DÉCLARATION DE M. JULES NININE
Député sortant* — Secrétaire de l’AssemMée Nationale — Administrateur en chef des colonies
Docteur en droit,
Aua? électeurs de la circonscription do Nord *
Electeurs,
Il y a cinq ans, vous me désigniez pour vous représenter à 1J Assemblée Nationale.
Persuadé d'avoir tout fait : par mes interventions, par mes démarches, par mes activités de toutes sortes, pour continuer de mériter votre confiance, je viens ici tous les six mois vous rendre compte de ma mission. Je suis le seul parlementaire à Ta voir fait ; le seul qui ait agi avec vous loyalement, honnêtement, reconnaissant que tout pouvoir vient de T électeur et qu’il faut le consulter périodiquement, lui dire ce que Ton fait, l'interroger sur ce qu'il veut.
Dans tous les domaines: économique, politique et social, j’ai lutté et combattu pour vous* Je ne veux citer que mes interventions pour:
— Les facilités à accorder au commerce ;
— L'atténuation des exigences douanières ;
— La libre circulation des produits du cru ;
*— La liberté du commerce du bétail;
— La normalisation des rapports frontaliers, c’est-à-dire avec ies territoires voisins;
— L’octroi d'autorisations d'achat d’armes aux autochtones;
— Les facilités à leur accorder pour l'acquisition de véhicules automobiles ;
— L’amélioration de la situation des anciens combattants ;
— De celle des fonctionnaires (cadres communs et reclassement);
— La défense de vos terrains eL la reconnaissance de vos droits fonciers ;
— Le rétablissement et l'organisation du pèlerinage à La Mecque (j'ai été le seul à le demander et à insister) ;
— L’institution du Crédit du Cameroun » destiné à favoriser l’installation de petits artisans, de petits planteurs, et à améliorer l'habitat local (construction de maisons modernes);
— Le rétablissement des régions du Nord-Cameroun supprimées lors de la déclaration de guerre, en 1939 ;
— Le rétablissement de la subdivision de Tibatî que i on avait décidé, malgré son ancienneté, de rattacher à T i guéries ;
— La construction du pont de Tibati, aujourd'hui achevé et destiné à éviter aux populations de cette localité des corvées fort pénibles ;
— Le maintien du franc G. F, A, ;
L’attribution de bourses aux jeunes gens du Cameroun pour leur permettre, soit de
se perfectionner, soit de continuer leurs étudi s dans la métropole ,
Le voyage en France des chefs et des notables, qui sera enfin réalisé ceUe année ,
— Le développement au Cameroun de l’enseignement, de la santé et du service social ;
— L’extension de l’outillage et de l’équipement du territoire grâce aux ressources du F.I.D.E.S. et de la Caisse centrale {pendant cinq ans j’ai été membre du conseil d administration de ces deux organismes. J’ai ainsi contribué à l’approbation des « Plans » du Cameroun et au vote des crédits nécessaires à l’exécution de ces programmes de grands travaux) ;
Et, depuis trois ans, mes combats pour la liberté totale de la culture du café en pays
Bamilèke et dans la région Bamoun.
Peu de parlementaires ont fait autant que moi pour le territoire et avec le même esprit de toLal désintéressement.
Ecartant toute démagogie, je n’ai eu qu’un idéal: servir; qu’un but: le Cameroun.
Par la plume comme par la parole, par mes écrits comme par mes discours, j ai entendu mieux faire connaître et aimer ce territoire par les différents milieux de la métropole.
Je ne me suis pas enrichi au service du pays. J’ai voulu sauvegarder mon intégrité et mon honneur. Tout le monde me rend cette justice et s’accorde à reconnaître que je n’ai travaillé que dans l'intérêt général et pour le bien commun. ■
Je vous demande de me renouveler votre confiance el de me permettre ainsi de continuer l’œuvre commencée. Ce qui a été fait est important. Ce qui reste à faire l’est davantage
Certains présomptueux s’imaginent qu’ils feront mieux. C’est pure illusion .
Ils invoquent aussi: la race, la religion. La députation est bien plutôt affaire de connaissances, de savoir, de dévouement à la chose publique, que de lieu de naissance ou de
métaphysique. ... , ,
D’autre part, la tâche est lourde, pleine d'embûches. Elle conduit à prendre des positions qui peuvent être opposées à celles de l'Administration, à braver ! 'impopularité Ü n’est pas plus donné à tout le monde de savoir et d’être instruit que d’être indépendant et entier ■ti 6 caract ère
Ce que j’ai fait hier témoigne de ce que je pourrai faire demain avec des possibilités accrues, grâce à l’expérience, à l’autorité acquises au cours de ces cinq années, aux solides amitiés déjà créées et qui m’ont porté au poste de secrétaire de l’Assemblée Nationale.
Aucune hésitation n’est plus possible, ce serait travailler contre vos intérêts.
Fils, comme vous, de l’Union française, je me suis attaché pendant cinq ans à la défense
de vos droits, de vos libertés. ....
Faites-moi confiance. Pour moi, le passé est garant de l’avenir. Et aux élections du
17 juin, déposez un bulletin à ma couleur : le vert dans l’urne.
Ce sera agir dans votre intérêt, dans celui de votre famille, de la circonscription du Nord-Cameroun, du Cameroun tout entier et de 1 Union française.
Vive la circonscription Nord I Vive le Cameroun !
Vive la France I Vive i’ÏJnion française l
J. NININE,
Député sortant. — Secrétaire de l'Assemblée Nationale Administrateur en chef des colonies. — Docteur en droit.
CAMEROUN
* (2e Circonscription)*
M. Henri Lobé Douala Manga-Bell (M, FL P.).
Electeurs et Electrices,
En soumettant ma candidature à votre choix souveiain, je tiens à vous déclarer ma manière d’envisager la situation de noLre pays*
Je le crois indigne de moi , de vous promettre monts et merveilles et* je sais que vous êtes intelligents pour ne pas vous laisser prendre par des promesses fallacieuses*
Ce qui m'a décidé de demander la faveur de vos voix rfest que Fardent désir de servir notre pays et l'évolution nécessaire du Cameroun dans le cadre de la loi, garantie de notre progrès*
De par mes origines, je suis familiarisé avec les usages de notre pays et* je crois pouvoir prétendre è des titres servant de preuves de ce que la volonté d’un homme appuyé par la volonté de ses compatriotes est susceptible de produire pour la sauvegarde et pour F intérêt général du pays*
Je pense que ma ferme décision de vous défendre inébranlablement* ferme decision basée sur l'exemple donné par mon père qui* comme vous le savez, est allé jusquà sacrifier sa vie pour le pays, me donnera vos voix sur cette seule promesse de servir le Cameroun sans distinction aucune de religion, d'opinions politiques, de clans, de tribus ou de races*
Tel est le but de ma candidature*
A vous de décider du choix*
J’ose espérer que toute réflexion faite, votre choix tombera sur votre candidat qui vous apporte l’amour pour son pays ej pour les enfants de ce pays.
Dans ce sens, votez et votez en masse pour :
Henri Lobé DOUALA MâNGà-BELJj Docteur en médecine. — Chirurgien.
CAMEROUN
(3e circonscription).
M. Louis-Paul Aujoulat (I.O.M.).
DECLARATION du Docteur Louis AUJOULAT
Député sortant, — Socréiatre d’Eut K la France d’outre -mer.
Médecin chef de l'HôpiUL tTËfok,
Aux électeurs africains de la Circonscription du Centre ,
Mes chers électeurs,
Est- il d'abord besoin que je me présente à vous ?
Arrivé au Cameroun .en 1935 comme médecin, j'ai vécu dix ans parmi les Eton et les Manguïssa. J ai bâti j hôpital d’Elok, desservi celui d Omvan ainsi que les dispensaires de Saa, d’Qbala et de Tala* J'ai visité des malades à Yaoundé, Otele, Akono, Minlaha, Obut, Nden, Mvaa, Nlong, Nsimalen. J’ai vacciné vos familles à Nkongzog, Bikop, Mbalmayo, 01a ma.
Et voilà qu'a près dix ans de travail médical les électeurs du premier collège m’ont envoyé par trois fois siéger à T Assemblée Nf lionale.
Eu décembre 1945 et en juin 1946 avec Ndoumbe Douala.
En novembre 1947 avec lui et Ninine.
Pendant plus de cinq ans j'ai travaillé de mon mieux au Parlement, à l’O N.ü* et,, depuis dix- huit mois, dans le Gouvernement. Or beaucoup d'Européens m accu sent maintenant de les avoir trahis ou même d’être vendu.
Vendu à qui ? Ils n’en savent rien ou plutôt ils savent très bien que je n'ai pas tiré le moindre profit de ma situation, comme tant d’autres, alors que j’étais bien placé pour le faire , mais en réalité ce que le premier collège reproche à son élu c’est d'avoir travaillé pour les noirs.
Le collège unique,
Le Code du travail.
L’évolution des Africains,
Tels sont, je le sais, les principaux griefs qui me sont faits. Ces reproches, je ne les accepte pas et, en tout cas ils ne changeront pas ma politique.
Dès 1945 j avais prévenu que je ne serais pas seulement le serviteur de quelques métro-
poiitains, maïs que je serais député du Cameroun, À chaque élection j’avais écrit et répété que je me refusais à distinguer entre les intérêts des uns et des autres : pour moi il y a l’intérêt supérieur du Cameroun et l’Uniün française.
Il est vrai que j’ai travaillé pour les noirs. Je désire continuer sans qu’on puisse me le reprocher.
C’est pourquoi aujourd’hui, moi, député sortant élu par le premier collège et Ministre du Gouvernement de la République, je me présente devant les Africains de la circonscription du centre.
Electeurs africains,
Vous avez le droit de me poser une première question.
Quelle a été mon action à Paris? Â-t-elle été utile pour le Cameroun ?
Des deux Assemblées constituantes, Ndoumbe et moi nous avions rapporté, avec les droits reconnus par la Constitution à tous les citoyens, plusieurs bienfaits qui durent encore :
— Abolition de l’indigénat;
— Liberté de circulation et d’association ;
— Interdiction du travail forcé ;
# — Participation à la gestion de vos affaires par la création d’assemblées locales (A. R, C, A, MO
Tout cela n’a pas été obtenu parmn seul député mais par le concours de plusieurs. Au Parlement nous avons continué cet effort. Qui a, comme député, défendu les cadres communs, les médecins africains, l’inspection du travail?
Qui a en 1948 rédigé et signé un rapport sur la défense des producteurs de cacao, sur la liberté syndicale et sur Inorganisation des coopératives?
Vous avez entendu parler de l’argent donné par le FXD-E.S, au Cameroun,
La construction du lycée Leclerc, c’est le FXD.E.S.
Si vous avez Péleciricité dans les rues de Yaoundé et l’eau en ville, c’est le FXD.E.S.
Les ponts, le barrage d Edea, la léproserie d'Ahong-Mbang : c’est le FXD.E.S,
Or je fais partie du FXD.E.S. depuis sa création, je le dirige depuis un an. Si je n’y avais pas été, le Cameroun n’aurait sûrement pas eu autant de millions,
Quel est, d’autre part, le Ministre qui a obtenu l’égalité des pensions entre les anciens combattants autochtones et métropolitains? Quel est celui qui a travaillé pour appliquer la ïoi sur les traitements des fonctionnaires d’outre-mer?
Qui s’est employé à promouvoir la montée de l'élite africaine : médecins^ instituteurs, étudiants, techniciens ?
Qui a défendu pendant 18 séances à l’Assemblée Nationale et fait voter par elle le Code du travail ?
Qui a développé l’enseignement, la santé et les services sociaux ?
C’est précisément ce que les électeurs métropolitains semblent me reprocher.
Mon programme est donc tracé d’avance. Il s’agit de continuer le combat pour vous et maintenant avec vous.
Quelle sera ma politique? Elle est commandée par les besoins mêmes du Cameroun :
Lutter contre la maladie, la famine et la dépopulation.
Lutter contre l'injustice et pour Légalité de tous.
Lutter contre Ligne rance et pour révolution*
Il faut faire V Afrique avec les Africains*
Pour cela quatre moyens :
— Equipement du pays î — - Progrès social ;
— Formation technique ;
— Evolution intellectuelle et morale.
Electeurs camerounais,
Etes -vous d'accord sur ce programme?
Voûtez-vous que je puisse continuer ec travail au profit du Cameroun?
Estimez-vous que mon passé de médecin, de député, de Ministre peut vous donner confiance ?
Si oui, vous mettrez tous dans Lurne le 17 juin un bulletin jaune avec croix rouge*
Vive le Cameroun î Vive l’Union française !
Docteur Louis ÀUJOULAT,
CAMEROUN
(Collège des citoyens de statut français)* 1 DÉPUTÉ
M. Georges Molïnatti (R. P, F,).
Geo h ge s MOLÏNATTI
Candidat R. P. F. de T U mon pour la défense des intérêts du Cameroun français.
Françaises et Français du Cameroun î
Le vieux camerounais que je suis se présente aujourd'hui devant vous pour solliciter vos suffrages*
Ma seule ambition est de préserver le Cameroun des emballements idéologiques qui risquent de l’entraîner en dehors des voies sûres de T U ni on française.
Nous voulons tous ici, j'en suis certain , faire entendre enfin la voix du bon sens. Que nous dit-elle? Simplement, ceci :
Que le Cameroun ne peut accéder aux libertés démocratiques qu'en suivant le long chemin que nous avons nous-mcme suivi* en France et non en brûlant inconsidérément les étapes*
Qu'il est bien d'avoir créé une ARCAM* mais qu’il eût été mieux de créer auparavant les assemblées communales et régionales où, à nos côtés, îes élites autochtones eussent appris à gérer démocratiquement leurs propres affaires.
Nous réparerons donc cette lacune. Mais nous entendons aussi que l'ordre règne dans ce pays que nous avons fécondé de notre sueur et parfois de notre sang, et qu’à cet effet, la légalité républicaine, celle même qui a institué une Assemblée représentative pour conseiller l’administration dépositaire des pouvoirs de la République, soit strictement respectée et non plus bafouée ou tournée comme nous en avons eu trop souvent de scandaleux exemples*
Nous voulons aussi que ne puisse plus jamais être discuté notre droit à une représentation distincte dans les assemblées locales et métropolitaines. Ce droit nous appartient à nous Français* en vertu des efforts que nous avons déployés depuis trente ans pour la mise en valeur de ce pays que nous aimons comme s’il faisait partie intégrante de la métropole.
Parallèlement, nous sommes à l’aise pour qualifier de supercherie anti-démocratique ce système absurde qui consiste à n’accorder le droit de vote qu’à ceux de nos amis africains qui ont un permis de conduire ou de chasse ou qui collectent les impôts et à le refuser à ceux qui, par malheur, ne sont ni chasseurs ni automobilistes, ni agents du fisc.
Nous estimons qu’au degré actuel d’évolution de la masse africaine, il serait plus honnête et plus démocratique d’accorder le droit de vote à tous ceux et à toutes celles qui parlent le français. N'est-ce pas là en effet la meilleure preuve de leur évolution vers la civilisation ?
Cela nous amène par voie de conséquence à réclamer la gratuité et l’obligation de renseignement primaire, aussi bien dans les écoles gouvernementales que dans les missions*
et aussi et surtout de l’enseignement professionnel car le travail est le meilleur agent de la civilisation.
Pour faire des âmes joyeuses et confiantes ardentes au travail, et des esprits éclaires, il faut aussi des corps sains. Rendons ici un solennel hommage au dévouement des médecins européens et africains l En augmentant leur recrutement, en leur assurant une situation matérielle décente en rapport avec leur science, en leur construisant les hôpitaux, les laboratoires, les dispensaires dont ils ont besoin, nous leur donnerons les moyens de lutter victorieusement contre les terribles maladies qui dépeuplent le Cameroun.
La lutte contre les endémies tropicales doit se conjuguer avec celle contre l’alcoolisme qui jusqu'ici a été trop faiblement menée*
Parallèlement nous combattons la dénatalité que l'assistance sociale* les allocations familiales l’éducation des mères, la création des goultes de lait et de pouponnières, et nous mènerons une action soutenue en faveur de la création de cités ouvrières saines et commodes : l’accession de tous nos travailleurs S la.petite propriété privée est le meilleur moyen d'empêcher cette prolétarisation do la masse africaine qui semble à des fins électorales inavouables, avoir été le but secret des gouvernements’," qui ont successivement infpire l’administration locale, - - ^
Voilà pour la politique et le social, ^
Donner enfin à ce pays les moyens d’une économie saine, est notre préoccupation majeure. Mon programme en cette matière s’appuie sur deux idées essentielles , ci une .part persuader nos collaborateurs africains que le travail bien fait, c’est 1 honneur et la liberté de l’homme, afin d’arriver à obtenir d’une main-d’œuvre qualifiée et bien payée, le travail soutenu et joyeusement accepté sans lequel la mise en valeur du Cameroun et son accession à la civilisation moderne restent des buts éternellement lointains.
D’autre part, obtenir des pouvoirs publics métropolitains les moyens d achever le plan d’équipement du territoire. Outre les améliorations des communications par lil et sans fil, nos efforts se porteront essentiellement sur les routes et leur coordination avec le rail et les voies navigables. Cet équipement économique de base permettra la création do nouvelles industries et l’accroissement des échanges. La totalité de nos produits d importation pouna être acheminée à moitié prix sur Douala. N’oublions pas que leur vente sur le marché mondial procure h la collectivité l’ensemble de ses moyens d’existence. Par une politique d’assouplissement du régime douanier A. E. F. Cameroun et de soutien de ceux de nos produits plus particulièrement exposés aux fluctuations des cours mondiaux, nous tâcherons d'éviter ces crises de mévente qui seraient fatales à un équilibre économique encore précaire parce que trof> jeune.
Voilà, mes chers compatriotes, les bases de l’action que je me propose de mener aa Parlement et auprès ên Gouvernement pour la défense des intérêts du Cameroun, si votre confiance me vaut d’avoir l’unanimité de vos suffrages. Comme le répète le grand Français qu est le général de Gaulle, il faut que ça change I Nous n’avons que trop vu ici où pouvait nous mener la politique d’abandon des gouvernements de la triste 3° Force. Un retire ë sèment énergique frtimpose de toute urgence. Ayez confiance en moi qui depuis tant d années partage fralemeUement vos peines, vos espérances et vos joies, comme j ai confiance en votre sagesse. De même qu'en France, nous sauverons la République menacée pai les intermmables querelles de partis* ici tous ensemble, nous sauverons le Cameroun, province lointaine de notre obère France, des grands dangers qui menacent son existence 1
Vive la France !
Vive le Cameroun t
Vive la République 1
G. MOLÏNATT1,
Officier de la Légion d’honneur. — Exploitant forestier.