DIVISIONS
Clienebrim, Vernciiil el Tillières, descend en Seine et sépare de ce côté la Normandye d'avec le Perche et la France ; dedans le dict pais du Pciclic, sur le bord de la dicte rivière d'Avre, devant et joignant le dict Verneiiil du costé de France étoit anciennement hasti Verneiiil au Perche (1) qui fust ruynô'et bruslé par Hasline le Danois lorsqu'il ruyna et brusla le ])aïs depuis la Normandye jusqu'en Touraine, auquel, pour avoir paix, le roy Charles donna le comté de Chartres que depuis il vendit à Thibault, comte de Bloys(2). Des ruines duquel Verneuil au Perche, Henry, premier du nom, roy d'Angleterre et duc de Normandye, fist bastir (3) le Yerneiiil qui paroit aujourd'huy de l'autre costé de la rivière d'Avre sur sa terre de Normandye en quoy il enferma et se servit du chasteau et d'un coin du A^erneûii au Perche que l'on appelle le fort Sainct- Laurent dans lequel sont le chasteau, le couvent des Gordeliers, l'esghze paroissiale de Sainct-Laurent et quelques maisons et fist aussy faire le grand étang qui est devant le dict chasteau au lieu où estoit partie du dict Verneuil au Perche pour rendre son Verneuil plus fort du costé de la France, lequel fort Sainct-Laurent a encore sa vieille çlosture de haultes
« on y trouve l'abbaye de St-Vincent aux Bois, la collégiale de Maillebois « et les prieurés de :
« Bellomer, ordre de Fontevrault, fondé en 1119 par Hugues de Châ- K teauneuf, qui avait aussi fondé Saint- Vincent aux Bois pour des cha- « noines réguliers.
ros u, I dépendants de St-Père de Chartres.
« Bresolles, )
« Thimer, dépendant de St-Florentin de Bonneval.
« SenonchesA
« Réveillon, | dépendants de St-Père en Vallée.
« La Puisaie,)
« Les Terres françaises dont les limites sont confondues dans le Thime- « rais, possèdent la maladrerie de Saint-Marc de Vieux Verneuil et les (( prieurés d'Armentières et de Saint-Etienne les Ghênebrun, dépendant « de St-Père en Vallée, d [Addition de M. Dclestang. — il/s. de M. de La Sicotière.J
(1) Add. « Ville très ancienne que l'on dit avoir été bastie par Jules u César qui en laissa le tesmoignage en la Tour Grise qui est encore ft entière par l'inscription que j'ay dict, après la victoire des Unelli ou « Percherons. >' [Fru;/. imp. à Mortagnc.l
(2) Var. H Hasting se rendit maître de Chartres et s'en fit comte en 845. « Charles le Chauve le reconnut en cettequalilé.Hastingcédaouvenditdepuis *' le comté de Chartres à Thibault, neveu du comte do Paris; il ne fut pas H comte de Blois, comme dit Bart ; ce fut un de ses successeurs, Thibault a le Vieux ou le Tricheur , qui fut comte de Blois et de Cliartres. » (Addit de Dclestang. — Ms. de M. de L. S.)
} Add . « en 1120. » (Jd.J
murailles du costé du dict Verneiiil qui en fait séparation et dans icellc ses portaux par lesquels on entroit de Normandye dans Yerneûil au Perche que Ton appelle à présent le Vieil Yerneûil ; se servit aussy le dict Henry de la Tour Grise pour servir de" fort au nouveau Yerneiiil. L'assiete de ces deux places justiiïie qu'elles dépendoient du dict Yerneiiil au Perche et servoient de deffenses contre la Normandye parce que le donjon du chasteau qui est le plus fort a la force et la face tournées vers le dict nouveau Yerneûil; et y commande et les maisons et les \ogemens du dict chasteau sont bastis sur les murailles de la closture d'iceluy vers le dict Yieil Y'ernetiil au Perche, tout au découvert et sans force et peu de deffense sinon du dict étang, et la Tour Grise, qui est scise hors et près la muraille, dedans un marais plein d'eau a aussy sa force et face tournées vers le dict nouveau Yerneiiil, lavis et veiies y donnant lumière, qui est la partie la plus foible regardant vers le dict Yieil Yerneiiil ou Yerneiiil au Perche à laquelle Tour Grise est demeurée la jurisdiction du dict Yerneiiil au Perche qu'on appelle le Ressort françois où il y a chastellenye royale de laquelle les appellations ressortissent au Parlement de Paris (1) et la jurisdiction est exercée dans un auditoire particulier basti dans le dict fort Sainct-Laurent. et n'a rien de commun avec la jurisdiction du dict nouveau Yerneiiil ; auquel Yieil Yerneiiil ou Yerneiiil au Perche estoit encore une belle esglize' fondée de Sainct-Martin, quelques murailles des vieilles forteresses et un grand fauxbourg que le sieur Baron de Médavy (2) , gouverneur du dict Yerneiiil durant les guerres civiles de la Ligue, fist rompre en l'an 1591 et ne reste plus aparamment du dict Yerneiiil au Perche que partie d'une chapelle et quelques maisons appellées la maladrerie Sainct-Marc qui est une ancienne léproserie.
Le dict Henry, roy d'Angleterre, fist aussy bastir les chasteaux de MouUns (3) et Bonmoulins (4) pour bornes et forteresses de la Normandye contre les Percherons qui lui faisoient tousjours la guerre.
Le dict nouveau Yerneûil (5) est un siège particulier du bailliage
(1) Add. i< Au présidial de Chartres et au Parlement de Paris. » (Frag. imp. à Mortagne.!
(2) Var. « Pierre Rouxel, baron de Médavy. » [Ms. de M. de La Sicotière.J
(3) Moulins-la-Marclie, arr. de Mortagne, bâti vers 1H6.
(4) Gant, de Moulins-la-Marche, bâti vers 1 100.
(5) Va>'. (< Le Verneùil normand que d'anciens documents dénomment « le Verneùil lès Perche. » (Ms. de M. de La Sicotière.J