B. — SYNTHÈSE
Envisagés maintenant dans leur ensemble, nous voyons que ces muscles nous présentent des considérations générales aux différents points de vue : insertions, rapports, innervation, action, sous lesquels nous venons de les étudier séparément.
Insertions.
Nous observons, en effet, que tous ces muscles ont leur insertion mobile sur le voile du palais, et qu'ils ont, par conséquent, pour but d'assurer la mobilité de laquelle dépendent les différents états de tension ou de relâchement, d'élévation ou d'abaissement du voile.
Rapports.
Au point de vue de leurs rapports réciproques, ces muscles affectent, dans l'épaisseur du voile du palais, une disposition assez complexe, mais qui peut être comprise de la façon suivante :
Le péristaphylin externe, aponévrotique dans le voile, forme la charpente autour de laquelle se disposent les autres muscles. Sur le même plan que lui, se trouvent le faisceau moyen du pharyngo-staphylin et l'occipito-staphylin. Au-dessus de lui, on trouve, en allant vers la muqueuse de la face dorsale : 1° le péristaphylin interne; 2° les faisceaux accessoires ou superficiels du pharyngo-staphylin et le palato-staphylin. Au-dessous de lui, le glosso-staphylin et le faisceau profond du pharyngo-staphylin, sur un même plan.
Innervation.
Il est plus difficile de donner une vue générale de l'innervation des muscles du voile du palais, l'anatomie et la physiologie étant en contradiction à ce sujet.
a) Que nous dit Vanatomie ?
Schéma classique.
Le péristaphylin interne, élévateur du voile, et le palato-staphylin redresseur de la luette, reçoivent leurs rameaux du facial (branche palatine supérieure de Luschka, venue du sommet du ganglion géniculé à travers le grand nerf pétreux superficiel).
Le glosso staphylin et le pharyngo-staphylin adducteurs des piliers sont innervés par le rameau lingual du facial (branche palatine inférieure de Luschka).
Le péristaphylin externe tenseur du voile est innervé par la branche masticatrice du trijumeau soit directement, soit par le ganglion otique.
1* Le péristaphylin interne et le palato-staphylin sont innervés par le ganglion de Meckel qui reçoit sa motricité soit du facial, par l'intermédiaire du grand nerf pétreux superficiel, soit du glosso-pharyngien, par l'intermédiaire du grand pétreux profond ;
2° Le péristaphylin externe est innervé par le ganglion otique qui reçoit sa motricité soit du facial, par le petit nerf pétreux superficiel, soit du glosso-pharyngien, par le petit pétreux profond, soit encore du trijumeau par sa branche motrice, qui se jette, comme l'on sait, dans le nerf maxillaire inférieur.
;]° Le glosso-staphylin reçoit, d'autre part, l'influx nerveux moteur du facial, par son rameau lingual anastomosé avec un rameau analogue du glosso-pharyngien ; ce dernier nerf peut donc également contribuer à l'innervation motrice du glosso-staphylin ;
ï" Enfin Toccipito -staphylin et le pharyngostaphylin sont innervés parle plexus pharyngien, à la constitution duquel participent le glosso-
MUSCLES DU VOILE du PALAIS 7i
pharyngien et le pneumogastrique, ce dernier ayant déjà reçu la branche interne du spinal.
Au résumé, anatomiquement, l'innervation motrice du voile du palais semble donc pouvoir venir à la fois des nerfs lacial, trijumeau, glossopharyngien, pneumogastrique et spinal.
b) Que nous enseigne maintenant la physiologie?
Les dernières expériences de Vulpian (1887), sur le chien, ont donné les résultats suivants :
1° Electrisalion du facial et du trijumeau, rien ;
2° Ëlectrisation du glosso-pharyngien, quelques rares fois élévation légère du voile ;
3° Ëlectrisation du pneumogastrique audessus de son anastomose avec le spinal, résultat négatif;
4° Ëlectrisation du même pneumogastrique au-dessous de son anastomose avec le spinal, élévation énergique du voile ;
5° Ëlectrisation de la branche interne du spinal, même résultat.
Chez le chien, l'origine principale des libres motrices du voile appartient donc au spinal. Mais peut- on appliquer ces résultats à l'homme? L'anatomie répond non, et la pathologie semble lui donner raison ; la paralysie du facial semble, en effet, prouver que ce nerf joue un grand rôle dans les fonctions du voile du palais.
Expérimentation.
1° La branche motrice du trijumeau innerve seule le péristaphylin externe ;
2° Le facial ne fournit aucun rameau moteur au voile ;
•\" Le glosso-pharyngien reste également étranger à ses mouvements ;
\" Le pneumogastrique (vago-spinal) innerve tous les muscles du voile à L'exception du péristaphylin externe ;
5° Le spinal, ramené à ses anciennes limites d'accessoire de Willis, ne se rend pas au voile du palais.
c) Pathologiquement.
1° Il existe des observations d'hémiplégie du voile du palais avec paralysie récurrentielle du même côté (syndrome d'Avellis).
2° Il existe des cas de paralysie associée du voile du palais avec paralysie du trapèze et du sterno-mastoïdien.
En somme, une lésion du vago-spinal peut, en l'absence de toute lésion du facial produire une paralysie vélo-palatine.
Suivant l'hypothèse de Lermoyez, basée sur les constatations précédentes, il paraît « logique d'admettre « que le larynx et le pharynx (l'anche et le résonateur) « qui, pendant l'émission vocale, doivent présenter « un synchronisme et une harmonie de mouvement € absolus, qui ne sont en somme que les deux parties « d'un même organe vocal, doivent obéir à un même « nerf. »
Action.
Quoi qu'il en soit, considérés dans leurs actions synergiques, les muscles du voile du palais jouent un rôle important dans quatre fonctions : la déglutition, la phonation, l'audition et la respiration.
a) Dans la déglutition :
1° Pendant le premier temps, le voile du palais est tendu transversalement par les péristaphylins externes et de haut en bas par les glosso-staphylins ;
2° Pendant le deuxième temps, le voile du palais ne se renverse pas, comme le voulait la théorie ancienne ; mais il se tend encore, et, de plus, ferme hermétiquement l'orifice naso-pharyngien à l'aide des pharyngo-staphylins, qui rapprochent les piliers postérieurs, et des palatostaplivlins, qui, appliquant la luette sur ces piliers, rendent l'occlusion complète.
b) Dans la phonation :
1° Le voile du palais participe au timbre de la voix en contribuant à la formation de ses harmoniques ;
2° Il sert de plus à l'articulation des sons et plus particulièrement des consonnes explosives, qui ne sont pas prononcées dans sa paralysie.
c) Dans V audition, il maintient, par son action dilatatrice sur la trompe dEustache, une pression aérienne toujours suffisante dans l'oreille moyenne.
d) Dans la respiration, enfin, il joue un rôle modérateur. Il se contracte, en effet, dans l'aspiration nasale et, rétrécissant ainsi la colonne d'air inspiré, il protège les cavités cardiaques contre une distension thoracique trop puissante. Aussi la respiration nasale est-elle le mode respiratoire normal et celui que l'on doit recommander dans la course et les exercices violents.
nasales, surtout des liquides chauds, par défaut d'occlusion du pharynx nasal.
p. Dysphagie.
y. Pénétration de parcelles alimentaires dans le larynx ; accès de suffocation.
o. Voix faible et nasonnée, voilée, impossibilité de prononcer les labiales, parce que colonne aérienne, passant en partie par le nez, fait vibrer difficilement les lèvres.
s. Succion, aspiration difficiles, d'où danger pour nourrisson.
<p. Troubles de l'audition par paralysie du péristaphylin externe.
b) Symptômes généraux, le plus souvent nuls, nous l'avons dit parfois :
a. Légère pâleur ;
p. Ralentissement du pouls.
c) Symptômes physiques :
a. Changement d'aspect de la gorge :