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L^EMPLOI DES APPAREILS D'INDUCTION

INTERRUPTEUK A MERCURE»

(Acadcmio des Scieoros. 7 Juillet 1856.)

Dans la plupart des appareils dlnduclion, le courant inducteur est rendu intermittent par le jeu d'un interrupteur qui exerce périodiquement un contact entre les extrémités des réophores. Parmi tous les métaux qui ont été mis en usage jusqu'ici pour garnir ces points de contact, le platine est celui qui a le mieux réussi ; l'élévation de son point de fusion et son peu de tenilance à l'oxydation le <iésignaient d'ailleurs, préférablement aux métaux usuels, comme devant résister plus longtemps à l'action corrosive de l'étincelle qui éclate à chaque interruption. Toutefois^ quand l'appareil fonctionne durant un certain temps, le platine lul-niôme finit par être attaqué, les surfaces de contact se déforment, se creusent ou s'accroissent aux dépens Tuno do l\inlre, la lexlurc du métal s'altère et l'inlerrupteui* finit par cesser de fonctionner. Ce fAcheux résultat se déclare plus vite à mesure (jue Ton oprre avec un courant plus fort, el quand celui-ci acquiert une inlensili* qui (I<'q>asse une certaine liniile. les pièces de 1 inlerrupleui* s(; soud(Mil au [U'cniier contact r4 rel'usent tout service.

1. Voir ^;. li. f/r 1 Af. (h'< Se. l. \IJII. j». Vt : i.n^ini,^. l.IX. |). 7.5.

Comme je recherchais les moyens d'accroître Jes phénomènes d'induction, j'ai rencontré dans cette imperfection des contacts solides une difficulté qui semblait assez grave, et j'ai songé, comme|bien d'autres sans doute, à recourir au mercure.

Dès les premiers essais, j'ai reconnu qu'il serait impraticable de distribuer d'une manière suivie un courant intense avec le mercure nu; par ce moyen l'interruption n'est jamais assez subite, la surface du métal s'oxyde en peu d'instants, et elle émet d'abondantes vapeurs qui ne manqueraient pas à la longue d'exercer leur action délétère. J'ai été ainsi conduit à recouvrir le mercure d'une couche d'eau distillée, ou mieux encore d'une couche d'alcool, ce qui remédie en même temps aux divers inconvénients que présentait l'emploi du mercure tout seul. En effet, l'interruption du courant se produit sous l'alcool avec un bruit sec qui dénote un arrêt brusque, elle donne lieu par suite à une forte étincelle d'induction; l'alcool se trouble en peu d'instants, mais il ne cesse pas de condenser d'une manière efficace les vapeurs émises au point de rupture, en même temps qu'il préserve de l'oxydation la surface du mercure. L'appareil continue donc de fonctionner avec régularité, aussi longtemps que la pile est capable d'alimenter le courant inducteur.

Considéré au point de vue mécanique, l'emploi du mercure apporte dans la constitution de l'interrupteur une modification heureuse. La pièce oscillante qu'on désignait du nom de marteau, n'étant plus limitée dans ses excursions par l'obstacle rigide qu'elle rencontrait sur son enclume, a pu être remplacée par une lame élastique qui vibre par son propre ressort sous l'influence d'un électro-aimant ; cette lame, recourbée et terminée à son extrémité libre par une pointe en platine, vient fermer une soixantaine de fois par seconde le circuit du courant inducteur, en pénétrant plus ou moins dans le mercure. Le contact qui s'établit alors, malgré sa courte durée, n'en est pas moins parfait, il n'offre par lui-même qu'une résistance négligeable par rapport à celles qui sont disséminées dans l'étendue du même circuit; et comme l'organe élastique vibre en toute liberté, ces contacts se succèdent à des époques régulièrement distribuées dans le temps, ainsi qu'on en juge par la persistance du son rendu qui décèle un appareil

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Cil action. Ui série «l'éiîm-tillirs «|ui éclaieni au\ extri^mitil-s du fil iuJuit |>ar- Ucific au mônic c.irartër«>, et dans le bniil crépitant qu'elle Tail eiileudre, rorcillu reli'ûuvc une tonalité distincte t-l conroriiie i\ celle iK^ la laïue vibrante.

V.n niAme lem[is (|u'il réf^ularise le déi>ar{ des éliiitclleii il'iiiduciioa, le nouvel iuierru[iteni', :i|>[)lii{ué aux macliiiics acluellcmenl on usa^e. est |trt)|>rc i\ en au^mcnler justgu'â nu certain point la puissanc». GéntValemunl il a^M de manière :ï rcndi-c les elTels propurlionueU aiii intensilt-sdu courant diâlriinié ; d'où il suit que c'est parlieulièrcmeiil dans rem|iloi des lurts courants i{u'il prend un avaiita^'^ niai-qué sur les interruplcurs à contacts solides.

Il y a môme imprurlenci', avec une seul*^ machine «h- ilimcnsiun ordinaire, iv vouloir forcer, an delà d'une certaine limite, l'inlensilé <lu courant inducteur, car on arrive inraillililement à faire crever iiili*rieurcmeul la bobine du fil induit. Mais en réunissant plusieurs machines, la somme des tensions se trouvant partagée entre les divers élémenls do celte espèce de batterie, on peut taire agir sur l'ensumblc un nombre de couples proportionnel à celui des machines; ce qui accroît, suivant le même rapport, la dislancc rraiicliic par l'éliiKclic entre 1rs deux cxtréuiilés de la série iiulntic.

(> système de ri-utiJoii >;qipli(|iic .s;iiis dilliciillc ;nix cNcclleules muchines de M. llnlinikortV, pniii'\u qu'on se borne à les as!>eiiiblcr par fiaire.

On supprime les marteaux que l'on rcmpbice |)ar des conducteurs à demeure, on réunit les deux lils conducteurs à [a suite l'un de l'autre, el l'on introduit, dans Ir circuil, riiitorriipteui- accuuqiagné du condensateur d'cxtra-eoiiraul. Pur [U-écaulion. chaque machine doit conserver ses couduclciirs de déi-liarj^e écartés i\ distance nonnaii; ; elles yarJeiit aussi toutes deux leurs commutateurs qui servent ;') diriger chacune des deux poi-lions du courant, en sens tels que les portions i!e sifj;iu's conti-aires s'accumulent aux extrémités intéi"ieures des cieux lils induits; ceux-ci culin étant mis en communication, les bouts extcrienis qui restent libres deviennent les deux pôles du système et donnent des étincelles à la distance de 0°',030à 0%0;i5.

La figure 12 représente l'interrupteur à mercure : c et c' sont les deux bobines de l'électro-aimant animé par le courant inducteur, R est la lame vibrante munie d'un fer doux K et d'un appendice recourbé G qui vient plonger par sa pointe en platine dans le mercure du godet V, que l'on achève de remplir avec de l'alcool. Si le courant est supposé s'engager par le fil q, il est conduit par ce fil jusqu'au mercure qui, par son contact avec l'extrémité de la lame plongeante, le transmet  I electro-aimanl ; ce courant gagne ensuite le reste du circuit par le fit q'. 11 est clair que, dans ces conditions, la lame doit entrer en vibration et fonctionner comme interrupteur du courant qui la traverse ipetj/ sont deux fils qui, insérés de part et d'autre du point d'interruption, se rendent au conducteur d'extracou ranL

Quand on veut placer plus de deux machines sous la conduite de l'inlerrupteur à'mercure, il devient nécessaire d'isoler avec un soin particulier les appareils surnuméraires. En effet, relativement aux très-fortes tensions qui se manifestent dans le fil induit au voisinage des extrémilés, le fil conducteur qui pénètre dans l'axe des bobines peut être considéré comme an conducteur inerte, et si ce conducteur approche les bobines induites endos points plus ou moins distants de celui où les tensions sont nulles, il offre à la décharge un chemin tout tracé ; il est donc important d'établir dans les machines surnuméraires un isolement absolu entre le fil inducteur et la surface interne de l'hélice induite. Cet isolement s'obtient d'une manière

complète en inlitxluisanl un tube de verre dans Fespace annulaire qui sépare les deux hélices concentriques. A partir du moment où, par les soins de M. RubmkorflT, cette condition a été remplie, quatre machines réunies ont donné les tensions qu'on en |>ouvait attendre, et le flux des étincelles s'est élancé à la dislance de 0",07 à 0",08.

Je n'insisterai pas pour le moment sur les effeLs que Ton peut produire en mettant en usage un appareil aussi puissant, j'ajouterai seulement que l'emploi du condensateur d'induction communiquant aux étincelles un pouvoir éclairant considérable, Tisochronisme qui préside à l'interruption, achève de réaliser pour l'étude des phénomènes périodiques une source intermittente de lumière à éclats équidistants et instantanés.

JNSTRLCTION

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