Voir C. /?. de l'Ac. des Se, t. XLIX, p
ment relatif qui excéderait cette minime quantité mettrait certains rayons en discordance avec les autres et les jetterait en dehors du groupe efficace. On comprend dès lors Textrôme importance des précautions h prendre pour détourner du miroir les forces qui tendraient à en altérer la figure.
Lorsque le miroir est placé au fond du tube et que Tinstrument est obliquement dirige'; vers un point quelconque du ciel, la pesanteur agit suivant deux composantes rectangulaires, Tune qui tend à comprimer le miroir dans la direction du diamètre compris dans un plan vertical, Tautre qui le presse contre les parties résistantes sur lesquelles il repose par son revers. Ces deux composantes, qui varient en sens contraires avec la direction de rinstrument, demandent à être combattues isolément ^ A celle qui comprime le miroir sur sa tranche, on ne peut opposer que la rigidité de la matière qui, sous un poids donné, prend une valeur maximum lorsqu'on termine le revers du miroir par une surface suffisamment convexe. Nous avons trouvé avant;igeux de faire tailler la face postérieure du miroir sur une courbe telle que l'épaisseur aille en doublant du bord vers le centre où elle atteint au moins le dixième du diamètre. Ce n'est 1«^, du reste, qu'un palliatif qui n'obvie pas radicalement ;\ la déformation, mais en réalité cette composante diamétrale de la pesanteur n'est que peu redoutable et parce qu'elle diminue à mesure que l'instrument s'élève vers le zénith, et parce que l'aplatissement qui pourrait en résulter dans la totalité des faisceaux convergents se corrigerait aisément par l'emploi d'une lentille cylindrique.
L'autre composante, dont l'intensité varie en sens inverse de la première, exerce sur l'image une influence beaucoup plus fâcheuse. A mesure que l'instrument se dresse, les parties solides sur lesquelles le miroir s'appuie font saillir les parties correspondantes de la surface et déterminent des ondulations qui s'accusent au foyer par de Ioniques traînées de Inmirre. Il faut sup[>rimer ces pressions locales et les répartir uniformément sur toute l'étendue du revers du miroir. Solidaircinent avec la monture de ce miroir on fixe un [)lancher en bois et Ton ménage entre deux un espace où l'on glisse un sac circulaire en caoutchouc (jui, une fois
1. VoirC. /?. (/e IWc. des Se, I. XLIX, p. 85; et Cosm , XIII, p. 328.
gonflé, s'applique sur le verre. Le tube étroit qui conduit l'air dans ce coussin circule le long du corps de l'instrument, se prolonge jusqu'à l'oculaire et se termine par un robinet. En soufflant avec la bouche, l'observateur peut ainsi, sans perdre l'image de vue, régler à son gré la pression et l'amener précisément au degré suiBsant pour que le miroir flotte dans sa monture sans la presser ni par l'une ni par l'autre surface. Il est clair que dans ces conditions le miroir échappe à la pesanteur quant aux effets de la composante qui s'exerce totalement sur le coussin pneumatique. Le jeu régulier de l'appareil n'exige nullement que le miroir ait du ballottement dans sa monture, et l'addition du coussin n'augmente pas cette instabilité de l'axe optique qu'on a jusqu'à présent reproché au télescope. Rien n'empêche d'assujettir le miroir dans son barillet en le saisissant près des bords en trois points équidistants. Le coussin, qui ne peut plus se déplacer en masse, n'en continue pas moins, suivant la pression, à modifier la surface et à réagir distinclement sur la netteté de l'image. Le cadre qui porte l'ensemble du miroir, du barillet et du coussin pneumatique se rattache au corps du télescope par des vis calantes et butantes qui servent à régler l'axe optique par rapport au prisme et à le maintenir dans une position définie. Le corps des nouveaux télescopes est en bois; il a la forme d'un tube octogonal. Des diaphragmes largement ouverts et fixés intérieurement de distance en distance communiquent au système une rigidité dont on tire partie dans la manière de le monter parallactiquement. Au tiers de sa longueur comptée à partir du miroir on a fixé (fig. 19) deux tourillons monlés perpendiculairement sur la direction de l'axe de figure. D'un autre côté, on a construit une table tournante à deux colonnes roulant par des galets sur un plateau orienté parallèlement àl'équateur et maintenu dans cette position par un bâti en charpente. Les deux colonnes de la table tournante sont armées de coussinets pour recevoir les tourillons du corps de l'instrument; de plus elles gardent l'écartement voulu et la hauteur suffisante pour le laisser passer librement. Le télescope étant donc posé à sa place se trouve suspendu parallactiquement, car son double mouvement s'exécute en déclinaison autour des tourillons et en ascension droite autour de l'axe de la table tournante. L'observation prolongée d'un astre exige que i'in-
strument soit arrêté en déclinaison; c*est pourquoi on fixe sur le plateau tournant une sorte de bras dont Textrémité se rattache en quelque point du corps du télescope par une barre à coulisse et à serrage qui figure un côté variable dans un triangle et détermine l'ouverture de Tangle opposé.
Un disque métallique divisé à sa circonférence et monté sur Taxe des tourillons fait Toffice de cercle de déclinaison, et des divisions tracées sur le contour du plateau équatorial figurent les parties d'un cercle horaire; mais les positions qu'ils indiquent ne comportent pas plus de précision que n'en exige la recherche d'un astre qu'on veut mettre dans le champ.
Ce système de pied ne constitue, à vrai dire, qu'un support disposé parallactiquement pour la commodité des observations, les mouvements en sont doux et rien n'empêchera d'y ajouter au besoin un rouage moteur.
On construit en ce moment une semblable monture pour le télescope de 0",42 établi depuis plusieurs mois à l'Observatoire impérial. Le miroir a été fondu à Saint-Gobain, puis dégrossi et débordé dans l'usine Sautter et C'% spécialement consacrée à la construction des phares lenticulaires. Depuis lors M. Sautter a préparé pour l'avenir de bien plus grands disques, ^ et nous avons reçu de lui l'assurance d'une coopération qui ne reculerait que devant une impossibilité matérielle; soulagée d'une préparation qui exigeait un outillage spécial, la maison Secretan a fait tout le reste, sauf les dernières retouches dont elle n'aurait pas accepté la responsabilité. Par les soins de M. Eichens, qui a la direction des ateliers, la partie mécanique se perfectionne et s'achève, en sorte qu'avant peu nous serons en possession de l'appareil complet.
Nous voici parvenu au terme de cette série de détails qu'il fallait tous indiquer sous peine de laisser à d'autres le soin de rechercher ce que la pratique nous avait enseigné. Nous les avons donnés à titre de renseignements pour ceux qui souhaiteraient de reproduire les effets que nous avons obtenus. Parmi ces détails d'exécution, il en est un grand nombre que nous avons recueillis dans les alelicrs de M. Secretan, et nous nous plaisons à reconnaître que ces rai)i>orls de chaque jour avec des ouvriers habiles, des contre-mai 1res intelligents et un chef d'établissement doué d'un esprit éclairé nous ont considérablement abrégé notre tâche.
Sans perdre de vue l'objet principal de ce travail, qui était de fournir des résullîits pratiques, nous avons été conduit, chemin faisant, .'i reconnaître l'insuflîsance des considérations purement géométriques sur lesquelles on se fondait pour établir la théorie des instruments d'optique. Tous les faits observés condamnent un système dans lequel on ne tient aucun compte du caractère périodique de l'agent lumineux, où par suite on néglige l'élément principal qui intervient dans le mécanisme de la formalion des images; ils démontrent, au contraire, qu'au foyer des surfaces appropriées par leur degré de précision A la constitution intime de la lumière les rayons obéissent au principe fondamental des interférences. ^Vinsi se justifie dans ses dernières conséquences une doctrine que l'esprit humain s'est donnée pour guide, ei qui paraît devoir embrasser l'universalité des phénomènes de l'optique physique.
Dans une noie prcfeentéca l'Académie des Sciences' le 21 avril 18fi2, L. Foiiaïul annonça qu'il étciit arrivé ù obtenir un miroir de 0"',80 de dininèlrc et de ^",^0 do distance focale qui, uionté sur un pied altazimulal et soumis aux (épreuves les plus nombreuses et les plus variées, a été reconnu présenter une précision comparable h celle des miroirs plus petits précédemment construits.
Cette note contient en outre quelques détails de construction sans grand intérêt.
f. Comptes rendus de l'Académie des Scie?ices, i. XLIV, p. 839.
MICROSCOPE CATADIOPTRIQUE