‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 48 sur 219 · CHATILLON-LE-DÉSERT · texte numérisé non relu

CHATILLON-LE-DÉSERT

17. Aucune industrie ni commerce que le seul travail de la terre; plusieurs sont obligés d'aller travailler en hiver dans les provinces voisines pour pouvoir substanter leur familie.

18. Le régime municipal est administré par un consul et officiers municipaux, qui ont soin de veiller à la conservation des choses communales et de punir les délinquants.

21. Les comptes des collecteurs se rendent chaque année h la fin de leurs recettes ^^K

23. Point de fondation pour les hôpitaux; pour Téducation de la jeunesse, il y a 3o livres annuellement, qui ont été léguées par M. Maurel, prieur de cette paroisse ^^^.

24. Le parcellaire, ayant été fait en 17 34, est en bon étal^*^ ainsi que le coursier; Ton observe que depuis Tépoque de sa construction il y a plusieurs terres qui ont été totalement emportées, qui n'existent plus.

Les papiers et titres de la communauté sont remis, pour leur conservation, successivement au consul, n'y ayant aucun dépôt public ^^\

La dime des grains se paye a la cote douzième au sieur prieur, et le vingtième, distribué aux pauvres, à la diligence du consul et châtelain , qui est un petit secours. La censé ou pension au seigneur monte à 4 00 livres par an, payées par les habitants.

Les habitants sont liés en instance avec le seigneur du lieu, qui entend qu'il ne soit permis à ses vassaux de faire paitrc les bestiaux d'avérage sur les montagnes que le nombre des élèves qui se font pendant l'hiver, et qu'il ne leur soit pas permis d'y mener ceux qu'ils peuvent acheter au printemps , ce qui les priverait d'un grand secours. Pour éviter de plus amples frais, nous désirerions terminer amiablement avec le seigneur, s'il veut s'y entendre. Les habitants ne pouvant fournir à des frais dispendieux, attendu leur modique faculté, la communauté se reportera toujours avec entière confiance à l'équité et sage décision de Nosseigneurs de la Commission intermédiaire de la province.

0) Les charges locales en 1791 sont de aSo I. 1 & s. (Ordonnance du 1 3 nov. 1791.) Celles de 1789 ne sont pas connues. (Cf. C 107, r 90.)

(*) Joseph Maurel, du Castcllor (Basses-Alpes), prieur-curé, nomme le 10 mars 1736, mort le 96 septembre 1775, à 6a ans, «digne prêtre fort re-

gretté ?). (Acte de décès, aux arch. dép. des Hautes-Alpes, série E, prov. 8074.)

(^) Il n^en subsiste plus qu*un fragment in-4'.

(*) Sur la situation des archives de Chàtiiion-ic-Désert en 1891, voir Procèi-verbaux du Conaeil gétiéral des Hautet-Alpet , août 1899, p. i35.

Dans le courant du mois de janvier dernier, les grosses pluies ont formé des ravins qui ont endommagé plusieurs terres, dont partie sont irréparables, la quantité de 90 émines, tant bon, médiocre et pire, dont partie étaient ensemencées, et la récolte périt en partie. Estimé le dommage deux mille livres, ci. . s,ooo livres.

Le 6 janvier 1789, l'ouragan a enlevé plus des deux tiers des toits des maisons; estimé pour les réparations qui sont indispensables trois cents livres, ci. 3oo livres.

Ladite communauté paye de taille au Roi la somme de trois cent trente-deux 1. onze s. deux d., ci 33â 1. 1 1 s. a d.

Gapitation. i ...... . 4o livres.

Vingtièmes ! .... l, ...... . 1 90 1. 1 s.

Nous, consul et officiers municipaux soussignés, certifions Tétat ci-dessus véritable, suppliant humblement Nosseigneurs de la Commission intermédiaire de cette province d'y avoir tel égard que leurs Grandeurs trouveront à propos, dans la distribution du dégrèvement prochain, pour leur aider à subsister. Implorent justice.

Signé : Rouy, curé, J. Pons, châtelain, Paul Millous, conmV, MfiissiMiLLY, secrétaire commis.

CHAUDCN.

Commune de l'arrondissement et du canton de Gap , supprimée le 1 1 novembre 1895 et unie à celle de Gap. La paroisse a été unie à celle de Rabon. Les habitants ont complètement abandonné la commqne, dont le territoire a été acquis par le Service des reboisements des forêts ^^K

Nous soussignés, officiers de la conununauté de Chaudun, élection de Gap, où il n'y a jamais eu de consul ni secrétaire, attendu qu'elle n'est composée que de â3 habitants, ensuite d'une lettre intermédiaire çn forme de commission venue du procureur générai d'Etat du département de la province de Dauphiné du a8 février

'0 Cf. Bull. toc. d'éiud. dêi Haulen- Alpei (1895, p. 987-998), où M. Nicollet donne les noms des A 9 derniers propriétaires de Chaudun. Nous avons publié naguère , dans les Annalei de» Alpes (VU, 1909-1903, p. 96^-969), divers docamenU sur les anciens habitants de Chaudun, entre autres Paibergement

de 1693 par le chapitre de Gap k 1 9 habitants des environs. Voir encore , dans cette même Revne (III, 1899- 1 900 , p. 9 9 8-9 3 9 ) , d^autres documenis sur Chaudun, de 1689-1 655; cf. Vinvent, dei Archivas départementales des Hautee-Alpei , série G, t. IV et V, art.

1699 et 909t.

CHAUDUN. 135

de la prééente ahnée 1789, portant représentations, déprédations et améliorations de ladite communauté, tant patrimoniaux que d'octrois , ainsi que nous avons procédé conformément au rite et règlement, avec la plus grande exactitude.

1. Disons que l'étendue par apparence du territoire contient environ une lieue et demie de circonférence, y compris des rochers inaccessibles et les déserts, oîi il n'y a qu'une seule paroisse, sans hameaux.

3. Les habitants sont sans étude, peu instruits et experts des arts libéraux. Il n'y a aucune résidence de médecin ni chirurgien, attendu son affreuse situation. Ce qui afflige beaucoup les habitants , parce que, faute de secours, les pauvres gens croupissent dans des infirmités et maladies qui les réduisent à la dernière misère et quelquefois au tombeau. Ils sont éloignés de deux lieues pour se procurer le secours.

â. La communauté a la satisfaction d'avoir une accoucheuse assez instruite dans ses fonctions.

5. L'air qu'on y respire est fort salutaire. Les maladies n'y sont pas fréquentes. On n'a pas l'usage de l'inoculation de la petite vérole.

6. Les maisons sont bâties en forme de chaumière, sans charpente , couvertes toutes en paille.

7. n n'y a point de sol, attendu que les maisons sont situées au pied d'une colline fort escarpée. De l'autre côté, un petit ruis-' seau qui mouille tout le long et qui, quand les pluies sont abondantes, forme des torrents impétueux qui les ravagent fort souvent et y causent des dommages très considérables. Pour empêcher les inconvénients, il serait très nécessaire d'y construire des digues, mais l'indigence des pauvres habitants ne leur permet pas de l'entreprendre.

8. Le rapport, année commune, est. qu'une charge de blé en produit 3; les grains transaux, comme avoine, légumes, en produisent /i. Pour la consommation alimentaire de la communauté,' elle est de a5o charges blé ou légumes, mais le terrain est si ingrat qu'à peine on n'y perçoit que 110 charges , de quoi les pauvres habitants sont obligés d'en acheter pour le reste de l'année.

9. Leur nourriture alimentaire est très frugale et gro8si('^re. Ils se nourrissent de pain de seigle; quelquefois on y mélange de

Tavoine, et d'autres fois on mange du fruit des rosiers sauvages et en font du pain. Pour toute boisson, ils n'ont que de l'eau.

Les habitants n'ont aucune ressource , en temps de disette , pour se procurer les grains nécessaires, parce qu'ils sont éloignés de tout pays et qu'il n'y a aucune rivière navigable. A l'égard des marchés , on va à la ville de Gap , distante de deux lieues , par des chemins impraticables.

12. n y a des forêts exposées au nord. La communauté, en a une commune, peuplée de sapins, hêtres et morgelines^'^ située sur la pente d'un rocher inaccessible, d'où l'on ne peut tirer aucun profit.

là. Il n'y a aucune rivière, mais seulement des torrents qui causent des ravages très considérables aux fonds, qui les emportent et les mettent hors d'état de culture. Le terrain est isolé, par rapport aux eaux pluviales^ Il n'y a aucun arrosage avantageux et on n'en saurait tirer aucun profit. Les torrents causent de grands ravages, ont ravagé une partie des fonds, tellement qu'on a été forcé de les abandonner, sans pouvoir les améliorer ni les en garantir, et cependant on y paye toujours les charges locales.

16. On n'y trouve aucune ressource à la portée d'artistes vétérinaires ni de maréchaux experts, par rapport à la situation du pays , qui est situé dans le creux d'un rocher.

1 7. Les habitants n'ont aucune industrie ni aucun commerce ; leur principale industrie est de cultiver la terre, qui ne leur produit que des végétaux sauvages.

18. Le régime municipal de la communauté est tant seulement quun châtelain, oh^^^ les habitants s'assemblent pour délibérer les affaires.

19. La communauté n'a pas le bonheur d'avoir des revenus; au contraire, elle est chargée de dettes.

20. Les charges locales, ou dépenses de la communauté^') arrivent à la somme de &8o livres, savoir : iSo livres en taille

^*) J^ignore te sens exact de ce mot. maison commune , 6 livres; gages du

(*) Ce8t4-dire : devant lequel. secrétaire, 33 1. lo s.; gages du maître

(^) Les charges locales proprement d^ëcoie, 6 livres; gages du garde cbam-

dites, en 1791, sont de io3 1. 17 s. pétre, 6 livres; bois et lumières, i4 1.

(Ordonnance du 8 oct. 1791) : entre- i3 s. Les charges locales pour 1789 no

tien de TégUse, 37 1. 1 A s.; loyer de la sont pas indiquées. (C107, P ai.)

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royale, lao livres en capitation et 60 livres en vingtièmes; outre ce , la communauté est soumise à payer la somme de 9 /i 6 livres , à raison d'une pension annuelle et perpétuelle au vénérable chapitre de l'église cathédrale de la ville de Gap pour tous droits seigneuriaux, dime et censés, et finalement la somme de 35o livres pour, la congrue du prêtre qui daigne faire le service, vu que la communauté est distante de deux lieues de Téglise paroissiale, ce qui rend les pauvres habitants inhabiles à payer les deniers royaux.

21. Le collecteur a rendu exactement les comptes, mais par charité est obligé de faire les avances pour les pauvres.

23. Il n'y a aucune fondation pour les hôpitaux ni aucune éducation publique.

24. A l'égard du parcellaire, la communauté n'en reconnaît aucun, vu que les fonds sont situés dans des collines scabreuses, où il est impossible d'en faire la mensuration.

15. La quantité de gros et menu bétail est d'environ A 5 vaches ou génisses, veaux, bourriques et petits mulets à l'usage du pays, qu'il faut qu'ils fassent tous les travaux dans l'espace de cinq mois, h cause de la durée de l'hiver et des neiges qui y abondent; et les menus bestiaux, comme brebis, agneaux et moutons, arrivent à â5o, qui est l'unique ressource pour subsister, car sans cela on serait forcé d'abandonner les patries et d'aller mendier.

La communauté a été allivrée dans le péréquaire général un quart de feux taillable, conformément aux lançons de taille qui sont rière les archives des chambres des comptes, dont la communauté n'a point d'extrait, pour savoir dans quelle époque [il] a été fixé, pour prendre copie de l'acte ou procédure qui a fixé cet allivrement. suivant la lettre du procureur général des Etats du Dauphiné du i"^ mars 1789.

Fait à Ghaudun, le â4 mars 1789.

Signé : P. Marin, J.-A. Cuaix, J. Laurens, Jean- Jacques ViLLAR, J. GuAix, A. Chabrb, châtelfiifi.

^ CHORGES.

ÂrrondiBsement d'Embrun, chef-lieu de canton et commune; 86 A mèti'os d'allitnde; à 17 kilomètres de Gap et si kilomètres d'Embrun; superficie en hectares, 5,73/î; habitants, 1,606.

Lettre écrite par MM. de h Commission intermédiaire \ le ù 8 février t jSg. — Réponse aux articles:

1 . Environ trois lieues de circonférence ; i o hameaux aux environs du village ^^^

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