Il y a un médecin, deux chirurgiens dans le lieu
4. Il n'y a point d'accoucheuse instruite sur les lieux; la seule c|ue nous connaissions est àVeyqes, h 5 lieues de distance.
5. Depuif» i773i il n'y « P^^^wt eu d'épidémie dans \» communauté et elles n'y sQnt pa» fréqupat^s ( Q9tte dernière fut désastreuse et nous n'eûmes aucup secours de la province; peu de familles en furent exemptes, et il y en a beaucoup, qui, depuis cette époque, sont dans la misère , ayant été obligées dç vendre ou emprunter pour se secourir. On ne pratique nullement l'inoculation de la petite vérole»
6. On bâtit les maisons en pierres brutes, chaux et sable; on les couvre en tuiles, il n'en reste qu'une couverte en paille. Il n'y a pas de carrière d'ardoises, ni de petites lauses; il y a deux fabriques de tuiles , qui sont éloignées d une lieue.
Nous avons (ut que les maisons étaient bâties à chaux et sable et couvertes en tuiles, ce qui rend ta construction excessivement chère, attendu que I9 chaux , ainsi que les tuiles , sont à un prix exorbitant, eu égard au manque de bois, ainsi que nous le détaillerops dans son article.
Toutes ces considérations et la misère du lieu sont cause que toutai les fldâisQus mmw^nl ruine; que» depuis Jai invasions et l'incendie du pays par le« Pii^montais • il y en a beaucoup qui n'ont pa» été reconstruite».
7. Le sol est divisé en coteaux et en plaine: les coteaux sont des rochers pelé9 et arid^i, dont une grande partie siint plantés en vignes, qui produisent un vin rouge, peu fertiles, au égard au défaut de facultés pour pouvoir les replanter et en renouveler tous les ans une partie, eequi fait que leur grande vétusté exigerait beaucoup de culture et de fumier, qu'il est impossible de nous
Erocurer par le défaut de matières. Celui de la plaine est une terre lanche wm certains endroits et un peu argileuse dans d'autres, grisâtre et compacte , ne produisant que du fromeut qui oe grène jamais, la plaine n'étant pas assez arrérée ^^\ à cause des montagnes et rochers qui l'environnent de toutes parts; nos moissons sont toujours belles en apparence et nous ne percevons que de paille.
8. L'ou ne perçoit que du blé et du vin, et les seuls arbres qui
^') UiHmpée (fff. kl patois, arturf, «rsire, clitrrue), ou vmm aérée.
prospèrent sont les noyei*s, qui rendent fort peu, attendu qu'il est rare que les gelées n'emportent les bourgeons dans le courant d avril et mai.
9. Année commune, la consommation des grains que font les habitants excède d'un tiers la récolte; leur nourriture est du pain et quelques pommes de terre, ne percevant aucune espèce de légume, fort peu de jardinage, n'ayant point d'arrosage.
1 0. Les années de disette et autres, on tire les grains des marchés de Gap , et l'on nous en apporte fort peu à un marché qui est établi tous les vendredis de chaque semaine dans la communauté.
11. Le vin est la seule production qui surabonde , les seuls voituners du Ghampsaur viennent l'acheter et le cl\arger sur les lieux. Il n'y a pas d'autre moyen d'exportation que les mulets à bât, notre pays étant comme inabordable aux charrettes, faute d'embranchement à la grande route, qu'on ne cesse de nous promettre après nous en avoir frustré, quoiqu'elle traverse notre plaine dans toute sa longueur, à une distance du bourg d'environ 5 à 6oo toises et que l'intention du Roi soit que les grandes routes passent dans ou près des gros lieux, autant qu'il n'y aura pas de trop grands obstacles. Nous avons quatre foires sur les lieux, dont deux seules sont connues , l'une au 9 1 septembre et l'autre au â i octobre.
12. Nous n'avons absolument point de bois et nous sommes obligés de l'acheter très chèrement de nos voisins , qui sont en usage d'en apporter. Ges voisins sont Venterol, Piégut et Gurban en Provence.
13. La communauté n'a d'autre commune qu'un coteau, qui était autrefois bois, dans un quartier appelle Boissac, où il ne croit en ce moment que quelques broussailles, qui sont coupées toutes les années par des particuliers, ce que la communauté n'a jamais pu empêcher. Il n'y aurait qu'une autorité supérieure et des exemples qui pussent les contenir, alors nous pensons que si ces communes étaient bien gardées, bientôt les bois qui y croîtraient seraient aussi beaux que ceux de nos voisins.
\à. Les torrents ou rivières qui traversent la communauté, sont : la Durance, dont les eaux déposent un limon excellent et très fertile et dont l'arrosage est très avantageux; c'est ce qui avait déterminé la communauté à demander un canal d'arrosage à M. de la Bov(^ Ge projet ayant paru dispendieux, il lui fut accordé des secours pour la construction dune digue qui s'exécute aujourd'hui.
à raison de laquelle la communauté ne pourra éviter de recourir aux Etats et à la Commission intermédiaire, par un mémoire quelle aura l'honneur de lui présenter et qu'il serait trop long d'insérer ici.
Il y a encore quatre torrents : Rousinnes^ Soudan, le Rifde Gastinel et la Ruine. Le premier ne fait pas beaucoup de mal et ne peut fournir que fort peu d'eau pour l'arrosage; Boudon, au contraire, est un torrent fort rapide, entraînant avec lui de gros blocs, faisant beaucoup de mal aux terres qui l'avoisinent ; ses eaux ne sont pas excellentes pour l'arrosage ; le seul moyen pour remédier aux ravages qu'il fait, serait celui d'en redresser le lit, en encourageant les particuliers riverains et les obligeant d'amonceler en forme de digue les blocs sur les deux rives et par ce moyen à déblayer le lit du torrent de temps à autre. Il faut observer que les seules prairies que la communauté ait sont au bout de ce torrent.
Les deux derniers prennent leur source aux montagnes de Yenlerolen Provence, qui limitent notre terroir, et sont considérables dans le temps des pluies et des orages; ils font beaucoup de mal dans leur traversée et ont beaucoup emporté de terres ; celui de la Ruine menace d'emporter les maisons des habitants des Boulongeons et leur ravage leurs fonds, ce qui ne peut se prévenir qu'en leur opposant des digues.
15. La seule espèce de gros bétail qu'on ait dans la communauté consiste à environ i ao mulets; le menu, à 3oo bétes d'avérage. N'ayant point de prairies , il est impossible d'en nourrir davantage ; le seul moyen d'en augmenter le nombre est celui que les Etats daignent envoyer Messieurs les Ingénieurs du département,
[)our examiner scrupuleusement s'il y aurait des moyens d'arroser a plaine , que nous croyons plus propre à porter des fourrages qu'à produire du blé, qui à peine, année commune, tierce les semences.