‹ Recueil des travaux scientifiques de Léon FoucaultChapitre 106 sur 162 · SUR UN HÉLIOSTAT. NOUVEAU · texte numérisé non relu

SUR UN HÉLIOSTAT. NOUVEAU

(Académie des sciences, 18 mars 1862.)

J'ai rhonneur de présenter à rAcadémie un nouvel hélioslat que je viens de construire d'après les indications qui m'ont été fournies par M. Léon Foucault. Cet instrument a spécialement pour objet d'exécuter dans les conditions d'une extrême stabilité les fonctions nécessaires pour diriger d'une manière précise des miroirs de très-grande dimension. L'héliostat, tel qu'on l'a construit jusqu'à ce jour pour les besoins de la physique, n'agissait utilement que sur un faisceau lumineux de 6 à 8 centimètres de diamètre ; du reste, on n'exigeait pas que le rayon réfléchi gard&t une direction absolument fixe, et pourvu que les écarts restassent contenus dans les limites de Tangle solaire, les expériences se poursuivaient avec régularité.

Aujourd'hui, pour les démonstrations de l'enseignement public comme pour les applications variées de l'astronomie et de la photographie, il devient indispensable d'opérer sur une plus grande quantité de lumière, de recueillir de larges faisceaux et de les fixer aussi exactement que possible dans une direction déterminée.

De tous les héliostats connus, le plus élégant et le plus facile à mettre en position, celui qui résout le problème de la manière la plus générale et

4. Note présentée par M. Duboscq. Voir C. R. de i'Acad. des Se, t. UV, p. 648.

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plus bas dans la projection verticale du centre principal; on rattache à ce point la base de la colonne du miroir par une bielle de longueur invariable, et en vertu du parallélogramme ainsi formée on peut déplacer la colonne en tous sens et par ce moyen diriger le rayon réfléchi sans altérer la distance des centres.

Le reste de l'instrument ne présente rien de particulier. L'axe horaire est mis en mouvement par un rouage d'horlogerie; son inclinaison fixe est adaptée à une localité donnée ; en cela on a suivi l'usage des constructeurs des instruments astronomiques, qui ne se croient pas obligés d'établir des équatoriaux à latitude variable. L'aiguille directrice du miroir se met à la déclinaison du jour au moyen d'un demi-cercle gradué, armé d'une pinnule et monté sur un centre réel.

Pour mettre l'instrument en position, la marche à suivre est exactement celle qui a été recommandée à l'occasion de l'héliostat de M. Silbermann. Des quatre conditions à remplir, qui consistent à mettre l'instrument dans le méridien et à la latitude du lieu, à l'heure et à la déclinaison du jour, il suffît que deux quelconques soient primitivement satisfaites pour qu'on puisse généralement remplir les deux autres en s'aidant de la pinnule montée parallèlement à l'aiguille directrice.

En résumé, on voit que le nouvel instrument est caractérisé par deux particularités qui, dans les héliostats déjà connus, ne se rencontraient qu'à l'exclusion l'une de l'autre. En premier lieu, le miroir pose d'aplomb sur une colonne verticale inflexible capable de supporter un poids considérable; en second lieu, le miroir de forme allongée s'oriente spontanément suivant le plan de réflexion, de manière à se projeter dans le sens favorable au faisceau réfléchi.

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