‹ Recueil des antiquitéz du PercheChapitre 39 sur 67 · DIOCÈSE DE CHARTRES · texte numérisé non relu

DIOCÈSE DE CHARTRES

Nostre-Dame de >^ogent (1), Nostre-Danie de Margon (2), Sainct- Jehan de Nogent (3), Sainct-Hilaire du dict Nogent (4), Sainct-Laurent du dict Nogent (5), Bretonvilliers (6), Goudreceau (7), Pierre-Fixte (8), Masle (9), Ceton (10), Haponvilliers (11), Bonvallet (1*2),

Boisvilette (13), .

Sainct-Hilaire des Noyers (14), Ghamprond en Gastine (15), Nonvilliers (16), Flacey (17).

Les dicts de Saiuct-Denys présentent aussy aux chapelles qui ensuyvent :

(1) V. p. 26 et 90, note 2.

(2) Gant, de Nogent-le-Rotrou. — Vav. « Saint-Martin de Margon. » iMs. de M. de La Sicotière.J

(3) V. p. 17, not. 2, et p. 93.

(4) V. p. 26 et 90.

(5) V. p. 26 et 90, note 5.

(6) Bethonvilliei's, v. j). 26.

(7) Var. « Couldresseau. » (Frag. imp. à Morlagne j — a Saint-Aubin de Goudreceau. » (Ms. de M. de La Sicotière.J V. i). 26.

(8) Var. « Saint-.Iean de Pierre Fi.\e. » (Ms. de M. de La Sicotière.J (( Pierre Fi.xte (Saint-Jean) » [Frag. imp. à Mortagne.J V. p. 26. Patron : Saint Jean-Bapti.ste.

(9) Var. « Saint -Martin de Masle. » (Ms. de M. de La Sicotière.J V. p. 26.

(10) Geton est mentionné déjà, avec raison, dans le diocèse du Mans. (H) V. p. 26. Patron : saint Pierre.

(12) Sans doute Bonvilliers. V. p. 26.

(13) Gant. d'Illiers, arr. deGhartres. Patron : saint Pierre.

(14) Paroisse supprimée. V. p. 27 et note 14.

(13) Var. « Saint-Aubin de Ghamprond-en-Percliet. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(16) Var. « Saint-Anastase de Nonvilliers. >■> (Id.J V. p. 26 et 94.

(17) Var. « FUcilly. » (Frag. imp. à Mortagne.J Y. p. 17, note 4. Patron : saint Lubin.

A la Magdelaine de Mauves (1),

A la chapelle Sainct-Laurent, à l'autel de Saiccle-Catlierine de Toussainct de Morlaigne (2), A la Magdelaine de la Ferrière, paroisse de Brunelles, A la chapelle Sainct-Barthelemy, paroisse d'Invoire (3).

De Rotrou, 2' du nom et 4'= comte du Perche.

Rotrou (4), lils du dict Geoffroy, luy succéda au dict. comté du Perche (5) ; il régnoit du tenis de Philippe Auguste, Roy de France et de Henry, premier du nom, Roy d'Angleterre (6). Il espousa en premières nopces (7) Matilde (8), fille naturelle du dict Henry, Roy d'Angleterre, troisiesme fils de Guillaume le Conquérant de laquelle il eust une fille nommée Magdelaine (9), qui fiist mariée en premières noces à Guillaume Gouet, seigneur de Pontgouet (à présent dict Pontgouin), lors vœuf de la duchesse de la Pouille, troisiesme fille de Thibault, comte de Bloys et de Chartres, de laquelle il eust des enfans comme je diroy (10) ; après le deceds duqueP Gouet la dicte Magdelaine espousa Garsias (il), quatriesme du nom et neuviesme (12) Roy de Navarre, fils de Ra-

(2) Add. « C'est une erreur. » [Note du ms. de Versaillcs.J

(3) Comni. d'Unvei're, cant. de Brou (Eui-e-ct-Loir).

(4) Rotrou HT le Grand.

(5) Add. « En 1099, du tenii)s des rois de France Philippe I<^r et Louis le Gros, 6« du nom. » [Ms. de M. de La Sicotière.J Philippe I<^'' régna de 1060 à 1108, Louis VI, de M08 à 1157. Rotrou ne pouvait donc pas être contemporain de Philippe-Auiruste, ([ui ne monta sur le trône (fu'en 1180.

(0) Qui régna de 1100 à 1155.

(7) Add. i En 1102. » {Ms. de M. de La Sicotière.J

(8) Ou Mahaut.

(9) Add. i Les historiens, au lieu de la dite Madeiaine, donnent à Rotrou une fille, nommée Philippe, ((u'il maria à Hélie d'Anjou, comte du Maine, m fMs. de M. de La Sicotière.J

(10) Var. « De laquelle il eust trois filles, comme il en sera cy-après dict. »

(Frag. imp. à Mortagne.) — « De laquelle il eust deux enfants s

{Ms. de Versailles.)

(11) Garcias V, roi de Navarre de 1133 à IISO.

(12) Add. « Ou plutôt 16e roi de Navarre. » {Ms. de M. de La Sicotière.J

mery (1), de laquelle il eust Sensé (2), dixiesme de Navarre, Blanche, femme du Roy de GasLille (3) et Marguerite (4), femme (5) de Guillaume (6), Roy de Sicile.

La dicte Matilde fust noyée passant la mer (7) de Normandye en Angleterre avec Guillaume, duc de Normandye, fils légitime du dict Henry, Roy d'Angleterre, conduisant la fille de Foucques (8), comte d'Anjou, que le dict Guillaume veuoit d'espouser.

Le dict Rotrou espousa en secondes nopces Béatrix de Montfort (9), de laquelle il eust deux fils, sçavoir : Rotrou, qui luy succéda au dict comté du Perche et Estienne qui fust chancelier du Roy de Sicile et depuis evesque de Panorme (10) en Palestine où il mourut et fust enterré en Jérusalem.

En l'an 1090, le dict Mortaigne et les lieux circonvoisins estoient infectés de lajèpre, à raison de quoy le dict Rotrou, lors demeurant au dict Mortaigne, afin de séparer les malades du reste du peuple, fonda (11) le monastaire et la léproserie de Chartrage lès Mortaigne et y mit et institua un prieur et quatre religieux de Sainct-Augustin pour y prier Dieu et avoir le soin et gouvernement des dicts lépreux qu'il y logea en maison qu'il y feist bastir hors de la closture et demeure des dicts religieux et y donna plusieurs biens, entr'autres la dixme de ses moulins estant près de Mortaigne, la dixme de ce qui estoit despensé à sa table lorsqu'il résidoit en Corbonnois, fors que lorsqu'il seroit en son chasteau de Mauves, ils ne prendroient que la moitié de la dicte dixme et leur donna en oullre aultres biens. Il establit en la dicte maison l'assemblée de la Calende de Corbonnois qui auparavant se faisoit

(1) Ramire le Moine, roi de Navarre en H34.

(2) Var. « Sanche YI, roi de France. » (Id.J Sanche VI, dit le Sage, roi de Navarre de 1150 à 1194.

(3) Var. < Qui fat belle-fiUe de l'empereur Ali)honse, roi.de Gastille. » (Id.J Elle épousa Sanche III, roi de Gastille. ['?]

(4) Add. « Née en 413d. » fid.j

(5) Add. « En H50. « [Id.J

(6) Add. et var. « De Guillaume dit le Mauvais, roi de Sicile, morte eu 1183, à 48 ans. » {Id.J

(7) Dans le naufrage de la Blanche-Nef, 23 novembre 1120.

(8) Add. « Sybille. » [Ms. de M. de La Sicotière.l

(9) Var. « Non pas Béatrix de Montfort, mais bien Harvise d'Evreux. » fId.J On s'accorde, en effet, pour lui donner ce second nom. Harvise était tille d'Edouard d'Evreux, baron de Salisbury.

(10) C'est Palerme, en Sicile. — Panormitanus, Panermitanus, Panhormi.

(11) Add. « Près les portes et au sud de la ville de Mortagne. » [Ms. de M. de La Sicotière.J

au lieu de Corbon, tandis qu'il estoit en lumière, appellée de Corbonnois à cause de ce qu'elle se faisoit au dicl lieu de Corbon cliacuu an ; elle estoit composée de l'archidiacre du dict Corbonnois, gens d'esglizc, le Prince, la noblesse et aultres pour iraicler des affaires du pais (1) tant do l'csglize, de la justice qu'aultres ; pour la nourriture, entretien et dépense de laquelle plusieurs ont donné de leurs biens, ainsy qu'il sera cy-après justilfié (2).

L'an 1095 (3), le dict Kotrou se croisa pour aller au recouvrement de la Terre Sainctc avec Godefroy de Bouillon, duc de Lorraine, chef et conducteur de l'armée par les prédications et exortations de Pierre Lhermite, auquel voiage se croisèrent aussy Hue le Grand (4), fils de Philippe, premier du nom et trente-hui; tiesme Pioy de France, Robert de Frise (5), comte de Flandres, Robert, duc de Normandye (G), Estienne, comte de Chartres et de Rloys (7), Amyard (8), evesque du Puy, légal du pape à l'armée, Guillaume (9), evesque d'Orange, le comte de Toulouse (10), Hu-

(1) Add. « En formes d'Estats ou Grands Jours. » (Frag. imp. à Mortagne.J

(2) Add. « [Rotrou] était encore jeune, lorsqu'on 1087 ou 1089, dès lors qualifié comte du Perche, il se rendit en Espagne avec une grande armée pour faire la guerre aux Sarrasins sur lesquels il s'empara de plusieurs villes dont les royaumes de Navarre et d'Arragon, alors unis, furent augmentés. » (Ms. de M. de La Sicotière.)

(5) Var. « La première croisade contre les infidèles qui tenoient Jérusalem et les lieux s^nts fut publiée au concile de Clermont, au mois de novembre 1093. Divers princes et seigneurs prirent la croix l'année suivante. Plusieurs coi'ps de troupes s'élancent vers l'Orient : Godefroy de Boulogne, dit de Bouillon, duc de la Basse-Lorraine en fut, dit-on, le généralissime; Hugues de France, dit le Grand, comte de Vermandois, fr(ii'e du roi PJiilippe ; Robert, duc de Normandie, frère du roi Philippe; Etienne, comte de Chartres et de Blois; Robert, comte de Flandre; Rotrou le (Jrand, comte du Perche, et autres seigneurs étoient à la tète d'un de ces corps » [Id.J

(i) Hugues le Grand, deuxième (ils de Henri I"^'', roi de France, et non lit' IMiilippc!. Sa femme Adélaïde lui appoi'ta en dot les duchés de Vermandois et de Valois.

(5) Robert H, comte de Flandre (Rodbertus Jerosolymitanus), fils de Robert Ici-, dit le Frison.

(G) Robert Courte-Heuze, fils de Guillaume le Conquérant.

(7) Etienne, comte de Blois en 1081, marié à Adèle, fille de Guillaujue le Confjuérant, comte de Chartres en 1090. Il était fils de Thibaud III.

(8) Aimard (Podiensis episcoi)us), légat du pape. « Erat summa? ingenuitatis et niagna^ strenuitatis, industriœque singularis. » (Ordéric Vital, édit. de i852, III, 499.J

(9) Guillaume (Oriensis ei)iscoims), vice-légat.

(10) Raimond, comte de Toulouse.

gues (1), comte de Sainct-Paul, Baudouin de Bourg (2), Garnicr, comte de Grez, Raoul de Beaiigency (3), Evrard du Puisset (4), Cosme de Montagu (5) et plusieurs autres : chacun desquels amassa ce qu'il put d'hommes et au printems de l'année 1097, rarmée dressée par le duc de Lorraine s'achemina pour joindre Gautier de Sansçavoir (6), grand capitaine qui estoit party l'an précédent (1096) tant de cheval que de pied, et Pierre Lhermite, auteur du voiage, qui s estoit aussy le même an acheminé avec nombre de gens ramassés qui se joignirent avec le dict de Sansçavoir, entrèrent sur les terres de Soliman, turc, qui les chargea et en desfit la pluspart, faute de conduite et de ce que ce peuple ner vouloit obéir ny recevoir de commandement de personne ; ce qui se put sauver passa oultre et se joignirent au duc de Lorraine près de Constantinople.

Au dict an 1097, Robert, duc de Normandye, Estienne, comte de Chartres et de Bloys, Eustache (7), frère du duc de Lorraine, le comte d'Aumalle, le seigneur de Gonau (8), AUain Frigault (9), Roger de Beurneville (10), Raoul de Fontenay, Otho d'IUiers et plusieurs autres seigneurs françois et normans s'acheminèrent aussy et sans se détourber gaignèrent l'armée du duc de Lorraine, comme firent les troupes de Roehemont (11), prince de Tarente, le comte de Toulouse et autres qui tous aparemment furent bien reçus par Alexis, empereur de Constantinople, avec lequel ils traitèrent que tout ce qu'ils prendroient sur le turc qui avoit été prib sur le dict empereur et dépendant de l'empire de Constantinople luy seroit par eulx rendu et remis aux mains, moiennant

(1) Hugues II, de Champ d'Avène, comte de Saint-Pol en Artois.

(2) Baudoin II, roi de Jérusalem, surnommé du Bourg, deuxième fils de Hugues, comte de Rethel, et de Mélisende de Montléri.

(3) Raoul 1er, sire de Beaugenci (Radulphus de Balgenciaco), fils de Lancelin II, avait épousé en deuxièmes noces Mathilde, fille de Hugues le Grand.

(4) Everard (Ebrardus de Pusacio;, fils de Hugues, seigneur du Puiset, près Janville.

(5) Gonon, premier comte de Montaigu, fils de Gozelan, comte de Boragne, et d'Ermentrude de Harenzey.

(6) Gualterus, cognomento Sensaveir, gentilhomme bourguignon.

(7) Eustache II, comte de Boulogne, épousa Ite, sœur de Godefroy de Bouillon.

(8) Ghef breton.

(9) Alain III, dit Fergant, duc de Bretagne.

(10) Roger de Barneville-sur-Mer (Manche).

(H) Bohémond, fils de Robert Guiscard, qui prit part à l'expédition des chevaliers normands en Pouille et en Galabre.

quoy il leur promist de les secourir d'hommes et de chevaux et do vivres ; mais il manqua à sa parole et au contraire leur feist préparer des embuscades sur les chemins, qui leur courroient sus, où plusieurs, ne s'en méfiants, furent dévalisés, tués et autres faits prisonniers, entr'autres Hugues le Grand, frère du Roy de France, Dreux de Merle, Guillaume Charpentier (1), le légat du pape, Jean Le Breton (2), Hoyau de Chartres, Albert Conan et autres. Le duc de Lorraine, indigné de cela, lâcha la bride à son armée qui en peu de jours ravagea le païs d'alentour de Constanlinople ; finallement s'accordèrent : furent les prisonniers rendus, l'Empereur adopta le duc de Lorraine pour son fils, luy feist et à autres seigneurs de l'armée de grands présents, fut le Concordat confirmé, juré, signé et arrêté entre eulx. Mais l'empereur n'en tint encore rien et ne cessa de tracasser les troupes par des embuscades qu'il faisoit mettre sur leur route craignant, s'ils venoient à bout de la Terre Saincte. qu'après ils se saisissent de son empire. Les armées des comtes de Flandres et de Toulouze et l'evesque du Puy, légat en l'armée pour le pape, où estoient Guillaume, evesque d'Orange, Raimbault, comte d'Orange, Gosset de Bessiers (3), Girard de Roussillon (4), Guillaume de Montpellier (5), Guillaume, comte de Forest (6), Raymond Follet (7), Gontran de Béarn, Guillaume Amasson, et autres passèrent par la Dalmatie où le peuple barbare leur courut sus et en défit plusieurs.^ L'evesque du Puy y fust prins et par les Chrestiens arraché de leurs mains. L'empereur Alexis leur feist encore préparer des embuscades qui furent vaillamment soutenues et ses gens mis en déroute. L'empereur les manda auxquels il accorda les conditions à luy promises par les autres. Les armées se joignirent, poursuivirent leur chemin, assiégèrent et prirent Nicée (8) sur Soliman turc (9). Soliman

(1) Guillaume Le Cliarpentier, vicomte de Melun, fils d'Ursion ['?]

(2) .lean, comte de Bretagne.

(3) Var. « Gasset de Bessières. > (Ms. de Chartres.)

(4) Gérard, lils de Guillabert, comte de Roussillon.

(o) Guillaume V, (ils d'Ermengarde, seigneur de Montpellier..

(6) Var. « De Forez. » (Ms. de Chartres.)

(7) ft Raimundus Piletus, de familiaribus comitis Sancti-.Egidii, magnanimus miles. )> (Ordëric Vital, édit. de ISD"?, III, 573. J On j)ense ({u'il était seigneur d'Alais.

(8) Nicée, ville de Bithynie, dans l'Asie Mineure, célèbre par les conciles qui y furent tenus en 52o et en 787.

(9) Add. «Le 6 maH097..., elle fut prise au bout de cinq semaines.» (.Ms. de M. de La Sicotière.J

y arriva avec 50,000 hommes qui furent défaits par les Chrestiens et en demeurèrent 4,000 de morts sur la place et plusieurs prisonniers et fust la ville remise aux mains de l'empereur Alexis (1).

L'armée se sépara en deux à cause des vivres qui manquoient; le duc de Normandye, les comtes du Perche et de Bloys et autres prirent la droite ; Rochemond (2) et ses troupes prirent la gauche qui fut attaquée par l'armée de Soliman composée de 200, OOC hommes (3). Il envoya avertir le duc de Normandye, et ses troupes et autres vinrent à son secours. L'armée de Soliman fut défaite et il resta 40,000 hommes de ses troupes sur la place et son camp fut pillé par les Chrestiens qui en firent leur profict.

Tancrel (4) avec ses troupes tira du costé d'Icarre et la dicte ville d'Icarre (5) se rendit à luy ; il la céda à Baudouin (6), passa oultre et prit d'assault la ville de Mamiste (7).

Baudouin prit Tarce et fut en Arménie qu'il mit sous sa puissance ; ceulx d'Edesse (8) Chrestiens l'appelèrent pour se retirer de la servilude des Turcs qui possédoient leur ville. Les Turcs luy préparèrent une embuscade qui fut défaite, il prit sur le chemin la ville de Samasare (9) que les Turcs tenoient. Le gouverneur d'Edesse (10) se repentit de ce qu'il avoit offert à Baudoin; les

(4) On croit généralement que l'empereur de Gonstantinople traita secrètement avec les assiégés qui lui ouvrirent leurs poi'tes et qu'il dédommagea de cette prise les croisés en les comblant de largesses.

(2) Bohémond, prince de Tarente;

(5) Cette rencontre eut lieu le 1er juillet 1097 dans la vallée de Gorgoni.

(4) Tancrède.

(5) Sans doute Iconium.

(6) C'est Tarse dont il s'agit. Les deux chefs et leurs armées s'étant rencontrés devant cette ville, s'en disputèrent la possession. Tancrède, bien qu'ayant planté le premier son drapeau sur les murs, fut obligé, de céder la place à Baudoin qui, jaloux de son succès, avait excité les habitants contre lui.

(7) Malmistra, aujourd'hui Mcssissé. Ce fut Tancrède et non Baudouin qui s'empara de cette ville.

(8) Edesse, que les Talmudistes font aussi ancienne que Ninive et dont ils attribuent la fondation à Nemrod, avait été appelée Antioche en l'honneur d'Antiochus ; pour la distinguer de la capitale de la Syrie, on lui avait donné le surnom de la fontaine de Callirhoé. Nos chroniqueurs l'appellent Roha. C'est la corruption du mot grec rhoé, qui signifie fontaine. Edesse se nomme aujourd'hui Orfa. [Michaud, Histoire des Croisades, i 854,1, 136.1

(9) Samosate, aujourd'hui Semisat.

(10) Thoros ou Théodore.

habitants le tuèrent. Baudouin entra dans la ville, s'en rendit le maître et prit encore Saroge (1) autre ville turquesse.

Robert, comte de Flandres, prit aussy sur les Turcs la ville d'Artassac (2) qui la rassiégèrent. L'armée Chrestienne y vint au secours parce qu'il fust averty que Aécion turc, seigneur d'Ântioche venoit au secours d'Artassac. Le duc de Lorraine envoya le duc de Normandye et sa troupe, de laquelle estoitle dict Rotrou, comte du Perche, pour aller battre l'estrade devant et découvrir le secours. Ils parvinrent à un pont, sur la rivière, de fer (3) garni de fortes tours où il avoit garnison de turcs ; ils les attaquèrent ; les Chrestiens gaignèrent le pont et en chassèrent les Turcs. L'armée Chrestienne arriva, y passa la rivière et assiégea Antioche le 10 Octobre 1097. Aécion (4), seigneur d'Antioche, y estant avec forte garnison (5) s'y défendit. L'hivert, la famine et la mort désespérant les Chrestiens, les Turcs font chaque jour des sorties, tousjours repoussés avec perte, et arriva la nouvelle que le Turc venoit au secours avec une grosse armée. La peur et la crainte saisirent le comte de Chartres qui, feignant d'estre malade, quitta l'armée avec ceulx de sa trouppe. Cependant la ville fust prinse par intelligence queRobemont (6) avoit avec Hermifere (7), Chrestien, secrétaire d' Aécion (8). L'armée du Turc (9), venue pour le secours de la ville, assiégea les Chrestiens et les réduisit à une extrême famine. Les Chrestiens sortirent, combatirent et défn-ent les Turcs dont il en resta 100,000 sur la place et les Chrestiens s'enrichirent de leur dépouille. Robemont (10) fut estably prince de la ville qui avoit esté quatorze ans entre les mains des Turcs. Il la répara

(1) Baudouin fut proclamé gouverneur d'Edesse à la place de Thoros.

(2) Artésie, ancienne Ghalcis.

(3) Gessr-il-Haddir (Pont de fer). Construit sur l'Oronte.

(4) Baghisiam ou Accien, émir turcomau.

(5) 27,000 hommes.

(6) Bohémond.

(7) La plupart des historiens appellent ce conseiller Pyrrus ou Phirous. Sanuti le nomme Hermuferus. Il avait abjuré la religion chrétienne. — (Ici s'arrête la publication du manuscrit de M. Olivier, ancien Procureur de la République à Mortagne, commencée dans YEcho de l'Orne en 1849. Cette copie semble aujourd'hui perdue; nous avons donc le regret de ne pouvoir en continuer les précieuses variantes.

(8) Antioche fut prise au mois de juin 1098. Le siège avait duré près de huit mois. — Adcl. « Rotrou, comte du Perche, y commanda le dixième corps. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(9) Conduite par Kerbogâ, prince de Mossoul.

(10) Bohémond.

I" Série. 9

ainsy que les esglizes et y restablit le patriarche qui y remit le divin service. Geste défaite fist trembler les villes voisines jusqu'à Jérusalem.

Le comte de Toulouze assiégea et prit par force Albare (i) et la province d'Apanie ; et y establit pour evesque un prestre natif de Narbonne qui l'avoit tousjours suivy ; ce fust depuis un siège d'archevesque.

L'armée se mit aux champs, alla assiéger et prit Marcha (2) qui servit de curée aux soldats Ghrestiens. L'evesque d'Orange y mourust.

La famine et la peste estoit si forte en l'armée qu'il ne se passoit pas de jours qu'il n'en mourust grande quantité tant grands que petits ; à raison de quoy tout le monde criait après le duc de Lorraine et les autres seigneurs qu'on les tirât de là pour continuer leur chemin en Jérusalem et entr' autres y mourust An guerand, fils du seigneur Hugues, comte de Sainct-Paul. Le comte de Toulouze, importuné par le peuple de son régiment de passer oultre, bailla le gouvernement de villes qu'il avoit prises à Guillaume du Tillet (3) , gentilhomme d'honneur et de réputation et y laissa pour sa garde sept lances et trente hommes de pied ; le duc de Normandye, sa troupe et Tancret se joignirent avec le comte de Toulouze et s'acheminèrent vers Jérusalem. Barcé, Hanathe et Henisse* en passant leur administroient tous les vivres nécessaires à bon prix môme des chevaux de guerre à leur commodité. Toute l'armée qui ne pouvoit estre que de 20,000 hommes se joignit ensemble et arriva devant Jérusalem le 7^ juin 1099, l'investit (4). Les assiégés sortirent en grand nombre et en armes pour faire lever le siège ; ils furent vivement repoussés. On donna à la ville deux grands et furieux assaulx inutiles par la résistance des infidèles assiégés avec perte d'hommes de part et d'autre. Le troisiesme assault fust donné le 15" juillet au dict an et fust la ville emportée à force d'armes. Le duc de Loraine, accompagné de son frère Eiistache, suivy de deux gentilshommes, l'un nommé Eudolphe et l'autre Guillaume de Tournay, les comtes de Flandre et de Normandye, Tancrel, Beaudouin de Bourg, Gontran de Béarn,

(1) Albarie.

(2) Marrah, située entre Hamath et Alep.

(3) Chevalier provençal. Il lui confia la ville cl' Albarie.

(4) Add. « Le duc de Normandie, les comtes de Flandre, de Saint-Paul et du Perche, occupèi'ent la partie septentrionale. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

Gacé de Bésicrs, Girard de Roussillon, Thomas de Feiq, Conan le Breton, le comte d'Orange, Louys de Manson (l), Gunerede Montaigu (2), Raymond PiUet, Guillaume de Sabran, et plusieurs autres y entrèrent des premiers et finalement toute l'armée qui sans exception d'âge ny de sexe mirent au fil de l'espée tout ce qu'ils trouvèrent dedans au nombre do 20,000. Grâces à Dieu [furent] rendues au sainct Temple, [et] la ville [fut] netoyée des corps morts et du sang. Le duc de Loraine fut élu et couronné Roy de Jérusalem, le neuviesme jour après la prise de la dicte ville (3).

Durant ce voiage le duc de Normandye fut avcrty que Guillaume le Roux, son frère aisné, Roy d'Angleterre, estoit mort et que Henry, son puisné, s'en estoit fait couronner Roy contre tout droict (4).

Gomme aussy Rotrou, comte du Perche, avoit reçu nouvelle que Guillaume Gouet, dit Poutgouin, s'estoit emparé de partie de son pais du Perche ; à raison de quoy chacun d'eulx, volant les affaires de la Terre Saincte bien establies, se retirèrent en leur païs avec leurs hommes (5) .

Le duc de Normandye, de retour, trouvant Henry, son frère puisné s'estre fait couronner Roy d'Angleterre qui luy appartenoit

(1) Louis de Mouson.

(2) Gonon de Montaigu.

(3) Add. et Var. a Les lieux saints sont purifiés; des actions de grâces sont rendues et, huit jours après, tous les chefs des croisés convinrent unaniifiement de donner Jérusalem avec sa dépendance, à titre de royaume, à Godefroy de ISoulogne, dit de Bouillon, duc de la Basse-Lorraine.

Plusieurs des seigneurs croisés, voyant les affaires de la Palestine bien établies, prennent congé du roi de Jérusalem et reviennent dans leur pays, entre autres, Robert, due de Normandie, Robert, comte de Flandre, Rotrou, comte du Perche, Guillaume, comte du Perche-Gouet, et Philippe de Bellème, fds de Roger, comte de Montgommery et de Bellème. Ces deux derniers moururent jnindant la traversée. On voit cependant que Philippe de Bellème mourut à Antioche. « fMs. de M. de La Sicotière.)

(4) Add. « On trouve que Robert passa par la Pouille, où il se maria et où il ai)prit (jue Guillaume son frère était mort seulement le 2 août i 100. » {Id.J

(5) Add. « Rotrou sçut que Geoffroi, son père, étoit décédé au milieu du mois d'octobre précédant son retour, après avoir recommandé son fils à sa femme et aux grands du Perche et de Gorbonnois, afin qu'ils lui gardassent la paix et toutes ses places. Dès le sixième jour de sa rentrée dans ses Etats, Rotrou alla visiter, un jour de dimanche, le tombeau de sou père, inhumé à Saint-Denis de Nogent, recommanda son âme et son corps à Dieu et à Saint-Pierre de Gluni, confirma tous les dons faits au monastère de Saint-Denis et en mit l'acte sur l'autel avec les palmes qu'il avoit apportées de Jérusalem. » {Ms. de M. de La Sicotière.)

par droict de primogéniture et par raison, le luy demanda. [Henry] le refusa tout plat. Robert lève une armée, passe en Angleterre; Henry amasse aussy des gens pour résister. Rotrou, comte du Perche, gendre du dict Henry et neveu du dict Robert avec lequel il avoit contracté de l'amitié pendant le voiage de la Terre Saincte et autres seigneurs tant françois que anglois, les empêchèrent de venir aux mains et les accordèrent par ainsy que la couronne demeureroit au dict Henry par le moien que le dict Henry donna à son frère aisné quatre mille marcs d'argent (1), sa vie durant, de pension. Robert s'en repentit qui demanda à son frère Henry quelques terres qu'il tenoit en Normandye. Le Roy s'en refusa ; Robert recommença la guerre. 11 est vaincu et pris prisonnier devant Tinchebray (5), en Normandye. L'an mil cent six, Rotrou, comte du Perche et plusieurs autres seigneurs s'entremettent de les appointer. Le Roy d'Angleterre s'y rend inexorable et Robert mourut prisonnier l'an 1134 (2), le vingtième an de sa prison, par laquelle mort la duchié de Normandye retourna à la couronne d'Angleterre.

Rotrou se retira à Nogent où il ratiffîa, confirma et aprouva toutes les donations, fondations et auxmosnes faites au dict monastaire de Sainct-Denys de Nogent par ses père et mère, aieuUe et autres et pour témoignage du contentement qu'il avoit des dicts dons il en présenta les palmes, qu'il avoit apportées du voiage de Jérusalem, sur l'autel du dict Sainct-Denys et leur donna en.oultre plusieurs biens (3).

Eu la présence duquel Rotrou et de Malilde sa femme, fille du Roy d'Angleterre, Rayan (4) de Mont-Corbin donna aux dicts reli-

(1) Vor. « 3 à 4000 marcs d'argent. » fid.j

(2) AdJ. « En 1124 ou 1134. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(5) Add. « Bernard d'Abbeville en Picardie, désirant vivre dans le désert, vint avec ses disciples dans le Perche qu'il trouva conforme à ses desseins ; il s'adressa à Rotrou, comte du Perche, qui lui donna le lieu d'Arcisse, près de Nogent, mais Béatrix, mère du comte du Perche, craignant que îa présence de Bernard ne nuisît aux moines de Saint-Denis de cette ville qu'elle affectionnait, fit changer cette donation par son fils qui en fit une autre d'un local sur le ruisseau de Tirou, beaucoup plus éloigné de Nogent. Bernard l'accepta et commença sa fondation eu 1107. Deux ans après, il dit sa première messe, le jour de ^Pâques, dans une chapelle de bois qu'il avait bâtie. Les religieux de Saint-Denis réclamèrent des droits sur le monastère. Bernard se vertit vers le chajjitre de Chartres qui lui accorda non loin un terrain sur la paroisse, de Gardais, où il fit de nouvelles bâtisses et parvint, au moyen de secours divers, à rendre son monastère en état de recevoir un grand nombre de religieux ; car on trouve que Bernard en nourrit plus d'un cent à la fois. » //rf.,'

(4) Var. « Payen. » (Id.)

gieux de Sainct-Denys la dixme de Gorbion, paroisse de Soligny, avec tous ses meubles pour estre après son deceds enterré en l'esg-lize du dict Saioct-Dcnys. Gilbert de Prulay (1) s'opposa au dict don disant que la dicte dixme luy appartenoit, qu'il quitta aux dicts de Sainct-Denys à la prière du dict Rotrou.

Pour résister aux entreprises que le dict Gouet faisoit sur le dict Rotrou qui s'estoit emparé de la Basoche, Authon, Montmirail, Alluye et Brou, qui sont cinq chàtellenyes qui dépendent du dict païs du Perche, et afin de se mettre en sûreté, feist réparer le chasteau de Nogent et en iceluy bastir une chapelle ou oratoire fondé de Sainct-Estienne qui de luy et des autres de son nom fust appelé comme il l'est encore à présent. Nogent-le-Rotrou assembla ses subjets et antres. Vinrent souvent aux prises l'un contre l'autre et pour ce que le dict Gouet aydé de Thibault, comte de Chartres, son beau-père, faisoit souvent des courses jusqu'au dict Nogent et se retiroit en sa ville et chasteau de Ponlgouin, distant de Iroys lieues (2), le dict Rotrou feist faire une motte et tour sur le chemin du dict Nogent à Pontgouin que le dict Rolrou garnit d'hommes pour empêcher, les courses du dict Gouet ; laquelle motte est encore aujourd'huy appellée La Motte Rotrou (3) et finalement aiant le dict Rotrou et le dict Gouet passé quelques années en ces troubles, par l'advis des seigneurs du païs s'accorderont par ainsy que le dict Gouet qui estoit veuf de la duchesse de la Pouille, fille du comte de Chartres, espousa Madeleine, fille du dict Rotrou, comme j'ay dict (i) ; en faveur duquel mariage iceluy Rotrou luy donna la terre et baronnie de Longny, Marchainville. la Motte d'Iversé (5), et le droict qu'il avait es lieux

(1) Seigneur de Prulay en Saint-Laiigis (près Mortagne).

(2) Add. « De Nogent. î [Ms. de Versailles.)

(3) Add. « On trouve que cette Molte-Rotrou fut construite pour réprimer les courses de Hugues, vicomte de Chartres, ce qui détruit Tavance de Bart des Buullais en rapportant qu'elle lut bâtie contre Guillaume Gouet, seigneur de Pont-Goet. » [Ms. de M. de La Sicotièt^e.J

(4) V. p. 86, note 1.

(5) Add. « C'étoit en 1558, lors de la rédaction de la Coutume du Grand-Perche, une chàtellenie et une communauté d'habitans indépendantes de la paroisse de l'Hôme (1) dont elles font aujourd'hui partie (2i. La Motte-d'Iversay est sur le ruisseau de .lamblé qui passe à Longny et est située à COO toises N.-E. de l'ilùme, ayant de ce même côté, à la "dis-

(1) Lliôme-Chamondot, cant. de Longny.

(2) M Messire Esprit de Harville, chevalier, seigneur de Palaiseau, genlilhonime ordinaire de

la Chambre du Roy, à cause de sa chastelleiiie, terre et seigneurie de la Mothe-Diversay »

(Procès- verbal de la réd. des Coût, du Perche, p. VIII.)

(le la Basoche, dicte de luy la Basoche Gouet, Montmirail, Brou, Autlïon, AUuye qui sont cinq chastellenyes desquelles les appellations ressortissent à Joinville en Beauce (1) que l'on appelle les cinq chastellenyes du Perche-Gouet, lequel païs fust ainsy appelle du nom du dict Gouet qui y establit coustumes parlicullières, beaucoup plus rudes que celle du Grand-Perche. Duquel mariage sortit de succession en succession, Jean, seigneur de Longny, Nicolas de Longny et Louys de Longny qui fust en Portugal et en amena les seigneurs de la Rivière et de Yasconcelles. La dicte maison de la Rivière est éteinte, et de sa succession la terre de la Roussetière (2) en la paroisse de Yerrières est venue en la maison de la Frette où il avoit pris alliance. Celle de Yasconcelles [est] encore en règne près de Rémalard. Le dict Louys de Longny n'eust qu'une fille laquelle, durant la guerre des anglois il maria avec messire François de Surienne, chevallier de la Jarretière d'Angleterre (3) de laquelle il eust aussy une fille qui espousa le seigneur de Saincte-Marie (4) par laquelle la dicte baronnie de Longny est entrée en la maison de messieurs les comtes de Sainct-Paul, laquelle terre de Longny est encore à présent racheptée du chasteau et chastellenye de Pontgouin.

En 1126, le dict Rolrou, ayant pris possession de Bellesme, en vertu du don à luy faict par Henry, Roy d'Angleterre, son beau-père (5), quiPavoit obtenu par confiscation sur Guillaume de Bellesme, ainsy que j'ay dict, ratifia, confirma et aprouva laréu-

tance de 300 toises, les restes du château de Garnies qui fut rasé en 1428 par Thomas de Mortagne, comte de SaUsbury, en allant faire le siège d'Orléans. » (Note du ms. de M. de La Sicotière.J

(1) Janville, arr. de Chartres.

(2) La Roussière.

(3) Add. (I Lequel avoit eu Longny en don de Henri V, roi d'Angleterre, après la mort de Thomas de Mortagne, comte de Salisbury, qui l'avoit depuis i410 et qui fut tué au siège d'Orléans en 1428... » (Ms. de M. de La Sicotière.) V. p. 88.

(4) Add. « Qui eut la garde de Longny et l'avoit en 1449. » (Id.) V. p. 88, not. 3.

(d) Var. et Add. « Le comte Rotrou obtint, en 1114, de Henri I^t, roi d'Angleterre, son beau-père, la ville de Bellême, dont ce prince, assisté de Thibaut, comte de Blois et de Chartres, de Foulques, comte d'Anjou et du dit Rotrou, s'étoit emparé sur Robert II de Montgonimery-Bellême, comte d'Alenrun et seigneur de Bellême. Ensuite Rotrou se rendit en Espagne et se trouva, cette même année, au siège de Saragosse pendant lequel il prit Tudèle, que guelques-uns mettent quatre ans plus tard. Ce siège qui fut abandonné, fut repris en 1118 avec les troupes du Perche et autres. La ville se rendit le 18 décembre. Dans cette même année, Thi-

nion faicte par Robert, fils du comte Roger de Montgommery, de l'esglize de Sainct-Léonard de Bellesme, avec l'esglize prieuré et monastaire de Saioct-Martin du Vieil Bellesme (1), à laquelle esglize il donna la dicte esglize de Sainct-Léonard, appartenances et dépendances sujette à l'esglize de Rome, seulement par concessions précédentes.

Item, l'esglize paroissiale de Sainct-Martin du Vieil Bellesme et Sainct-Jacques de Vaunoise, son annexe avec les grosses dixmes d'icelles.

Celle de Sainct- Sauveur de Bellesme avec les dixmes.

Celle de Sainct-Pierre hors les murs de Bellesme et les dixmes. Celle de Saincte-Marie de Courthioust (2) et les deux parts des grosses dixmes.

Celle de Saint-Jehan-de-la-Forest.

Celle de la Chapelle-Souef et les dixmes.

Celle de Sainct-Jehan de Dancey (3) et les dixmes.

Celle de Sainct- Aubin do Boissy-Maugis (4).

Celle de Sainct-Martin de Collonard (5) et les deux parts des grosses dixmes.

Celle de Sainct-Quentin-le-Petit.

Celle d'Origny-le-Roux (6).

Celle de Sainct-Ouen-de-la-Cour (7) et deux parts des grosses dixmes.

Celle de Saincte-Marie de Bellavilliers (8) et les deux parts des grosses dixmes.

Celle de Sainct-Maurice-sur-Huigne (9) et les deux parts des grosses dixmes.

Celle de Sainct-Pierre d'Origny et les deux parts des dixmes.

haut, comte de Champagne et de Chartres, dit le Grand, joint à Henri I^^^ roi d'Angleterre, son oncle, contre Louis VI, roi de France, pour rei)rendre la ville de Laigle, dont ce monarque s'était emparé et, étant tous deux repoussés, se retira à Senonches, qu'il rétablit ou agrandit, l'année suivante. Rotrou obtint un quartier de la ville de Saragosse pour récompense. » (Ms. de M. de La Sicotière.J V. p. 73.

(2) Add. « Curthiol. » [Ms. de M. de La Sicotière.J (5) Add. « De Danciaco. » fid.)

(4) Add. (( De Baxello. » (Id.J

(5) Add. « Aliàs Courlonard (de Curti Leonardi). » [Id.J

(6) Add. « De Oreniaco. » (Id.J

(7) Add. « De Gurte. » (Id.J

(8) Add. « Berlaviller. » (Id.J

(9) Add. « De Euraciaco. » (Id.J

l'28 ANTIQUITÉS DU PERCHE.

L'an 1127, Jehan (1), evesque de Sees, du tems d'Odo, abbé de Marmoutiers, troubla les dicts religieux en' la jouissance des dictes choses, de quoy ils furent accordés par Henry, Roy d'Angleterre et duc de Normandye et Geoffroy, archevesque de Rouen, par ainsy que le dict evesque de Sees céda aux dicts de Marmoutiers tout le droict qu'il prétendoit aux dictes esglizes fors celles de Saint-Jehan-de-la-Forest et de Sainct-Quentin qu'il retint. Le prieur de Sainct-Martin présente à tous les bénéfices cy-devant dicts et l'abbé du dict Marmoutiers confère et donne le prieuré du dict Saint-Martin, pleno jure, comme dict est (2).

Après que le dict Rotrou fut déchargé des affaires qu'il avoit eties avec le dict Gouet, désirant encore proufiter au culte divin, se retira en sa ville et chasteau de Mortaigne. En l'an 1140, le deuxiesme jour de décembre fonda et feist bastir dedans la forest du Perche, l'abbaye de la Trappe, de l'ordre de Giteaux, à laquelle il avoit singulière dévotion, près et en la jurisdiction du dict Mortaigne et y donna de sa forest du Perche ce qui est contenu depuis le grand chemin de Mortaigne à Randonnay jusqu'au bois d'Apres et plusieurs autres biens (3).

L'esglize du dict lieu est couverte en forme d'un navire renversé, au haut de la voûte de laquelle sont encore aparentes l'escu et armes du dict Rotrou qui portoit d'argent, chargé de troys chevrons rompus de gueule (4).

Le dict Rotrou fut un très bon prince qui aima tellement ses subjects de la chastellenye de Mortaigne que quelques frais qu'il eust fait au voïage de la Terre Saincte en la querelle qu'il avoit eue avec le dict Gouet et aux bastimens des dicts monastaires, il ne prit ny imposa jamais sur eulx aucuns deniers et les affranchit des lods, ventes et autres deniers qui se prenoient sur eulx et austres subjects du Perche pour acquisitions de terre, duquel

(1) Jean le de Neuville, évêque de Séez de H23 à 1443.

(2) Add. « On trouve que le comte du Perche, Rotrou, maria en 1134 Mai'guerite ou Marguerine de Laigle, sa nièce, à Gardas Ramirez [Garcie V] qui devint roi de Navarre trois ans après [il fut roi de Navarre dès 1135] et qu'il lui donna en m,ariage la ville de Tudèle. » (Ms. de M. de La Sicotière.)

(3) Add. « Giselbert II ou Gilbert, seigneur, baron de Laigle, beau-frère de Rotrou, comte du Perche et de Mortagne, donna la baronnie de Contrebis à ce nouveau monastère. » (Ms. de M. de La Sicotière.l

(4) Une charte des archives de l'Orne porte un sceau d'un comte du Perche dont l'écu porte trois chevrons entiers.

droict les subjects du dict Mortaigne ont tousjours depuis jouy et jouissent (1).

Et pour ce que Hélie de la Flèche, comte du xMayne, faisoit continuellement des courses sur les Percherons, il feist élever une motte de terre au lieu de la Perrière et sur icelle baslit une forte et haulte tour et bastimens de chasteau et les garnit d'hommes pour résister au dict comte du Mayne ; laquelle place a esté depuis ruynée et en paroissent encore les ruynes (2).

De Rotrou, 3' du nom et 5" comte du Perche.

Rotrou (3), son fds aisné, luy succéda et fust le cinquiesme comte du Perche. 11 espousa en premières nopces Matilde (4), nièce de Henry, deuxiesrae du nom, Pioy d'Angleterre, de laquelle il eust deux fds et une fille, sçavoir : Geoffroy qui lui succéda au dict comté, Guillaume qui fut doyen de la grande esglize de Chartres et depuis evesque et comte de Chàlons, et Béatrix qui fut conjoincte par mariage avec James (5) de Chasteaugontier,

(1) Add. « Ce qui leur a été confirmé par i'art. 86 de la Coutume du Grand-Perche, rédigée en i558. » fid.j — « Par la dite Coustume, ventes sont deûes par l'acquéreur, à la raison de vingt deniers tournois pour livre, pour raison de vendition d'héritages qui sont tenus à cens seulement, fors et excepté en la dite chastellenie de Mortagne, ou ne sont deûes aucunes ventes. Toutesibis en la chastellenie de Regmallard et fiefs qui en dépendent, comme Feillet, Vaujours et autres, sont deiies ventes, à la raison dessus dite. » fCoimtumes des pays, comté et bailliage du Grand- Perche avec les apostilles de M. Ch. du Moulin. Mortagne, i137,

p. 23.) — « Grand privilège pour la ville et chastellenie de Mortagne, dit l'éditeur de la Coutume, dont je n'ai pu jamais trouver la concession ni la cause, quelque recherche que j'aye peu faire. »

Add. « Rotrou tint au mois de mars ilM une assemblée à Mortagne des seigneurs d'Ouche, de Normandie et du Perche, où Thibaut, comte de Blois et de Chartres, fut élu au duché de Normandie. Il refusa cet honneur qu'il déféra au comte d'Anjou, qui lui donna la ville de Tours. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Add. « Rotrou fut tué au siège de Rouen en 1145. » [Ms. de M. de La Sicotière.J — Non pas en M43 mais en avril i\Ai.

(3) Rotrou IV, 3e comte du Pcrclie, iiU f H9I.

(4) Var. « Mahaut ou Mathilde de Champagne ou de Tîlois, i)etite-nièce du roi Henri 1er d'Angleterre et cousine de Henri H. (Ms. de M. de La Sicotière.J

(5) Add. (( Ou plutôt Renaud de Chàteau-Gontier. » fMss. de M. de La Sicotière et de Versailles. J

qui eust en mariage le chasteau et seigneurie de Nogont-le- Rotrou, comme j'ay dict, et, en secondes nopces, le dict Rotrou espousa Agnès (1), [fille du] comte de Braune, que Robert, comte de Dreux, fils de Louys le Gros (qui volontairement avoit renoncé à la couronne et armes de France) espousa après le déceds du dict Rotrou; de laquelle il eust cinq.fds et une fille, entr'autres Pierre (2), qui espousa Alix, duchesse de Bretaigne, qui fust nommé Maucler pour avoir renoncé à la souveraineté de Bretaigne et en avoit fait foy et hommaige au Roy de France.

Le dict Rotrou ratiffia et confirma les dons faits par ses prédécesseurs à la dicte maison et monastaire de Sainct- Denys de Nogent, entr'autres du dixiesme marché de Mortaigne.

Et oultre, leur donna l'esglize et bénéfice de Buré, chastellenye de Mortaigne,

Le dict Rotrou et Béatrix, sa mère, fondèrent les doyen, chanoines et chapitre du dict Nogent en l'esglize ou chapelle de Sainct-Etienne, scise au dedans du dict chasteau de Nogent, d'un chevecier et quatre chanoines, et leur donna, la dicte Béatrix, le moulin et la maison ou métairie de la Vallée, en la paroisse de Margon, et le dict Rotrou leur donna plusieurs terres et confins avec tout droict de haulte, moyenne et basse justice sur tous leurs subjects, censiers et rentiers.

De ceste esglize ou chapelle de Sainct-Estienne despendoit une autre chapelle fondée de Sainct-Jehan-Baptiste et Sainct-Jehan l'Evangéliste, qui avoit été ruynée lors de la ruyne et embrasement de la dicte ville de Nogent ; en la place de laquelle chapelle par les aumosnes des catholiques et gens d'esghze du dict païs fust édifiée la dicte esglize Sainct-Jehan ainsy que les dicts chevecier et chanoines y establis.

En la présence des dicts Rotrou et Béatrix, sa mère, Guillaume de Loisail donna aux dicts religieux de Sainct-Denys l'esghze de Sainct-Martin de Loisail, olTrandes, sépultures et prémices d'icelle esglize avec les deux parts de la dixme de la dicte paroisse et une maison ; pour récompense duquel don, le dict Rotrou, comte du Perche, et Béatrix, sa mère, donnèrent au dict Guillaume de Loisail par charité douze livres, monuoye de Chartres, et dix livres, monnoye de Dunois. Lesquelles dix livres furent dès lors

(1) Add. « Comtesse de Brienne. i» fid.j

(2) Add. « De Dreux. » (Ms. de M. de La Sicotière.j

baillées par les dicts llolrou et sa mère à Hugues de Nogent auquel iceluy de Loisail les dcvoit.

La dicte Béatrix donna à l'csglize et monastaire du dict Sainct- Denys de Nogent resglize de Mauves, près Mortaigne, qui luy a voit été donnée par Pierre Gatinel.

En l'an 1144, le dict Rolrou donna à la léproserie de Chartraige et à la Galende du Corbonnois, y establie, par augmentation des bienfaits de Rotrou, son père, la foire qui se tient le jour et feste de Sainct Jacques, apostre, et Sainct Cristophe, martir, exemptée de toutes couslumes et exactions qui pourroient estre levées par ses officiers dont il les quitta, excepté la peine des larrons, dont il réserva la cognoissance à son voyer. Geste donation fust confirmée par Henry, deuxiesme Roy de France, le .deux novembre 1551, qui oultre, leur donna droict de tenir foire le premier jour de may. Et encore confirmée par Louys treze, Roy de France, en 1613, qui leur a donné droict de tenir la dicte foire pendant deux jours (1).

Leur confirma aussy le dict Rotrou les donations à enlx faites par le dict Rotrou, son père (2), la dixme de ce qui estoit dépensé a la table di^ dict comte lorsqu'il se retiroit et faisoit sa demeure en Gorbonnois, excepté qu'à Mauves où ils ne prendroient que la moitié de la dicte dixme etaultres choses à eulx données par le dict Rotrou, son père; et oultre, leur amortit tout ce qu'ils pourroient raisonnablement acquérir en sa terre par l'auinosne des gens de bien.

Item, leur donna un bourgeoys (3) libre, Irauc et exempt de toutes charges en son chasteau de Mortaigne ; présents : Symon Mercier (4), Robert Prévos, Odo Garrel, Adam de la Ghapelle et ses frères, Hugues, prestre de Ghartraige, Rodolphe Hadon, Ro-

(1) Add. « Il est à remarquer que cette donation de la foire de Saint-Jacques laite à la maison de Chartrage par Rotrou en H44 était seulement laite pour la léproserie du dit lieu. Cette foire appartient aujourd'hui à la Maison-Dieu de Mortas^ne, en veitu soit d'un acte de pai'tage fait entre Jean Macé, prieur du dit Chartragi', et messire Louis de Perussy, titulaire de la command(M'ie de ("Jiartraire, le l*"'' avril 1G88, soit d'un arrêt du Conseil privé du Iloi du 14 janvier 1682 ([ui, en exécution des édits et déclarations des mois de mars, avril et août 1695, unit aux dits Hôtel-Dieu les maladreries de Chartrage et Mauves. » iMs. de Versailles.]

(2) Add. « La dîme de ses moulins étant nrès de Mortagne et... » {Mss. de M. de La Sicotière et de Versailles.]

(3) C'est-à-dire le droit de bourgeoisie payé par le bourgeois, qui était une somme fixée par an.

(4) Var. « Marnier. » /il/s. de Versailles.]

bert de l'Isle, Girard de Champs, Robert de Blâme (1), Hubert de Biesnard et plusieurs autres y dénofnmés.

Comme aussy, à son imitation, plusieurs seigneurs particuliers donnèrent à la dicte maison de Chartraige et Galende de Corbonnois, y establie, plusieurs biens, sçavoir:

Hugues de Champs, la troisiesme partie du moulin de Digne (2) et pareille portion du moulin de Tanneret (3).

Symon de la Yove, un septier de froment et dix sols de rente sur les moulins et fours de Mortaigne, du consentement du dict Rotrou, comte du Perche et de Geoffroy, son fils.

Un septier de froment de rente par Robert de Médavid (4) sur la terre de Radray (5) .

La terre d'Argillier que leur a donné Robert le Vayer.

La dixme du moulin du Guay (6) que Herbault Baslin (7) et sa femme leur ont donné.

Odon de Boyères et ses frères, deux gerbes de dixmes sur toutes leurs terres.

Robert Machenay de Blavou, un pré entre les deux rivières pour son fils Archarabault, lépreux.

Roger de la Roche, pour luy et sa mère, lépreuse, troys journaux de terre eh la paroisse de Loisè.

Gervais le Roux, un journal de terre près la Croix, lors de la dédicace de leur esglize, et lors du deceds de Gilbert, son fils aisné, chevallier, troys septiers de terre.

Guérin Barberotte, pour luy et ses frères, Hugues ChevalUer et Guillaume Le Clerc, lépreux, la dixme de la Gravelle et la mestairye de Beaumarchais.

Guillaume de la Rozière, lépreux, deux septiers de froment et de seigle de rente annuelle et la dixme qu'il avoit à Yray, du consentement de son frère Robert.

Guillaume de Longpont pour son frère Symon, lépreux, un arpent de pré scitué en la prairie de Rouvray.

Rodolphe du Perché, demi arpent de pré et une chartée de foin.

(J) Var. « De Bleuve. » (Id.J — Blavou ou Elèves (Sarthe). (2i Var. « Digny. » fMss. de M. de La Sicotière et de Versailles.] Entre Champs et Sainte-Céronne.

(3) Moulin à tanner.

(4) Var. « Medavy. » (Ms. de Versailles.)

(5) Entre Loisail et Mortagne.

(6) Près de Loi se ? •

(7) Var. « Bassire. » (Ms. de M. de La Sicotière.)

Robert de Gruel, la dixme de sa terre de la Forest (l).

Payen de Loisail, im septier de froment en sa dixme de Loisail, du consenlement de Guillaume, son fils aisné.

Richard de Blavou, pour son frère Hugues, lépreux, cinq journaux de terre en la paroisse de Loisail.

Roger du Douet, pour sa fdle Ricliilde, lépreuse, un septier de froment et un septier de seigle, chacun an, du consentement de Payen de Gourgeoût, son seigneur.

Angenot Barberotte, lépreux, une maison assise en sa terre et le pré de l'Epine (2), du consentement de Guillaume du Pin, son seigneur.

Jean de Rouvray, pour Girard, son frère, lépreux, un arpent de pré au-dessous du Netguillé, du consentement de Rodolphe du Perche.

Houdibault de Loisail, lépreux, un arpent de pré en Loisail.

Hugues de Nouant, lépreux, deux septiers de froment et deux septiers de seigle sur la mestairye de Nonant (3).

Robert Girard, pour son fils lépreux, la terre qu'il tenoit d'Anguerraud de Loisô, près la forest de Ghartraige, .du consentement du dict Anguerrand.

Girard Ghevreul, le moulin de Rialin (4), présents Girard, evesque (5) et autres qui estoient venus à l'enterrage de Gervais, son père, à la Trape.

Emaury, fils de Gervais, demi muid et deux septiers (6), autant d'orge et autant d'avoine.

Guillaume du Pin, un septier de froment et un de seigle de rente annuelle.

Robert Girard, pour ses deux fils lépreux, deux journaux de terre et la place d'un jardin au fief de Robert de Gruel.

Roger de Vaubouton (7), le champ de la Mare (8), du consentement de tous ses parenls.

Ernault Baslen, un jardin et leur affranchit tout ce qu'ils

(1) Entre Bivilliers et Saint-Hilaire-lès-Mortagne ?

(2) Entre Mortagne et le château de Mau regard ?

(3) Add. « Aujourd'liui Nounant. » [Ms. de M. de La Sicotière.J

(4) Près Saint-IIilaire-lès-Mortagno.

(5) Add. « Evèque de Sées, deuxième du nom, qui siégea de 1143 à 4157. » [Ms. de M. de La Sicotière.J

(6) Add. « De blé. » (Mss. de M. de La Sicotière et de Versailles.)

(7) Paroisse de Gourgcoust.

(8) Entre Loi se et Villiers ?

tenoient à son fief, asçavoir : la terre que Robert Tolemer leur avoit donnée, contenant troys demi-arpens de terre à Montcocu et tout ce qu'ils pourroient acquérir en son fief, du consentement de Hugues de Courcerault, qui leur a donné sa terre joignant le fief des Marres (1) près le chemin de Morlaigne au ruisseau "Farfaret.

Robert des Loges et ses héritiers, la terre qui est depuis la Carrière jusqu'à Montcocu.

Geoffroy de Ghampeaux, sa terre qui est près la marre de Néelle, de l'autre costé du chemin et deux journaux de terre.

Emorrest de Vorré, sa femme et ses deux fils Robert et Mathieu, leur terre scise en la paroisse de Sainct-Gerraain de Loisé, près le cymetière de Ghartraige et la fontaine Farfaret (2).

Robert Carrel, deux journées de terre au Val, du consentement de Guillaume d'Erine.

Gervais des Loges, la terre qu'il avoit entre la fontaine et la Garrière.

Geoffroy des Loges et Girard de Loisaii, la terre qu'ils avoieut sur la fontaine Farfaret. ,

Hugues des Marres, chevaUier, un arpent de pré sur la rivière d'Erine.

Hugues de Meherry, une petite dixme qu'ils avoit en la paroisse du Pin, en la présence de toute la Galende.

Gaultier Bourge et sa femme, troys journaux de terre au-dessous de Montcocu.

Galeran du Pin et Béatrix, sa femme, pour le repos de l'âme de Geoffroy, leur fils, enterré en la dicte maison, une petite mestairye en la paroisse du Pin et ung pré près du Pin.

Hugues de Courcerault et Agalte, sa femme, la terre qui est entre Mortaigne et Ghartraige.

Hugues des Eleilleux, la terre qui est entre les deux chemins.

Payen d'Ivercé (3), pour son frère malade, cinq sols sur le moulin d'Ivercé (4).

Hugues de Sainct-Amant et Avoyse, sa femme, la raare Turpin, pour Gervais, leur fils, lépreux, du consentement de Guillaume de la Beauvoisinière et de Guillaume du Ruisseau.

(1) Au sortir de Mortagne, sur la route de Bellême.

(2) Add. < Cette fontaine, dont la source n'est pas abondante, est dans un pré qu'on nomme aujourd'hui les Jouinières. » fMs. de M. de La Sicotière.J

(3) Var. « D'Iversay. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(4) Add. a En Saint-Maurice-sur-Huisne. » [Id.J

Hugues, prévost de Gourtheraye, cinq sols sur un moulin scis sur la rivière de Sarthe.

Rodolphe du Mesnil pour sa fille, lépreuse, deux arpens de pré sur la rivière de la Sarthe, sous Mesquelin.

Hubert de Bresnard, par son deceds, la dixme qui est au-dessous du moulin de. l'estang de Mortaigne.

Geoffroy Allet, deux journaux de terre à Beauvoir,

Robert de Gruel a déchargé la dicte maison de Ghartraige de cents sols de rente pour l'àme de Geoffroy d'Illiers, insigne chevallier, et oultre, leur a donné, chacun an, un septier de froment de rente à prendre sur sa terre de Ghamprond.

Odo du Pin et Richilde, sa femme, la petite mestairye de Goullier (1), paroisse de Saincte-Géronne.

Hugues de Gourcerault, dix sols de rente à l'assemblée du Pin.

Guillaume de Réveillon, douze sols de rente.

Rodolphe de Bubertré, douze sols de rente à l'assemblée du Pin.

Sobier (2) de Laleu et sa mère, deux journaux de terre en la paroisse du Pin, près l'eau Barberotte.

Guillaume de Bressol (3) une maison en la paroisse de Sainct- Jouin, du consentement d'Odo du Pin, seigneur du fief.

Hugues de Gourcerault, un arpent de pré en la paroisse de Loisé.

Hernault de la Rozière, troys journaux de terre en la paroisse de Loisail.

Lucas (4) de Ghampeaux, la terre près et jusqu'à la marre de Néelle.

Guillaume Piécard-Haste, la dixme qu'il avoit en la dicte paroisse de Sainct-Langis.

Guillaume Ferré, pour son frère, lépreux, troys journaux de terre et sa dixme en la paroisse de Sainct-Langis.

Gaultier Perreau et sa femme, deux journaux de terre et sa dixme.

Payen de Gourgeout, la dixme du moulin du dict lieu.

Rodolphe du Perche, un arpent de pré sous le pré Gaultier.

(1) Var. « Couthier. » (Ms. de M. de La Sicotière.J C'est Couillet.

(2) Var. « Sûlen. » [Mss. de M. de La Sicotière et de Versailles.)

(3) Var. « Boessel. » (Ms. de Versailles.) — « Bulsol. » (Ms. de Chartres.)

(4) Var. « Lucé. » (Ms. de Chartres.)

Mathieu de la Haraudière, un arpent de pré es isles de la Mesnière.

Hugues des Marais (1), demi-arpent de pré en la vallée de Sainct-Quentin.

Girard de Marais, Guillaume et Jean, ses frères, pour Guillaume, leur frère, lépreux, la masure qu'ils avoient en la paroisse de Gourteraye, du consentement de Rodolphe de Médavid (2).

Thomas, prestre de Saincte-Céronne, ung muid de grain sur la dixme de Saincte-Céronne, asçavoir : quatre sepliers de froment quatre de saigle et quatre d'avoyne.

Robert de Flandres, la dixme de la terre sur le Gué (3) et ung journel au-dessous (4) pour son fds Gaultier, lépreux.

André de Mauregard et Augustin, son fils, une censive.

Robert de l'Eau, lépreux, ung bourgeoys, au cymetière de Sainct-Hillaire, une masure et ung pré.

Girard de Fleuzes (5), la dixme qu'il avoit à Fleuzes.

Garin des Champs, un journel de terre près la Carrelière (6).

Richer, fils de Robert de Glaire Fontayne, la terre d'entre les deux chemins de Sainct-Langis.

Hugues de Gourgeon (7), dix-huit boesseaux de bled (8) sur la dixme de Gourgeon pour la provende et nouriture de l'assemblée de la Gallende.

En Tan mil cent quarante-sept, Gonrard, empereur d'Allemaigne, Louys, septiesme du nom, Roy de France et plusieurs autres seigneurs françoys, allemans et autres, se croisèrent pour aller secourir les Ghrestiens en la Terre Saincte continuellement alfligée des Turcs et, pour ce faire, firent une armée de sept vingtz dix mil hommes (9) de cheval, sans les gens de pied, qui s'ache-

(1) V(ir. < Desmarets. » [Ms. de M. de La Sicotiève.J

(2) Nous allons suivre pendant quelques temps la version dhm fragment de manuscrit qui ap'partient à M. de La Sicotière et que nous avons tout lieu de croite autographe. Il ne diffère guère d'ailleurs de la copie de Mortagne, quant à la rédaction du moins ; le style et Vorthographe seuls lui donnent un cachet d'origi^ialité.

(5) Var. « Sous le gué. î fMss. de M. de La Sicotière et de Versailles.)

(4) Var. « Au dessus. » (Id. id.l

(5) Entre Sainte-Géronne et Mortagne.

(6) Var. « La Carrière. » fMss. de M. de La Sicotière et de Versailles.

(7) Var. « De Corbon. » fMs. de Chartres.)

(8) Add. « Mesure de Corbonnois. » [Mss. de M. de La Sicotière et de

Versailles.) (9) 150,000 hommes.

DES COMTES DU rERCllE. 137

rainèrent à Gonstanlinoplc pour communiquer de leur voyage avec Manuel l'empereur et implorer son ayde de vivres et d'hommes (1).

llotrou, comte du Perche, et Estienne, son frère, homme docte et prudent, furent de la partye et avec leurs trouppes dessendirent en Cicille où Roger, roy de Gicille, les receut avec touttes les courtoisies et bienveillances qu'ilz eussent peu désirer, lequel, ayant hallayné et recongneu les perfections du dict Estienne, le retint de son conseil et constitua son chancellier (2).

llotrou avec dix mil regretz laissa son frère en Cicille et avec ses trouppes se mistsurmer, arriva et se joignit avec les troupes du Roy de France. Furent tous très bien receuz de Tempereur de Gonstantinople et, pour ce que les deux armées ne pouvoyent marcher ensemble tant pour le deffault de vivres que de ce que les nations ne se pouvoyent accorder à cause de leur diversitté de langues et complexions, se séparèrent. Les Françoys prindrent la mer et les AUemans la terre ferme et lem- bailla l'empereur des hommes pour les conduire par les droictz chemins. Mais ces conducteurs, fust de leur propre malice ou qu'il leur eust esté commandé d'ainsy le faire, menèrent l'armée de l'empereur du costé des terres de Soliman en ung pais désert, plain de sables et de landes où ne croissoient aucuns fruictz et, les ayans ainsy abusez par troys jours, se dérobèrent d'eux et les laissèrent au milieu de ces désertz, ce qui estonna merveilleusement l'empereur ne saichant de quel costé tourner, ne congnoissant le pays et n'y ayant ville, maison ny personne de qui il peust aprendre le chemin qu'il debvoit tenir.

Ces meschans, ne se contenlans de ceste trahison, vont trou-

(1) Var. et Add. « Une seconde croisade a lieu en H47. Louis VII, Roi (le France, prit la croix avec Robert, comte de Dreux, son frère, Alphonse, comte de Saint-Gilles et de Toulouse, Henri, fils de Thibaut, comte de Champagne et de Blois, Thierry, comte de Flandre, et autres seigneurs : il se porte en Asie par la Hongrie et la Thrace et passe le Bosphore; il arrive en Syrie l'année suivante où son armét; navale devoit se rendre. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Add. « Etienne ne suivit point llotrou en Sicile : il n'y alla qu'en UCT, lorscfue Marguerite de Navarre, fils du roi Garcias IV et de Marguerite ou Margaline de Laiglc, petite-fille de Geoffroy II, comte du Perche, reine de Sicile, sa parente, l'appela auprès d'elle lors de la minorité du roi Guillaume le Bon, son fils, âgé de douze ans ; elle le fit son chancelier et l'année suivante archevêque de Païenne ou Panorme. Il alla peu après à Jérusalem où il mourut en 1169. » [Note du ms. de M. de La Sicotière.J — Voir Bry de la Glergerie : Histoire des comtes d'Alençon et du Perche, 1620, p. 201.

1" Série. 10

ver le Roy, luy dirent que l'armée de l'empereur estoit avancée, qu'ilz l'avoyent conduitte et laissée en ungpa^plain de fruictz et de touttes sortes de vivres et s'offrent au Roy d'y conduire son armée. Le Roy les ayans euquis plus particuUiairement trouvant de la contrarietlé en ce qu'ilz disoyent, ne les creut, et se retirèrent. Le Roy estoit fort en peyne de l'empereur duquel il n'avoit eu nouvelles. Ce pendant Soliman qui avoit une grosse armée, pour empescher les Chrestiens, envoya espions en leurs armées pour en scavoir Testât et, ayant sceu Testât considérable (1) de l'armée de l'empereur, la chargea de telle furie que, de soixante dix mil hommes d'armes et infanterye qu'avoit l'empereur, il n'en eschappa la dixiesme partye, la pluspart morts, autres prisonniers, autres fuitifs par les désertz avec perte de tout l'équipage de Tarmée. Le duc de Sueve porta les nouvelles au Roy de ceste triste deffaicte qui marcha pour l'aller secourir. L'empereur, honteux de sa défaicte, se retira à Gonstantinople, et de là en sa maison; le Roy poursuivit son chemin, passa le fleuve de Méandre. Les Turcs Tataquèrent qu'il défit : partye de mortz, le reste en fuitte desquelz les Françoys eurent grand buttin. L'armée passe oultre, est contrainte de passer une haulte et périlleuse montagne. L'avant-garde passe, est chargée et défaicte par les Turcs qui les attendoyent au pied de la montagne sans que le surplus de Tarmée. les peust nullement secourir et y furent tuez des Chrestiens, entre aultres les comtes de Ganery, Gaultier de Montagu (2), Evrard Bretcl, Hier de Magnac et autres; pour éviter telles embuscades, le Roy mist son armée sur mer et descendit eu l'embouchure de la rivière de Fer qui passe par Anthioche où il se rend. Raymond, prince d'Anthioche, le reçoyt et le truitte selon sa dignitté, comme fist le patriarche et tout le clergé. 11 y séjourna quelques jours ; le prince le prie de luy ayder à reconquérir Alop et Cézarée que le Turc avoyt piises sur luy. Le Roy les refuza, de quoy le prince très mal content et luy pourchassa tout mal jusques à luy voulloir ravir et enlever Aliénor, sa femme, qu'il avoit menée avec luy, laquelle néantmoyns estoit sa niepce. Le Roy se desroba de nuict, partit d'Anthioche, s'achemina vers Hiérusalem. Le prince luy oposa des embuscades par les chemins qui luy courent sus et harassent son armée

(i) Var. « L'état misérable de l'empereur. » [Afss. de Versailles et de Jd. de Souancé.J

(2) Var. a Montigny. » [Id., id.J

tousjours avec porte. Le Roy gaigne Hiérusalem où il est heureu- ^- sèment receu par le Roy Baudouin et le clergé. L'empereur Conrad reprend courage et, avec nouvelle armée, se met sur mer, arrive en Hiérusalem. Gomme aussy fait Alphonse, comte de Toulouze, qui sont aussy dignement receiiz par le Roy Baudouin, le patriarche et kî clergé. Les armées joinctes, de l'advis de tous, vont assiéger Damas, ville forte que tenoyent les Turcs, et ayant fait plusieurs efTortz et preste à se rendre par une mauvaise intelligence qu'aucuns princes chrestiens avoyent avec ceux de la ville. Le siège fut honteusement levé, les armées se retirent, chacun en son pays, sans avoir rien exploicté de méritte ; ce qui encouragea les Turcs à se roydir davantage contre les Chrestiens qui de là en avant leur firent plus d'oppression que au précédent (1). En ce veoyage, la reyne i\liénor, femme du Roy, fut taxée d'avoir receu de grands présens d'un Sarrasin nommé Saladin qui luy faisoit l'amour. A son retour en France, le Roy la répudia ; elle se maria avec Henry, roy d'Angleterre.

L'année suivante, le roy de Cicille envoya une armée en la Terre Saincte et en icelle le dict Estienne, frère de Rotrou, comte du Perche, son chancelher, qui, arrivé en Hiérusalem et ayant sallué le patriarche trouva icelluy patriarche tant de grâces en luy qu'il luy donna l'evesché de Panorme en Palestine, où pour ron debvoir il se retira et y estant sur ce qu'il reprenoit les vices trop haLondans aux Chrestiens seigneurs du pays, ilsconceurent inimityé mortelle contre luy, fut contraint de vuider le pays et par mer se rendit en Hiérusalem où quelque temps après, d^uiuuy et fascherye du tort qu'on kiy avoit faict, mourut et fut houorablemout eusépultui-é en Hiérusalem dedans le chappislre du Temple de Nostre Seigneur, Tau mil cent soixante troys.

Le dict Rotrou, de retour du dict veoyage, employa tout son temps en œuvres pieuses à baslir et fonder monastaires (2).

(1) Add. et Var. « Conrad III , de concort avec, lo roi Baudouin et la

reine Mélisenfe [et le roi de France] firent une assemblée iiénérale à Ptoléniaïs ou Acre dans laquelle le sièiie de Damas fut résolu et entrepris le 20 mai; mais on ne put s'emparer de cette ville pour cause de trahison. Conrad s'en retourna la même année, mais Louis, Roi de France, ne rentra dans ses Etats ([u'au milieu de l'été de l'année suivante, 1149; pendant la traversée il est })ris par les Grecs ou les Sarrazins, mais il fut délivré par Georges, général de Roger, roi de Sicile, qui envoyoit une armée en lu Terre Sainte. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Add. « Le comte du Perche alla avec sa femme Mathilde et leurs enlans, en 1159, visiter à Blois le comte Thibaut, son beau-père, et là,

d40 ANTIQUITÉS DU PERCHE.

L'an rail cent soixante dix, le dict Rotrou fonda et feist bastir la maison des Chartreux du Val-Dieu (1) près et en la jurisdiction du dict Mortaigne en sa forrest de Reno, en la présence et du consentement de Matilde, sa femme, de Geoffroy, leur filz, et ses autres enfans (2) ; leur donna de la dicte forrest de Reno depuis le grand chemin tendant de Mortaigne à Longny et borna leurs limittes et estendue par le monastère vers Sainct- Victor de Reno, et de là par le ruisseau Yillette jusques au Plessis Gaultier et du dict Plessis au moullin Senoust (3) et leur donna ce qu'il avoit de terre depuis le Val aller jusques à la rivière de Commeauche et tout droict de haulte, moyenne et basse justice qui leur admortit et à ce estoyent présens :

Rotrou, archidiacre d'Evreux (4),

Adam Gliappellain,

Guillaume Langloys,

Emond, prestre,

Girard, chappellain de Mortaigne,

Hiérosme, prestre,

Guillaume de Sainct-Médard (5),

dans le cloître des moines de Saint-Lomer, fit divers dons à leur monastère en n'exisreant seulement que trois journeaux d'hommes par an pour la réparation des fossés de Rivray ; il leur donna en outre la vicairerie de la chapelle du Pas-Saint-Lomer en présence d'Aunery, de Gênais de Longpont, d'Ernaud de Sure, et d'Adam, chancelier de Rotrou.

« Le pape Alexandre III confirma en 1160 les legs, donations et fondations du prieuré de Saint-Denis de Nogent, ainsi que les différentes églises qui lui avoient été données dans les diocèses de Sees, de Chartres et du Mans, [voir page 112.]

€ R.otrou étant à Orléans confirma, en présence du même comte Thibaut, les droits et privilèges de Saint-Denis de Nogent dont Simon était prieur. Wiard de Muntdoulcet, Philippe, son fils, et Robert, son frère, et Guilhiume de Ballon étoient au nombre des témoins.

« Le même Rotrou, étant en 1165 en sa cour à Nogent, confirma au prieuré de Saint-Denis les dixièmes marchés de MortagTie et de Nogent que ses prédécesseurs lui avoient donnés et leur donna l'église de Buré, en présence d'Amery de Yilleray, d'Enguerrand de Noce, sous le seing d'Adam, chancelier du comte, et du temps du prieur Yves. » [Ms. de M. de La Sicotière.)

(d) Voir le titre de cette fondation dans Bry de la Glergerie, Hist. des comtes d'Alcnçon et du Perche, p. 198.

(2) Add. t Et par les conseils de Guillaume de Champagne, archevêque de Sens, son beau-frère. » [Ms de M. de La Sicotière.)

(3) Le moulin de Saivoux.

(4) Add. « Son cousin. » (Ms. de M. de La Sicotière.)

(5) Var. « De Saint-Mard. » [Ms. de Chartres.)

Guillaume de Yilliers (1),

Hugues, prcstrc du Faings,

Jullieu de Mauves,

Maistre Reguault,

(luérin (2) du Pin, lesmoyns.

Desquelles choses par luy données il ss dcveslit oL démist sur l'autel, ensemble Geofroy, son fils, présens :

Hugues de Gourcessain (3),

Simon de Launay (4),

Robert de Prulay,

André et Robert de Sainct-Médart,

Guillaume de Bouessel,

Geoffroy de Gourteilles,

Robert Guerrier (5),

Simon Lanié (6),

Guillaume de Sainct-Ouen,

Gaultier Brislon,

Jehan de la Belle Mesnière,

Jacques de Vieupont,

Anceaume, cousin du comte,

Gaultier du Pin,

Guillaume de Quatremaires,

Richard de Boutheraye,

Hugues de Goulgaudry,

et Gervais de Monchenay (7).

Et y estoyent présens les prieurs du Mont- Dieu et du Val- Saint-Pierre (8).

En Tan mil cent quatre vingtz quatre, le dict Rotrou feist bastir et fonda la Maison-Dieu et hospital de Nogent-le-Rotrou de plu-

(1) Var. « Guillaume do Villoray. y)(Ms. de M. de La Sicotière.)

(2) Var. « Guillaumo du Pin. » (Mss. de Versailles et de M. de Soiiancé. — « Galoran du Pin. » [Ms. de M. de La Sicotière.)

(5) Var. (S Hugues de Gourserault. » (Ms. de M. de La Sicotière. J

(4) Var. « Guéi'in de Lonray. » [Id.J

(5) Var. a Robert Guérin. » {Ms. de Chartres.)

(6) Var. « Lavie. » [Muti. de Chartres, de Versailles et de M. de Souancc.)

(7) Var. « De Mont-Ghenay. » [Ms. de Chartres.)

(8) Add. « Un des seii^neurs de la Ferté-Bcrnard ayant fondé, en 1180, l'abbaye de la Pelice au Maine, le comte Rotrou contribua à cette fondation en lui donnant la dîme do ses moulins do Teil. » [Ms. de M. de La Sicotière.)

sieurs biens el y cstablit an prieur et quatre religieux pour prier Dieu pour le salut de l'àme de Matilde, sa première femme (1).

En l'an mil cent quatre vingtz dix, l'an sepliesme du decedz de la dicte Matilde, le dict Piotrou donna en la dicte Maison-Dieu pour meilleure fondation troys mestairyes, scises en la parroisse de Gliamprond-en-Perchet près du dict Nogent, avec les esglizes et parroisses de Andibiaires et de Gauberge, diocèze de Salibrières, au royaume d'Angleterre, et à son imitation aultres seigneurs par le mesme acte donnèrent plusieurs aultres biens à la dicte maison; mais l'antiquité en a tellement usé les lettres que l'on' n'y a peu comprendre que le nom de Hugo de Pratelli qui donna à la dicte Maison-Dieu le droict qu'il avoit de la présentation en la seconde portion du bénéfice de Préaux et le droict de dixme qu'il avoit en la dicte parroisse.

Le dict Rotrou donna oultre à la dicte Maison-Dieu par aultre lettre, vingt -quatre arpens de bois de haulte fustaye en la forest de Champroud-en-Perchet, les plus près de Nogent, pour l'usaige des pauvres d'icelle Maison-Dieu.

En l'an mil deux cens, le lundy d'après le dimanche que l'on chante Oculi (2), à la prière de Jehan, duc de Bretaigne, comte de Kichemont et lors seigneur du dict Nogent, les dictz de la Maison-Dieu cedderent les dictes deux esglizes et parroisses des Audibières et Gauburge aux religieux et couvent d'Ambiaires, de l'ordre de Frontevaulx en Angleterre, qui en récompense leur bailla (3) , asçavoir :

Vingt- quatre livres de rente sur quarante livres qu'il avoit droict de prendre sur le prieuré de Moustiers, à cause de sa terre et seigneurye de Keraallard,

(1) Salisbury.

(2) 5'' diinanclie de carême.

(3) Add. et Var. « En 1290, Jean II, duc de Bretagne, comte de Fliclieniond et du Perche, en partie, obtient des maître et administrateur de la Maison-Dieu de Nogent, les cent livres de rente que les religieux d'Ambrières (i), de l'ordre de Fontevrault, faisoient à la dite maison pour les églises d'Andiborne et de Gauberge en Angleterre du don de Rotrou III, jusqu'à ce qu'il eut baillé à cette maison pareille recette en fonds de terre en son comté du Perche, mais en 1300, le même duc étant à Mortagne

pour la liquider des dites cent livres de rente lui donna » {Ms. de

M. de La Sicotière.J — Il s'agit bien en ell'et de Jean II qui fut duc de feretagne de 1286 à 130o. — La date de 1200, donnée par le ms. de Mortagne, est donc erronée.

(1) kmeshury, Ambeabiria, Bamb^esbiria.Ambrosius ti.c««(i,uis le district de Wiltshire, petite ville qui n';i de remarquable (jue son église Sainte-Marie et Saintc-MOluiru, qu'on suppose avoir fait ]>arlie de l'abbaye.

La mestairyc d'Estouches (1), paroisse de Brunelles, La mestairyo de Vallory (2), paroisse de Souansey, La mestairye de la Grange, paroisse de Nonvilliers, La mestairye du Tarlre (3), paroisse de Coullonges, Les mestairyes de?, grandes et petites Moutonnières, paroisse de Sainct-Germain de la Gouldre (4),

Le mouUin du Boys, paroisse de Sainct- Victor de Buton (5). La présentation de la dicte Maison-Dieu appartient au seigueur du diet Nogent pour deux fois consécutifveraent l'une après l'autre, et à monsieur le grand archidiacre de Chartres (6) pour la iroisiesnic, comme il se vcoid par la transaction passée entre Jehan de Bretaigne, comte de Richemont et seigneur du dict Nogent, et Guillaume de Chaumont, grand archidiacre du dict Chartres, en l'an mil deux cens quatre vingtz troys, le sabmedy de devant les brandons (7).

Durant que le renom de la dicte Maison-Dieu estoit gouverné selon sa première institution qui estoit d'un prieur et quatre religieux, le revenu en estoit très beau et se trouve que en l'an mil quatre cens deux par les comtes renduz, il y avoit deux cens soixante douze livres (8) de rentes en deniers, quarante-cinq muidz, huit septiers et demy de tous grains, y fait avec sept vingt quinze quartes de vin et trente-neuf poulies, le tout de rente. Mais depuis que cest ordre a défailly et que des particuUiers séculliers y ont mis la main, le bien en est de beaucoup diminué et fust eucorres pirement sans que messire René Guerrier (9) a prias l'administration qui par sou bon mesnaige a restably icelle maison en telle sorte que de présent elle vault douze cens livres de rente distribnéez aux pauvres du dict Nogent et aultres oeuvres pieuses.

Eu l'an mil cent quatre vingtz cinq, le dict Rotrou, considérant

('!) Var. « Des Touches. » [Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Var. « Vailoré. » fid. et de M. de Souancc.) — Valory, commune

de Souancé, canton de Nugent-le-Rotrou.

(5) Yar. « Du Tertie. » (Id.) — Commune de Goulonges-les-Sablons,

canton de llémalard.

(4) Canton du T^ieil.

(5) Canton de la Loupe.

(6) Add. « Guillaume de Chaumont. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(7) Nom donné au i''*' dimanche de carême.

(8) Var. u 260 livies. » (Mss. de 3/. de La Sicotière et de Versailles. I

(9) Add. « Doyen de l'église collégiale de Saint-Jean de Nogent. » [Id.J

que les biens donnez par Rotrou, son père, pour la fondation de l'abbaye de la Trappe n'estoyent suffîsans pour la nourritture et entretien des religieux qu'il y avoit mis, perfection et entretien d'icelle maison, en acheva les bastimens et leur donna sa terre et maison de Laigny (1), parroisse de Sainct-Hillaire près Mortaigne, auquel lieu est encores une fort belle chappelle restant des antiens bastimens du lieu justifficatif de la pietté des dictz comtes du Perche et, oultre, leur donna six livres de rente à prendre sur son domayno et provosté de Mortaigne et aultres biens.

Gomme aussy, à son imitation, plusieurs seigneurs, gentilshommes et aultres donnèrent de leurs biens à la dicte maison et monastaire de la Trappe, asçavoir :

Robert Gr'uel, Guillaume du Pin, Gaultier de Bresnard et Gervays Ghevreul, le val de Hernest à présent dict le parc Saincte- Nicolle, à raison d'une chappelle y bastye à l'honneur saincte Nicolle (2),

Payan de Mauregard, ses estangs et plusieurs terres joinctes avec la dicte terre de Ligny,

Hugues de Champs, la mestairye à présent dicte la Moynerye en la parroisse de Champs et droict de chauffaige au bois de Fretay et les bois qu'il avoit près les estangs de la Trappe,

Payan du Buat, ce qu'il avoit de terre à la Gastine avec les bois qu'il avoit près de la Trappe,

Gervays du Buat et Hugues, son filz, la terre de Solart,

Gervays (3) Clievreul, les prez de Marichon, deux muidz de bled à Solligny et deux muidz au Mesnil-Chevreul,

Guillaume de Bubertré et Robert, son filz, troys septiers d'avoyne sur le moulin de Montgayon et cinq aulnes de draps de Bure (4),

Simon du Chemin, ung pré assis près la Chappelle de Montligeon et la quarte partye du moulin du dict Montligeon,

Robert des Forges et Rodolphe, son filz, ung septier de bled, ung septier de saigle et ung septier d'avoyne sur la mestairye de Radray (5), paroisse de Loisail,

Hugues, prestre de Bazoches, et Geofroy, son frère, le droict de dixme qu'ilz avoyent en la paroisse de Bazoches,

{i) Var. « De Ligny. » Mss. de M. de La Sicotière cf. de Versailles.

(2) Add. « Autrement dite Colette, rélbrniati-ice de l'ordre de sainte Claire. » [Ms. de M. de La Sicotière.) — V^ p. 65.

(3) Var. a Guillaume. » (Id.)

(4) Var. « De Bures. » (Ms. de Chartres.)

(5) Moulin de Radray, entre Loisé et Loisail.

Guérin Biisnel (1) et Girard, son filz, ce qu'ilz avoyent de terre au Buat et la tierce partye de la dixme de leur fief,

Gilbert de Feings, le droici; de dixme qu'il avoit en la paroisse de Thorouvre (2),

Gaultier de Bresnard, le droict de dixme qu'il avoit en la paroisse de Secherouve,

Les héritiers Frix (3), le droict de dixme qu'ilz avoyent au moulin Chevreul,

Robert de la Haye et Girard Hobbe, les terres qu'ilz avoyent près le Buat,

Hugues de Coulgaudry et Hugues, son filz, ung septier froment et ung septier saigle sur la mestairye de Lignerolles,

Payan de Loysail, ung septier de bled et ung septier d'avoyne sur le moulin de Loysail,

Radulphe (4) du Chemin, Plugues le Breton, Gervays de Villespandue, Radolphe du Perche, Mathurîn de la Herousdière, Robert de la Mesnière, Hugues de Solligny et Jehan de Yilliers, chacun ung arpçnt de pré sur la rivière d'Hérine,

Guillaume de Mortaigne, ung septier d'avoyne sur le moullin de CouUonges,

Gervays de Ghiray, les marays de Neuf-Souris près Bonmoulins,

Odo de la Troche, ce qu'il avoit de terre en la parroissé de Théval,

Payan de Gimardes, cent scrfz,

Odo de Bellavilliers et Hugues Chevreul, la terre de Bois franc,

Henry, Roy d'Angleterre, duc de Normandye, d'Acquitayne, du Maine et d'Anjou, la terre de Mahéru (5),

En l'an mil cent quatre vingtz onze, Girard d'Apres, Mathieu et Guillaume de Montgoubert et Robert Hérisson, la terre des Barres, admortiz par Geofroy, comte du Perche, et Matilde, sa femme,

(\) Var. (.( De Busnet. ^) {Ms. de M. de La Sicotière.J — « Brunelles. > (Ms. de Chartres.]

(2) Ton rouvre.

(3) Var. « De Fanés. » (Ma. de Chavires.) — « De Fossés. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(4) Var. « Rodolphe. » [M. de M. de La Sicotière.J

(5) Add. « En exjjiation du meurtre de Thomas Becket, archevêque de Gantorbéry, en l'an 1170. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

Gervays du Biiat et Collin le Sec, la meslairye de la Crestolière.

Eu l'an mil deux cens trente, Robert Gruel et Guillaume, son filz, y donnèrent trente acres de terre (1) entre la forest du Perche et Contrebis (2).

En l'an mil deux cens trente six (3), Gervays de Boessel, Guillaume de Lignerolles, Robert de Morre, Guillaume de Fougeroux, chevallier, et Guillaume du Val, le fief et seigneurye de Boessel en Saincte-Gcronne,

Robert de MontcoUain et Nicollas du Buat, le moulin de Gou- Ihier,

Au dict an, Guillaume d'IUiers, Odin de Jan, Hugues Boutin, Richard de Rey, Guillaume de la Fresnaye, Henry de Yientais, Geofroy Chou, les terres et vignes de Vaulnoise où fut bastye la chappelle Saincte-Margueritte,

Hilbert de Laigle, barron de Laigle, et Robert Hérisson, la Herissonnière, Bresuarderye (4) et Ghantecocq,

Pierre d'Ardayne, la terre Harenville,

Robert de Tournay, le fief et seigneurye de Tournay,

En l'an mil troys cens troys (5), NicoUas du Buat y donna l'estang Robin,

Henry de Bubertré et Marye d'Argenville, sa femme, le fief du Ghesnay, parroisse d'Iray,

Pasquier Benoist et sa femme, la terre de Boessel,

En l'an mil quatre cens soixante dix neuf, Pierre Sarradin, sieur de Sainct-Mars, y donna trente boesseaux de terre joinctz avec la terre de Boessel,

L'an mil cent quatre vingtz sept (6), au plus fort des guerres et

(J) Add. « En bois. » [Ms. de M. de Souancé.J

(2) Add. « En 1236, Gervais de Prulay, les lieu, terre et seigneurie de la Baudronnière, située paroisse de Réveillon. » (Mss. de M. de La Sicotière, de M. de Souancc et de Mortagne.J

(3) Var. « En 1240. » [Id., id., id.J

(4) Va)'. « Bresnardière. » (Id., id., id.)-

(5) Vav. « En 1500. » fMs. de M. de La Sicotière.J

(6) Var. « Une troisième croisade eut lieu en 1188, après la j)erte de Jérusalem, dont Saladin ou Salahiddin, sultan ou Soudan de Babylone ou d'Egypte et de Syrie, s'étoit emjiaré l'année précédente. Les Bois Plnlippe-. Auguste de Fiance et Henri II d'Angleterre prennent la croix ainsi que le duc de Bourgogne, les comtes de Flandre, de Blois, de Dreux, de Champagne, de Soissons, du Perche, et autres. Leur départ fut retardé par la guerre qui .s'alluma entre les deux rois. Philippe, accomi)agné du comte Botrou et autres seigneurs, défit Henri près de Gisors. L'hiver approchant, le comte du Perche et les autres se retirèrent. Ou n'en songea pas moins à la paix ; on en vint à une conlérence auprès de Bonsmoulins, laquelle

dispultes de Philippe-Auguste et Henry, Roy d'Angleterre, pour lo Vexin que le Roy Henry d'Angleterre retenoit et avoit refuzé rendre au Roi Philippe, le père duquel l'avoit baillé à Henry, fdz aisné du dict Roy d'Angleterre, en faveur du mariage de luy et de Margueritte de France, sœur de Philippe, à la charge de reversion, s'il n'y avoit enfans d'elle, laquelle mourut sans hoirs, et de ce que Richard, fdz du dict Henry, refusoit faire foy et hommaige au dict Philippe pour le comte de Poitou, vindrent messagers en France de la part des Chrestiens d'outremer advertir que Saladin, sultan de Rabylone, turc, avoit reprius sur les Chrestiens la ville de Hierusalem avec dix mil supplications de quitter leurs querelles particulières pour embrasser la querelle générale de la chrestientc. Gela les esmeut en telle sorte qu'ilz mirent les armes bas, s'assemblèrent à Trie(l), firent trouves entre eux, vovèrent et jurèrent concordamment de joindre leurs armes inséparablement pour aller secourir les Chrestiens et pour tesmoiniage de leur sainct veu firent bastir au lieu où ces sermens furent faictz une esglize qu'ilz appelleront le Sainct Champ (2). Rotrou, comte du Perche, estoit de la partye ; avec le Roy Philippe assemblèrent

aboutit à une trêve de (iuel({ues mois pendant l'iiiver. Un pourparlcr eut lieu dans l'octave de la Pentecôte 1189 auprès de la ï'erté-B«rnard, sans aucune solution. Pin'lip|)e prit cette ville, Montlbrt et Beaumont et poursuivit Henri, ([ui se sauva à Chinon où il mourut peu après, le 17 juillet. Richard, son fils et son -successeur, se croisa et se proposa de partir. » (Ms. de M. de La Sicoiière.)

(1) Trye-Chàteau , arr. de Beauvais , cant. de Cliaumont (Oise). — Trye fut long-temps une place importante qui était possédée au dernier siècle par le pi'ince de Conti. 11 ne reste de son château qu'une tour du xiiie siècle. « Superveniente autein sancti Ililarii festivitate que xiii januarii celebratur, factum est collo(|uium inter regem Francie Philippum et Ilcnricum regeni Anglie inter Triani et Gisortium ubi prêter omnium hominum opinionem. Domino miraculose 0|)erante, factum est ((uod, per inspirationcmSpiritus sancti celitus missi, illi duo restes in eodem loco j)ro liberatione sancti Sepuh'ri Domini et sancte civitatis .Jérusalem, signum sancte Cruels assum|)serunt et muiti archiepiscopi, episcopi et comités, duces et barones cum eis... » {Eigord, Gestu PIvlippi-Augusti, — j^"^' pour la Soc. de l'hist. de France par II -Fr. Delaborde, Paris, 1882, tome 1, par. 56.)

(2) <(. Le lieu où les lidèles s'étaient réunis l'ut appelé le CluDUjt sacré. On y lit bâtir une église pour conserver le souvenir du pieux dévouement des chevaliers chrétiens. » [Michaud, Hist. des Croisades. Paris. 1854. Tome II, p. 68. J

« Et in éodeni loco, in monumentum hujus facti, isti duo reges dévote erexerunt crucem ligneam, fundantes ibi ecclesiam, et inter se fedus perpetuo percutientes, et vocanles ipsum locum Sanctinn Agrum, eo <[uod ibi sacris crucibus sunt insigniti; duobus autcm sacerdotibus ibidem

leurs armées pour se rendre chacun d'eux au rendez-vous, mais, au lieu de ce faire, le Roy Henry d'Angleterre et son filz Richard tournèrent leurs armées sur Raymond, comte de Thoulouze, vassal du Roy et luy feirent plusieurs oultrages. Le comte de Thoulouze appella le Roy Philippe à sou ayde qui l'alla secourir et, indigné de la rupture du veoyage, entra sur les terres du Roy d'Angleterre en Poitou, en Auvergne et en Berry et y print plusieurs villes, poursuivit le Roy Henry et son filz qui ne l'ozèrent attendre, fuirent devant luy jusques en Normandye et, en passant, bruslèrent les Anglois, Yendosme et Dreux. Le Roy Philippe les attaicgnit à Gisors, accompagné du dict Rolrou et aultres seigneurs; les combatit et mist en déroutte et les eust du tout ruynez sans que à cause de l'yver le dict Rotrou, le duc de Bourgongne, le comte de Flandres (1), de Champagne, de Bloys (2), de Sancerre, de Beaumont, de Glereraont avec leurs forces et aultres, après la déroute, s'estoyent retirez en leurs maisons. Richard entra en mauvays mesnaige avec Henry, son père, parce que le père tenoyt enclose en une tour madame Alix de France accordée au filz, laquelle le père voulloit prendre pour luy. Le filz se réconcilia avec le Roy Philippe qui recommença la guerre contre Henry, le poursuivit jusques en Poitou où Henry, estant devenu raaliade à Ghinon, demanda la paix qui fut faitte et jurée par ainsy que le dict Henry ou le dict Richard, son filz, accompagneroient le Roy Philippe en son veoyage de la Terre Saincte. Mourut le dict Henry à Ghinon en l'an mil cent quaire vingtz dix. Richard laissa le gouvernement de ses pais à Jehan, son frère (3). S'acheminèrent les dictz princes au dict an pour faire leur veoyage promis pour le secours de la chrestienté ; l'ung s'embarqua à Gennes; l'autre à Marceille. Se trouvèrent en Cicille où par la mort du Roy Guillaume l' estât estoit en trouble entre l'empereur Henry sixiesme, à cause

Domino servientibus, prout fama multorum referente didicimus, sufficientes redditus assignaverunt et ipsam ecclesiain cum omnibus ad eani pertinentibus, monialibus de Fonte-Ebraldi liabendam perpetuo concesserunt. » fRigord, Gcsta Philippi-Augusti, édit. i882, I, par. 56.)

(1) Philippe.

(2) Thibaut.

(3) Add. « Le Roi de France, voulant accélérer son voyage, envoya Rotrou, comte du Porche, vers le roi d'Angleterre pour presser son départ et fixer le rendez-vous à Vézelay, dans l'octave de Pâques. Tlotrou, pendant son voyage et étant à Maçon, abandonna aux moines de Nogent la taille de leurs bourgs et plusieurs droits en la forêt de Clerets. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(le Constance, sa femme, et Tancret, frère de la dicte Constance, enfans du dict Guillaume (l). Richard portoit le party de Tancret et Philippe le parly de l'empereur; cela picqua ces deux princes et eu sortit quelques paroUes. Richard quitta à Philippe Roy de France Alix, sa sœur, disant qu'il s'cstoit raaryé à Berengaire, fille du Roy de Navarre. Cela aug-menla la douleur du dict Philippe et ncanlmoings dissimulla pour l'accomplissement du veoyage et firent treiîve pendant qu'ils seroyent ensemble au veoyage d'outremer et, combien qu'ilz eussent accordé de marcher ensemble, néanlmoings Richard ne voulut partir ni marcher avec Philippe. Le Roy Philippe s'achemina, arriva en l'armée des Chrestiens qui'tenoyent le siège devant Ascalon (2) où puis après arriva Richard et, tous assemblés, furent d'advis de donner l'assault à la ville; puis Richard deffendit malicieusement à ses gens d'y aller, néantmoings sans luy la ville fut prinse (3). Richard s'aUia avec Salladin turc duquel il print quarante mil onces d'or. Le Roy Philippe devint malade qui fut adverty de la mauvaise vollonté que luy portoit Richard qu'on disoit avoir intelligence avec quelques Sarrasins pour le tuer; retourna en France, assisté du comte du Perche et aultres et laissa cinq cens chevalliers et dix mil hommes de pied soldoyez pour trois ans soubz la charge du

(1) Var ot Add. a Philippe, qui s'étoit rendu à Gènes avec Eudes, duc de Bourgogne, Pierre, comte de Nevers, Renaud, comte de Charti'es, Hotrou, comte du Perche, et Geoffroy, son fils, arriva le 10 septembre au fort de Messine. Richard, qui s'étoit embarqué à Marseille, y aborda le 23 du même mois. Les deux rois y passèrent l'hiver à cause des troubles survenus dans la Sicile après la mort du roi Guillaume le Bon arrivée l'année précédente. » Ms. de M. de LuSicotière.J

(2) Vur. « Enfin, Philipi)o, im))aticnt, partit le premier et arriva devant Acre la veille de Pasques, 15 avril H9J, et Richard seulement le 9 juin suivant, ayant épousé, dans l'île de Chypre, Bérengère de Navarre, sœur aînée de Blanche qui fut femme de Thibaut V, comte de Champagne, qui mourut le 23 mai 1201. » [Ms. de M. de La Sicotière.J — Il s'agit en effet de Saint-Jean d'Acre (Achon) ou Ptolémaïs et non d'Ascalon : « ... Philippus rex Franciaî coadjuvantibus Dei fidelibus, in tantum civitatem Achon impugnavit... î (Rùjord, Gesta PhUi2opi-Augusli, édit. i882, I, par. Si.J — La ville d'Ascalon fut détruite }iar les musulmans.

(5) Add. a La ville d'Acre fut prise le 12 juillet 1191. Thibaut, comte de Chartres et de Blois, Rotrou, comte du Perche, Jean de Vendôme et autres moururent ou furent tués pendant son siège, d [Ms. de M. de La Sicotière.J — « Eodem anno, Thibaldus, })ius et misericors régis Francorum senescallus, cornes Glarimonlis, comes Perticensis, dux I?urgundiic, et Philippus, comes Flandriie, in obsidione Accii [Acre], Domino vocante, viam universœ carnis ingressi sunt. î fliigord, Gesta Philippi-Augustij édit. i882, I, par. 79.1

duc de Bretaigne (1). Richard le sachant, se doublant que le Roy de France luy alloit faire la guerre, s'achemina aussy pour s'en retourner, mais il fut prins en chemin par le duc d'Autriche qui le bailla à l'empereur Henry sixiesme, sans que l'on sceust qu'il estoit devenu. Le Roy de France, à son retour, à main forle entra en Normandye, y print plusieurs villes, quelque résistance que Jehan (2), frère de Richard, y fist; fmallement s'accordèrent en l'an mil cent quatre vingtz treize par ainsy que le dict Jehan, gouverneur pour l'absence du dict Richard, son frère, quitta au dict Roy de France tout ce qui estoit en Normandye deçà la Seyne jusques à Ghesnebrun, Vernueil et Dreux (3) et aullres pays ; au comte de Bloys quitta les chasteaux de Troc et la Ghastre; à Rotrou (4), comte du Perche, Moulins, Bonmoulins et appartenances, à la charge de les tenir du dict Jehan.

Richard retourna de sa prison. Philippe, Roy de France, luy recommença la guerre ; Richard fut blessé d'un coup de flèche ; Rotrou fut tué devant Rouen que Philippe tenoit assiégé (5). Son corps aporté est enterré en la dicte esglize de Sainct-Denys de Nogent. S'accordèrent les dicts roys en l'an mil cent quatre vingtz quinze. Richard ratiffîa l'accord faict par Jehan, son frère, en l'an mil cent quatre vingtz treize. Richard mourut de sa blessure, sans hoirs; Jehan, son frère, luy succédda. Le Roy Philippe de France luy recommença la guerre; s'accordèrent en l'an mil deux cens par le moiendu mariage de Monsieur Louys, filsaisné de Philippe, avec Madame Blanche, fdle d'Alfonce, Roy de Gastille,

(1) Add. et Var. « Le roi Philippe, craignant de mauvais desseins contre sa personne, feignit d'être malade et revint dans ses Etats assisté de Geoffroy, dévenu comte du Perche après la mort de Rotrou, sou père, et plusieurs autres, après avoir laissé cinq cents cavaliers et dix mille fantassins sous les ordi'es du duc de Bourgogne. Le corps de Rotrou, comte du Perche, fut apporté à Nogent-le-Rotrou et enterré dans l'église de Saint-Denis. Cette église, depuis sa fondation en 1031, était devenue la sépulture ordinaire des comtes du Perche. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

(2j Jean Sans-Terre.

(3) Var. « Et Evrcux. » (Mss. de M. de La Sicûtière, de M. de Souancé et de Mortagne.l

(4) Var. « A Geoffroy, comte du Perche. » fid.j

(5) Le ms. de Mortagne fait ici erreur. La version du ms. de M. de La Sicotière doit être adoptée : ce n'est pas devant Rouen que mourut Rotrou, mais sous les murs de Saint-Jean d'Acre. V. p. 149, note 3. Les différents historiens des Croisades sont d'accord sur ce point. Voir Guillaume le Breton, Gesta Philippi-Augusti, édit. i882, par. 00, et la Philippide, même édit., livre IV, vers 3ii. Ricjord, loc. cit.

DES COMTES DU rÈRCHE. 151

niepce de Jclian, qui en faveur du dict mariage donna au dict Monsieur Louys, qui depuis fui Louys huitiesme Roy de France, Issoudun, Grasse cl les liommaiges deubz au dicl Jeiiau par les comles du Perche, d'Aumalle et Hue de Gouruay, de ce qu'ilz tenoyent de luy deçà la mer (1).

De Geoffroy, 3' du nom, 6' comte du Perche.

Le dict Geoffroy (?) commença à régner par le decedz du dict Rotrou, son père, en l'an mil cent quatre vingtz treize (3). Il fut vray héritier de la vertu et piété de ses prédécesseurs; aussy tost qu'il fut entré en possession du dict comté, son premier seing fut d'achever les bastimens et fondations que son père avoit commencez. Il espouza Matilde (4), niepce du Roy Richard d'Angleterre, régnant en France Philippe- Auguste, de laquelle il eut Thomas qui luy succedda au dict comté.

Durant la vie du dict Rotrou, son père, il fut aveq aultres princes françoys en la Terre Saincte et y séjourna deux ans où il

(i) « Anno Doraini MGC, mcnse maio, in Ascensione Doraini, pp reiormata est inter regeni Francorum Philippum et Johannem Anglia} regeni, inter Vernonem et insulani Andeliaci... Porro, sequenti feria secunda, Ludovicus régis Francorum unigenitus duxit uxorem, in eodem loco, Blanchiani filiam Ilildefonsi régis Gastille, nepteni Johannis régis Anglie, et pro illo matrimonio Johannes rex Angli;c ([uitavit omnes njunitiones et civitates et castella et totani terrain quam rex Francorum ceperat, Ludovico predicto et lieredibus suis in perpetuum ; et post decessum suum totam terram cismarinam : si sine herede legitimo ipsum mori contingeret, omni contradiclione postposita, eidem Ludovico concessit. » (Ri- (jonl, Gesta Philippi-Augusti, édit. iS83, par. 132.) — Guillaume le Breton, dans sa Chronique, donne à la fille du roi de Gastille le prénom de « Gandida. > [Gesta Philippi-Augusti, édit. i882, par. i04.J — Mais (|ui ne connaît le nom vénéré dans l'histoire de Blanche de Chstille, la mère de saint Louis.

(2) Geoiïroy V, ((ualrième comte du Perche.

(3) Geofi'roy succéda à son père, à sa mort, 1191 et non 1193. Lui-même mourut le 5 avril J202 (nouv. st.).

(4) Fille de Henri le Lion, duc de Bavière, de Saxe et de Brunswick, et de Mathilde d'Angleterre. — Add. « Qui lui donna en dot les châteaux de Moulins et de Bonsmoulins. » [Ms. de M. de La Sicotière.) — Ges châteaux furent restitués à Geoffroi V par le traité conclu en 1194 entre Jean Sans - Terre et Philippe - Auguste. (Voir Géographie du Perche par le V^^ 0. de Romanet, p. 52. — Documents sur le Perche, 2<^ fasci~ cule, octobre iSOOJ

feist de grandes despenses et bien de grandes debtes, à raison de quoy, à son retour (1), il emploia le secours des doyen et religieux de Sainct-Denys du dict Nogent pour se remettre en équipage, lesquelz lui donnèrent la somme de deux cens livres (2) tournois en considération des services par luy faicts pour la religion contre les infidèles, comme le recognoist le dict Geoffroy par lettres du dict an.

En Tau mil cent quatre vinglz quatorze, régnant Philippe-Auguste et Kegnault de Montrueil (3), evesque de Chartres, de l'advis et consentement du dict Geofroy comte du Perche, l'esglize et chappelle Sainct-Estienne du chasteau de Nogent fut conjoincte avec l'esglize Sainct-Jean et n'en fut fait qu'un corps et un chappitre estably eu l'esglize Sainct-Jehan, pour l'augmentation de laquelle le dict Geofroy y donna la terre de Montlevain et deux autres terres et mestairyes scises en la paroisse de Brunelles près du dict Nogent.

Au dict an mil cent quatre vingtz quatorze, Geoffroy, comte du Perche, estant en sa dicte ville de Mortaigne, confirma les donations et fondations faictes par Rotrou et Rotrou, son père et ayeul, à la maison et léproserye de Chaitraige lès Mortaigne et les biens y donnez et à la Callende de Corbonnoys y establie et, à son imitation, plusieurs y donnèrent aussy de leurs biens, asçavoir :

Gervays de la Mesnière, ung septier froment sur sa dixme,

Guillaume de Longpont, ung septier froment sur son moullin neuf,

Gaultier de Bresnard, ung septier de froment sur son domayne,

Hugues de la Rue (4), trois mines de froment sur sa mestairye de Courfrançon,

Guillaume Tournel, un septier de froment sur sa terre de Courtheraye,

Jehan de Champeaux, une mine de froment sur son domayne,

Hugues de Champeaux, une mine de froment sur son domayne,

Rodolphe Mirail, une mine de froment en sa dixme de Champeaux,

Gaultier Cornard, une mine de froment sur sa terre,

(1) Add. « En 1192. » fMs. de M. de La Sicotière.J

(2) Add. « De monnaie angevine. » (Id.J

(5) Var. « De ]\Iontmirail. > fMss. de M. de Souancé et de Mortagne.) — C'était Regnault de Mouçon, évêque de Chartres de 1J82 à 1217. (4) Yar. « De Noce. » (Mss. de Chartres et de Mortagne.)

Maistre Hubert, une mine de froment à Nuiseraent,

Guillaume Nonnant (l), une mine de froment,

Robert de Vallé, ung seplier de froment,

Robert de Martigny, ung septier de froment,

Hubert des Jouys, une mine de froment,

Guillaume de Poix, ung septier de saigle,

Robert de Fey, une mine de froment,

Guillaume de MontcoUain, ung septier de froment,

Robert de Prulay, ung septier de froment sur sa mestairye de Sainct-Marcel,

Hugues de NuUy, ung septier de froment sur sa terre de Saincte-Géronne,

Guillaume de Montricbard, deux septiers de saigle et ung septier d'avoyne,

Hugues de Vallé, une mine de froment sur son domayne,

Girard d'Aspres, une mine de froment,

Guillaume du Buat, une mine de froment sur sa terre de la Rozière (2),

Robert Gruel, ung septier de saigle sur son môullin Sainct- Hillaire,

Guillaume de la Forrest, ung septier de saigle sur son domayne,

Gaultier Yolain, un septier de saigle,

Gaultier de la Valée, une mine de saigle sur sa terre de Villiers (3).

Emond (4) Fortin, trois provendes de froment sur sa terre de Gernay,

Hugues de Coulgaudry, ung septier de froment,

Guillaume de Sainct-Médard, ung septier de froment sur la dixme de Sainct-Médard,

Robert de Sainct-Médard, ungseptier de froment sur sa mestairye du Roullay,

Simon le Voyer, une mine de froment sur sa terre de Montjallain,

Rodolphe le Voyer, une mine de froment sur sa mestairye de MontcoUain,

(1) Var. « Normand. » fMss. de M. de La Sicotière et de Chartres.)

(2) Var. « De la Uoliière. » fMss. de M. de La Sicotière, de M. de Souancë et de Mortagne.j

(5) Var. « De la Vallée. » (Id.) (4) Var. « Hunaud. » (Id.)

1" Série. H

Hubert de Gernay, une mine de froment sur sa terre de la

Ghappelle, Hélye de Loisail, ung septier de seigle sur sa mestairye de

Memoussu, Jehan de la Belvenisière (1), ung septier de saigle au moulin

du Mesnil, Arnoul de la Yofve, ung septier de froment, mesure du Gor-

bonnoys, sur son moulin, Guillaume de Lorme, ung septier de froment à Gourgeon, Robert de Lorme, une mine de froment à Gourgeon, Robert de Gourgeon, deux sep tiers de froment à Gourgeon, Angenulphe de Gomblo, ung septier de froment sur sa terre

des Landes,

Girard (2) Hey, une raine de froment sur sa mestairye à Gourgeon, Guillaume de Réveillon, ung septier de froment, Hugues de Réveillon, ung septier de froment sur le moulin de

Réveillon, Robert de Surmont, trois provendes de froment, Guillaume de Bonassey (3), une mine de froment, Jehan de Bouessay (4], une mine de froment en sa terre de

Saincte-Géronne, Rodolphe Barberotte, ung septier de froment, Pétronille de Prullay, ung septier de froment sur la terre de

Bellaviller, Guillaume de la Rue, ung septier de froment à Xogent, Guillaume Le CorviIler(5), une mine de saigle à Ghamps, Hubert de Bellou, une mine de froment en sa dixme, Gaultier du Fresne, ung septier de saigle, Hugues le Yoyer, ung septier de froment en sa terre de Blavo, Hugues de Gourcerault, dix sols à la foire du Pin, Guillaume Grullay, douze sols à Feings, Girard de Ghiray, dix sols à GouUonges, Arnaud de Gremer, dix solz, Garin de Yilliers, douze solz,

(1) Var. « De la Bellenevisière. » [Ms. de M. de La Sicolière.J

(2) Var. € Guy. » (Mss. de M. de La Sicotière, de M. de Souancé, de Mortagne et de Chartres.)

(5) Var. « De Boessel. » fMs. de M. de La Sicotière.)

(4) Var. « De Boessel. » (Id.)

(5) Var. « Du Cornillet. » (Id.)

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r* Série.

Gilon le Musnier, aux Estiennes, du don de la Comtesse, vingt solz,

Et injonction aux officiers du dict Geoffroy, comte du Perche, de faire payer les dictes donations à la dicte Callande et léproserye de Ghartraige.

En l'an mil troys cent quatre vingtz cinq, damoiselle Haloche de Prulay donna à la dicte maison de Ghartraige quarante boisseaux de bled mousture de rente à prendre sur ses moulins de Prulay.

Suivant lesquelles institutions les dicts comtes du Perche et leurs successeurs faisoient chacun an au dict lieu de Ghartraige les assemblées de la Gallande des gens d'esglize, de la noblesse et aultres pour les affaires du pays, en tesmoignage de quoy et pour perpétuelle mémoire de la dicte assemblée, les comtes du Perche, seigneurs et gentilz hommes y assistans feirent coucher et pendre leurs escuz et armoiryes dedans la grande salle du dict Ghartraige où se tenoit la dicte assemblée partye desquelles paroissent encorres que j'ay icy extraictes (1) pour la gloire de leurs

(i) Voici les légendes de ces armoiries que M. le vicomte de Souaucé a bien voulu vérifier et corriger et qui se trouvent reproduites ci-contre :

D'argent, à trois chevrons de gueules, qui est des comtes héréditaires du Perche.

D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la bordure de gueules, chargée de onze besans d'argent, qui est de Pierre de France, comte du Perche.

D'azur, à trois fleurs de lys d'or, à la bordure de gueules, chargée de huit besans d'argent, qui est des comtes d'Alençon.

Mi-parti, au l'^'' d'azur à trois fleurs de lys d'or, à la bordure de gueules, chargée de huit besans d'argent, qui est des comtes d'Alençon; au 2^ d'argent au lion de gueules, qui est d'Armagnac.

De gueules, à six fleurs de lys d'or, 3, 2 et 1, qui est des comtes et ducs de Vendôme.

D'or, à six fleurs de lys d'azur, 3, 2 et 1, au lambel à trois pensants d'azur.

Ecartelé, aux i et 4 parti d'argent, à trois hermines de sable et de gueules, qui est de Bailleul; aux 2 et 3 d'or, à deux lions léopardés, l'un au-dessus de l'autre d'azur, armés et lanipassés de gueules, qui est de Cochefilet (branche cadette?).

D'argent, à six jumelles de gueules, accompagnées de onze canettes de sable posées 3, 2, 2, 2 et 2 entre les jumelles.

i56 ANTIQUITÉS DU PERCHE.

familles, les aultrcs armoiries ne se pouvant congnoistre tant par l'ipjure du tems que de ce que la dicte salle a esté depuis bruslée et partye reblanchie- qui ont couvert parlye des dictes armoiries et se trouvent plusieurs tiitres de succession en succession faisant mention de la dicte assemblée, mesmes depuis que le comté du Perche a esté réuny à la Couronne de France.

En l'an mil cent quatre vingtz quinze, le dict Geoffroy, comte du Perche, et Matilde, sa femme, firent réédiffîer la Maison-Dieu et hospital de Mortaigne, qui avoit esté bruslé avec le dict Mortaigne durant les guerres précédentes et pour l'entretien des charges d'icelle y donnèrent trente deux livres de rente sur le domayne du dict Mortaigne, et oultre vingt cinq sols aussy de rente à prendre sur le dict domayne pour l'entretien du luminaire nécessaire pour célébrer le divin service en la chappelle par eulx faite réédiffier en icelluy hospital fondée de Sainct-Nicollas, payables icelles rentes es mains des frères d'icelle maison ou de celluy à ce commis par le prévost et recepveur du dict comte ;

D'argent, à la bande componée d'or et de gueules, accompagnée de six annelets de gueules, trois en chef et trois en pointe.

Parti au 1''' d'argent, à la bande componée d'or et de gueules, accomgnée de six annelets de gueules, trois en chef et trois en pointe; au 2o d'argent, à deux fasces de gueules, au chef de gueules, chargé de sept fleurs de Ivs J'or.

D'argent, à trois fasces de sable, accompagnées de huit merlettes de sable entre les lasces, posées 3, 3 et 2.

D'argent, à trois lasces de sable, qui est Gru.el de la Frette.

D'or, à deux quintefeuilles posées en fasce, tigées de gueules, au chef ■ de gueules.

De gueules, au huchet d'or, au chef d'or chargé de deux huchets de gueules.

Parti, au l*^^'' de gueules, au demi-huchet d'or, au clief d'or chargé d'un huchet de gueules; au 2c d'argent, au serai chevron de gueules, accompagné en chef d'un lion de gueules.

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