‹ Recueil des antiquitéz du PercheChapitre 25 sur 67 · TITRE II · texte numérisé non relu

TITRE II

DE MORTAIGNE<i'

Mortaigne, de temps immémorial a esté tenue pour la principale et capitale du pais du Perche (2) en laquelle les comtes du Perche avoient leur chasteau et demeurance et se trouve le fils aisné et successeur du dict Geofroy, comte du Perche, avoir porté le nom et qualité de comte de Mortaigne (3), mais l'on ne trouve point qui l'a fait bastirny imposé son nom ; on trouve bien qu'elle aesté ruinée plusieurs fois (4) et la dernière a esté en l'an 1378 (5)

(1) Mortagne sur montagne le plus beau bourg de France [Proverbe de MortagneJ.

(2) Add. « Faisant le comté, et telle jugée par arrest et jugement de « i'Éschiquet d'Alençon, en l'an 1520, vivant Charles de "Vallois, comte « d'Alençon et du Perche, et par iceluy jugement, la préséance et préé- « minence a esté adjuiiée aux juges et officiers du dict Mortagne qui « feurent qualifiés juges et officiers du Perche et après eux, ceux de <( Bellesme et de la Perrière. » [Fray. imp. à Mortagne.]

(3) Add. « En laquelle ville de Mortagne comme capitale se faisoient « les assemblées des princes et de la noblesse de la province pour traiter « des affaires publiques, ouïr les plaintes du peuple et leur faire justice. « Et depuis les grands jours de la dicte province s'y sont toujours assem- « blés et s'en trouvent des jugements donnés es années 1392, 1511 (' et 1S20. » [Ibid.J

{i) Add. « Entre autres par le comte d'Anjou, vers l'an 1170, en la dis- € putte qu'il eust contre Geoffroy, comte de Mortagne. » [Ibid.l

(5 Var. (( Soit en 13S6 par les Navarrois pendant la captivité du roi « Jean selon quelques-uns, soit en 1578, suivant Bart. » (Ms. de M. de La Sicoiière./ — Elle fut cependant encore prise et pillée par les Huguenots le 22 mars 1562 et brûlée par eux aussi en 1568. En 1589 les guerres de la Ligue lui firent subir de grands dommages, et en 1590, les Ligueurs s'en emparèrent. — D'après plusieurs auteurs, elle aurait été prise et pillée 22 fois en trois ans et demi par les catholiques et les calvinistes. — Qu'il nous soit permis de mettre en doute cette assertion. Toujours est-il qu'elle eut à subir de rudes assauts qui ne sont certainement pas étrangers à la ruine de la tour de l'église.

1" Série.

|jar le commandement de Charles, cinquiesme Roy de France, puni- éviter aux entreprises et prises des villes qui se faisoient dans le royaume par Thibault, comte palatin de Champagne, Roy de Navarre, à Tayde des Anglois (1) et paroissent encore partie des fossés et vieilles murailles de la closture du dict Mortaig-ne qui témoignent qu'il estoit de grande estendue, comme aussy il se trouve d'anciens tiltres de terres confrontées aux vieux fossés qui en étendent l'assiète bien large; elle est assise sur une montagne environnée partie de profondes vallées qui lui servoient de premiers fossés et un grand étang lors en eau et de présent en herbe (2). Cette ville est remplie de très beaux édifices tous de pierre, de belles, grandes et larges rues (3) ; cinq belles et grandes places publiques (4) où se vendent les marchandises, chacune selon son espèce, sans confusion, et la plus belle assemblée de foires et marchés du pais; cinq foires signallées (5), scavoir : la My-Carôme, Sainct- Jehan-Baptiste, Sainct-Rémy appartenant au Roy, Sainct-André appartenant au chapitre de Toussainctde Mortaigne, et le jour Sainct-Jacques et Sainct-Christophe, appartenant aux dicts de Chartraige qui se tient près et joignant le dict lieu de Chartraige hors le dict Mortaigne; la cinquiesme le premier jour de may, au dict lieu de Chartraige à eux appartenant En l'une des dictes places se vendent les bestiaux comme

(1) Add. « Bart fait erreur en ce que c'était Charles II, dit le Mauvais, « qui régnoit alors en Navarre et que ïhebaud étoit décédé dès l'an 1253, « plus d'un siècle auparavant. » /Delestang. — Ms. de M. de La S.J II s'agit bien, en effet, ici de Charles le Mauvais qui s'allia aux Anglais contre la France. Il régna de 1332 à 1387, il était fils de Philippe d'Evreux et de Jeanne de France dont le père était Louis le Hutin. — L'abbé Fret, dans ses Chroniques perchevonnes (III, p. 101) commet la même erreur que Bart, avec la date de 1356.

(2) Cet étang devait se trouver au bas de la côte du Val, près de la route de Paris.

(3) Régulières et bien éclairées de nuit, dit un vieil auteur. Que dirions-nous aujourd'hui ?

(4) Var. « Cinq portes, sept belles et grandes places publiques. » (Fruy. imp. à Mortagne.J

(5) Var. « Le ms. de M. de La Sicotière et le ms. de Versailles ne signalent que quatre foires ; ils suppriment celle de Saint-Réray ; le Frag. imp. à Mortagne en indique au contraire une sixième, le premier et second jour de mai. Ce dernier nombre est conservé aujourd'hui ; les foires de Mortagne ont en effet lieu : le 4" samedi de carême (dite de la Mi-Carême), le U-r samedi de mai (dite de Saint-Philippe), le 23 juin (dite de Saint- Jean-Baptiste), le 24 juillet (dite de Saint-Jacques), le samedi avant les Courses en septembre (dite de Saint-Rémy), le 1er décembre (dite de Saint-André).

1" Série, 4

chevaux, bœufs, vaches, chacun séparément; en l'autre quartier le bergeail et les porcs; en l'autre les grains; en l'autre les bois, vins, cidres et autres boissons; en l'autre (1) la vollaille, œufs et autres menues denrées, et en l'autre les draps, toiles (2) et fil dont se fait grand trafic au dict Mortaigne. Outre ce, une des plus belles boucheries qui soit au pais où, en un seul jour de marché, qui est le samedy, se débitent cinquante bœufs, cent veaux et cinq cens moutons (3), sans tout ce qui s'en débite extraordinairement par les sepmaines (4). En ses valons il y a de très belles fontaines, partie desquelles font moudre le moulin royal pendu à la chaussée du dict vieil étang, arrosant quantité de prés sois au dessous du dict Mortaigne (5),

(1) Add. « Qui est vis-à-vis l'église Notre-Dame, -o (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Ces toiles, faites de chanvre et qui sont fortes et propres à faire des paillasses, se transportent à Paris, à Rouen, à Saint-Quentin par les routiers du dit Mortaigne et des environs qui sont payés de leurs voitures par des commissionnaires que les marchands des dites villes ont résidents à Mortagne où il n'y a plus de marchands qui fassent pour leur compte depuis quinze ans, ceux qui le faisoient aïant acheté des charges les uns dans les finances, les autres dans la judicature, et l'on voit par les registres de la vente que le commerce de ces toiles pendant la guerre a été porté, année commune, à la somme de 250,000 livres.

Les femmes et les filles du commun filent les chanvres et les laines dont on fait les toiles et les étamines et chacun demeure icy dans son canton, en sorte que depuis quarante ans personne n'est allé aux Indes, en Canada, Hollande et Angleterre, ny sur mer, quoique l'exemple de dix ou douze personnes qui allèrent en Canada en ce temslà où ils sont fort bien établis. [Mémoire de Vintendcnit de la généralité d'Alencon, iOQS.j — La création d'un office de visiteur et marqueur de toilles en la ville de Mortagne et au pays et comté du Perche date du 31 décembre 1568.

(3) Add. « Le mouton de Mortagne est fort renommé : il croit sur les « loruyères qui sont aux environs de cette ville quantité de serpolet qui « donne aux moutons du pays un goût exquis ; il s'en fait des envois « considérables à Paris. » (Ms. de M. de La Sicotière et ms. de Versailles.)

(4) Add. « Et le mercredy qui est le second marché. » [Frag. imp. à Mortagne.)

(o) Add. « Portes. — Il y a au dict Mortagne cinq belles et grandes « portes qui ferment la ville. Elle est close, tout à l'entour, de belles ft grandes et bonnes murailles, garnies de bonnes tours et bastions bien « flanqués, parties des quelles murailles sont en ruine par leur ancien- « neté.

« La première des portes est la porte dicte de Paris, vers l'orient, hors f< laquelle est un beau grand faux bourg appi lé le Val, qui est de grande 0 cstendùe et dans lequel est bnstie l'esglise de Sainct-Jean ; outre ce, le « couvent de Sainct-François en letjuel il y a des filles de l'ordre de Saincte- <K Claire;

« L'autre qui est la porte de Chartrage qui est- vers le midy et hors

Anciennement il y avoit au dicl Mortaigne (i) un chasteau artiricioIein(>nt fait, basti et relevé en butte hors de terre en forme de doubles fossés et doubles murailles et un donjon au inilieu eslevé en une haute mote de terre aussy artificielement faite ; le relief des fossés finissant et se fermant à l'entrée et porte du dict chasteau en forme de croissant. Je ne pense pas qu'il s'en trouve un seul si artificielement construit et sont encore présentement partie du relief des fossés entiers ; l'esglize paroissiale de Sainct-Jean du dict Mortaignebastie depuis sa ruine sur le relief du premier fossé et plus haut sur le chef et du premier fossé est l'esglize paroissiale de Sainct-Malo qui estoit anciennement la chapelle du chasteau (2). Duquel donjon reste la bute et partie de la muraille de la tour qui estoit bastie sur icelle et quelques restes de murailles des vieux bastimens du dict chasteau qui paroissent avoir esté bruslés (3).

« laquelle il y a un beau faux bourg, dans lequel est basti le couvent dés « Capucins, et au bout Chartrage, dans lequel il y a des Augustins;

a La porte Sainct-Lanf/is est bastie vers l'occident, et hors-laquelle il y a « aussi un beau grand faux bourg, bien fermé de bonnes murailles, et au « bout duquel est l'église paroissiale de Sainct-Langis ;

« Il y a une autre porte vers l'orient appellée ]a porte de Rouen, hors « laquelle il y aussi un petit faux bourg, au costé duquel estoient ancien- « nement le chasteau de Mortagne, dans lequel est bastie une esglise « paroissiale fondée de Sainct-Malo ;

« La cinquiesme et dernière des dictes portes est la porte de Sainct- « Esloy, hors laquelle il y a aussi un beau grand faux bourg, dans lequel « est bastie une esglise fondée de M. Sainct-Esloy, qui est une très belle « esglise , et fort ancienne , en laquelle est le couvent des Mathurins « comme il sera cy -après dict et est icelle porte vers le nord. » (Frag. imp. à Mortagne.]

(1) Add. « Et hors la dicte porte de Rouen. » (Ibid.J

(2) Add. « Que l'on tient de tradition avoir esté auparavant un ancien « temple d'idole et basti suivant le modelle de ceux que l'on tient en « avoir servi, » (Fragm. ms. de M. Besnard.)

(3) Var. « La ruine du quel chasteau, par l'inscription du lieu et de ce « qui s'en trouve de tesmoignage par escrit, est de plus de 12 à 1,300 « ans, par ce que l'esglise paroissiale de Sainct-Jean qui est bastie depuis « la ruine du dict cliasteau, sur le relief du premier fossé, se trouve avoir « esté constituée paroisse il y a plus de 6 à 700 ans; et plus haut sur le « chef du deuxiesme fossé est l'esglise paroissiale de Sainct-Malo (\), qui (( estoit anciennement la chapelle du dict chasteau, que l'on tient avoir (f esté auparavant un ancien temple d'idole et basti sur la muraille de celles « qui y ont servy .... » (Frag. imp. à Mortagne.}

Add. « Lesquelles murailles ont esté ruinées dez l'année 1615 pour la « réparation des murailles de la closture du dict Mortagne. n (Fragm. ms. de M. Besnard. J

(1) Cette église a été ilémolie en 1783 apros le conscnlemoiit des cui-us et habitants de Saint- Jean. {Note du mi. de Mortagne .)

En signe et tesmoiguage de subjeclion toutes les paroisses de la chastellenye du dict Mortaigne, chacun an, le lundy des Rogations, viennent en la chapelle du dict chasteau en procession avec la croix et bannière, conduites par leurs curés ou vicaires comme renouvellement de foy et fidélité de leur service, à quoy les officiers de Tofficialité prennent garde et sy quelqu'un y manque, est puny par amandes (1).

Et encore de présent, au milieu du dict Mortaigne, il y a un enclos de fortes et hautes murailles basti des vieilles ruines du dict Mortaigne, flanqué de tours et de hauts et forts porteaux, la pluspart entiers actuellement, anciennement entourés de grands fossés qui depuis la ruine ont été baillés à rente au profict du prince (2), de présent comblés : en quoy l'on peut juger qu'autrefois le dict lieu a tenu lumière et du rang des villes importantes, d'ailleurs, qu'elle est composée de cinq belles paroisses, sçavoir : Nostre - Dame (3), Sainct-Jehan, Sainct-Malo, Sainct- Germain de Loisé avec sa succursale, Saincte-Croix, et Sainct- Langis (4); une esglize collégiale et trois beaux monastaires, sçavoir : l'esglize collégiale de Toussainct (5), les monastaires de Chartraige, ordre de Sainct-Augustin (6), Sainct-Eloy, ordre de la

(i) Vav. (.< Les curés d'icelles sont condamnés eu amende. Ancienne- « ment la paroisse de Saincte-Céronne y entroit la première privative- « ment à toutles les autres. » (Frag. imp. à Mortagne et Frag. ms. de M. Besiiard.J

a Si Léonard Bart, dans les temps qu'il écrivit son histoire, eût fait ft attention à la construction de ce château, il eût déterminé l'assiette de « l'ancien Mortagne qui existait bien avant qu'il soit fait mention des « comtes de cette province. » [Note de Delestang. — Mss. de M. de La Sicotiève et de Versailles.]

(2) Add. « Lequel encores est appelle le fort qui estoit autrefois comme « une citadelle regardant le comportement de tous les habitans du dict « Mortagne. » [Frag. imp. à Mortagne.)

(3j Add. « Temple fort beau et de belle grandeur au bout de laquelle « esglise de Nostre-Dame est bastie une belle grosse tour et fort haute, « laquelle commande toutte la ville. » [Id.J

(4) Le Fragm. imp, à Mortagne omet cette paroisse et ne cite que les quatre autres.

(oi Add. « Fondée en 1203 » /Ms. de Versailles et Frag. imp. à Mortagne] (voir page 17, note i), « en laquelle il y a chanoines, Sainct- « François (1) en laquelle il y a des religieuses de l'Ave Maiia, des Pères « Capucins, Mathurins et Augustins qui sont hors et proche la dicte « ville. » [Frag. imp. à Mortagne.]

(6) Add. ( Fondé en 1099. » [Ms. de Versailles.] Nous avons déjà relevé cette erreur page 15, note 6, et page 28, note 3.

(1) Add. « Fondé en 1502. u (Ms. deBI.de la Sicotiére.)

Saincte-Trinité et Rédemptiou des captifs et de Saincte-Glaire de filles, de l'ordre de Saincte-Glaire, où il y a de très beaux temples; un bel hospital bien gouverné (1) et un collège pour l'inslruction de la jeunesse, ce qui ne se trouve en beaucoup d'autres villes qui portent aujourd'huy plus grand nom.

Il y a aussy au dict Mortaigne plusieurs sièges de justice, scavoir :

Officiante sous Monseigneur l'evesque de Sees aïant pleine jurisdiction (2) duquel les appellations ressortissent (3) devant le métropolitain à Rouen.

Bailliage (4) duquel pour le civil les appellations ressortissent au siège présidial de Chartres, au dessous de la valeur de 500 livres pour le surplus et pour le criminel au parlement de Paris.

Vicomte (5) dont les appellations pour le civil et criminel où n'y a mort ny mutilation de membres ressortissent par devant le dict bailly et pour le surplus au dict Parlement (6).

(i ) Add. « Fondé sous l'invocation de saint Nicolas avant la fin du douce zième siècle » [Ms. de M. de La SicotièreJ, « dans lequel se retirent « les pauvres passants qui mandient leur vie et dans lequel il y a une « belle chapelle fondée de M. Sainct Nicolas par les anciens comtes du « Perche, lesquels y ont donné de grands revenus et à leur exemple plu- « sieurs autres seigneurs comme il sera dict cy-après ; lequel revenu est < gouverné et administré pai' des maistres administrateurs, qui pour cet « elïet, sont esleus et choisis de deux ans en deux ans, en l'assemblée « qui se faict, par les habitants de la ville, au son de la cloche. » (Frag. imp. à Mortagne.l

(2) Add. « Sur la partie du Perche dépendante du diocèse de Séez. » fMs. de Versailles.)

(3) Add. « A Pontoise, devant l'ofncial métropolitain de Rouen y établi. » {Id.J

« Devant le métropolitain et grand vicaire de Pontoise et les appella- « lions d'abus au Parlement de Paris et aussy les dégradations des pres- « très condamnés à mort, laquelle juridiction ne recognoist en aucune de u l'olficialité de Secs; de laquelle juridiction despendent les villes de Mor- " tagne et Bellesrae et les paroisses de la province du Porche en ce qui (( est sous l'évesché de Sees. » [Frag. imp. à Mortagne.J

(4) xidd. « Lequel est composé d'un président, lieutenant général civil « et criminel, un lieutenant particulier, assesseur criminel, deux autres « advocafs et procureurs du roi et un greffier. î (Id.J

(5) Add. « Composé d'un vicomte, un lieutenant général, un lieutenant « particulier. » (Id.J

(6) Add. « Louis XV, par son édit du 7 se[)tembre 1742, a réuni la « vicomte de Mortagno au bailliage du dit lieu ; cet édit a été enregistré « au Parlement de Paris, le 14 décembre suivant et au bailliage de Mor- « tagne le 26 de février 1743. » (Ms. de Versailles. J

Election (1), dont les appellations ressortissent par devant les généraux de Rouen.

Prévost des maréchaux de France (2) duquel les appellations d'incompétance se jugent au présidial à Chartres.

Grenier à sel, grenetier el contrôleur dont les appellations ressortissent devant les dicts sieurs généraux de Rouen (3).

Bureau de la Tecej)te des aydes (4), des tailles et du domayne du Perche qui comptent à la Chambre des comptes à Rouen.

^) Add. « Et bureau des tailles du comté du Perche qui est dicte élecft tion de Morfagne de laquelle despendent les villes, bourgs et paroisses « de toutle la province. Lequel siège est composé de deux présidents, « deux lieutenants : l'un général et l'autre particulier, et dix-huit esleus « et trois contrôleurs esleus, advocat et procureur du roi et un grefûer ; « les appellations desquels ressortissent devant M'-s les généraux de la « cour des aydes de Rouen et de Mrs les thrézoriers généraux du bureau des « Finances à Alençon. » [Frag. imp. à Mortagne.J t2i Add. « Qui a un lieutenant, un assesseur et archers. » fid.j (O) « Et à présent devant Mrs les généraux d'Alençon. Il y a quelque « temps que le procureur du Roy aux sièges royaux de Mortagne et celuy « de Bellesrae eurent procès ensemble devant M>s de la cour du parle- « ment de Paris, voullant celuy de Bellesme en conclure et prendre « conclusions dans tous les procès qui se faisoient en la dicte maréchaus- « sée, au préjudice de celuy du dict Mortagne qui est seul procureur du « Roy au dict siège; la cour, par son arrest, ordonna que celuy de Mor- « tagne seroit procureur du Roy en la dicte maréchaussée, faisant deffence « à celuy de Bellesme de prendre cognoissance d'aucune chose dépendant « de la dicte maréchaussée. » (Id.)

(4i Add. « En laquelle ville de Mortagne, comme capitale de la pro- « vince du Perche, tous les bureaux de recettes qui se font pour le Roy, « dans la dicte province, y sont establies, sçavoir : le bureau de la recette « des avdes et tailles de la dicte élection, du taillon, du domaine du roy « en ce" qui dépend de toutte la comté du Perche, qui comptent en la « Chambre des comptes de Rouen, la recette des dixmes.

(r Tous lesquels bureaux cy-dessus les hab tans de Bellesme préten- « doient estre instalés en leur ville; ils en furent empeschés par leshabi- « tans de la ville de Mortagne, et pour le sujet, il y eust procès intenté a devant le Roy qui estoit Charles Neuf, lequel, par son arrest, ordonna « que les dicts bureaux seroient et demeureroient en la dicte ville de « Mortagne ; et dès lors il y créa trois eleus outre le nombre qui y estmt « auparavant, par ses lettres données les 9 septembre el 25 octobre 1571, « 22 février -1387, ce qui a esté vérifié par Mrs de la cour des aydes à < Rouen, le 5 aoust 1o97, régnant Henry le Grand, d'heureuse mémoire, « Roy de France et de Navarre, et que les dicts bureaux cy-dessus demeu- « reroient au dict Mortagne conformément à l'arrest du conseil et ainsy « qu'ils y esloient de tous tt-mps et depuis les dictes recettes se sont tou- « jours faittes au dict Mortagne sans contredict aucun.

" Le 9 septembre l()03, le sieur de Fruqueville, thrézorier général de 0 France en la généralité de Rcucn, délivra aux habitants de la ville de c< Mortagne un certificat qui porloil que la ville de Bellesme estoit com-

Maisire des eaux et forests, ancien et alternatif (1) et lieutenant en robe longue dont les appellations ressortissent à la Table de marbre à Paris (2) .

Visiteurs héréditaux (3) des chairs et poissons vendus eu détail au dict Mortaignc qui du maléfice en font leur raport devant le juge de police, n'estant permis à aulcun d'exposer en vente les dicts chairs et poissons avant icelle Visitation,

Mesureur de tous grains vendus, pourvu en tiltre d'office, crieurs de toutes boissons (4), vendues en détail au dict Mortaigne, droict qui appartient à la Maison -Dieu du dict Mortaigne.

Par privilège et bienfaits des comtes du Perche, les subjectsde la chastellenye du dict Mortaigne sont francs et exempts du paiement et contribution des droicts de lots et ventes pour toutes acquisitions faites au dedans d'icelle chastellenye tant envers le Roy que tous autres seigneurs de qui les dicts héritaiges sont tenus, ce qui n'est es autres chastellenyes du dict pais ni même en autre heu de France.

Les habitans du dict Mortaigne jouissent aussy du droict de bourgeoisie qui les exempte du paiement de tous péages, coustumes et traverses moïennant la somme de cent livres qu'ils paient au Roy par chacun an, qu'ils appellent taille de Sainct-Remy par ce qu'elle est payable à ce terme (5).

« prise en l'élection de Mortagne pour servir aux dicts habitants de Morta- « gne au procès intenté entre Mortagne et Bellesme pour la préérai- « nence. » {Id.J

(1) Un office alternatif est un office exercé successivement par des personnes qui entrent en fonctions tour à tour.

(2) Grande table qui existait au palais de justice devant laquelle siégeaient les membres de trois tribunaux : la connétablie, Vamirauté et la reformation des eaux et forêts. Cette table fut détruite dans l'incendie de 1618, mais le nomrestaà ces trois juridictions, désignant plus particulièrement celle des eaux et forêts. — Des tribunaux analogues furent créés plus tard en province et toutes ces tables furent supprimées par édit de février 1704 et lemplacées par des cliamloi'es de réformation.

(ô) Ancienne forme du mot héréditaire : « Charge héréditalle » (Coutume de Normandie, 1483, fu u8 v"). — « Grand chambellan hérédital de Normandie. » — (Voir Godofroy, dictionn. de l'ancienne langue française, — Patis, 1885, — et La Ciirne de Sainlc-Palaye, id.).

(4) Var. et Add. u Crieurs de louttes sortes de boittes Ce droict

M appartient à riIostol-Dieu du dict Mortagne, qui lui a esté donné par « les anciens comtes du Perche avec le droict des visiteurs dos cuirs « ci soulliers vendus en la dicte ville et faux bourgs et chastellenie de « Mortagne, » (Frag . imp. à Mortagne.)

(5) Add. « Laquelle rente a esté amortie en 1647. » (Id.)

Anciennement appartenoit aux habitans du dict Mortaigne droict de prendre le premier pot de vin et de toutes autres boissons vendues en détail au dict Mortaigne, appelle potelage, destiné particulièrement pour l'entretien et réparations des murailles de la closture du dict Mortaigne, et s'en trouve plusieurs baux à ferme au profict de la dicte ville, entr'autres un, passé devant Tassin Thibout, tabellion au dict Mortaigne, l'an 1468, à cinquante livres par an (1).

Comme aussy les capitaines du dict Mortaigne avoient droict de contraindre les subjects de la chastellenye du dict Mortaigne de venir garder la ville en tems de guerre, et en tems de paix les capitaines convertissoient ce droict en deniers et les bailloient à ferme à leur profict; il s'en trouve plusieurs baux, entr'autres un, passé par devant le dict Thibout, l'an 1460 (2), contenant le dict droict avoir esté baillé par Louys Labey, capitaine du dict Mortaigne et bailly du Perche, et Jean Denisot, son lieutenant, à 250 livres par an.

Aussy y avoit anciennement au dict Mortaigne maire et échevins (3) ayant jurisdiction pour la police et de petites causes personnelles entre les marchands du dict Mortaigne, visitations de mesures, mouHns, poids et autres qui par succession de tems s'est tellement évaporée qu'il n'en reste plus guerres que le nom; lequel droict de mairie en ce qui en reste se baille à ferme avec le domaine du dict Mortaigne au profict du Roy et jouit encore le fermier des visitations des mesures et agets de moulins et autres petits droicts politiques.

Auquel Mortaigne y avoit aussy sceaux de la ville qui portoit d'argent chargés de trois branches de fougère de sinople el s'en trouve encore à présent plusieurs sceaux (4).

(1) Var. et Add. « Anciennement leur appartenoit droict de prendre « le premier pot de vin et de touttes autres boittes vendues en détail en (' la dicte ville et faux bourgs, appelle droict de potillaye, lequel droict « estoit destiné parliculièrement pour l'entretien du pavngo et murailles « de la closture du dict Mortagne ; s'en trouvent plusieurs baux à ferme « au pr'.»ffit de la dicte ville, entr'autres les années 1398, 1405 et 1478 et « autres années, deux autres passés par devant Tassin Thiboust, tabellion € au dict lieu es années 1468 et 1472, baillés à 50 livres de ferme par chac< cun an, lequel droict leur a esté continué par Henry Quatre, roy de « France et de Navarre. » (Frag. imp. à Mortagne-J

(2i Vav. « En l'an 1406 et 1462. » fid.j

l3i Add. « Comme il est justifié par contract passé par devant le dict « Thiboust, tabellion, le premier jour de may 1407. » jfd.l

(4) Add. (I Et même la ville porte encore aujourd'huy les mêmes armes. » Mss. de M. de La Sicotière et de Versailles.)

Après la réunion (1) de Bellesme au comté du Perche, la jurisdiction do Bellesme fut incorporée avec celle de Mortaigne et venoiejit les subjccts du dict Bellesme plaider au dict Mort'aigne, comme il se trouve vérifiîé par plusieurs actes estant es archives de l'esglize de Toussainct et Maison-Dieu du dict Mortaigne qui contiennent ces mots : es pieds de Mortaigne pour la verge (2) de Bellesme, et y avoit un vicomte au dict Mortaigne (3) comme sera cy-après justifié pour rendre la justice aux subjects du dict j)aïs.

Sainct Louys, aïant pris possession du dict païs du Perche (4), establit un baiUi pour juger des appellations du dict vicomte et l)our ce que les dicts bailli et vicomte estoient trop chargés d'affaires, les dicts bailli et vicomte eslablirent au dict païs chacun un lieutenant et les pieds du siège de Bellesme renvoyés au dict Bellesme. Depuis, le roy François premier leur esta le pouvoir et la faculté de pourvoir aux étals de lieutenants et y en pourvut en titre d'office et en l'an 1574 (5), le Roy Charles ueuviesme érigea des lieutenants généraux et particuliers des dicts bailli et vicomte en chacun des dicts .sièges. Les dicts baillis et vicomtes jcuissoient des greffes des dictes jurisdictions et émolumens d'iceux qui, en l'an 1568, furent réunis aux domaines et baillés à ferme au profîct du Roy et au heu d'iceux il fust bâillé aux dicts bailli et vicomte chacun 375 hvres de gaiges; lesquels greffes furent en l'an 1578 vendus par le Roy, à condition de rachapt en remboursant.

Gomme aussy le Roy establit des maîtres des eaux et forests, grenetiers et contrôleurs particuliers dans chacun des dicts sièges.

Du dict heu le chasteau de Mortaigne dépendent et racheptent la dicte chastellenye de Remalard apartenant à mon dict seigneur le prince de Gondé (6). .

(1) Add. a En 1114. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Var. « Par la branche de Bellesme. » [Id.J — Le mot verge se disait de la baguette que portaient les huissiers pour faire faire silence aux audiences. On disait autrefois : Porter blanche verge en signe de seigneurie, et on appelait en Normandie le pouvoir de la verge l'étendue du territoire dans lequel un sergent à verge peut ex[)loiter. iDict. de Trévoux.!

(3) Add. t( Qui avoit sa maison particuiièroment affectée à son loge- « ment qui dépendoit du dict domaine qui estoit assise joignant la Porte K Renard. î (Frag. ù»/». à Mortugne.)

(4) Add. « En 1257. » (Ms de M. de La Sicotièr-e.J

(5) Var. « En 1571. » (Frag. imp. à Morlagne.l

(ù) Var. « A Henry de Bourbon, prince de Gondé. > /il/.s, de M. de La Sicotière et Frag. imp. à Mortagne.j

La chastellenye de Mouliers (1) apartenant aux prieur et religieux du dicl Mouliers.

La baronnie de Soligni (2) apartenant aux religieux et prieur chartreux du Val-Dieu, lequel lieu de Soligni étoit anciennement clos de murailles et fossés ; il y a une haute motte ou bule de terre élevée sur laquelle et es environs estoit le chasleau du dict Soligni (3) et paroissent encore les anciens fossés de la closture du dict Soligni (4).

Les haultes justices de Sainct- Victor (5), la Venterouse (6), les Guez (7) et Planches (8), apartenant à messire Claude de Gruel, chevalier des deux ordres du Roy, sieur de la Frette, capitaine de cinquante hommes d'armes (9).

Celle de Chasteau - Morel apartenant à Philbert de Gruel, escuyer, sieur de Thouvoye (10).

(1) Moutiers-au-Perche, cant. de Rémalard.

(2) Soligny-la-Trappe, cant. de Bazoches-sur-Hoêne.

(3) Adcl. (f Rachepté du Roy de France, d'heureuse mémoire, en « ]'an 1615, laquelle baronnie fust donnée aux dicts religieux par les « comtes du Perche. » (Frag. imp. à Morlagne.J

(4) Add. « La seigneurie et la haute justice de Boisguillaume qui « anciennement relevoit du comté du Perche à cause de la baronnie de « Solligny et, de présent, elle relève des dicts Chartreux du Val-Dieu à « cause de la dicte baronnie. » (Id.)

(5) Saint- Victor-de-Réno, cant. de Longni.

(6) Cant. de Tourouvre.

(7) Paroisse de Saint-Yictor-de-Réno ; le principal manoir de cette seigneurie était détruit avant 1593; elle avait alors pour chef-lieu le château de la Frette, en Saint-Yictor-de-Réno. (Arch. nui., P. 291, cotte 5.)

(8) Paroisse de Saint-Mard-dc-Réno.

(9) Add. « Gouverneur de Chartres. » [Frag. imp. à Mortagne.j — Claude Gruel, seigneur de la Frette, était fils de Claude Gruel et de Marguerite Auvé, dame de la Ventrouse, Feuillet et Charencey. l\ était, en effet, gouverneur de Chartres, lieutenant du Roy au pays cliartrain, chevalier des ordres du Roy, en 1595, capitaine de cinquante hommes d'armes. Il épousa (1595) Loise de Faudros, fille unique de François de Faudros dit de Serillac, comte de Belin, chevalier des ordres, et de Françoise de Warty. Claude Grue) mourut à Warty en Picardie, le 18 may 1615. 11 git à Saint- Victor-de-Réno et fut inhumé le 19 novembre suivant. Sa femme mourut en 1637. (Bihliolh. nat , dossier bleu.J

(10) Oncle du précédent, fut accordé le 10 février 1561 avec damoiselle Françoise de Bubertré, fille unique de Jean de Bubertré, écuier, seigneur de la Pelletrie, et de damoiselle Alix Le i\lelayer.' Philbert Gruel était fils de Jean Gruel, enseigne de cent gentilshommes de la maison du Roy, et de Charlotte Moignet ou Moinet, dame de Touvoye. Il tenait donc son titre de sa mère. (Bihiinth. nat., dosftirr bleu et nouveau d'Hozier.) — Le château de Touvoye existait encore il y a quelques années dans la commune de Bures, canton de Courtomer.

Celle de Tourouvrc et Randonnay (1) apartenantà Robert de la Vove, escuyer, sieur de Tourouvre (2).

Celle de Courteraye (3) aparlenant à Loiiys de Gislain (4), escuyer, sieur de Sainct-Mars de Coulonge, et Pierre A])ot (5), escuyer, au droict de damoiselle Louise Cathinal, son espouse.

Celle de Prulay (6) apartenant à messire Jean de Bon voust (7), chevalier, sieur d'Aunay, et dame Renée Gruel, son espouse, où reste encore un corps de maison et quelques murailles d'un chasteau ou fort y basli et clos de profonds fossés revêtus de murailles, qui racheptent aussy la haulte justice de Longpont, auquel lieu de Longpont y a aussy une haulte motte ou butte de terre sur laquelle et es environs estoient anciennement le chasteau de Longpont remarquable pour avoir esté autrefois les logemens et retraites des comtes du Perche et du Roy sainct Louys venant prendre possession du comté du Perche comme sera cy-après justilTié, où se trouve avoir été expédiées plusieurs lettres de fondations, aumosnernens et confirmations faites aux esglizes (8).

Celle de Champs (9), apartenant à la damoiselle et héritière de Gilles Abot (10), vivant escuyer, sieur du Rezay, tenu à cinq sols de cens du dict chasteau de Mortaigne.

(1) Add. « Et la Grimaudière. » (Frag. imp. à Mortagne.J

(2) Epousa damoiselle Antoinette Gouévrot le 2 octobre 1542. (Bihlioth. nat., nouveau d'Hozier.J

(5) Saint-Aubin-de- Courteraye, cant. de Bazoches-sur-Hoëne.

(4) Famille maintenue et reconnue noble par sentence des élus de Mortat,^ne du 2 août 1634, par jugement du 9 mai 164â, et par une ordonnance de M. de Marie, commissaire départi de la généralité d'Alençon du 7 mai 1666, dans lesquels jugement et ordonnance sont énoncés les titres qui établissent l'ancienneté delanoblessede cette familledepuisJean Gislain, écuyer, sieur de Boisguillaume et de Saint-Mars-de-Coulonge, vivant en 1490. — Armes : d'azur à un cerf passant d'or. [Dict. de la noblesse, par de la Chesnaye DcsboisJ.

(5) Famille noble, originaire du Perche.

(6) Cant. de Mo)1agne, paroisse de Saint-Langis.

(7) Jean de Boovoust épousa Renée Gruel le 28 septembre 1575. Renée Gruel était fille de Philbert Gruel, sieur de Thouvoye,

(8) Add. « Entre autres la charte de fondation de l'église de Toussaint, c( donnée au dit lieu de Longpont, en l'année 1203, par Matilde comtesse « du Perche, veuve de Geoffroy, troisième du nom et sixième comte de « cette province. » [Mss. de M. de La Sicotièrc et de Versailles.) — Voir page 17, note 1. — Le château de Longpont était sis paroisse de la Mcsnière, canton de Bazoches-sur-Hoëne; la motte artificielle sur laquelle il était bâti s'y voit encore.

(9) Gant, de Touiouvre.

(10) Gilles Abot, écuïer, sieur du Reray, était fils de Guillaume Abot, sieur de la Ghaize et du Jarrossay, conseiller du roy en sa cour de Parle-

'Celle de Montizambert (1) apartenant à messire Alexandre Aiilbin, lieutenant général de la vicomte de Mortaigne, et Guillaume Ghouet, sieur de Miraban au droict de sa femme; auquel lieu, sur une haulte montagne, sont deux haultes mottes ou buttes de terre où avoient coustume d'estre deux fortes tours et chasteaux comme il aparoît par les ruines et vestiges qui y sont restés.

Et encore une autre butte ou motte levée scise sur et près la rivière d'Erine et les ponts de Montizambert, sur le chemin tendant de Mortaigne au Mesle-sur-Sarthe, où aparoît y avoir eu anciennement une forte tour.

Celle de Maison-Maugis apartenant à Françoys du Crochet, escuyer, sieur de Lautonnière, et damoiselle Felice Rahier (2), son espouze ; auquel lieu est une motte élevée sur laquelle estoit anciennement un chasteau duquel paroît encore un pan de muraille et de naguères a esté fait et basti un beau et grand bastiment sur le surplus de la dicte butte.

Celle de Mauregard (3) apartenant à Charles de Mallet.

Celle du Plessis et Saincte-Seronne apartenant au sieur et dame de Brécour.

Et plusieurs autres terres et seigneuries (4).

ment à Paris, président en l'échiquier d'Alençon, et de damoiselle Agnès Grocquet. Il fut accordé le 28 juin 1580 avec damoiselle Françoise de Sensavoir, fille de noble seigneur messire Jean de Sensavoir, seigneur de Bourique et Campray, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du Roi, et de dame Bertranne Le Grand. Une copie du contrat de mariage de Gilles Abot existe à la Bibliothèque nationale (Carrés de d'Hozier, vol. II, p. i05.J On y trouve également un certificat attestant que Gilles Abot, seigneur du Reray, la Chaize et de Champs, gentilhomme ordinaire du Roi, était enseigne de la compagnie des cent gentilhommes. i3 fév. 1597. — Id. p. i06.)

(1) Mont-Ysembert se trouve à droite de la route de Mortagne au Meslesur-Sarthe, entre Buré et Boëcé.

(2) « Elle paroit fille de Jean Rahier, écuyer, seigneur de Maison-Mau- (( gis, lequel présenta en 1558, lors de la rédaction de la Coutume du « Grand Perche, une requête pour la conservation de son droit de péage, « travers et entraves, à cause de sa haute, moyenne et basse justice. » [Note du ms. de M. de La Sicotière.)

(3) Gant, de Mortagne, appartient aujourd'hui à M. Ratel.

(4) Le Fragni. imp. à Mortagne ajoute à ces seigneuries les suivantes: « La seigneurie et haute justice de Sainct-Donys sur Huigne, apparte-

« nant à M. Estienne L'Hermitte, chevalier, seigneur du dicl Sainct- (c Denys,

« Celle de Sainct - Etienne sur Sarte, appartenant aux sieurs do Plu- « viers,

« Les seigneuries de Boissj-Maugis, le Val-Dieu, celle de Nully et de

« La Lande et plusieurs austres appartenantes à seigneurs jjarticuliers, « celle de Feillet appartenante aux sieurs de la Frelfe, auquel lieu de « Feillet est un chasteau fort ancien, clos de murailles et de bons fossés « pleins d'eau (1).

« La seigneurie de Réveillon appartenante à Jean Faguet, escuyer, sieur « des Joncherets,

« La seigneurie de la Vove (2) appartenante à M. de Boisfévrier de « Beaufay,

a Celle de la Borde (3),

« de Bresolette (4),

« de la Violliaire et de la Ferre (5),

« de la Mesnière,

« de Courgehoust,

« de Sainct-Langis,

« de Corbon,

« de la Marre (6),

« de Groisille en la paroisse de Mauves,

« de Poix en Saincte-Géronne, •

« de Champs,

« de Bresnard (7),

« de Bubertré en Monfpoulain,

« de Courlhion (8) et GouUimer,

« de Boisard en Gourgeon,

« de Nuisement (9),

« de Crjemel (10),

« de en Goullimer,

« de la Goudrelle (11),

« de Sainct-Aubin de Boisscy (12),

« des Marais (13),

« de Goullimer et Marefrenel,

« de Sainct-Mars de Coullonge,

« de la Trappe,

« de Vorré et Regmallard,

« du Pin et la PlonTiière (14),

(' de Condé en Sainct-Jouin (15),

« des Ponts de Mauves,

«*de la Gharbottière en Corbon (16),

« de Villiers,

(1) Le château de Feuillet est situé sur la commune du Mage, canton de Longny.

(2) Commune de Mauves.

(3) Entre Mauves et le Pin-la-Garenne.

CO Commune du canton de Tourouvre.

(5) Entre Boëcé et Coulimer.

(0) Entre Mauves et Saint-Ouen-de-la-Cour, paroisse do Mauves.

(7) Entre Sainte-Céronne et Bazoches-sur-lloiine, en cette dernière paroisse.

(8) Courtion, paroisse de Coulimer, entre Boëcc et Coulimer.

(9) Paroisse do Champeaux-sur-Sarthe (et non en Saint-Langis, où il y a bien une localité de ce nom, mais qui n'est |)as celle dont il s'agit ici.)

(10) Prés Bazoches-sur-lloëno.

(11) Entre la Mesniére et Longpont.

(12; Boëcé, commune du canton de Bazoclies-sur-Hoëne.

(13) Paroisse de Saint-Quentin-de-Blavou.

(l'i) Appartient aujourd'liui à M. de la Rivière.

(15) Près Saint-Jouin-de-Blavou.

(10) Entre Corbon et la forêt de Réuo, .

En l'an 1574 (1), Jean Abot, escuyer, sieur du Buat, donna au trézor de l'esglize de Nostre-Dame du dict Mortaignc un corps de maison composée de deux chambres basses, une chambre hauUe, étude, garde robe et jardin, scise derrière le champ des Poulies, garnie de tous meubles pour y loger les prédicateurs venant prèscher la parole de Dieu au dict Mortaigne.

En Tan 1572, il donna en outre au dict trézor 120 livres de rente pour la fondation d'une messe dicte chaque jour en la chapelle Abot pour l'entretien de la sonnerie de l'horloge de la ville et pour faire sonner la grosse cloche d'icelle esglize demieheure à midy et autant à neuf heures du soir pour avertir le peuple de se retirer (2).

Au dict an, il donna aux moniales de Saincte-Claire du dict Mortaigne cent livres de rente pour la fondation d'une messe basse dicte chacqu'un jour de dimanche, issue de leurs vespres, le cantique « Stabal Mater, etc.. » et autres suffrages; il donna en outre aux dicts moniales le moulin de Courgeon appelle le Moulin-Neuf.

En l'an 1584 (3), le colège du dict Mortaigne fut réglé et estably es maisons où anciennement estoient logées les religieuses hospitalières qui servoient à la dicte Maison-Dieu de Mortaigne pour la première fondation duquel le dict Abot (4) y donna cent livres de rente.

En l'an 1607, messire Pierre de Guillou, prestre, curé de Courgeon près du dict Mortaigne, feist bastir et fonda le colège du dict Courgeon (5) et y donna la mestairie de Boisrouelle (6) et autres biens duquel colège il donna la présentation et gouvernement aux chartreux du Yal-Dieu.

Près de Mortaigne, en la paroisse de Saincte-Céronae y a une montagne appellée de tout tems le Mont de Cacunne sur laquelle,

« de Courts,

« de Francvilliers (1 j et Maison-Muugis,

« de Cûugaudray (2). o

(1) Var. « en 1564. » [Mss. de M. de La Sicotière et de Versailles.]

(2) Add. « C'est ce qu'on appelle la Sonne-Bonne. » fMs. de M. de La Sicotière.)

(3) Var. « Ea 1582. /> (Ms. de Versailles.)

(4) Add. « Escuyer, sieur du Bouchet. » (Frag. imp. à Mortagne.) « sieur du Buat. » (Ms. de Versailles.)

(5) On en voit encore quelques restes sur la route de Loisail.

(6) Située entre Courgeon et la Chapelle-Montligeon.

(1) Francville, prés Saint-Maurice-sur-Huisr.e.

(2) Cougaudrai, paroisse de Saint-Mard-de-Réno.

comme Ton tient de tradition des anciens, estoit anciennement basty une grande ville qui portoit le nom de Cacunne en laquelle les Percherons faisoieut leurs vœux et sacrifices à la déesse Isis ; laquelle ville fut depuis ruinée et de présent et de lon^tems le dict mont se laboure auquel se trouve encore des caves voûtées, des murailles et fondemens de maisons et bastimens des dictes ruines et quelques apparences de fossés (1).

De l'autre costé de ce mont et tout vis-à-vis il y a un autre mont au costé et descente duquel est baslie l'esglize de Saincte- Géronne, en la place et au dessus de laquelle, comme environ trois ou quatre arpens de terre de présent en labour, estoit comme l'on tient, le cimetière et enterrement des morts du dict Mont de Cacunne ; auquel lieu se sont cy-devant trouvés et se trouvent en labourant la terre quantité de monumens et sepulchres de pierre rouge d'une pièce et en iceux les ossemens de corps humain en leur entier; et, de naguerres, un laboureur, en labourant la terre, en découvrit un (2) dedans lequel furent trouvés les os d'un corps humain, la tôte dedans un casque ou heaume, des gantelets et une courte espée ou" coutelas que j'ai veu; sur laquelle espée il y avoit apparence d'escriture ou caractères que Ton ne put lire ny connoistre tant à cause de la rouille qu'à cause de l'antiquité.

Près et au dessous du dict mont de Cacunne, en lieu lors planté en bois, se retiroit (3) une fille dévote nommée Céronne et avec elle autres filles dévotes y esEablirent un petit oratoire de dévotion, basti en l'honneur de Dieu et sainct Marcel; y mourut et fut enterrée la dicte Céronne ; laquelle chapelle et bastimens de Sainct-Marcel furent depuis ruinés par les guerres ei les biens qui y appartenoient départis par les comtes du Perche aux monastères de la Trape, le Val-Dieu, Toussaincts^- de Mortaigne et Chartraige ; les chartreux du Val-Dieu en tiennent le moulin de Romigny et les autres ont baillé leurs portions à rente dont ils jouissent ; auquel lieu a esté fait et basti un village qui s'appelle du nom de Saiucl-Marcel où S(î trouvent aussy des monumens de pierre couverts et des corps humains dedans iceux et y paroissent

(1) Add. « A.U dessus duquel mont est un grand village appelé Sainct- « Marcel, duquel lieu estoit issue la ])ienheureuse saincle Céronne qui « esfoit sœur du dict sainct .Marcel, auquel lieu elle vivoit religieusement t sous l'habit de religieuse comme il sera parlé cy-après. » (Fnuj. imp. à Mortagne.)

(2) Add « En l'an IGOO. » (Frag. imp. à Movlagnc.)

(3) Add. 4 Dans le cinquième siècle. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

encore des murailles de la chapelle et autres anciens bastimens. Sur la fosse de la dicte Géronne incontinent après son déceds se firent plusieurs miracles à raison de quoy les voisins craignants que le corps et ossemens en fassent dérobés à cause c^e le lieu estoit sans habitation, la déterrèrent et la renterrèrent plus au découvert au lieu où est de présent l'esglize de Saincte-Céronne sur la fosse de laquelle' (1) se faisoient encore plusieurs miracles, à raison de quoy Adelinus, evesquede Sees, lafeist canoniser et lever à son honneur. Au lieu où elle estoit enterrée feist bastir l'esglize y estant et en feist une paroisse où il feist mettre des reliques et ossemens de la dicte saincte où se sont aussy fait plusieurs miracles raportés en sa légende; et, durant les dernières guerres civiles de ce royaume un insolent soldat aïant dérobé en icelle esglize partie des dictes reliques enchâssées en argent, quelque effort qu'il feist pour sortir d'icelle esglize avec le dict reliquaire en présence de son capitaine et plusieurs tant soldats qu'habitans de la dicte paroisse, n'en put sortir qu'il n'eut rendu le reliquaire qui est soigneusement gardé en icelle esglize.

Monsieur l'evesque de Sees présente au dict bénéfice et anciennement prenoit sur les habitans de la dicte paroisse le tiers des meubles des successions des morts en icelle, ainsi qu'il se faisoit en beaucoup d'autres lieu.x:, de quoi survinrent plusieurs différents contre les paroissiens qui furent accordés. Le dict sieur evesque quitta le dict droict par le moïen que les habitans de la dicte paroisse se soumirent à entretenir la nef de l'esglize de toutes réparations.

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