‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 146 sur 244 · J USTICE POUR LES ENFANTS I · texte numérisé non relu

J USTICE POUR LES ENFANTS I

Justice pour ceux qui ne peuvent se défendre eux-mêmes.

Quel est le rôle des parents ?

— Faire de leurs enfants des hommes et des citoyens ;

— Epanouir leurs âmes à la chaleur du foyer.

Quel est le rôle de l'Etat ?

— Aider les parents dans leur tâche, dans la même mesure.

Beaucoup sont aujourd'hui pour la liberté d'enseignement, mais ne lui donnent pas les moyens de s’exercer. Ce sont des hypocrites. L'enseignement doit être gratuit pour tous, quel que soit l'établissement choisi.

Mais dans les nouveaux défenseurs de cette liberté essentielle, pourquoi certains ont-ils refusé de l'inscrire dans la Constitution ? (Abstention des 13 commissaires M.R.P. dans le vote sur l'amendement du P.R.L. « L’enseignement est libre », le 1er février 1946).

Pourquoi les autres ont-ils précisément souscrit aux désirs des ennemis de cette liberté en signant une ordonnance dont ces derniers pensaient faire un arrêt de mort? (Ordonnance du 17 avril 1945, signée du général de Gaulle et de René Capitant), et supprimant les subventions à l'enseignement libre («/. O. du 18 avril 1945).

Nous saluons les convertis, sommes heureux de leur renfort et souhaitons leur conversion sincère.

Justice pour les travailleurs !

« R est une loi de justice plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l’ouvrier sobre et honnête ; que si, contraint par la nécessité, ou poussé par la crainte, il accepte des conditions dures, que d’ailleurs il ne lui est pas loisible de refuser, parce quelles lui sont imposées par le patron ou par qui fait l'offre du travail, c'est là subir une violence contre laquelle la justice proteste. »

Nous faisons nôtre cet appel à la justice, exprimé dans l'encyclique Rernrn Novarum. Nous sommes certes des partisans de l’ordre, mais il n y a pas d ordre dans 1 injustice et la misère.

Il ne suffit pas de vouloir cette justice, ni d'en créer le climat, il faut aussi en établir la technique.

L’erreur d’un parti, pourtant animé d'intentions semblables aux nôtres, le M.R.P. a été de se tromper sur la technique de réalisation : il a voté les nationalisations. 11 a mis, par là, le sort des travailleurs de ces entreprises entre les mains d’un patron sans âme ni cervelle, l’Etat, le plus mauvais des patrons.

Le déficit des entreprises nationalisées a coûté plus d'argent que n’en a nécessité la reconstruction. Le logement n'est-il pas cependant, à notre époque, un des points cruciaux du problème social ?

Les nationalisations, les producteurs transformés en bureaucrates, ont ruine une catégorie do citoyens pour lesquels nous réclamons aussi justice : les épargnants.

Justice pour les épargnants 1

André Siegfried énonçait plaisamment cet aphorisme : a Le cœur des Français est à gauche, mais sa bourse est à droite », En effet, chaque fois que le cœur léger de nos concitoyens conduit nos gouvernants aux folies et le pays à h abîme, la nation se tourne anxieusement vers les a modérés », ceux qui ont, comme leur nom l'indique, le sens de la mesure, c'est-à-dire de l'équilibre, du possible et du réel.

Comme nos illustres devanciers, comme Poincaré, nous voulons rétablir Tordre dans les finances, l'honnêteté dans les bilans, la clarté dans les écritures. Nous voulons des économies dans le train de maison*

Nos représentants au Parlement ont été les seuls à défendre, en .toute circonstance, l'épargne et les épargnants. Leurs votes dans te passé répondent de leur attitude pour l'avenir*

Nous ne voulons pas d'un Etat soumis aux influences contraires et aux ordres des oligarchies, qu'elles s'appellent partis ou syndicats. Nous voulons des organismes libres dans un Etat souverain.

La réforme de TElat est donc nécessaire à la défense même de Fépargne : nous voulons restaurer la liberté des citoyens, de leurs activités et de leurs entreprises, sous l'autorité d'un état qui commande et qui ne dévore plus.

Plus dJEtat partisan l Un état chargé de rendre une justice impartiale et sereine*

Justice a toutes les victimes !

Les temps de colère ont passé. Voici les jours de la justice. Trop d’innocents trouvés ont payé la dette de coupables enfuis.

Trop de sentences respirent la haine et non l’équité.

Nous avons connu l 'anxiété du choix, les périls de la Résistance. Nous ifen sommes que plus libres pour dire que le scandale des prisonniers politiques crie à la face du monde civilisé que la générosité traditionnelle du peuple français ne s'honore pas de laisser enchaîner un vieillard.

Electeurs, éîectrices,

C'est maintenant l'heure du choix. Pour qui avez-vous le devoir de voter ?

Notre programme ne correspond peut-être pas entièrement à vos conceptions propres*

Mais vous avez le devoir de voter utile. En dehors de l'apparentement figurent trois listes,; le parti communiste, le rassemblement des groupes républicains, le R. P. F.

^Xe P. G. s'est mis lui même en dehors de l'apparentement. Le rassemblement des groupes républicains (liste Ghambaretaud) et le R. P. F. (liste Soustelle), malgré nos efforts, n’en font pas partie.

Voter pour une quelconque de ces trois listes, c'est, quelles que soient les circonstances :

Ou bien faire triompher le communisme, — ou bien perdre sa voix*/

Voulez- vous faire triompher le communisme ? Voulez- vous perdre vos voix ? Non 1

Alors, votez pour la liste la plus proche de vos idées.

Votez pour des hommes propres et sincères. — Votez pour la

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