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RECUEIL

DE

TALISMANS LAOTIENS

Dans le récit de son voyage en Indo-Chine, l’explorateur anglais Holt. Ilallett a publié la remarque suivante : « Pour quiconque voyage les yeux « ouverts en Chine et en Indo-Chine, il devient évident que le bouddhisme « est une sorte de vernis répandu sur les anciennes superstitions toura- « niennes et dravidiennes que les populations ont conservées. La croyance « à la divination, aux charmes, aux présages, à l’exorcisme, à la sorcelle- « rie, aux médiums, aux spectres et aux démons toujours prêts à faire du « tort aux hommes et à les tourmenter individuellement, est universelle « dans ces contrées, sauf peut-être parmi les gens les plus cultivés l. »

J'ai eu très souvent l’occasion de constater, pour ma part, combien était exacte cette observation du voyageur anglais, dont le récit contient de si précieux détails sur les superstitions des tribus thaïes qu'il a visitées dans l’ouest de la péninsule. Ces populations qui étaient sans doute exclusive-

1 Holt S. Hallett, A thousand miles on an éléphant in the Shan States, 1 vol., Londres, 1890.

Ann. G. — A.

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ment adonnées au culte des esprits, avant de devenir bouddhistes, ont un grand nombre d’usages communs avec les habitants les plus anciens de l’Indo-Chine, cesKhas que la doctrine de Somana-Kodom ne paraît pas avoir jusqu’à ce jour très profondément pénétrés et qui vénèrent encore les Esprits, au point de pratiquer à certaines époques le jeûne en leur honneur. Quelques-unes des supertitions thaïes, se rapportant directement au culte des esprits, touchent d’autre part de bien près à celles des populations d’origine thibétaine qui envahissent progressivement le nord de l'Indo-Chine ; nous pouvons nous en faire une idée par le manuscrit mosso qu’a rapporté en 1895, M. Bonin1, et par celui de même origine qu’a reproduit le prince Henri d’Orléans2.

J’ai été moi-même en mesure de constater chez les Yaos du nord de l’Indo-Chine, l’importance qu’ils attribuent aux esprits de toute sorte qui peuplent la nature. Un jour, en me présentant dans une maison Yao , je fus étonné de voir le chef de la famille prendre des bâtonnets et les agiter en articulant des monosyllabes bizarres. Les esprits s’étant déclarés favorables, il se leva aussitôt pour me faire le meilleur accueil. Dans une autre maison Yao, je pus me procurer un bloc en forme de règle, servant à l’impression d’images destinées à écarter les mauvais génies. Comme les Chinois des basses classes, les Yaos et les Thaïs du nord leurs voisins recourent fréquemment à des recueils de bonnes recettes, d’oracles et de talismans qui forment le fonds principal de leur littérature, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les manuscrits que j’ai déposés à la bibliothèque de l’École des Langues orientales. Peut-être trouverait-on, dans les pratiques anciennes de ces tribus, la clef d’une partie des usages qui ont pris place dans les manuels et calendriers de la vie courante chez les Chinois et les Annamites. Peut-être la réciproque est-elle également vraie et doit-on reconnaître une origine chinoise à certains usages pratiqués par ces populations qui subissent depuis longtemps le prestige de la civilisation voisine, sous sa forme la moins raffinée mais la plus accessible. A cet

1 C. -E. Bonin, Noie sur un manuscrit mosso ( Actes du XIe Congrès des Orientalistes , Paris, Leroux, 1898).

2 Prince H. d’Orléans, Du Tonkin aux Indes , Paris, Calmann-Lévy.

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égard, les mœurs des Thaïs blancs de Lai-Chau sont tort intéressantes. J ai assisté, en route sur la Rivière Noire, aux funérailles d’un batelier enlevé par une maladie contagieuse. A peine venait-il d’expirer, ses camarades le tirèrent de la barque où il se trouvait et, l’ayant enveloppé dans une natte, l’ensevelirent dans un banc de sable ; puis ils se remirent rapidement en marche, après avoir agité l’air autour de la tombe avec des branchages, afin d’écarter, me dirent-ils, les mauvais esprits résidant aux alentours. — On m’a raconté à Lai-Chau la fin lamentable d’une femme qui passait pour possédée par les esprits et contre laquelle les hommes du village s’acharnèrent avec férocité. Ils lui avaient ligotté les mains et les jambes et l’avaient descendue à la rivière pour la noyer. La pauvre femme, étant parvenue à dégager ses mains, essaya de s’accrocher à la pirogue où se tenaient ses meurtriers, mais ceux-ci la repoussèrent violemment avec leurs rames ; au prochain rapide elle disparut.

Comme les Romains, les Thaïs interprètent le vol des oiseaux dans le sens des oracles. Sur les bords du Mékong, nous fûmes ainsi retardés dans notre marche pendant une journée entière, parce qu’un Thaï de Lai-Chau, chef de notre escorte, avait aperçu à son réveil des corbeaux tournoyant dans un ciel gris au-dessus des bancs de sable. Si nous n’avions pas tenu compte de sa mauvaise impression, il l’aurait certainement fait partager aux hommes qu’il commandait. Il faut d’ailleurs reconnaître que les chefs, lorsqu’ils sont intelligents, savent tirer, au point de vue politique, un singulier parti de la crédulité de ceux qui les entourent. J’ai eu plus d’une occasion de m’en rendre compte. Lors de sa soumission, le chef des Thaïs blancs, Deo-van-tri, nous convoqua un soir dans sa demeure, et là, devant l’autel des ancêtres, il fit une invocation des plus pathétiques à tous les esprits qu’il vénérait, pour les prendre à témoin de son changement d’attitude à l’égard de la France, et des motifs qui l’avaient provoqué. — Une autre fois, comme ce chef allait s’engager avec nous dans une opération des plus délicates, il organisa une manifestation fort curieuse destinée à nous impressionner. Nous étions arrêtés dans l’un des sites les plus pittoresques de la Rivière Noire et la nuit était tombée peu à peu quand, au sommet des rochers qui dominaient le fleuve, nous vîmes s’avancer un défilé de torches. Simulant une grande

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inquiétude, Deo-van-tri alluma des bâtonnets et se mit à réciter des prières. Tout cà coup les torches s’étant éteintes, il nous déclara avec joie que les esprits venaient de se montrer et que nous nous apercevrions de leur bienveillance dans la suite de nos entreprises. — Dans une autre circonstance, et à la suite d’une assez longue absence dans une région éloignée, je vis le même chef et ses hommes célébrer le jour de la rentrée sur leur territoire par un sacrifice solennel aux esprits : des victuailles furent d’abord exposées sur un autel, puis consommées séance tenante par les voyageurs reconnaissants.

Quelques-uns de ces usages ont peut-être une origine chinoise. En tout cas, il serait intéressant de les comparer aux superstitions pratiquées à Bangkok même par les Siamois. Suivant Mgr Pallegoix *, les Thaïs du Bas-Ménam possèdent en effet d'importants recueils de magie et de sorcellerie rédigés dans leur langue.

Les Annales siamoises racontent que l’ambassade envoyée par Phra- Naraï à la cour de Louis XIV2 était accompagnée d’un astrologue qui fit étalage de ses talents devant le Grand Roi : « Il choisit seize de ses compagnons auxquels il remit des talismans en métal gravé de sentences mystiques et de nombres mystérieux, ayant la propriété surnaturelle de détourner les coups dirigés contre la personne de ceux qui en sont porteurs. Grâce à la vertu magique des trois refuges et à la puissance protectrice des nombres et sentences mystiques qui rendent invulnérables et invincibles, d’adroits tireurs français qui avaient reçu Tordre de tirer sur eux, furent absolument impuissants; les pierres ne lancèrent aucune étincelle, la poudre des bassinets ne s’enflamma point et nulle arme ne partit. »

11 convient d’établir de sérieuses distinctions entre les traditions qui sont comme une transmission directe des races qui se sont successivement fixées ou développées en Indo-Chine et les usages qui se sont en quelque sorte introduits sous le couvert d’un culte organisé et re-

* Pallegoix, Description du royaume Thaï ou Siam, Paris, 1854.

5 Rochedragon, Les Annales officielles siamoises (Société de géographie de Rochefort, 1891).

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connu dans la pratique des bouddhistes de la péninsule. Bien qu’on semble s’exagérer l'influence première et le rayon d’action du brahmanisme ou plutôt du sivaïsme dans ces contrées, il est impossible de méconnaître que les religions hindoues ont introduit en Indo-Chine plusieurs coutumes contre lesquelles le bouddhisme paraît avoir encore moins réagi, que contre les traditions des ancêtres ; elles ont exercé en somme la même influence chez les Cambodgiens et les Thaïs que le taoïsme chinois, chez les Annamites. 11 est assez facile de ne point confondre dans les pratiques actuelles ce qui provient de l’un ou de l’autre de ces deux courants extérieurs, mais il importe aussi de distinguer ce qui appartient en propre à l’hérédité locale.

Si l’on consulte les annales indigènes, on est surpris de voir de quelle façon variable les superstitions ont été envisagées à des époques différentes par les pouvoirs publics. C’est ainsi qu’en Annam, l’empereur Minh- Mang1 nous apparaît comme auteur d’un livre d’oracles et inventeur d’un système d’horoscopes, alors que d’autre part le Code annamite punit de mort les auteurs de prédictions, de livres ou de paroles magiques, ainsi que ceux qui en auront fait usage et troublé la multitude.

Les chroniques du Laos2 indiquent assez clairement que l’introduction du bouddhisme chez les populations du bassin du Mékhong ne permit point aux anciens usages de se développer aussi librement que par le passé, bien que l’influence de la doctrine nouvelle n’ait jamais été assez puissante pour les faire disparaître. Le bouddhisme fut obligé de s’accommoder du culte rendu depuis les temps reculés, aux génies protecteurs de la race résidant en des lieux déterminés : « A cette époque, disent d’ailleurs les « chroniques, le peuple n’était pas instruit dans la religion ; on ne connais- « sait pas Bouddha ; on ne s’adressait aux prêtres en aucun cas; toutes les « prières et les souhaits allaient vers les esprits des ancêtres 3. »

1 Dumoutier, Etudes d' ethnographie religieuse annamite ( Actes du XIe Congrès international des Orientalistes, Paris, Leroux, 1898).

2 Mission Pavie, Recherches sur i histoire. Histoire du pays de Lan-C hhang , Paris, Leroux, 1898, pp. 31, 32, 42, 45, 47).

3 Mission Pavie, Recherches sur l’histoire. Histoire du Prabang, Paris, Leroux, 1898, p. 117.

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Les prêtres bouddhistes venus du Cambodge laissèrent s’établir à la cour des princes laotiens des astrologues, que l’on consultait pour les naissances, pour le choix des jours propices, pour les décisions à prendre dans les circonstances graves, comme cela se faisait d’ailleurs dans leur pays.

En présence des pratiques religieuses laotiennes, complètement amalgamées et fondues, qui penserait aujourd’hui qu’un grand nombre d’entre elles sont d’une orthodoxie très discutable? A cet égard, rien de plus instructif que le passage suivant de la Chronique du Pra-Bang : « Agé de « quinze ans, Pra-Potisarach-Koman'succéda en 1 520 à son père Yisoun. La « septième année de son règne, il pensa à introduire des réformes dans les « fêtes religieuses. Il voyait des gens faire des actes pieux à l’adresse des « morts, des génies, etc..., ce qui était erreur. Il fit rejeter ces coutumes « superstitieuses et édifia le temple de Xieng-Dong, qui fut exclusivement « réservé aux pratiques religieuses et à leur enseignement. »

Le zèle de Pra-Potisarach-Koman paraît n’avoir produit que des effets très passagers, si l’on en juge par le culte assidu dont continuent à être l’objet tous les Phyes ou Génies, favorables et hostiles, qui peuplent le sol l’air ou les eaux du territoire indo-chinois. Les maisons, les arbres, les rochers, les fleuves sont habités par ces êtres invisibles, qui peuvent faire du bien, mais qui plus souvent sont tentés de faire du mal, si l’on n’a pas soin de se les rendre propices. Aussi est-ce à chaque pas que l’on rencontre des autels dressés à ces puissances de la nature. Des tablettes carrées en tige ou en feuille de bananier sont suspendues aux branches des arbres, pour recevoir les offrandes d’eau, de bétel, d’arek, de fleurs, de riz et d’alcool, destinées aux Phyes. A l’entrée des villages, on entretient avec soin de petites cahutes, où sont déposés des simulacres d’offrandes en terre, en papier et en bambou : vases, porcs, maisonnettes, bateaux. Dans la forêt, ce sont souvent des tas de pierres, des amas de brindilles ou de branchages qui rappellent la présence des Génies. Sur les cours d’eau, à l’approche des rapides et des passages dangereux, quelques grains de riz offerts avec dévotion aux Phyes des eaux, sont nécessaires pour assurer la sécurité du voyage. Une épidémie sévit-elle dans la contrée, on offre aux Génies des poupées en terre, pour la préservation des enfants menacés par

Planche A.

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le fléau. Un malheur s’est-il produit dans un village, les habitants n’hésitent pas à le changer de place pour satisfaire les Esprits.

L’existence de ces êtres surnaturels participant directement à l’existence des vivants est si peu mise en doute que les Laotiens attribuent à leur intervention, non seulement les événements heureux ou malheureux qui les affectent, mais encore la sanction morale de leurs actes, manifestée par la voix de leur conscience. C’est ainsi que les esprits des ancêtres contrôlent les relations amoureuses de leurs descendants, et qu’en guise d’expiation, ils exigent des offrandes très savamment tarifées1.

L’homme, se sentant faible vis-à-vis des forces de la Nature, cherche à se les rendre favorables, non seulement par des sacrifices et par des offrandes, mais par des amulettes et des talismans dont l’usage continu le rassure. J’ai pu me procurer à Luang-prabang un collier en ficelle (pi. A), auquel sont accrochés les objets les plus bizarres, tels que des oursins pétrifiés, des dents d’animaux sauvages, une hache préhistorique en pierre, tous objets auxquels on attribue, soit à cause de leur forme, soit à cause de leur origine inconnue, un pouvoir de préservation ou un caractère symbolique. Ne faut-il pas voir par exemple une tradition phallique dans ces cornes et ces pierres aux formes spéciales que les Laotiens conservent chez eux comme des talismans précieux ou bien qu’il leur arrive même de déposer sur les autels de Bouddha? A Bangkok, j’ai vu de jeunes garçons siamois porter autour des reins une ceinture garnie de petits phalius et des petites filles porter au cou, en guise de collier, des ornements en or rappelant les organes de leur sexe, au milieu de poissons du même métal, symbole de fécondité.

A côté des autres pratiques superstitieuses, l’astrologie tient une place officielle au Laos jusque dans les pagodes, qui sont, aussi bien et plus que les maisons des particuliers , soumises à l’influence bienfaisante des constellations. Pas de temple qui ne soit édifié sous un signe propice, avec un accompagnement de chiffres favorables soigneusement notés sur l’inscription commémorative de sa dédicace. Le recueil des ins-

Aymonier, Voyage au Laos, Paris, Leroux.

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criptions thaïes traduites par le Père Schmitt 1 en contient de nombreux exemples qu’il est intéressant de consulter, car on y voit comment l’astrologie et la sorcellerie se sont amalgamées avec les coutumes religieuses des Thaïs, grâce à la tolérance du bouddhisme. Comme dans les inscriptions thiâmes du temple de Pô-Nagar2 on retrouve en tête de certaines inscriptions 'bouddhiques du Laos la syllabe sacrée om qui figure d’autre part sur des talismans thibétains, et dont Gsoma de Ixœros 3 dit que c’est une interjection mystique désignant le corps essentiel ou la personne d’un bouddha ou de quelque autre divinité. Voici la traduction d’une incantation magique laotienne où la syllabe om se trouve fréquemment reproduite :

Om, ô herbe blanche.

J’emploie le talisman de l’ange blanc.

Om. Sathathéti.

Om. J’invoque la puissance de Phra-In (Indra).

J’invoque la puissance de Phra-prom (le chef des génies célestes).

J’invoque la puissance des génies infernaux.

Om. Malia saming.

J’invoque le grand génie des êtres animés.

Om. J'invoque le bloc de marbre; je m’asseois sur ce bloc si dur; je me mets debout sur ce marbre très dur, mais plus dur est encore mon corps.

Ce talisman s’appelle borisat ; il se compose du chiffre 2, des chiffres qui se trouvent au pied du talisman et du caractère jo.

Les documents thibétains publiés par Schlagintweit4 présentent de sérieuses ressemblances, non seulement avec ce talisman laotien, mais avec

1 Mission Pavie, Recherches sur l'histoire. Paris, Leroux, 1898.

2 Bergaigne, Inscriptions du Campa ( Journal asiatique).

3 Csoma de Kœros, Grammar, p. 106.

4 Schlagintweit, Le Bouddhisme au Thibet ( Annales du Musée Guimet ).

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beaucoup d’autres et notammentavec une inscription sur ardoise (pl. B) qui se trouve sur l’autel du Wat-Xieng-Dong, une des plus anciennes pagodes de Luang-prabang. C’est, paraît-il, une combinaison excellente pour assurer la prospérité du royaume laotien et le garantir de tous les malheurs.

Planche B

La partie médiane du talisman porte le nom de Chéa-ta ; ce qui l’entoure s’appelle Eté-pé-so , et les figures rondes aux quatre angles du quadrilatère Neac-vac-tha.

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Je me suis procuré, plus bas sur le Mékhong, non loin de Vien-Chang, le talisman suivant (planche C).

Planche G.

Ces dessins ressemblent beaucoup aux figures que les Younes du bassin du Ménam portent gravées sur le bambou de leurs chapeaux de guerre et surtout à celles que Shans et Birmans se font tatouer en rouge ou en bleu sur toutes les parties du corps et même sur la peau du crâne.

Les Laotiens du bassin du Mékhong, beaucoup moins adonnés au ta-

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louage que leurs parents el voisins de l’ouest et du nord-ouest, recourent néanmoins assez souvent à la protection de ces images qu’ils portent soit tatouées, soit dessinées sur certaines parties de leurs vêtements.

Je désirais depuis longtemps me familiariser avec ces images, lorsque en visitant un jour une pagode de Luang-prabang, j’eus la chance de trouver, aux mains d’un jeune bonze, un recueil de talismans qu’il consentit assez facilement à me céder.

Ce sont ces dessins que je reproduis ici, avec la traduction des combinaisons de chiffres et de caractères qui les remplissent, et les explications que j’ai pu me procurer par l’intermédiaire de Tchioum, mon intelligent interprète, très répandu parmi les bonzes de la capitale laotienne.

Pierre Lefèvre-Pontalis.

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