Il n'y a aucune fondation
3/i. Le cadastre et le coursier sont en mauvais état; à pein(3 peuvent-ils servir pour faire les répartitions des tailles; il est si ancien, qu'il date de l'année 1667 ^^^ La conmiunauté aurait voulu faire procéder à un nouveau, pour arranger l'allivrement des terres qui ont été emportées, ravinées et engravées par les torrents, mais la pauvreté des habitants n'a pas permis de pouvoir le faire. Les papiers et titres de la communauté sont enfermés dans les archives sous (rois clefs, dont deux sont à la garde des consuls et la troisième au secrétaire-greffier ^'^
Ainsi, par nous châtelain, consuls, officiers et notables de ladite communauté, procédé audit lieu le 90 avril 1789 et avons signé :
Signé : Guibbrt, châtelain, J. Amât, consul, L. Isnard, consul, J. Amât, J. Lâtârd, Eyme, J. Amât, Mâssie, Trupoème, J. Imbart, Gargin, secrétaire-greffier.
LETTRET.
Arrondissemeot de Gap, canton de Tallard, commune; 600 mètres d altitude; h id kilomètres de Gap; superficie en hectares, 619; habitants, 81.
Messieurs, en réponse à l'honneur de votre lettre en date du a 8 février dernier, nous vous dirons que l'étendue du terroir est d'une lieue de rondeur, borné au levant par le ruisseau la Luye, au midi par la Durance, au nord par le terroir de Châteauvieux et de Gap; il n'y en a que la moitié de cultivable. Le village est situé à l'extrémité du terroir, du côté de Tallard, au pied d'un rocher fort élevé et escarpé et resserré par la Durance et le ruisseau de
(0 Joseph- Jean Pascal , de Barcelon- praiicien de Ghàteàiineuf-dc-Chabre;
ncUe (Basses- Alpes), nommé en 1785, petit in-folio de ia/i feuillets, maire de Lazer en 1793-1799, curé de ^'^ Sur Pétat des archives de Lazer
Laragne le 27 avril i8o3. en 1889, voir A'océi-ver^fliir </u Gwwei/
"^ Fait par Jacques Julien, arpenteur général des Ilauteë^Alpet , août 1890,
à Thoard en Provence, et Jacques Abel, p. 171.
288 ELECTION DEfGAP.
Châieauvieux , qui rendommagent, faute de digues, étant compose de a 5 maisons ^ dont i o des habitants et 1 5 des forains do Gap ou du Champsaur. Il y a â hameaux^ l'un appelé les Geneêlien, composé de 5 habitants et l'autre îe$ Marinons^ composé de a habitants, avec 1 habitant au milieu du terroir, en tout i8 habitants, formant une population de loo personnes en tout.
3- A. Il n'y a dans ledit lieu ni médecin ni chirurgien; à Tailard, qui n'est distant que de aoo toises, il y a médecin et chirurgien ; d n'y a non plus aucune accoucheuse.
5. La communauté n'a pas été attaquée de maladie épidémique depuis très longtemps; on ne connaît point l'inoculation.
6. Les murailles des bâtiments sont en chaux et sable et les toits en tuiles et ardoises, à la réserve de 6 maisons couvertes en chaume ; il n'y a ni carrière d'ardoise ni fabrique de tuiles ; il y en a une à Jarjayes , en tuiles , distante d'une demi-lieue , dont le prix est de 6 livres le cent.
8. Le principal produit du terroir est en vin et blé froment et, année^ commune, le revenu est de 3,000 charges de vin et 100 charges de blé, dont les trois quarts appartiennent aux forains; on n'y connatt pas les grains transaux.
Pour les arbres fruitiers ils sont en petit nombre, consistant en poiriers, pommiers et noyers, dont on ne fait aucun commerce.
12. Les foires et marchés sont à Gap et à Tidlard, d'où Ton tire le nécessaire.
Il nV a aucun bois de haute futaie et le petit bois taillis n est pas suffisant pour le chauffage.
13. Les communes ne sont que des marres et rochers d'aucun produit; il y a beaucoup de torrents impétueux qui partent des extrémités du terroir et de Châteauvieux , qui occasionnent des dégâts lors des grandes pluies.
La Durance qui fait de grands ravages aux propriétés pourrait ôtre renfermée à l'aide d'une digue et par là on gagnerait beaucoup de terrain et de bonne qualité; elle n'est d'aucune autre utilité que pour des moulins qui appartiennent à M. Laffré et arroser quelques petits coins de jardin.
15. Il y a dans le lieu 9 à 1 0 petits mulets et /( à 5 bourriques, dont la nourriture est tirée de'l'étranger; il peut y avoir 5o brebis de l'espèce commune, qu'on nourrit de l'émondage des vignes en hiver et qu'on ne peut faire pâturer en été dans le lieu.
LETTRET.
16-18. Il n'y a aucun artiste vétérinaire, ni aucun maréchal ferrant; les habitants ne font aucun commerce; la forme de l'administration est l'ancienne.
19.- Il n'y a aucun revenu; la communauté doit à deux bourgeois 4e Gap 1 o livres d'intérêt.
20. Les charges locales arrivent, année commune, à la somme de 187 1. 10 s.^^^.
21. Le dernier compte du collecteur a été rendu au mois de février dernier et il ne reste que celui de 1788 dont le rôle est encore en exécution.
22. Les pauvres ont une pension de k livres et le produit de la 2 4' qui est de trois charges de vin et une émine de nié froment, année commune.
23. Il n'y a aucune fondation pour les hôpitaux ni pour l'éducation des enfants.
2Â. Le cadastre est en assez bon état, de la date de i636 ^^), le coursier est en très mauvais état ^^\
La communauté a un procès avec celle de Châteauvieux , pendant en la Cour, au sujet des réparation et entretien du chemin de Lettret à Tallard, qui est dans son terroir, et du remboursement de 1« dépense faite pour la démarcation des deux territoires.
Voilà, Messieurs, tous les renseignements que nous pouvons vous donner de la communauté de Lettret.
f'> Total eiact pour 1788 et 1789, et dont voici le détail : cierge pascal, 6 livres ; entretien de Téglise , 1 5; entretien de ia maison commune , 9 & ; gages du garde champêtre ,94; gagea du sonneur, al. 10; au député aux assbes de la mailrlse, 6; port de lettres, 6; réparations aux chemins, âo; frais de la levée des milices, 19 (Ordonnances des 1 9 octolire 1 787 et 95 novembre 1 788). — £n 1 790 , le total est de 3 1 1 livras, parmi lesquelles : gages du mai Ire d^école, h^ livres; ponts et passerelles, 60 ; poursuite du procès contre la communauté de Châteauvieux, 100. (Ordonnance du 17 mars 1790.) Enfin, en 1791, le total des charges locales est de 567 i. i5 s. 11 se décompose ainsi :
ciarge pascal, 6 livres) entretien de Téglise et de la maison curiale, 36; id.
de la maison commune, 19; id. des fontaines publiques, 18; gages du secrétaire-greffier, 5o ; gages du maître d'école, 79; id. du garde champêtre, 9&; gages du valet de TÎlle , 6 ; gages du sonneur, k\, 10; ports de lettres et paquets, 96; papier, bois et lumière, 6; traitement du receveur des contributions foncière et mobiUère, 100; remplacement des tuyaux de la fontaine, a5) «reliquat du compte dû au sieur Astler, colioctcur de Tannée 1789, 166 I. 5». Total égal, 667 1. i5 (Ordonnance du k nov. 1791* G 107, f 60).
^*^ Petit in-fofio de 96 feuillets.
^^^) Sur la situation des archives de Lettret en 1880, voir Pr^eèê^wrhaux du ConêeilgMnU de» Hautêê'Àlpm , aoât 1890, p. 171^179^
Nous avons l'honneur d'être, Messieurs, vos très humbles et obéissants serviteurs.
Lettret, i3 avril 1789.
Signé : Ricard, consul, J. Bon home, secrétaire.
Arrondissement et canton de Gap, commune: i,o&o mèlres d'altitude; à i& kilomètres de Gap; superficie en hectares, s^Sdi ; habitants, A 10.
Réponses fournies par les consuls et notables de la communauté de Manteyer à la lettre et mémoire ci joint, à eux adressé par MM. les Procureurs généraux, syndics des Etais du Dauphiné, en date du q8 février lySg.
1. L'étendue du territoire de la communauté de Manteyer, par aperçu, contient trois quarts de lieue en longueur, tirant du levant i)u couchant, et demi-lieue de largeur depuis le midi jusqu'au nord , dont les nobles et ecclésiastiques en possèdent le tiers et du meilleur. Il y a trois petits hameaux dans la paroisse, qu'on nomme les Calices, les Allemands et Londesaigne, ayant 6 habitants chacun. Le reste desdits habitants sont dispersés dans le territoire.
2. La communauté a, en total, 5 00 habitants, dont chaque chef peut avoir dans son domicile, l'un dans l'autre, de A à 5 personnes, faisant environ 5 00 personnes, dont la paroisse se trouve composée.
3. Il n'y a aucun médecin ni chirurgien dans la communauté; dans le besoin on a recours au sieur Serre, chirurgien, domicilié à la Roche ^^^, à trois quarts de lieue, ou à Gap qui est éloigné de deux lieues de Manteyer.
à. On n'a point d'accoucheuses instruites sur les lieux, on a recours à des sages-femmes qui prélent leurs secours aux personnes qui en ont besoin.
. 5. Depuis longtemps nous n'avons pas eu de maladies épidé-
(^) Jean-Jo8. Serre, ué à la Roche- puté à lo Convention, sous-préfet de des-Arnauds , te i3 décembre 176s, Gap et d^mbrun. (Cf. Annale» de* mort le 5 août i83i, chirurgien, dé- Alpet, t. X, 1906-1907, p. 3iet suiv.)
miques dans le lieu et on ne pratique pas Tinoculalion de la petite vérole.
6. La manière de bÂtir et de couvrir les maisons est que la plupart des habitants font faire leurs murailles avec des pierres, faisant usage de la terre qui tient lieu de mortier. Et ceux qui sont commodes font bâtir avec mortier, fait avec chaux et sanle. Les maisons, toutes couvertes en paille, n'ayant aucune carrière d'ardoises ni de petites lauses. Il y a une fabrique à tuiles au bout du terroir de Veynes, éloigne de trois lieues de Manteyer, et une nouvellement construite à la Roche, à dislance de trois quarts de lieue, laquelle n'a pas eu bon succès jusqu'aujourd'hui. Le prix pour une toise de couvert coûterait la somme de 6 livres , et compris murailles, bois ou main-d'œuvre, une toise de couvert coûte la somme de 1 5 livres en tout.
7. La nature du sol a trois classes, dont la première est un terrain sec et pierreux; la seconde est un terrain aussi fort sec, ne produisant que du seigle et de l'avoine ou des légumes en ers ou épeautre;la troisième est propre à porterie blé, sei^e, froment, et pour y faire des prés, de sorte que, année commune, elle produit quatre pour un en général', ce qui se prouve par la dime.
8. Les genres de récoltes qui s'y perçoivent sont en blé seigle, méteil et quelque peu de froment, avoine, épeautre et légumes. Les arbres qui prospèrent le mieux, selon notre connaissance, sont les noyers, poiriers et pommiers, que les plantations ne sont pas proportionnées eu égard au terrain , attribuant la cause à ce qu'il n'y a pas de pépinières aux environs et au peu de facultés des habitants pour en faire les achats.
9. La nourriture ordinaire des habitants est le blé seigle, blé méteil, légumes et jardinage, et toutes les récoltes sont nécessaires pour la consommation des habitants ou pour payer les droits seigneuriaux, dont (auxquels) chaque habitant est soumis, à l'exception de quelque peu d'avoine et légumes qui se vendent.
10. Dans les années de.manque de récolte ou de disette, on tire les grains de la ville de Gap ou de Veynes. Le manque de récolte est très fréquent dans cette communauté, par rapport à la grande quantité de neige qui y tombe et qui fail mourir nos blés dans le mois d'avril, qui massacre les arbres et emporte leurs récoltes.
11. Les productions surabondantes consistent en huile de noix, fruits en pommes et poires et quelque peu d'avoine, qu'on porte
i^LKTlOIl DB GAP. 1 ()
Ui ÉLECTION DK GAP.
vendre au tnarehri à Gap, par le moyen des toiiures à bras. Il y a une foire établie dans la communauté, qu'on tient le 17 août.
12; It y a dans le territoire une petite forêt de bois sapin, que (dont) la prophète appartient au seigneur, et les habitants y ont droit pour leur Usage 4 conjointement avec le seigneur, qui à peine suffit pour le besoin; de même il y a des bois taillis en fayards et noisetiers et autres broussailles « que (dont) les habitants n^ont aussi que le droit d'usage conjointement avec le seigneur.
13. Leê habitants n'ont que le droit de faire paître leurs petits troupeauk d'avérage et autres bestiaui qu'ils peuvent hiverner, et le surplus du produit appartient au seigneur qui, dëni ce temps, en retire la rente des bergers de Provence » et le tout consiste h une montagne (^) dont lé sol n'est propre que pour faire pâturer les bestiaux.
là. Quatre torrents traVer&isht le territoire de la communauté, run appelé le RiMa-Ville; â* le Rif-du^MonUn i 3' le Béai^u- Château, 4Me Béai de Cbdancon» auxquels il n'y a de Feau qu'au temps deis pluies et dé la fonte des neiges $ faisant de grands ra-> vages et emportant, lors de leurs débordements, xiM grande quan-* tité de terrain et de la meilleure qualités On pourrait prévenir leurs éruptions et débordements, par le moyen de digues ou autres fortifications, pour en garantir les fonds, si on pouvait avoir un moyen à donner aux aboutissants à le faire, k quoi ne peuvent survenir eux-mêmes par le peu de faculté qu'ils ont. On a passé une adjudication pour des digues auxdlts torrents; elles sont commencées au torrent du Rif4a-Ville, à la charge de M. Pinet, seigneur de ce lieu, et qu'on doit continuer audit torrent.
15. Le gros et menu bétail consiste en bœufs, chevaux, juments 4 mulets, bourriques, avérage et cochons, dont il y a environ s 5 paires de bœufs, qui servent pour Texploilation des fonds des habitants, qUi, chaque poire, ou du moins en partie, font le labourage de plusieurs; 3 5 chevaux ou juments au même usage et autre travail, et environ 6 mulets et 35 bourriques pour les travaux nécessaires, et environ i,â6o moutons ^ brebis et agneaux, et quelques cochons; le tout de très petite espèce, be le pouvant améliorer par rapport au peu de fourrage qu'on perçoit, faute d'arrosage.