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ENTRETENIR LE MOUVEMENT DU PENDULE

Dans la belle expérience imaginée par M. Foucault, où rinvarlabilité du plan d'oscillation d'un pendule donne la démonstration de la rotation de la terre, Tamplitude des mouvements du pendule diminue peu à peu à cause de la résistance de Tair. M. Foucault a trouvé un moyen très-ingénieux de conserver indéfiniment cette amplitude sans influer en rien sur la direction du plan d'oscillation, en se servant de l'attraction exercée par un électro-aimant sur la sphère qui se meut sous l'action de la pesanteur. Cette application de l'électro-magnétisme a ceci de remarquable qu'elle présente le premier exemple d'un commutateur fonctionnant sans qu'il y ait contact entre la partie fixe de l'appareil et celle qui est en mouvement.

Les planches 9 et 10 représentent les dispositions adoptées par M. Foucault.

Un électro-aimant E, placé exactement sur la verticale du point de suspension du pendule, repose sur un ressort R soutenu par la plaque A B. Une tige verticale, fixée à l'électro-aimant, passe à travers le ressort et se

4. Nous n'avons pu trouver de cette disposition aucune description faite pafr L. Foucault; la description suivante est empruntée au Traité d'électricité théorique et appliquée, par A. de La Rive, t. III, p. 475, Paris, 4S58, auquel l'inventeur renvoyait dans une notice sur ses travaux scienti- Gques.

L'appareil décrit ci-après a fonctionné à l'Exposition universelle de 4855.

termine par un crochet o^ dans lequel s'engage le levier a/), équilibré par le poids p et portant un contact a, qui peut venir toucher la pièce b, dont une vis sert à régler la hauteur. Un levier coudé, que tend à soulever le ressort R', porte une armature e placée au-dessus d*un second électro-aimant E^, plus petit que E et disposé sur la même verticale ; c ei d constituent un contact semblable à celui du premier levier. La tige e c se termine par une came qui s'appuie sur les dents d'une roue r> laquelle engrène avec le pignon d'une seconde roue /> qui communique son mouvement à un petit volant v. De chacun des pôles de la pile partent deux fils, de manière à former deux circuits complets et indépendants qui constituent, l'un l'électro-aimant supérieur, et l'autre, l'électro-aimant inférieur.

La sphère S qui se meut sous l'action de la pesanteur est en cuivre et contient un cylindre de fer doux, dont l'axe est le prolongement du fil de suspension.

Supposons le pendule à l'extrémité de sa course : le ressort R, légèrement comprimé par le poids de l'électro-aimant, permet au contact a 6 de s'établir; il en résulte que le courant passe dans E\ que l'armature e est attirée, le contact c(/ établi, et que, par conséquent, le courant circule dans E. Quand le fil du pendule arrive près de la verticale, le cylindre de fer doux placé dans l'intérieur de la sphère se trouvant à proximité de l'électroaimant, est attiré, et le pendule reçoit l'impulsion qui conserve l'amplitude de ses oscillations. Il faut remarquer que cette impulsion lui est toujours donnée dans le plan où il se meut, puisque ce plan passe toujours par la verticale du point de suspension sur laquelle se trouve aussi le centre d'action de l'électro-aimant E et celui de l'électro-aimant E', dont la force attractive, si elle n'est pas négligeable, est du moins ainsi sans influence sur la direction du plan d'oscillation.

Voici maintenant comment l'aimantation cesse du moment où le pendule a dépassé la verticale, et où par conséqueiU rallraclion magnétique s'opposerait à son mouvement. La figure représoiUo i'apiKireil dans l'inslant où la sphère se trouve au-dessus de E; celui-ci, (ju'un très-faible eiïort suilil pour soulever à cause de rèlaslicitè du ressort, est attiré verticalement par le fer doux, s'élève de quelques nHllinièlres et soulève le levier a p.

ce qui interrompt le contact a6;rélectro-aimantE' cessant d'être aimanté, le ressort R' soulève le levier coudé, le contact c d est interrompu et le courant ne peut plus ci rculer dans Télectro-aimantE. Mais il était important de disposer les choses de telle manière que le courant ne pût se rétablir dans E avant que la sphère ne fût en dehors de son champ magnétique. Or, dès que le pendule a dépassé la verticale, Télectro-aimant retombe, etE', de nouveau aimanté, attire son armature; mais la came f, arrêtée par les dents de la roue r> ne permet au levier que de descendre d'un mouvement lent et régulier qui est réglé par le volant v, en sorte que le contact cdne se rétablit qu*au bout d'un certain temps, lorsque la sphère du pendule est hors du champ magnétique de Télectro-aimant.

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