‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 36 sur 244 · J. VIEILLARD-BARON · texte numérisé non relu

J. VIEILLARD-BARON

Avocat à la Cour d’Appel. — Ancien Bâtonnier* — Conseiller municipal de Dijon*

Madeleine TOURNAMILLE Commerçante* — Conseillère municipale de Dijon.

Marcel AUBRY

Eleveur, — Maire de Jüursdes-Baîgneux* — Conseiller général de la Côte-d'Or*

Liste du Rassemblement du peuple français

apparentée à la liste Union des indépendants, des paysans ef des républicains nationaux *

PROFESSION DE FOI

Françaises* Français,

A un moment solennel de la vie du pays, noos venons, face à la nation* prendre les engagements qui guideront notre action demain*

La France est menacée* Des forces redoutables s’affrontent dans le monde d’aujourd'hui, Notre pays doit contribuer à maintenir la paix, refuser d’être submergé par le flot soviétique.

Pour cela il nous faut changer et il nous faut construire.

Que devons-nous changer ?

Le désordre et la gabegie de l’Etat ; — la faiblesse gouvernementale qui, dans l’impossibilité d’équilibrer le budget et d’obtenir la confiance des épargnants, entraîne par l’infiation qu’elle déclenche la montée constante des prix, c’est-à-dire la misère des salariés, des pensionnés et des économiquement faibles et écrase les producteurs sous l’impôt.

Nous devons mettre fin à l’antagonisme entre les classes ; — aux querelles également périmées de l’école libre, de l'amnistie, — à la menéçe que font peser, sur la France et sur l’Union française, l’insuffisance de notre défense nationale et la dépendance qu’entraîne cette insuffisance vis-à-vis de nos alliés.

La réélection des partis, ce serait la continuation de cette impuissance et de cette division. Le péril communiste deviendrait alors insurmontable. Or, la victoire des séparatistes ferait de tous les Français des serfs. Ils devraient subir la tyrannie d’une bureaucratie économique et administrative. La dictature policière régnerait de Brest à Moscou, La guerre deviendrait alors inévitable ; la guerre, c’est- à-diro la destruction par les bombes américaines, l’installation soviétique sur les côtes de France appelant automatiquement la même parade que l’installation des Allemands sur ces mêmes côtes en 1943-1944. Notre civilisation s’enfoncerait dans la nuit.

Pour éviter cela, nous devons construire.

Que devons-nous construire ?

D’abord un Etat solide. Pour cela, d’une Constitution remaniée sans délai doit sortir un Exécutif qui gouverne, contrôlé par un Parlement qui fasse les lois ; les pouvoirs étant séparés et non point comme à présent confondus dans les partis ; l’arbitrage national du Chef de l’Etat ayant à y veiller et au besoin à consulter le Pays.

Ainsi, et ainsi seulement, pourront être assainies les dépenses de l’Etat. Par là et par l’appel à l’épargne sera réalisé l’équilibre du budget, sans fiscalité excessive, condition indispensable de la stabilité des prix. La stabilisation de la monnaie deviendra possible.

L Etat ainsi renforcé devra mettre la nation en condition de se défendre contre tous les périls :

Contre le péril extérieur, par .-une défense nationale rénovée, adaptée aux besoins modernes, conjuguée avec les défenses voisines tout en conservant l’autonomie nationale nécessaire ;

Contre le péril intérieur, qui vient de la lutte des classes, en réalisant l’apaisement social qu’apportera l’association entre actionnaires, cadres et travailleurs ; tous les producteurs devant être intéressés directement au rendement de l’entreprise.

Pour quo cette grande réforme puisse se développer dans le climat nécessaire, les syndicats devront être affranchis de la tyrannie des partis politiques.

Cette productivité renforcée servira à réaliser nos besoins essentiels : l’édification des logements neufs et la modernisation de la France industrielle et agricole. Nous pourrons ainsi faire de bonne poliLique agricole en assurant à notre agriculture les débouchés nécessaîres clans le cadre cTiiiie unité européenne*

A l’apaisement social doit correspondre l’apaisement spirituel. L’allocalion-éducalion mettra fin à la querelle de l’école libre. Une large amnistie votée sans délai est aussi une condition nécessaire de l'apaisement national*

C’est en s’appuyant sur cette France rassemblée, rénovée, apaisée et décidée que nous pourrons défendre l’indépendance nationale et l’intégrité de l’Union française.

C’est ainsi que nous pourrons unir l’Europe autour de la France pour la consolidation de la paix par la mise en commun des ressources du continent. C’est ainsi que nous pourrons peser de tout notre poids dans l’alliance du monde libre. Alors là force montante des démocraties permettra d’assurer la paix, l’élévation du niveau de vie de tous, le maintien de la liberté.

Pour atteindre ces objectifs, nous appelons le pays tout entier à s'unir autour du Rassemblement du peuple français et du général de Gaulle auquel nous devons déjà la libération de la France dans la victoire et la restauration de la République.

L’œuvre commencée ensemble en 1940 et que l’obslruction des partis avait suspendue en 1946, tous ensemble, du même cœur, nous allons pouvoir la recommencer demain.

Pour que vivent la République et la France,

Vous voterez pour le Rassemblement du peuple français,

Pierre RI FLOTTE,

Membre du Conseil de direction du R, P. F, — Commandeur do la Légion d’ honneur.

Compagnon de la Libération, — Croix de guerre, S citations — é enfants,

Emile LEPITRE,

Maire de Laignes. — Président du Comice agricole* — 6 enfants,

François BR A Y,

Agriculteur* — $ enfants.

Marcel DUBOIS,

Président du Comice agricole, — Médaille militaire, — Croix de guerre avec palme.

Conseiller national du R, P. F. — Conseiller municipal de Montb&rd.

Charles GURSEL,

Officier de 3a Légion d'honneur, — Médaille de vermeil des Services communaux*

Conseiller municipal de Dijon. — 7 enfants*

Parti socialiste.

Electrices, électeurs,

La République est menacée par le R, P, F, et par le Parti communiste.

Le 17 juin, il faut leur barrer la route : s’abstenir c’est favoriser leurs desseins néfastes.

Voter pour les listes R*P,F, Billotte et Lalle :

C’est favoriser les visées du général de Gaulle :

Un Etat fort: sept généraux, ses amis fidèles et tout dévoués sont candidats R. P, F, La France ne veut pas d'un gouvernement de généraux.

Le R, P, F, reprend à son compte l’idée « Association Capital-Travail », chère à Pétain.

de Gaulle n’est plus le gaulliste de 1940 :

De Gaulle n’est pas candidat, il se réserve pour se faire plébisciter comme chef de n l’Etat fort », seul capable, selon luU d’assurer la paix,

Badînguet disait : a L’Empire c’est la paix a, il a conduit la France à Sedan,

De Gaulle est l'ennemi des partis* Son rassemblement est devenu on parti aussi rigide que le Parti communiste.

De Gaulle veut changer le régime, il veut renverser la République : il Ta affirmé dans son discours de Bagatelle, Il donne rendez-vous aux Champs-Elysées à tous les factieux du 6 février*

Il faut barrer la routé au R, P, F, et à ses soutiens apparentés.

Y OTEE POUR LA LISTE COMMUNISTE MEUNIER î

C’est préparer l'avènement de s démocraties populaires*

C'est vouloir la subordination complète à TU. R *3.5.

a Etre pour la défense de PC. R. S. S. par tous les moyens, sur tous les terrains, sans en excepter un seulj voilà la règle du Parti communiste*

« On aura beau nous raconter ce qu’on voudra, jamais nous ne céderons sur ce point. La défense de PU, R *3, S* est dans notre sang, dans nos cerveaux, dans nos cœurs ; il est impossible de toucher h cette formule fondamentale pour nous. i>

(Marcel Càchin, discours au 8e Congrès national du P. G., janvier 193 B)*

<t Est internationaliste celui qui est prêt à défendre TU* R* S, S* sans réserves, sans conditions, ouvertement, sans hésitations* «

(Humanité du 26 août Î949).

Voter communiste, c’est voter contre les intérêts de la classe ouvrière :

Le Parti communiste soutient les grèves quand elles profitent à sa politique. Il les condamne quand elles ne défendent que le sort des travailleurs :

En janvier 1946, les communistes brisent la grève du Syndicat du Livre h F Humanité.

Croisât, Ministre communiste du Travail, deux jours plus tard, dénonce les grévistes comme saboteurs de la production*

Voter communiste, c'est voter contre la paix :

Les communistes veulent 3e désarmement de la France,

Ils approuvent les mesures militaires de FIL R* S. S, :

« L'armée rouge est dotée d'une artillerie dont la puissance dépasse toutes celles existant dans le monde. »

(UEtoiLe Rouge, organe offlcie] de l'armée soviétique du 26-12-1649)*

(( En U, R, S. S., le service militaire est de trois à cinq ans, selon les armes. »

(France Nouvelle, hebdomadaire central du Parti communiste du 21-4-51)*

Budget militaire de V U , R . S . S . 8 . 500 milliards.

Budget militaire de la France , . . . . 800 —

L’ILR.S.S* n'est pas une démocratie, c'est un pays impérialiste, (Annexion de 400.000 kilomètres carrés et de 25.000,000 d’habitants,)

Elle a liquidé tous les chefs de gouvernement des pays annexés (Pologne, Hongrie, Roumanie^ Bulgarie, Tchécoslovaquie).

Les socialistes restent les défenseurs de la paix, de la démocratie et de tous les travailleurs*

Vous voterez pour nos candidats :

— Pour barrer la route à la guerre*

— Pour barrer la route aux factieux et au pouvoir personnel,

— Pour sauvegarder la laïcité,

— Pour défendre les classes laborieuses,

— Pour sauver la République,

Vu

Les candidats :

Jean RO U HE Y,

Député* ■ — Ancien Corn mie gai rc de la République* Eugène MARLGT,

Conseiller municipal de Dijon*

Léon MAZET,

Conseiller général de Montbard.

Mme MAUCHAUSSÉ,

Conseillère municipale de Dijon*

/Auguste VÀRIOT,

CorisoïUer général de Saint-Jean de-Losne*

Liste de concentration républicaine*

Chanoine KIR.

Magnifiques états de service sous l’occupation* Médaille de la Résistance* Elu maire de Dijon en 1 045 ; prend la tête des indépendants, député à la Constituante (79,700 suffrages le 21 octobre 1945 (a voté contre le premier projet de Constitution), puis aux élections législatives du 2 juin 1946 (81.900 suffrages) et du 10 novembre 1916 (84.900 suffrages).

A P Assemblée, s’est toujours élevé contre l’augmentation des impôts; n’a pas voté le budget 1950 parce qu’il comportait trop d’impôts nouveaux ; n’a cessé de réclamer la diminution des charges qui pèsent sur le commerce et l’industrie*

S’est attaché' particulièrement à la défense des intérêts professionnels régionaux (céréales; en viticulture, réduction des taxes d’appellation contrôlées, classement de la liqueur de cassis, etc*).

A voté le relèvement des petits salaires de fonctionnaires^ les pensions des anciens combattants et toutes les demandes de crédit devant permettre à la nouvelle armée française d’assurer la défense du pays*

Colette TÂINTURIER*

Propriétaire exploitante à Blignyde-Sec, mère de quatre enfants. Trois ans de résistance aux côtés de son mari, Jean Teinturier^ évadé d’Allemagne en J941, Belle-fille du docteur Tainturier, qui fut pendant quarante-cinq ans conseiller général de Sain t-Seine-f Abbaye. Fille du douteur Marcel Astier, sénateur de F Ardèche, qui, a Vichy, en 1940, lança le mot fameux ; <sc Vive la République quand même! » et fonda, en 1946, le R* G* R*

Colette Tainturier, créatrice du R. G. R. en Côte-d’Or, reste son animatrice comme secrétaire générale. Membre du Comité directeur à Paris du rassemblement des femmes républicaines.

Très attachée aux idées républicaines, oratrice de talent, Collette Tainturier a été désignée pour représenter le R* G. R* dans notre liste,

André BLONDEL,

Vieille famille de Côte-d'Or, professeur de droit international à la Faculté de droit de Dijon depuis 1927. Présidant de la section dijonnaise pour les Nations Unies, membre de « l1 International Law Association ï>. Sa haute valeur personnelle comme juriste, son activité pour la défense de la famille (il est père de neuf enfants), son attachement aux principes républicains l’ont fait choisir par la Fédération M, R, P, pour la représenter dans notre liste.

Ernest GU1LL0N.

Ancien élève de l’Ecole d'agriculture de Montpellier, bien connu comme agriculteur et viticulteur, ancien chef de missions économiques pour le Gouvernement en France et à l'étranger, président du syndicat agricole et vitiqole de Chassagne-Montrachet, délégué cantonal à la C.G.A, Très écouté dans toutes les réunions et les congrès viticoles où sa voix fait autorité. Chevalier de la Légion d'honneur.

Eugène THÉVENOT.

Exploitant agricole, maire de Chaume depuis 1935, croix de guerre 1939-1940, chevalier du mérite agricole, dirige aussi un garage et une entreprise de battage ; très averti des questions agricoles et de l'artisanat rural, militant de la modernisation de l'agriculture. Grand résistant. Très connu et apprécié dans tout l'Est du département

JVolre prQgrfrrjiïïip*

En ce tournant décisif pour notre pays, l'Europe et le monde, nous, les républicains, devons enfin nous unir pour le redressement économique du pays, pour le retour de la prospérité, pour la défense de nos libertés et des institutions républicaines, menacées à la fois par le communisme et le pouvoir personnel*

Seule, une majorité républicaine dans la prochaine Assemblée peut sauver la France, en s'attachant au programme dont voici les grandes ligues :

Sur le plan financier.

Défense de la monnaie, contrôle efficace et compression énergique des dépenses publiques. Simplification et allégement de la fiscalité. Abrogation des patentes. Réduction des droits de succession entre époux et en ligne directe. Rétablissement du crédit de l'Etat pour le financement des investissements.

Stm le plan économique.

Expansion de la production, abaissement des prix de revient, retour à l'équilibre entre prix agricoles et prix industriels; entente Internationale pour l'exportation de l'excédent de notre production agricole; réforme de la gestion des entreprises nationalisées pour des économies substantielles.

Sur le plan agricole.

Garantie de prix rémunérateurs à l'agriculture, modernisation des exploitations agricoles, amélioration de l'habitat rural, accroissement des crédits d'équipement affectés à l'agriculture, augmentation et extension des prêts pour Tins Lallation des jeunes ruraux, développement des activités culturelles de la jeunesse paysanne,

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