‹ Recueil des travaux scientifiques de Léon FoucaultChapitre 51 sur 162 · PARALLAXE DU SOLEIL · texte numérisé non relu

PARALLAXE DU SOLEIL

(Académie des Sciences, 22 septembre 18G2.)

Dans la séance du 6 mai 1850, j'ai donné le résultai d'une expérience diOerenlielle sur la vitesse de la lumière dans deux milieux d'inégales densités, et j'ai indiqué que, plus tard, le même procédé, fondé sur l'emploi du miroir tournant, servirait à mesurer la vitesse absolue de la lumière dans l'espace.

Au commencepoent de Télé, l'appareil se trouvait en état de fonctionner, mais la mauvaise saison ne m'a pas permis de me livrer aussi promptement que je l'aurais désiré à des observations qui exigeaient le concours de la lumière solaire.

Cependant le ciel a fini par se découvrir, et, profitant de ces derniers beaux jours, j'ai obtenu des résultats qui me semblent contenir, à peu de chose près, l'expression de la vérité.

L'appareil actuel ne diffère essentiellement de celui qui a été précédemment décrit que par radjonclion d'un roiiajj^e elironométrique destiné à mouvoir un écran circulaire denté, pour la mesure exacte de la vitesse

\. VoirC. n.de l'Ac. des Se, t. LV, p. 501.

du miroir et par l'extension de la ligne d'expérience qui, au moyen de réflexions multiples, a été portée de ft à 20 mètres. Augmentant ainsi la longueur du trajet lumineux et apportant plus d'exactitude dans la mesure du temps, j'ai obtenu des déterminations dont les variations extrêmes ne dépassent pas 7^, et qui, combinées par voie de moyenne, donnent rapidement des séries qui s'accordent au 7^^.

En déûnîtive la vitesse de la lumière se trouve notablement diminuée. Suivant les données reçues, cette vitesse serait de 308 millions de mètres par seconde; et l'expérience nouvelle du miroir tournant donne, en nombre rond, 298 millions.

On peut, ce me semble, compter sur l'exactitude de nombre, en ce sens que les corrections qu'il pourra subir ne devront pas s'élever au-dessus de 500,000 mètres.

Si l'on accepte ce nouveau chiffre et qu'on le combine avec la constante de l'aberration : 20'^45 pour en déduire la parallaxe du soleil qui est évidemment fonction de l'un et de l'autre, on trouve au lieu de 8'^57, la valeur notablement plus forte 8'',86. Ainsi la distance moyenne de la terre au soleil se trouve diminuée environ de -j^.

Pour donner une idée du degré de conflance qu'on peut accorder au système d'observation qui a été employé dans celte circonstance, je transcrirai ici une série de déterminations brutes, choisie parmi celles dont la moyenne s'accorde le mieux avec la moyenne générale.

4 on

Moyenne 4026,7

Ce nombre 1026,7 se rapporte à une longueur arbitraire qui intervient dans l'appareil et que l'on fait varier à chaque détermination de manière à obtenir un déplacement constant de l'image déviée par le miroir tournant.

Dans une prochaine communication je m'appliquerai à donner de l'appareil une description suffisante pour offrir une base à la discussion, et pour reconnaître le talent et les services des artistes éminents qui ont bien voulu m'assister.

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