‹ Recueil des travaux scientifiquesChapitre 39 sur 179 · ADDITION · texte numérisé non relu

ADDITION

Pendant les beaux jours qui ont marqué la fin de cet hiver (18/i6), nous avons pu faire de nouvelles observations sur les interférences dans le cas de grandes différences démarche, et nous sommes parvenus à des nombres encore plus élevés que ceux que nous avons cités dans la première partie de ce travail. Pour obtenir ce résultat, nous avons cherché observer les bandes d'interférence dans un spectre plus pur encore que celui que nous avions pu produire. Ce but est facile à atteindre par l'emploi de plusieurs prismes au lieu d'un seul.

Dans nos premières expériences, nous avions trouvé avantageux de placer une lentille entre la source de lumière et le prisme, afin de rendre parallèles les faisceaux envoyés par chaque point de cette source de lumière avant leur passage à travers le prisme*. On voit que, dans ce cas, chaque faisceau de lumière simple est dévié parle prisme suivant sa réfrangibilité propre, mais reste parallèle comme il était avant la réfraction. Il résulte de là que, si l'on place un second prisme après le premier, de manière à ce que leurs réfractions se fassent dans le même sens, chaque faisceau de lumière simple recevra un accroissement de déviation, mais restera parallèle comme il était avant la seconde et la première réfraction. Un troisième prisme ne fera, comme le deuxième, que disperser la lumière davantage, sans troubler le parallélisme des faisceaux; de sorte que l'on

4. Il y avait, eo outre, la lentille que Ton emploie toujours lorsqu'on veut avoir un spectre pur elle était placée comme à Tordinaire, entre l'observateur et le prisme, près de ce dernier.

peut ainsi, en employant plusieurs prismes , obtenir des spectres de plus en plus étendus, et dans lesquels les éléments de lumière simple sont de plus en plus dispersés.

Le succès de cette disposition dépend, comme on le voit, du parallélisme des faisceaux avant leur réfraction; ce qui explique pourquoi l'on trouve ordinairement peu d'avantage à l'emploi de plusieurs prismes lorsqu'on veut obtenir des spectres très- purs.

Nous avons observé, par ce moyen, les interférences produites par ia réflexion aux deux surfaces de petites glaces à faces parallèles, dont les épaisseurs en millimètres ont été trouvées, telles qu'elles sont dans le tableau ci-dessous.

Les différences de marche calculées d'après les épaisseurs, et pour les raies F et G, entre lesquelles les bandes sont le plus nettement aperçues, par suite de la dispersion de cette région du spectre, sont les suivantes, en nombre d'ondulations :

NH,

Épaisseur des lames en millimètres. .

Pour la raie F

Pour la raie G

ni

SSUMÉ.

Il résulte des faits rapportés dans la première et la seconde partie de ce travail, que Tinfluence mutuelle que deux rayons de lumière exercent l'un sur l'autre a pu être manifestée par l'analyse prismatique dans les circonstances importantes où cette influence n'avait pas été constatée.

Le phénomène des interférences, qui n'était observable que pour les différences de marche d'un petit nombre d'ondulations, a pu être constaté lorsque la différence s'élevait à plus de sept mille ondulations.

Les phénomènes de polarisation chromatique des lames cristallisées ont pu être observés dans un état de simplicité remarquable avec des lames

relativement épaisses, puisque les nouvelles épaisseurs peuvent être cent

fois et au delà plus grandes que celles qui rendaient jusqu'ici les phénomènes insensibles à l'observateur.

Nous concluons de ces faits que les limites de différence de marche fort restreintes au delà desquelles on ne pouvait plus manifester l'influence mutuelle de deux rayons ne dépendaient que de la complexité de la lumière. En employant la lumière la plus simple que l'on puisse obtenir, ces limites peuvent être considérablement reculées.

L'existence de ces phénomènes d'influence mutuelle entre deux rayons, dans le cas de grande différence de marche, est intéressante pour la théorie de la lumière, en ce qu'elle révèle dans l'émission des ondes successives une régularité persistante qu'aucun phénomène n'indiquait jusqu'ici.

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