‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 190 sur 223 · CHARTE DE COMMUNE DE VILLEROY · texte numérisé non relu

CHARTE DE COMMUNE DE VILLEROY

L’article 20 fixe les bornes de la banlieue et porte que le seigneur ne pourra y établir aucune garnison. Les différends qui s’élèveront entre le seigneur et les bourgeois seront soumis à l’arbitrage des officiers municipaux d’Abbeville (2 1). Les habitants seront libres de fortifier leur ville, s’ils le jugent convenable, mais le seigneur, de son

' Un acte du 28 avril 1879 témoigne qu’à cette date l’échevinage de Villeroy était en plein exercice, et que le maire et les échevins jugeaient les procès qui pouvaient s’élever entre les bourgeois dans toute l’étendue de la banlieue. Doin Grenier, vol. 224 (xxiv“ paq. p. 222,

2 2 h).— Nous mentionnerons encore des lettres de Louis XI par lesquelles ce prince, à la demande de son écuyer, Gulon Le Roi , seigneur de Villeroy, établit audit lieu des foires et marchés. Avril i48i. (Arch. de l’Emp. Trésor des chartes, 209, 8.)

VILLEROY-SÜR-AÜTHIE.

côté, pourra également fortiüer son château, à la condition de ne faire ni fossé ni poterne (2 3). Les vassaux du seigneur de Villeroy qui feront partie de la commune ne pourront jamais réclamer l’intervention de cette commune, s’il s’élève quelque contestation entre eux et leur seigneur (2 5). Le comte de Ponthieu prélèvera tous les ans un septier d’avoine sur chaque habitant, et ce, à titre de gardien ' de la commune.

On remarquera, à l’article 2 3, la mention qui est faite des anciennes portes de la ville, dont les clefs seront gardées par les bourgeois. Rien ne pourrait faire supposer aujourd’hui qu’un village aussi peu important ait eu une enceinte fortifiée.

Novembre

2 0. Adechertes, j’ai baillié à cbes meesmes bourgois banlieue franke à avoir duskes à le crois Bernart Cornet, et dusques au gardin de Vy, et duskes à le bourne de men gardin, et duskes au pont Cuvrel, en tele manière que dedans ches termes nulle warnisson ne porra estre faite.

2 1. Se par aventure entre mi et les devant dis bourgois miens esquerra aucune querele qui ne puist par chest escrit estre déterminiée , ele sera déterminiée par le quemugne d’Abevile.

22. Et si est assavoir que, en cascun des devant dis capitaux, me droiture doit estre sauve et entièrement wardée; et ensement en me yaue, en le quele se aucuns peskieres sera trouvés, il famendera de 4o s. de parisis, se je le vœii prendre.

2 3. Et si est assavoir que se li homme de Vileroye voloient fremer le vile, il le porroient fremer, ne je ne les destraindrai mie qu’il ne le ferment; et se je voel me maison fermer, je le porrai fermer, hors chou que je ne porrai [faire] fossé ne posterne, mais par les anchiennes portes de le ville il me convenrra issir. Li bourgois warderont les clés des portes, et de chou il sont tenu envers mi à faire autant que li bourgois d’Abevile feroient au conte des coses semblables.

2 4- Mais se aucun vasseur vaurra entrer en le quemugne il i porra entrer, sauve le droiture du fief, et jou ne le porrai mie mettre hors.

2 0. Mais se entre mi et mes vasseurs de le quemugne eskerra aucune querele de leurs fiés, il ne recourriront mie à le quemugne.

26. Mais il est à noter que je retieng mes herbegages et les bos appartenans à me caule.

COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE

27. Et si est assavoir que se aucung de mes hommes de Vileroye ara vendu à aucuns se maison, jou arai deux deniers de cascun xii deniei's.

28. Et si est assavoir que me sire li quens de Pontieu et de Monstroel, ara cascun an de cascun homme de le quemugne de Vileroye un setier d’aveine , et pour chou me sires li quens est tenu à warder et à warandir le quemugne.

29. Et si est assavoir que si estaranges i vanront, il me paieront à le Saint Remi une mine de fourment et au Noël deus capons et deus deniers.

30. Se aucuns vaurra estre mes ostes, et de chou il me prometra aucune cose, se il en va arrière, jou arai le promesse entièrement; mais tous li juré de Vileroye, warderont mes waiges pour quarante jours à leurs coses teneus. Il doivent prendre du blé wage par le veue d’aucun juré, ou il le doivent amender; et n’est mie à trespasser par silence que [se] guere, que Diex destourt, estoit en la conté ou devant dit conte, mi homme de Vileroy demouroient en le chevauchie du conte une fois en l’en, par trois jours, à le semonse de li ou de sen sergiant. Hoc autem factum est anno ah Incarnatione Domini 1211, mense novembrisU

Bibl. imp. fonds des cartulaires, n” 65 , fol. i 22 r°. — Dom Grenier, vol. G (xv' paq. n° q), p. 327.

' On trouve dans le manuscrit n” 65, du fonds des cartulaires, fol. 235 v°, l’acte d une vente de treize journaux de terre faite par demoiselle Luce, sœur de Jean, sire de Villeroy, aux maires et échevins de cette commune, en 1278. Le sire de Villeroy, comme détenteur du fief, ratifie la vente faite par sa sœur; et il termine en disant ; « [.es queles coses je tenoie avocques men autre fief de monsaigneur Jehan de Neele, conte de Pontieu, et de ma chière dame Jehane par la grâce de Dieu royne deCastelle et de Lyon et contesse du lieu

devant dit , se femme ; jou pour le dessaisine que jai rechut en me main, prie et ai prié à men chier seigneur et à me chiere dame devant dis que il à le vente devant dite se voellent assentir. et en poursievant cheste requeste j’ai scelées elles lettres de mon seel. » — Le même mss. contient, à la date de i3o6, des lettres du maire et des échevins de Villeroy constatant que les officiers municipaux ne peuvent être extraordinairement renouielés sans le consentement du sénéchal de Pontliieu (fol. 112).

PORT-LE-GRAND

PORT-LE-GRAND

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Ce village, l’iin des plus anciens du Ponthieu, est situé sur l’ancien chenal de la Somme, entre Abbeville et le Crotoy. Tl est mentionné dès le vil® siècle sous le nom de Portas, et les nombreux débris romains qu’on y trouve, restes de colonnades, médailles et vases, attestent qu’il y existait, dès les premiers temps de la domination romaine, des établissements importants. Port ne figure , du reste , en aucune manière dans l’histoire pendant le cours du moyen âge , et sa seule illustration est d’avoir donné le jour à saint Honoré. Sainte Austrebertbe y avait fondé un couvent qui fut détruit par les Normands, et qui, depuis, ne s’est jamais relevé de ses ruines.

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