TITRE VII
POl JUSTIFFIER m LA ÏILIE DE
Doit avoir la préférence^ sur les attires villes du Perche, du tillre de Capitalle.
Il ne se peult et ne sera "pas justilTié que Bellesme ait eu le droict de capitalle du Perche ny que les seigneurs se soyent qualifiés comtes du Perche, mais seulement comtes de Bellesme. Dans l'histoire de France, les chroniques de Normandye, ny les fondations de Sainct-Léonard de Bellesme, anciennement chanoines réguliers (réunion en fut faite avec le monastaire de Sainct-Martin) il n'en est aucune mention. Il se trouve bien que dès l'an 990, Guillaume, seigneur de Bellesme, vivoit, duquel [sortit] Yves de Bellesme, qui fut evesque de Sees, et Guillaume de Bellesme dict Tallevas, duquel sortit quatre fils, sçavoir : Guérin, Foulques, Robert et Guillaume. Le dict Guérin mourut subitement après le meurtre qu'il commit envers Gautier de Bellesme, son cousin ; Foulques fut tué par Noël, vicomte de Gotentin; Robert fut tué dans le chasteau de Ballon où il csloit prisonnier ; Guillaume dict Talemas, le dernier fils, pour plusieurs mauvaises actions par lui commises contre le Royd'Angletei're et duc deNormandye de quoy il fut atteint et convaincu, ses biens furent confisqués et le comté de Bellesme à luy appartenant fut donné par Henry premier, Roy d'Angleterre, à Rotrou, comte du Perche, son gendre. Le dict Guillaume de Bellesme eut aussy une fille nommée Habille, que Roger de Montgommery espousa, de laquelle il eut cinq fils et quatre filles, entr' autres Robert qui se saisit de Bellesme après le
deceds du dict Guillaume diot Taleraas, son aïeul, lequel Robert donna et réunit Tesglize de Sainct-Léonard de Bellesme à celle de Marmoutiers, qui la donna au monas taire de Sainct-Martin du Vieil Bellesme, sur lequel Robert, en 1126, ledictRotrou print possession du dict comté de Bellesme en vertu du dict don et confirmation, confirma et approuva le dict don et réunion ; donna la dicte esglize de Sainct-Léonard au dict prieuré de Sainct-Martin ensemble celle de Sainct-Martin du Vieil Bellesme et Sainct-Jaoques de Vaunoise, son annexe, de Sainct -Sauveur et de Sainct- Pierre de Bellesme, de Gourthioust, de Sainct-Jehan de la Forest, de la Ghapelle-Souëf, de Dancey, de Sainct-Aubin, de Boissi- Maugis, de GoUonard, de Sainct-Quentin le Petit, d'Origni le Roux, de Sainct-Ouen de la Gour, Bellavilliers, de Sainct-Maurice, d'Origni, qui sont tous bénéfices dépendant du dict Bellesme.
Il faut donc insérer par une conséquence nécessaire que, puisque Rotrou a confirmé et approuvé la réunion faite par Robert de Montgommery, qui se disoit seigneur de Bellesme par la dicte Mabille, sa mère, de Sainct-Léonard avec le monastaire de Sainct- Martin et y donna les dicts esglizes et bénéfices, que le dict Rotrou estoit comte du Perche et, par la dicte confisqualion, seigneur de Bellesme, et depuis luy il n'y a eu aucun seigneur du dict Bellesme ou qui en ait pris la qualité.
Et quand la dicte confisquation cesseroit, la dicte confirmation et don des dicts bénéfices faits par le dict Rotrou montre que le dict Bellesme estoit inférieur et comme vassal du comté du Perche et non du corps du dict comté.
Mais il se justiffîera par bons tiltres qu'il n'y a autres villes au Perche qui ait dépendu du comté du Perche que Mortaigne ; par conséquent, elle en est la première et la capitale et que dès l'an 1030, régnant Henry premier, Roy de France, petit -fils de Hugues Gapet, Geoffroy estoit comte du Perche et de Ghasteaudun et que Rotrou, son fils aisné, estoit, de son vivant, appelé comte de Mortaigne. Lequel Geoffroy fonda et feist bastir le monastaire de Sainct-Denys de Nogent (1), auquel Mortaigne il y
(1) Add. « Bien plus, les comtes du Perche et les seigneurs de Bellême étoient contemporains et avoient chacun leurs états distingués, Bellême alors ne faisoit donc pas partie du domaine des comtes du Perche ainsi qu'on le voit dans l'acte de 1126 ci-dessus mentionné et si Bellême ne faisoit pas partie du comté du Perche, comment cette ville pourroit-elle en être réputée la capitale? » (Ms. de M. de La Sicotière.l