XII PRÉFACE
considérables ont dû être réunis de divers côtés avec une sagacité et une persévérance rares : documents parlementaires, correspondances diplomatiques, mémoires échangés entre les plaideurs, publications diverses. Ces matériaux ont été ensuite mis en œuvre avec une méthode sûre qui dénote une grande maturité d'esprit et une véritable maîtrise du droit international. Les faits sont clairement exposés avec de nombreuses références ; les péripéties du litige, les questions soulevées sont indiquées d'une façon précise. On remarquera la fidélité et la conscience des analyses. La sentence arbitrale est suivie d'un examen critique qui tient compte de l'état du droit international au moment où le litige était jugé et de son état actuel, de sorte qu'on a ainsi une très utile contribution à l'histoire interne du droit international. Cet examen est fait avec une grande indépendance et en même temps avec la réserve qui convient. Les notes doctrinales sont les unes signées de spécialistes connus comme MM. Asser, Fauchille, Kleen, Laband, Stoerk, Strisower, les autres non signées. Je ne serai que juste en disant que celles-ci peuvent rivaliser avec les premières pour la critique judicieuse et pénétrante.
Pour les arbitrages des trente dernières années, les difficultés sont d'autre nature. Il n'y a pas en général beaucoup à chercher pour découvrir les documents, mais parfois on en trouve trop. Par suite du développement des mémoires, contre-mémoires, exposés aux titres divers, de l'étendue de certains débats oraux souvent excessive, le public, même instruit, est dans le même embarras que dans le cas d'absence de documents ; il n'a pas le temps de tout lire ou même de tout parcourir pour découvrir ce qui est vraiment utile pour l'intelligence du litige, aussi se contente-t-il d'un examen tout superficiel d'autant moins profitable que, parfois comme dans l'affaire des pêcheries de Behring, la sentence n'est pas motivée. Nos jeunes auteurs nous donneront désormais un iîl conducteur dans ce dédale des ])rocé(lures. Ce qu'ils ont fait nous est un sûr garant de ce qu'ils feront et nous pouvons envisager le moment qui sera, je l'espère, pas trop éloigné, où leur monument sera terminé en ce sens qu'ils auront liquidé le passé de l'arbitrage inter-