Non
2â. En 1 7 1 9 ^^K II est en très mauvais état, y ayant beaucoup d'erreurs. Les papiers avaient été enlevés lors des ennemis ^*'^). Les papiers actuels sont peu de chose et de peu de conséquence^^). Ils sont dans un placard fermé par quatre serrures, dont chacun des consuls a une clef.
Observations générales. — Chorges est situé à une distance à peu près égale de Gap et d'Embrun , à trois lieues de Gap et quatre d'Embrun. G'est l'unique asile des voyageurs et le seul lieu où les troupes qui composent les garnisons de cette frontière puissent ôlrc logées et recevoir l'étape h leur passage.
Ce village se rendait, autant qu'il pouvait, utile au Souverain. Mais cinq incendies, qui se sont succédé dans un moindre espace de 5o ans, l'ont réduit à |a misère la plus extrême.
Il a pour lui le coup d'oeil, et, entrant dans son terroir, il parait beau, à cause des prairies qui l'entourent; mais les habitants sont obligés de convenir de leur misère et mettre sous vos yeux, Mes-
(*) Les charges locales en 1789 ne sont pas coonues. Celles de 1790 sont de 60a livres (Ordonnance du 39 sept.
1789): cierge pascal, 6 livres; entretien de IV^ise, 3o; id, des fontaines, ao; gages du secrétaire greffier, 3o; contrôle des délibérations, 19; gages du maître d^école, i5o; td, du garde-bois, 3o; id. du garde champêtre , So; id, du valet de ville, 90; port de lettres, 6; loyer de la chambre de Técole, 19; gages de la sage-femme , 3o ; id. du ramoneur, 36 ; pension due aux Visitandines d^Embrun, /îo; id, aux Ursulines de Gap, 60 ; luminaire de Téglise, ^5 ; pour les octrois, 45. (C 107, f* 99.)
^'} Par Jac4{ues Chevalier, arpenteur
des Crottes; in-folio de 97^ feuillets. Autre cadastre, de i5i9, in-4'* de 58o feuillets. (Aux Archive$ départ, de* Hautes - Alpei.) Au dépôt départemental on conserve également, depuis le 97 avril 189&, les débris des archives anciennes de Chorges, dassés en 91 articles.
(') Lors de l'invasion des Piémonlais et de leurs alliés en juillet-septembre 1699. (Cf. La campagne de î6ga dane le Haut Dauphiné [par Albert de Rochas]. Grenoble, Maisonville et Jourdan, 187^; in-S** de 179 pages.)
t*) Sur leur état en 1887, voir les Procèe-verbaux du Cofueil général de§ Hauteê'Alpei , août 1888, p. i53.
CHORGES. Ul
sieurs 9 ce qui en est. Ils sont extrêmement chargés en impositions, réduits à l'impuissance de les acquitter, par les malheurs qu'ils ont eus. Ils supportent des frais de brigade et autres, et sont obligés de vendre leurs meilleures possessions à des étrangers, qui consomment leur produit hors l'endroit et laissent les autres terres sans engrais. Ce qui reste de beau et de bon est possédé par des corps religieux et des seigneurs.
Par l'enlèvement fait par les ennemis des papiers de la communauté, elle n'a pu produire les titres qu'elle avait contre les seigneurs décimateurs, et par arrâtde iGsâ, obtenu sur requête, ces derniers ont fait (ixer la dîme à la cote douzième de tous les grains en gerbes, de sorte qu'avant même douze années, les habitants se voient enlever, non seulement leur récolle, mais encore leurs semences et la paille qui doit servir à féconder leurs fonds. Les habitants ont la douleur de voir emporter par des étrangers cette paille, que les décimateurs leur vendent. Ce qui indique que la communauté avait des titres, c'est qu'en 16/16 elle était maîtresse delà dime, moyennant 1,900 livres qu'elle payait "au seigneur décimateur, et en adjugeait la perception à celui ou ceux qui la voulaient faire à la cote la plus éloignée. En sorte que, par les délibérations et adjudications de ces temps, on voit que cette cote était au vingt-sixième. La différence du produit de la dime de ce temps avec celui actuel est frappante; il était alors de i,âOo livres et à présent il est de 6, A 00 livres, compris la paille et le vin.
Le village et son terroir sont extrêmement exposés aux vents , et il n'est pas d'année que la grêle n'emporte, sinon la récolte entière, du moins une grande partie. Ce terrain est ingrat, il est fort et, à deux pieds de profondeur, on trouve partout la glaise qui, se refusant à la pénétration de l'eau dans le temps des pluies, est cause qu'il se forme des ravins dans beaucoup d'endroits, même dans ceux où on ne devrait pas paraître avoir la moindre crainte. Si, d'un autre côté, cette terre forte manque de pluies pendant huit jours, les plantes souffrent et périssent.
Il y a plusieurs torrents , dont un se porte sur le village et menace de l'engloutir. Il a déjà emporté et couvert de gravier toutes les terres des environs qu'on regardait comme les plus précieuses. Il rend la grande route impraticable et l'intercepte même dans les temps de pluie un peu forte.
La communauté, outre l'exorbitance de ses tailles, a été surchargée pour les vingtièmes. M. Séinigue, qui, en 17&5, faisait les vérifications, ne prit aucun renseignement et l'apparence locale le fit tomber dans une erreur qui a ajouté au malheur des habi-
tants. Ils donnent ci-après l'état des impositions afin que vous ayez égard à ce qui est dit ci-dessus» lors de la distribution que vous ferez des dégrèvements et des fonds des ateliers de charité.
ImpositioDS suivant le lançon 1 0,066 L i5 s.
Vingtièmes &,o66 3
Capitation ^ i,36o o
Octrois 83 o
Charges locdes /. • • 800 o
Dîmes à MM. les décimateurs en y comprenant la
paille et le vin.. • ^ 6,/ioo o
Total <*> aa.775 1. 18 s.
Nous, consuls et officiers municipaux de la communauté de Ghorges soussignés, certifions l'état ci-dessus véritable.
A Ghorges, le i"mai 1789.
Signé*: Soughon, consul, L. Peyre, conml, G. Dous, consul, G. Reynaud, Garle, Allemand, M. Arnoux^ Ghaix, Tirant, BouGHET, J. Soughon, J.-B. Saignière, F. Beraud, Gillis, V. Pons, A. Durand, J. Isnard, Nicolas.
CLAUSONNE.
Commune de Tarrondissement de Gap, canton de Veynes , supprimée le 33 août 1888 et unie alors à celle du Saix; siège avant 1790 aune petite abbaye, de Tordre de Saint-Benoît. La paroisse, érigée par décision impériale du 1 3 avril 1861, se compose de ko habitants.
Observations que prennent la liberté de faire à Nosseigneurs des Étai^j Us sieurs Jean Gautier, Jean Pelloux et Jean Givaudan^ principatuv habitants du lieu de Clausonney à Nosmgneurs des Etats tenant la Commission intei^médiaire à Grenoble, en suite de la notice quils ont eue que c'était par-devant nos seigneurs des Etats que chaque communauté y village et hameau devait faire connaître ses besoins et en même temps donner
<*) (T Somme payée par la communauté annuellement, non compris quelques autres charges.^ (Note du manuscrit)
CIAUSONNE. 143
réiat et la situation des pays qu'ils habitent. En conséquence, les soussignés prennent la liberté (F observer :
1 . Le lieu de Clausonne est situé dans une montagne formant une espèce de circuit, qui peut avoir environ trois quarts de lieue de tour, sur un quart de lieue de diamètre. Sa position est enclavée ^lans des montagnes, où l'on éprouve toutes les rigueurs les plus cruelles de l'hiver, y ayant encore actuellement sur la surface de leurs terres environ deux pieds de neige. Le territoire est de très mauvaise qualité et d'un très petit produit , ne produisant au cultivateur, avec bien des peines et des soins , que trois pour un et même souvent moins.
2. Le terroir ne produit que du blé sei^e , très peu de froment , quelque peu d'avoine et quelques grains transaux , et, le plus souvent, ces récoltes se réduisent à rien. La quantité des neiges qui tombe dans le susdit endroit et Iç long séjour qu elle fait sur leurs terres, leur étouffe assez souvent leur récolte, comme ils craignent de l'éprouver la présente année, et il arrive même très souvent, qu'indépendamment de la récolte qu'ils perdent par le séjour des neiges sur leurs terres, ces mêmes terres sont souvent emportées et endommagées par la fonte rapide des neiges et par les ravins dont le territoire est traversé.
3. n n'y, a aucune source d'eau pour l'irrigation de leurs pro-
1>riété8 . ni aucune fontaine pour leur usage et pour l'abreuvage de eurs bestiaux, étant obligés, pendant près de six mois de l'année, de rompre la glace de ce même ravin et d'y faire des creux avec des pelles pour pouvoir en tirer Teau qui leur est nécessaire, tant pour leur usage que pour l'abreuvage de leur bestiaux; qu'ayant des habitants éloignés de plus de &oo toises du susdit ravin, et étant obb'gés de descendre et remonter une montagne pour y venir.
à. Le village de Clausonne est composé de 1 3 habitants , tous séparés les uns des autres et à une distance assez éloignée. Leurs maisons sont toutes couvertes en chaume, ce qui est fort à craindre pour les incendies, n'y ayant aucune carrière d'ardoises ni de tuiles dans le lieu. Il n'y a qu'une carrière de tuiles creuses dans le territoire d'Oze, éloignée de deux lieues de celui de Clausonne. L'on vend ces tuiles creuses cinq livres le cent, prises sur place, ce qui les porterait au moins à neuf livres le cent rendues au lieu de Clausonne. Les habitants désireraient fort de se couvrir en tuiles creuses, si le Gouvernement voulait leur prêter une main secou;rable.
5. Dans le village de Glausonne il n'y a ni médecin, ni chirurgien, ni accoucheuse, et lorsque les habitants ont besoin du ministère de ces personnes, ils ont recours à ceux qui se trouvent établis au lieu de Veynes ou ù celui de Serres, distant de trois et quatre lieues du susdit endroit.
6. Le lieu de Glausonne est sous le titre d'abbaye royale. L'abbé^'^ prend la qualité de seigneur, et, en sa qualité d'abbé seigneur, il perçoit sur tous les habitants la cinquième portion de toutes les récoltes que ceux-ci perçoivent dans leur fonds, de même que les lods au sixième denier, en cas de vente , mutation ou changement de possesseur. Il perçoit encore sur chaque habitant annuellement un civayer de lentilles et trois sols argent.
7. Le genre de bétail que tiennent les habitants de Glausonne ne consiste qu'en quelques bourriques ou ânes, quelque peu d'avérage en moutons ou brebis, ce qui n'est cependant pas pour eux d'un très grand produit, ce même avérage se trouvant souvent ravagé par les loups; ne tenant encore qu'une paire de bœufs de deux en deux habitants, lesquels sont souvent obligés de vendre après les semailles et très souvent à perte, par la raison qu'ils n'ont pas de quoi les nourrir pendant l'hiver.
8. Il y a dans le lieu de Glausonne une chapelle servant pour les offices divins. Le curé de Saint-Âuban fait le service, sous une rétribution que lui paye l'abbé, et il administre en même temps les sacrements. Mais il arrive très souvent que les habitants sont privés des secours spirituels et même des offices divins, par la raison que, dans la rigueur de l'hiver, le curé de Saint-Auban ne peut pas s'y rendre, soit pour administrer les sacrements aux malades, soit pour y dire la messe, et il parait très juste et raisonnable que le Gouvernement prit cet objet en considération, à l'effet de procurer h ces malheureux habitants un prêtre résidant, avec la circonstance remarquable qu'ils payent à l'abbé pourvu de cet abbaye une somme qui se porte aux environs àe lioo livres, à laquelle joignant 8oo livres de revenus que tire encore l'abbaye d'un domaine qu'il a au susdit endroit, forme : i^ un revenu pour lui de la somme de i,âoo livres, sur laquelle il serait très facile de prélever le nécessaire pour un prêtre résidant et ce qui parait même être de toute justice , d'autant mieux que le seigneur abbé
(I) G.-P.dela Villeite, né le 5 février a juillet 1750, vicaire générai de Gap 1739, abbé commendatnirc le 19 mai le 99 juillet 176/1, retiré le i5 octobre 1765, prieur de Montbrand dès le 1799 à Veynes, où il est mort en 1809.
CLAUSONNE. 145
est très exact à retirer ses revenus et se met peu en peine de faire les réparations nécessaires à la chapelle du lieu, laquelle serait dans le cas de l'interdiction , si monseigneur l'évoque de Gap lavait quelquefois visitée , et avec la circonstance remarquable encore que tous les précédents seigneurs abbés de Clausonne avaient entretenu la susdite chapelle dans un état honnête et décent.
9. Il n'y a aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert dans le village et, lorsque les bestiaux des habitants sont attaqués de quelque maladie, ils ont recours aux maréchaux établis à Veynes ou à Serres.
10. Ce village se régit par lui-même. Il n'y a aucun consul et il n'est pas de la connaissance des soussignés qu'il n'y en ait jamais eu. Us n'ont non plus aucun péréquaire ni cadastre. On leur envoie cependant du bureau de l'élection de Gap un lançon et une ordonnance de capitation, qui peut arriver, une année dans l'autre, à la somme de 54 livres; ensuite les habitants, du moment de la réception du lançon et de l'ordonnance de capitation, font une cueillette dans le village et chacun paye à proportion du bien qui tient; ensuite un des principaux habitants porte le montant de cette cueillette à la ville de Gap, la remet entre les mains du receveur particulier des impositions qui lui expédie une quittance ^^K
1 1 . Tous les précédents seigneurs, abbés du lieu de Clausonne, avaient, de temps inunémorial, payé aux pauvres du lieu la vingtquatrième des grains qu'ils prenaient sur les habitants dudit lieu, et particulièrement M. l'abbé de l'Isle, précédemment seigneur abbé ^'^^ au seigneur abbé d'aujourd'hui , payait annuellement aux pauvres deux charges de blé seigle; quelquefois il faisait bien plus, car, au lieu et place desdites deux charges de blé seigle , et en suite du consentement des habitants, il leur fournissait pour payer un maître d'école pendant six mois, et, depuis cette époque, les habitants n'ont pu tenir un maître d'école pour l'éducation de leurs enfants, et, depuis cette même époque, le seigneur abbé d'aujourd'hui n'a rien payé aux habitants , ni pour la vingt-quatrième , ni pour le
^^) Les charges locales de 1789 et ceveur des contributions, 37. (C 107,
1790 ne sont pas connues. Celles de Ta 3.)
1791 sont de 99 livres ( Ordonnance du ^^^ Étieijne de Tlsle, vicaire général 98 noY. 1791) : entretien de TéglLse, de Gap, abbé commondataii c de Clau- 19 1.; loyer de la maison commune, 6; sonne au moins dès le ]3 mai 17^7, gages du secrétaire, aâ; id. du mailre mort en mai 1766. {Inv. den Aixh. de* aécole, 9/1; bois et lumières, 6 ; au re- Uauteê-Alpes , série G , t. VI , p. l\ix.)
éLBCTIOR DE GAP. 10
IHrtlHLUB BAtfUlALL.
mattre d'écoie, malgré les interpeiiations et réquisitions verbales que les habitants lui en ont faites et fait faire , de sorte que , dans ces circonstances, les habitants supplient nos seigneurs des États de prendre cet objet en considération et de leur faire rendre la justice qui leur est due.
12. On avait omis d'observer ci-devant que dans le territoire de Clausonne, il y avait des bois de sapin et de fayard, lesquels le seigneur abbé prétend lui appartenir et que les habitants n'en peuvent prendre que pour leur usage et en obtenant de lui la permission. Ces bois, pendant le vivant du seigneur abbé de Tlsle, étaient bien conservés et étaient de toute beauté, mais, depuis que ces mêmes bois ont été possédés par le seigneur abbé d aujourd'hui , ont été totalement dégradés par son propre fait, lequel en fait des ventes continuelles, toutes les fois quil en trouve Toccasion, et les malheureux habitants voient avec regret que, dans peu de temps et en cas d'incendie, il seraient fort en peine de savoir où prendre du bois pour se bâtir, ce qui parait très dur pour euï , attendu qu'ils sont en droit de temps immémorial de bûcherer dans la susdite forêt.
Telles sont, Nosseigneurs, les observations que nous avons cra devoir vous faire, d'après les rapports qui nous ont été faits de la vigilance et du zèle avec lequel vous vous portiez à prêter une main secourable aux malheureux. Lesquelles observations, nous certifions sincères et véritables , et nous sommes soussignés lesdits Jean Gautier et Jean Givodan, non ledit Jean Pelous qui a déclaré ne le savoir faire de ce cnquis et requis.
Signé : J. Gautier, J. Givodan.
Arrondissement de Gap, canton de Saint-Éticnne-ea-Dévoluy, commune; 1,353 mètres d altitude; à 33 kilomètres de Gap; saperfîde en hectares, 4,oi6; habitants, a6A
État fait et dressé par nous consuls et secrétatre^reffer de la communauté de la Cluse - en- Dévoluy^ en suite d'une lettre à nous adressée par MM. les Procureurs généraux^ syndics aux Etats de Daupkiné, en date du ai 8 février dernier, signée par
LA, aUSE-EN-DÉVOLUY. 147
M. Falquet-Travail y le tout pour servir et valoir à ce que de raison. Le tout ainsi que ei-après.
1. La communauté de la Gluse-en-Dëvoluy est composée du village qui porte ce nom; de cinq hameaux, qui sont : RahiotLX, les Garons', Manibouœ/ le Petit-Recours et Vorant; non compris le Playne. le Poumaret, la Sallète et Jamwis, qui sont quatre forains. L'étendue du terroir est environ de demi-lieue de long sur autant de largeur.