‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 23 sur 235 · XXII. LOI D'ILION CONTRE LES TYRANS · texte numérisé non relu

XXII. LOI D'ILION CONTRE LES TYRANS

poursuivi en paiement de l'amende, jusqu'à ce que les poursuivants en aient recouvré le montant. Ce recours sera toujours ouvert contre les archontes et le Conseil en fonctions. Il en sera ainsi dès la présente année et les mêmes peines seront infligées aux autorités qui seront en fonctions, jusqu'à ce que les poursuivants aient obtenu l'argent et la couronne, et que l'inscription ait eu lieu.

8 16. — Si quelqu'un, ayant fait un apport ou une dépense dans un intérêt autre que celui de la démocratie, s'est fait rembourser, ou s'il a reçu ce qui n’était pas dû ou plus qu'il n’était dû, il restituera au double, si le fait est jugé contre lui.

841. — Quiconque, après avoir reçu de l'argent de ces hommes, ne l'aura pas dépensé dans l'intérêt du rétablissement de la démocratie, quiconque ayant des fonds provenant de ces hommes ne prouvera pas quil les a dépensés dans cet intérêt, restituera au double tout ce qu'il aura reçu, si le fait est jugé contre lui.

Celui qui est poursuivi et mis en accusation pour n'avoir pas fait l'apport et l'emploi des fonds suivant la loi, ou pour avoir reçu ce qui n'était pas dû ou plus qu'il n’était dû, ne pourra ni recevoir une couronne, ni être inscrit sur une stèle [tant que le remboursement] n'aura pas eu lieu.

républiques de la Grèce. Les historiens, et surtout Thucydide,

(4) Cf. un décret d’Ilion (Dittenberger, Sylloge, n° 157, 1. 16 et suiv.) : δεδόσθαι δ᾽ αὐτῶ:... ἔφοδον ἐπὶ τὴν βουλὴν καὶ τὸν δῆμον πρώτωι μετὰ τὰ ἱερά, (2) La négation a été omise par le lapicide,

ont fait un lugubre tableau de ces révolutions (1). Tandis qu'un des partis s'engageait par serment à faire aux démocrates tout le mal possible (2), l’autre proclamait que contre les tyrans tous les moyens sont bons, encourageait et glorifiait l'assassinat et la trahison. Dans toutes les villes grecques, dit Xénophon, le meurtre est puni, le meurtrier est regardé comme impur, mais « s'il s'agit d'un tyran, celui qui le tue est comblé d’honneurs par la cité. Bien loin de lui interdire l'accès des lieux sacrés. elle lui érige même des statues dans les temples (3) ». Tel était le droit commun de la démocratie grecque. La pratique était justifiée par la théorie. Un disciple d'Aristote, Phænias, d'Érésos, dans l'île de Lesbos, avait écrit un livre sur le tyrannicide (4). Les lois pénales et constitutionnelles ne craignaient pas d'aborder ce sujet et souvent d'étendre leurs prévisions à tous les cas possibles.

Plusieurs de ces lois sont parvenues jusqu'à nous : l'Asie Mineure et l’Attique nous ont fourni les plus intéressantes. La plus complète est sans contredit la loi d’Ilion que nous étudierons dans une première partie ; dans la seconde, nous traiterons plus rapidement des lois athéniennes, parce qu'elles ne nous ont pas été toutes conservées par des inscriptions.

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