdème.

1. 11 débute et progresse ordinairement suivant la loi de Trousseau : l'œdème se montre d'abord à la racine des membres, il peut descendre progressivement ou sauter à la cheville et remonter vers la racine ;

2. Quand l'œdème est généralisé, le membre a un volume souvent énorme ; il prend une forme conique allongée, dont la base répond à la racine du membre.

La peau est blanche, tendue, lisse, cireuse, dure, infiltrée. Le doigl y laisse un godet caractéristique. Si l'œdème est rosé, c'est qu'au processus œdémateux s'associe un processus inflammatoire. Des arborisations veineuses bleuâtres se dessinent souvent à sa surface. Y- Cordon veineux.

1. La veine forme un cordon dur, plus ou moins volumineux, moniliforme, les renflements noueux répondant aux valvules ;

2. Il faut bien savoir que c'est un signe trompeur (il peut manquerj et dangereux à chercher (une palpation brutale peut être cause d'embolie).

S. Symptômes accessoires.

1. Température du membre plus élevée de quelques dixièmes de degré du côté malade.

2. Hj^darthrose du genou, subissant en général les fluctuations de l'œdème.

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