‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 146 sur 186 · SEINE · texte numérisé non relu

SEINE

Circonscription du 1er arrondissement de PARIS*

M. Pierre TàÏTTINGER {Groupe de la Fédécatioa 'républicaine de France.)

Élu pour ia lre fois Le 10 novembre 1919, — Réélu les IJ niai 1924, 22 avril 1928,

Ier mai 1932 et 3 mai 1936*

Mes chers concitoyens ,

Une fois de plus je viens solliciter vos suffrages.

Dans la période grave que nous traversons, je ne viendrai apporter aucun aliment à des querelles partisanes. Nos préoccupations sont trop hautes pour que nous puissions nous astreindre à des querelles de clocher ou à des In lies de personne*

Le \oe arrondissement, qui a toujours été à Favant-garde des idées généreuses, est considéré à Paris comme le refuge du bon sens, de la sagesse et du travail. Il restera fidèle à ses traditions.

Mon programme est net : rester dans Fa venir digne de votre confiance, comme j'ai conscience de l’avoir été dans le passé.

Vous m'avez envoyé au Parlement non pas pour être un spectateur indifférent, mais pour représenter vos tendances et vos aspirations, défendre vos intérêts, défendre l’idéal national qui est nôtre*

Pour la paix ;

Mes Interventions à la tribune de la Chambre concernant la sécurité de la France, notre politique à l'égard de F Italie, notre position dans le problème actuel, sont trop récentes pour que j’aie à les développer ici.

Je ne tire aucun orgueil d’avoir annoncé tout ce qui vient de se produire.

J’aurais préféré me tromper.*.

Un seul souci, à l’heure présente, domine pour moi tous les autres : préserver notre pays d’une nouvelle guerre.

Pour les Français, la paix n’est acceptable que dans la sécurité ét dans Fhonneur,

Une seule condition pour l’assurer ; être unis et forts.

Comment F obtenir ?

Au point de vue politique étrangère, je me suis efforcé de maintenir notre amitié traditionnelle avec la Belgique, à renforcer les liens qui nous unissent à l’Italie, à ne rien commettre d inamical à l’égard de l’Angleterre,

Politique sage qu’à l'appel de Pierre Laval nous aurions voulu voir poursuivre.

Par ailleurs, je nie suis opposé au développement d’offensives qui avaient pour but soit de défendre le bolchevisme, soiL de combattre le fascisme.

Nous avons assez de difficultés chez nous sans vouloir nous occuper des affaires des autres,

A 1 heure actuelle, la paix en Europe est conditionnée par le problème allemand; il ne s'agit pas de ruser avec lui : il faut l'aborder franchement,

La France a surmonté bien d’autres difficultés ; de ce côté-là, une solution n’est pas impossible* 1

Mais, au préalable, il laut faire tous les sacrifices nécessaires pour la sauvegardé du pays.

Vers la réconciliation des classes :

Au point de vue intérieur, la réconciliation des classes est, à l'heure actuelle, une nécessite, I. ne s agit pas seulement de pratiquer l’union sacrée pendant les heures difficiles il s agit de maintenir également ce principe nécessaire dans les heures ordinaires de la vie.'

Les uns vivent de l'exploitation du prolétariat ; les autres se confinent dans les fonclions de défenseurs des situations acquises.

Un doit rechercher ce qu il y a de raisonnable dans les revendications de ceux qui travaillent et les rendre compatibles avec le respect de droits légitimes, "

La lutte des classes est stérile : elle engendre la misère et ne profite qu’aux agitateurs.

La réconciliation des classes sérail, au contraire, un gage certain d’apaisement et de prospérité*

Respect des libertés :

Partisan du respect de toutes les croyances religieuses, fermement attaché à toutes les libertés, j entends continuer à défendre dans L’avenir, comme par le passée ia famille, le loyer, la cité, la patrie, menacés par des forces occultes.

L’esprit social :

Au point de vue social, j’ai été de ceux qui ont prouvé, non seulement par leurs déclarations, mais par leurs actes, leur ardent désir d’accomplir leur devoir.

Ce qui heurte le plus ceux qui souffrent, c’est le sentiment de l’injustice; coque demandent ceux qui, à l’heure actuelle, n’ont pas de travail, ce n’est pas l'aumône; c’est de

pouvoir, au contraire, librement poursuivre leurs efforts et contribuer à assurer l’existence de leur foyer.

Chômage et travail ;

Hans un pays où ton t est encore à faire, on ne peut admettre qu’il y ait, â l’heure préson Le ? des chômeurs*

Prenons un exemple entre cent :

Certaines de nos routes datent du Consulat et de l’Èmplré, d’autres évoquent les pavés du roi ! L

Survivances du passé, dangereuses pour les autos se déplaçant à- une vitesse de vingt ois supérieure h celle des diligences.,. Alors- qu'en Italie, en Allemagne, des autostrades jadlissent du sol et qu'un effort cydopéen est accompli, on se borner,, en France, à une politique mesquine dont les effets sur notre économie nationale ont été désastreux.

Vers la réforme de LEtat :

Manque de méthode, manque de discipline, manque d'autorité. La démocratie doit cire une démocratie autoritaire, ou elle est destinée à disparaître’ dans l'indifférence et le gâchis.

Aussi inscrirai-je, en tête de mon programme, une réforme profonde de l’Etat, dans le sens; de la justice, de l’autorité, du respect des droits de chacun et du souci du Lien-Être national dans le progrès.

Economies et dépenses nécessaires :

Au point de vue financier, nous avons pratiqué des économies sévères parfois injustes,

La situation commandait des réformes urgentes. Mais le problème ne devait pas être abordé ainsi qu'on Ta fait*

il ne s'agit pas de frapper uniformément l'ensemble des fonctionnaires, en réduisant parfois ce qui est strictement nécessaire pour vivre; il faut adapter aux nécessités de la vie présente une administration respectable à bien des points de vue, mais désuète à beaucoup d’autres,

li y a des fonctions h supprimer, une réorganisation à effectuer; seul un Gouvernement fort, dans le cadre de nos institutions, pourra arriver à réaliser l’œuvre de réfection générale qui s’impose.

Des économies massives, certains points de vue, doivent être effectuées, mais, à d’autres points de vue, des dépenses productrices doivent elre envisagées sans délai.

Il y a des travaux qui payent \ certains même sont faciles à gager. On doit se tourner hardiment vers des conceptions nouvelles, afin de redonner à notre économie nationale l'impulsion qui convient.

Lorsque des grands travaux sont entrepris, ce ne sont pas simplement ceux qui y collaborent qui en profitent, mais c'est toute l'économie nationale.

Un coup de fouet doit être donné aux affaires ; une politique de grands travaux en permettra la réalisation.

Un facteur de relèvement économique :

Au point de vue économique, nous devons lutter contre l'atmosphère de défaitisme qui règne présentement.

Un n'entreprend pas dans la lièvre, aucune initiative ne se poursuit lorsqu un danger menace, l’instabilité générale dont nous souffrons contribue à augmenter le marasme des affaires.

Que le calme soit dans les esprits* que la tranquillité règne dans les intelligences, et le calme sera dans la rue, et le renouveau sera dans nos transactions,

Tout se tient ; si notre pays a la sensation d'être dirigé par des mains fermes, s'il se sent étayé et soutenu, il ira de lavant.

Si, au contraire, il craint la révolution, l’abolition de la propriété, l'anéantissement de la forme d'activité commerciale et industrielle, et leur remplacement par les méthodes socialisantes ou bolchevisanles, le pays prendra peur, et ce sera peu à peu la paralysie qui gagnera tout noire organisme.

Pas de suicide du franc :

Nous voulons réagir contre celte torpeur ; nous voulons lutter contre le défaitisme financier et économique.

Partisans de la stabilité de notre franc, défenseurs de la liberté des transactions, nous sommes de ceux qui voulons ranimer en France la circulation des richesses sans lesquelles un grand pays comme le nôtre est menacé d'asphyxie.

L’argent qui se cache, c'est l’arrêt total de l'activité du pays.

Commerçants, artisans, industriels, professions libérales, si durement éprouvés par la crise, votre relèvement ne réside pas dans l’avènement du bolchevisme ; seuls l'ordre, la paix et la tranquillité peuvent faire revivre la prospérité passée.

Partisan d'une politique populaire, je suis de ceux qui déclarent qu’on ne peuL pas se désintéresser du sort du plus grand nombre.

Ennemi de la démagogie, je n'ai jamais cherché à flatter les passions, à4 exciter les appétits, à exploiter les rancunes ou les haines.

Je m’efforcerai, dans les jours qui suivront, de concilier plutôt que d'opposer, de réunir plûtôt que de diviser, de mettre au coude à coude plutôt que placer face à face dans une lutte fratricide.

Il ne peut d’abord y avoir de luttes qu’entre les adversaires de la patrie et ses partisans, maïs parmi ses derniers on doit rechercher tous les points de contact et leur donner un but commun.

Pour une œuvre féconde :

La bataille électorale va se dérouler à travers toute la France ; je ne suis ni un franctireur, ni un isolé*

Je suis au coude à coude avec une équipe d'hommes qui sont hardiment résolus à faire triompher leur point de vue, aussi bien en ce qui concerne la politique pure qu’en ce qui a trait à nos revendications économiques et sociales.

L’homme seul envoyé dans une Assemblée est un homme inutile; son rôle est voué à un échec certain; ceux bien rares qui ont été élus avec cetLe étiquette ont été voués à un échec complet; au bout de quelques jours, ils sombrent sous l’indifférence totale*

L’heure est aux groupements, l’heure est aux forces organisées.

Faisant alliance parmi les républicains nationaux, aussi bien avec ceux qui sont à notre droite qu’avec ceux qui sont placés à notre gauche; nous entendons réaliser un front national et social nettement populaire, contre lequel les entreprises de nos adversaires viendront se briser, impuissantes*

Une tradition à maintenir. — Un exemple à donner :

Tout parle, aux Halles, au Palais-Royal, à Vendôme ou à Saint- Geimamd’Âuxérrois, de notre passé*

Témoin des déchirements d’an tan, ayant vu, sur la place de la Concorde, couler au moment de la Révolution le sang versé dans les luttes fratricides, ayant vécu les heures les plus ardentes de noire histoire, le centre de Paris, qui en est en même temps le cœur, donnera un bel exemple d’équilibre au reste de la France.

Vous m’avez toujours été fidèles*

Je vous serai toujours profondément dévoué*

Pour la défense de tout ce qui nous est cher, une fois de plus : en avant I

Pu-RjiE TAÏTTINGER

Officier de la Légion d'honneur* — Croix de guerre. Député sortant*

Président du parti national populaire.

Président de la Commission de F Algérie, des colonies et pays de protectorat Rapporteur de la Commission de l’armée.

Directeur de IM mi du Peuple.

Circonscription du 2S arrondissement de PARIS.

M. P aui,. OEYNAUr»

(Groupe de rAtlîarice des républicains de gauche et des radicaux indépendants.)

Élu pour la lre fois le 10 novembre 1919* — Reélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932

et 3 mai 1936,

Mon programme*

a J’ai foi dans mon pays. »

C'est par celte phrase que débutait l’appel que je vous ai adressé, il y a huit ans, lorsque* pour la première fois, je me suis présenté à vos suffrages.

J'ai toujours for en mon pays, mais je crois qu'un vigoureux redressement de notre politique s’impose si nous voulons :

1° Vaincre la crise, et, ainsi, éviter la révolution sociale;

2° Eviter la guerre.

Vaincre la crise :

11 faut rendre du travail à l'ouvrier, à remployé, à F artisan. Il faut rendre du travail à P industriel et au commerçant pour leur permettre d'échapper à la faillite.

Commerçants et artisans :

Je me suis associé, par mon effort* aux mesures législatives en faveur des commerçants et des artisans, rendues nécessaires par la crise.

Je continuerai à le faire dans la prochaine législature. Je Fai dit dans les réunions que j’ai données spécialement pour les commerçants et les artisans.

Mais tout le monde constate que ces mesures n empêchent pas nos commerçants, nos industriels et nos artisans de glisser vers la ruine, nos ouvriers et nos employés vers le chômage.

Ceux qui viennent leur raconter que la crise diminue, insultent à leur misère. Les statistiques de notre commerce extérieur, publiées dimanche dernier, par exemple, prouvent que nos exportations ont encore baissé de 10 0/9 pendant le premier trimestre de 1936, par rapport au premier trimestre de 1935, qui avait pourtant battu tous les records de baisse.

Qu1 al tendra-t-on pouj* comprendre que la France s’asphyxie ?

Les finances publiques :

La ruine des contribuables entraîne la ruine de FElat.

Si nous rf arrivons pas à vaincre îa crise, les finances publie] nés succomberont parce que, malgré les économies faites et à faire (aucun député ne les a réclamées avec plus de force que moi), les recettes ne permettent plus de faire face aux dépenses. Aussi F Etat continue 5 émettre dès emprunts. Il a même commencé, hélas I à faire imprimer des billets de banque pour faire face a ses besoins. C'est la hideuse inflation qui amènera, si on persévère dans cette politique, la ruine de tous les salariés, fonctionnaires, employés, et des épargnants ayant clés titres à revenu fixe.

Les épargnants :

Os sont victimes du mauvais état des finances publiques.

Les résultats, à ce jour, sont les suivants :

1° Amputation de 10 0/0 du coupon de rente, par une véritable faillite de l’Etat. Et certains proposent des conversions forcées qui seraienL des faillites supplémentaires I

2° Perte du quart de son capital par la baisse de ses titres de rente ;

3° Hausse du coût de la vie due à 1 inflation (depuis le mois de juillet dernier, les prix de détail ont plus monté en France qu'en Belgique).

La politique faite depuis cinq ans a fait perdre aux porteurs d’actions de chemin de fer 4S 0/0 de leur capital.

Si on persévère dans la politique actuelle et dans la voie désastreuse de l'inflation dans laquelle on s’est engagé, c'est 3a ruine certaine des épargnants.

La veulent- ils? N auront-ils pas un sursaut d'énergie? Ne comprendront-ils pas qu’il faut vaincre la crise pour les sauver, comme pour sauver les commerçants, les industriels et bs artisans ?

N’ont-ils pas lu les chiffres que j’ai publiés qui démontrent que les épargnants des cinquante pays revenus à la prospérité sont sauvés ?

Par quel moyen?

Comment faire de nouveau entrer de l’air frais dans les poumons de la France qui s’asphyxie lentement?

Cinquante pays ont soulier L comme elle. Ces cinquante pays sont en train de revenir à la prospérité. Ils ont tous employé le même moyen.

« L'expérience passe la science », dit un vieux proverbe. J’ai dit : pourquoi ne pas profiter de l’expérience des autres? Un remède qui réussit à tous les pays comme le vaccin réussit à tous les enfants, doit-il être repoussé sans examen? Est-ce que, l’autre jour, lorsque M. Van Zeeland est descendu de la tribune, après avoir exposé les résultats de son <t expérience », il n’a pas été acclamé par toute la Chambre belge debout, de l’extrême gauche à l’extrême droite ?

Aussi ai-je le droit de répéter ma question : que quelqu’un se lève et propose un remède,, mais nous n’avons pas le droit de laisser mourir ce pays !

Eviter la guerre :

Pour cela, deux conditions à remplir :

1° Etre forts. On sait quelles sont les idées que j’ai soutenues à la Chambre pour la réforme cîe notre armée ;

2Ü Conserver les concours extérieurs qui nous sont nécessaires en raison de ce fait que, pour trois jeunes Français de 20 à 30 ans, îi y a sept jeunes Allemands du même âge.

Il faut sortir du chaos dans lequel une mauvaise politique nous a plongés et qui a eu pour effet de permettre à l’Allemagne d’occuper militairement la Rhénanie, à ) Autriche de réarmer et à la Turquie de parler de fortifier les Dardanelles,

Là aussi, il faut un vigoureux redressement politique. Il faut obtenir en Ethiopie une paix qui ne soi L pas une nouvelle source de conflits entre les anciens alliés, et il faut travailler à reformer le front de Stresa.

Un Gouvernement fort ;

Le Gouvernement de la France doit être fort.

11 est humiliant et dangereux qu’il ne le soit pas.

J’apporte, en cette matière, autre chose que des promesses.

Membre de la Commission de la réforme de l'Etat, j'ai fait voter par elle la révision de la Constitution , le droit de dissolution de la Chambre par le Gouvernement, la suppression de l'initiative des dépenses par les députés et, enfin, le vote familial et le vote des femmes insérés dans la Constitution.

Ces actes valent mieux que des promesses.

La race :

C’est le pins important de tous les problèmes. J’ai indiqué dans « Jeunesse, quelle France veux tu ? » les solutions qu’il comporte*

Tels sont les problèmes que la prochaine législature devra résoudre. Si elle échoue, elle sera la Chambre de la guerre et de la révolution sociale.

Pour sauver la France, je reste fidèle à l’idéal que j'ai toujours défendu : unir les Français !

Paul REYNAUD

Clicv&Uer de la Légion d'honoeur.

Croix de guerre*

Avocat à la Cour de Paris*

Député du 2e arrondissement*

Au ci en Ministre des Finances,

Ancien Ministre des Colonies.

Ancien Carde des Sceaux, Ministre de la Justice. Vice-Président du Conseil*

Circonscription du 3" arrondissement de PARIS.

M. André MERCIER

(G ro u pc c > en i n u n îste* )

Elu pour la Pe fois le 3 mai 1936

(Voir le programme du parti communiste français, p* 16*)

Notre 3e arrondissement a un beau passe toujours vivant dans les cœurs et dans la pierre.

lians ses monuments et ses glorieuses vieilles maisons, dans sa courageuse population formée d'artisans, de petits commerçants, d'employés, d’ouvriers, vivent toujours les nobles traditions populaires de luttes pour la liberté, qui animèrent sa population de jadis, celle qui écriviL ï histoire de notre pays avec son sang.

Dans ce cadre hanté par le souvenir de nos grands ancêtres qui luttèrent au moyen âge, pendant la grande révolution, en 1848, pendant la Commune, nous sommes heureux, nous, les communistes, dont le parti, héritier des Jacobins, porte la pure Gamme du progrès humain et social, la flamme révolutionnaire, de présenter aux suffrages de la population de notre arrondissement, un candidat digue d'elle et de son passé.

Notre camarade. le citoyen André Mercier est né à Paris et est âgé de 35 ans.

Dès le début de la guerre, ïl est en contact avec toutes ses horreurs puisqü’avec sa famille, il habile le Nord. Deux de ses frères sont au front. Les heures tragiques vécues alors lui tracèrent son devoir d homme, contre ta guerre*

En 1915, à Fâge 14 ans, il débute dans l’industrie hôtelière comme commis do restaurant

Depuis, il a toujours travaillé dans celle industrie où il est actuellement employé limonadier restaurateur.

Quoique jeune encore, il a déjà de beaux états de service de militant, toujours sur la brèche pour la défense des travailleurs.

il est syndiqué unitaire depuis 1928. Sa belle activité dans son syndicat le fait vite apprécier de ses camarades* Son honnêteté et la confiance dont il est entouré le font désigner en 193 1 comme trésorier* Il garde cette fonction jusqu’en 1933; moment où il est élu secrétaire de son syndicat. C’était la plus grande marque de confiance et d’estîme que pouvaient lui décerner ses compagnons de travail et de lutte.

11 devait garder cetle nouvelle fonction jusqu'au moment de la réalisation de l'unité syndicale pour laquelle il travailla avec ardeur, c’est-à-dire janvier 1936,

En travailleur courageux et digne de noire peuple si vaillant, c’est en 1929, au moment où la répression s’abat sur notre parti et le prive de ses meilleurs guides, que, répondant aux coups portes par les '200 familles qui oppriment notre pays, il vient renforcer ses rangs en y apportant sa jeune combativité, son ardeur et sa foi.

Dans notre parti, André Mercier est aussi apprécié bien vite à sa valeur, puisqu'il y occupa des fonctions responsables et est membre du comité de rayon du 3e arrondissement.

Tel est le candidat que nous présentons aux suffrages de la population de notre arrondissement* Sa vie de militant faite toute de dévouement et de sacrifices est la plus belle garantie qui puisse être* Aussi loin que Ton remonte dans sa famille, on y retrouve les plus belles vertus qui incarnent les vieilles familles de travailleurs français : travail, honnêteté.

En effet, sa mère était cuisinière, son père. ancien cocher de fiacre; ainsi élevé dans ce milieu modeste, il a appris à connaître la vie des travailleurs, leurs besoins, et à ne jamais les oublier.

Son grand-père maternel était artisan sabotier, sou grand-père paternel compagnon maçon ; comme il était de tradition, tous deux avaienL fait leur tour de France.

André Mercier est déjà connu d’une grande partie de notre population , puisque Tannée dernière, notre parti Tavait présenté aux élections municipales dans le quartier des Enfants- Rouges.

Sa campagne courageuse, nette, loyale, ouvrit bien les yeux et força le respect et l’admiration même de nos adversaires les plus haineux. Elle donna à notre parti, sur son nom, un chiffre de voix imposant, le plaçant à six voix derrière le candidat de gauche le plus favorisé.

Au deuxième tour, fidèle à notre tactique, notre candidat se désistait, malgré un écart de 6 voix et menait une campagne aussi vigoureuse qu’au premier tour pour battre la réaction*

Puissions- nous, au cours de cette campagne, rencontrer autant de loyauté qu’il y en a chez nous, qui n’avons qu’un intérêt : défendre notre population laborieuse qui veut vivre par son travail dans la paix intérieure et extérieure.

En André Mercier, tonies les couches de travailleurs auront un représentant cspablede défendre leurs intérêts en toutes circonstances.

Appuyé par Faction de toute notre population, il saura lutter avec acharnement pour le programme sur lequel il sera élu.

Son passé garantit qu’il connaît bien toutes les revendications des travailleurs. .

En particulier, par sa profession, Ü connaît bien la pénible situation des pet iis commerçants et nul mieux que lui ne connaît les justes solutions qu’il faut apporter à leurs maux.

Le 3e arrondissement, couvert par l’auréole immortelle de l’ombre de Robespierre,

P incorruptible, et des clubs jacobine qui y éliront domicile, doit avoir un représentant digne de son histoire. Il l'aura en André Mercier, travailleur honnête, modesLe, expérimenté.

Petits-fils des sans-culottes, votes pour les héritiers des Jacobins qui veulent, par l'unité du peuple, une France libre, forte et heureuse.

Sur le nom d'André Mercier, votez communiste !

Page 1