DÉVELOPPEMENT DE LA PARTIE SUPERIEURE DU TUBE DIGESTIF
l. Vècole allemande fait généralement dériver le tube digestif de la splanchnopleure ; quelques auteurs en exceptent la cavité buccale proprement dite. Quoi qu'il en soit, le revêtement épithélial du pharynx proviendrait du feuillet interne de l'embryon.
A. D'après Bischoff on pourrait distinguer dans le tube intestinal trois portions :
a) Intestin supérieur ou oral qui formerait la bouche, le pharynx, l'œsophage, l'estomac, le duodénum, les glandes salivaires, le poumon, la trachée, le foie et le pancréas ;
b) Intestin moyen ;
c) Intestin terminal ou anal.
Cependant, de l'aveu de Bischoff lui-même, le développement de la première portion du tube digestif est encore entouré d'obscurités. Il en voit la preuve dans ce fait que l'œsophage n'est pas attaché à la colonne vertébrale par un mésentère comme le reste de l'intestin.
B. Kôlliker distingue encore dans l'intestin :
à) Une portion initiale ectodermiqne, d'où dériverait la cavité buccale jusqu'aux piliers postérieurs.
b) Une portion terminale également ectodermique, répondant à la région anale.
c) Une portion moyenne formée par la splanchnopleure, c'est-à-dire mésodermique et endodermique. Kôlliker la divise elle-même en :
a. Mésentéron seul pourvu d'un mésentère.
p. Postentéron se projetant en cul-de-sac vers l'extrémité caudale.
Y. Proentéron comprenant le pharynx et l'œsophage. Il communique ultérieurement avec la cavité buccale dont il est temporairement séparé par un très mince rideau de tissu mésodermique. Pendant que l'extrémité céphalique de l'embryon se redresse et s'allonge, les parois latérales du pharynx se rompent en quatre endroits (fentes branchiales et pharyngiennes), mais s'il faut en croire Remak, malgré ces perforations, l'épithélium pharyngien et œsophagien reste indépendant de l'ectoderme.
II. V école française admet rationnellement que le revê- « tement épithélial des premières voies digestives jusqu'au cardia provient primitivement ou secondairement de l'ectoderme.
A. Elle en donne les raisons suivantes :
D'abord elle constate que la muqueuse des organes qui composent cette section, offre les caractères généraux du tégument cutané : leur chorion est papillaire, il ne renferme presque jamais de glandes dans son épaisseur. Celles-ci sont logées dans le tissu conjonctif sous-muqueux. Il est protégé par un épithélium pavimenteux ou cylindrique vibratile que Ton ne trouve pas dans l'intestin au-dessous du cardia. Il supporte des productions cornées ou dents.
H. Or, nos embryologistes ne doutent pas que le proentéron d'origine endodermique ne tienne réellement la place du pharynx et de l'œsophage ; ils pensent que les cellules de ïectoderme envahissent le proen-
tèron et se substituent aux cellules endodermiques en pénétrant à travers les fentes brachiales. Et comme la quatrième fente siège au niveau du point où se développera le diaphragme, ce sera donc jusqu'au niveau du cardia que le feuillet externe viendra se substituer au feuillet interne. Cette opinion repose sur V étude de V embryon de poulet.
Mais M. Cadiat a ajouté à cette démonstration un complément emprunté à l'évolution des mammifères eux-mêmes. Cet anatomiste eut la bonne fortune d'étudier un agneau dont les arcs branchiaux étaient incomplètement développés. Le cou présentait d'abord une large fente « tapissée entièrement par la peau » et communiquant avec l'oreille externe, puis au-dessous un large orifice tapissé également par la peau et communiquant avec le larynx. La première fente correspondait à cet organe, à l'oreille moyenne, à fa trompe, à la portion médiane du pharynx. Cette pièce tèratologique fort importante montrait donc que l'épithélium des muqueuses pharyngienne, laryngienne et de celles qui sont en relation avec elles se forment aux dépens du feuillet externe.
III. Quoi qu'il en soit, d'abord très court l'œsophage s'allonge au fur et à mesure du développement du thorax. Vers le quatrième mois il acquiert sa tunique musculaire. Du cinquième au sixième mois des papilles et des glandes.