‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 65 sur 244 · I. — Pour notre département · texte numérisé non relu

I. — Pour notre département

Défense de la viticulture.

Une crise^grave est actuellement ressentie par la viticulture méridionale* Pour y faire face, des mesures urgentes s'imposent, Aussi le M, R. P. réclame-t-il dans 1 immédiat :

1° La fixation sans délai des prix qui régissent le déblocage de la tranche libérable ;

2° L'application stricte à toutes les régions du statut viticole, pins particulièrement en matière de plantation, de déclarations de récoltes et de circulation des vins ;

3° La distillation à la base de tous les marcs, vins de pressoir, queues de caves et vins inférieurs*

De plus, une politique viticole d avenir doit être poursuivie dans une reconstitution dirigée du vignoble qui permette une amélioration notable de la qualité* A cet effort de la production, œuvre de nos viticulteur doivent correspondre les progrès de la commercialisation à laquelle les pouvoirs publics doivent apporter tout leur concours : c’est ainsi que les débouchés doivent s’accroître grâce au développement massif de l’exportation des vins de consommation courante* Paul Coste-Floret a déposé en cette matière une proposition de loi afin de créer un comité interprofessionnel des vins de consommation courante et des vins de qualité supérieure*

Défense d es libertés locales.

Les libertés locales doivent être sauvegardées. La réforme de la taxe locale, réalisée grâce au M* R, P*, a montré la voie dans laquelle il faut résolument s’engager en apportant aux communes un moyen de mieux faire face à leurs obligations propres.

Sur le plan du département, le M* R. P* demande notamment le développement de grandes universités qui constituent des foyers d’études et de recherches scientifiques dignes de la France* L’Etat a le devoir de prendre en charge la construction de nouvelles écoles primaires et de mieux assurer le traitement des maîtres à tous les degrés*

L'Université de Montpellier doit devenir un centre intellectuel international pour tous les pays du littoral méditerranéen*

Nos industries locales doivent être protégées et leurs débouchés accrus*

Les installations de nos ports doivent être améliorées et leur exploitation développée*

IL — Pour le bien commun des Français *

Nous pouvons résumer notre programme de politique intérieure par la défense et la consolidation des valeurs qui, pour les chrétiens que nous sommes, constituent le patrimoine commun et inaliénable de tous les Français ; droits de la personne humaine, droits de la famille, liberté de conscience et liberté effective de l'enseignement, justice sociale et justice scolaire. Enfin nous sommes résolument partisans d'une large amnistie qui contribue à la réconciliation de tous les Français*

1* — Droits de la personne*

Dans un monde où s'accentuent de plus en plus les contraintes de la machine et de la collectivité, il est plus que jamais nécessaire d’affirmer la primauté de la personne humaine et de hâter la libération de l'homme. Les communautés professionnelles, économiques et sociales, loin d'asservir l'individu à des intérêts partisans, doivent permettre cet

affranchissement du travailleur sans lequel il n’y aurait ni justice authentique, ni liberté efficace.

Le syndicalisme répond à un besoin légitime : il doit introduire plus d'équité dans l'organisation économique actuelle qui maintient encore tant de souffrances. Mais, si la profession doit s’organiser, le syndicat doit demeurer libre. Pour écarter les mesures que le monopole de la C. G. T. signifierait, le M* R. P. a su obtenir la représentation proportionnelle dans les diverses élections sociales (comités d'entreprise, sécurité sociale).

Il est indispensable que la réglementation de la grève formellement prévue par la constitution, intervienne au plus tôt pour assurer le libre exercice du droit au travail.

Une législation sur l’arbitrage obligatoire doit permettre la solution de bien des conflits en donnant aux travailleurs un moyen de défense efficace qui leur coûterait moins cher qu’une longue grève et serait plus sûr.

Enfin, la législation sur le chômage doit être refondue et étendue à tous les travailleurs sans emploi, quelle que soit la localité dans laquelle ils résident*

2, — Droits de la famille.

Le M. R, P. considère la famille comme l’élément naturel et fondamental de la société. Ï1 affirme la nécessité de poursuivre une politique familiale dont il a été l’initiateur ainsi que le principal artisan*

L’allocation logement, les lois du 20 mai et du 20 août 1946 sur les allocations familiales, la loi du 4 août 1950 sur la coordination des services sociaux sont quelques témoignages, entre tant" d’autres, de cette action du M. R. P.

Les résultats ne sont-ils pas probants ? Les chiffres fournissent un argument impartial et combien éloquent* Avant la guerre, une politique individualiste entraîna une situation démographique catastrophique : îa population de la France diminuait chaque année de 50*000 habitants et son vieillissement faisait supporter des charges écrasantes et sans cesse croissantes à la population active. Depuis 1945 un redressement complet s’est opéré grâce essentiellement au M* R, P, qui a détenu presque sans discontinuer le Ministère de la Santé publique et de la Population, 300.000 naissances excédentaires par an, une diminution considérable de la mortalité infantile manifestent un redressement démographique qui fait l’admiration de l’étranger.

Sont étroitement liés à cette politique l'amélioration de l'habitat ainsi que le développement de l'hygiène et de l’équipement sanitaire du pays. Malgré les écueils politiques et techniques rencontres, le M. R, P. a obtenu sur ces points des améliorations successives dont les jeunes générations sentent déjà les bienfaits.

3, — Droits db la conscience. — La liberté de l'enseignement*

La liberté de conscience, formellement affirmée par la constitution, ne doit pas être seulement un principe de notre droit : sou exercice doit être assuré également à chaque citoyen. L’affirmation d’un droit doit s’accompagner de l’égalité de tous devant ce droit. Aussi le M. R, P, affirme-t-il son attachement à la liberté de renseignement et a-t-il tout tenté, bien qu’il ait été dans ce domaine une minorité pour que soient reconnus les droits de l’école libre, de ses maîtres, des familles qui leur confient leurs enfants*

C est le M. R. P. et le M. R. P* seul, qui a d’abord sauvé au Gouvernement et à l’Assemblée Nationale la liberté d'enseignement en s’opposant à la formule «l’enseignement est un service public » et en écartant ainsi le grave danger d’un monopole scolaire.

Après cet important résultat acquis à la fin des deux Constituantes, il a consacré tous ses efforts dans 1 Assemblée Nationale à assurer à chaque Français l’exercice effectif d une liberté garantie par la Constitution. Quatre étapes positives sont particulièrement notables ;

1° Le 2*2 mai et le 10 juin 1948, Robert Schuman, président M. R. P. du Conseil, a, sous le contreseing de Mme Poinso-Chapuis, Ministre M. R. P. de la Santé publique, pris deux décrets sur « l'aide aux familles ayant des difficultés pour élever leurs enfants » qui permettaient aux communes et aux conseils généraux, d’accorder une aide appréciable à renseignement privé. Ces décrets furent ainsi appréciés par le journal d'extrême gauche Franc-Tireur (Il juin 1948) :

« C’est très exactement la mise sur un pied d’égalité des deux écoles, une sorte de R. P. scolaire, et, de toute évidence, un moyen de subventionner les écoles libres. »

Ils ont entraîné la chute du Ministère. Ainsi, le M. R. P. n’a pas hésité à sacrifier le Gouvernement qu’il dirigeait à la juste cause de l’enseignement libre.

Malgré l’absence des arrêtés d’application, que devait prendre le Ministre de l’Intérieur, les décrets ont été appliqués dans plusieurs départements. Le M. R. P. s’est victorieusement opposé à leur abrogation sans cesse réclamée par ses partenaires socialistes au Gouvernement ;

2° Le M. R. P. a obtenu la création d’une commission scolaire qui prépare, dans un climat de compréhension réciproque, les réformes nécessaires qu’il faudra que la nouvelle Assemblée Nationale réalise de toute urgence car l’enseignement privé, qui soulage l’Etat d’une tâche considérable ne peut plus attendre et a un droit absolu à sa juste rétribution ;

3° Le M. R. P. a demandé, par un amendement Teitgen, que l’Etat assure le minimum vital aux maîtres de l’école privée. Il a été battu par 26# voix de majorité seulement ;

4° Le M. R. P. a fait voter un amendement de notre ami de Tinguy du Pouët, assurant aux maîtres des écoles privées l’exonération de l’impôt sur les traitements et salaires, l’exonération de la patente, et l’exonération de la contribution sur la propriété bâtie. Malheureusement, le Conseil de la République, en rendant obligatoire la majorité absolue en seconde lecture, n'a pas permis le maintien de ces avantages acquis.

Tous les candidats de la liste M. R. P. ont adhéré à l’Association parlementaire pour la liberté d’enseignement pour pouvoir poursuivre demain comme hier cette politiqife de stricte justice scolaire et obtenir enfin une égalité de traitement que la République se doit d’accorder à une école qui sert si bien la cause de la jeunesse et de la France.

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