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LA CONSTRUCTION DU PLAN OPTIQUE

(Sans date.)

Depuis longtemps j*ai eu la pensée que la méthode des retouches locales, qui m'a servi à donner aux miroirs en verre la figure parabolique, conviendrait également pour engendrer ou perfectionner la surface d'un miroir rigoureusement plan. Ayant eu le loisir de faire l'expérience, j'ai obtenu une réussite qui me permet de présenter la méthode comme étant d'une application facile et assurée.

Le miroir dont il s'agit a O'^^^Sô de diamètre, et, sous quelque incidence qu'il se présente aux rayons qui tombent à sa surface, le faisceau réfléchi observé dans les lunettes ne présente aucune différence avec le faisceau direct.

Pour arriver à ce résultat, on ne s'est servi ni du sphéromètre, ni des bassins multiples ordinairement employés pour engendrer la surface du plan.

Le disque de verre, après avoir été fondu à Salnt-Gobain et dégrossi dans les ateliers de M. Sautter, a été attaqué à la main au moyen d'un disque plus petit que Ton faisait mouvoir à sa surface avec interposition d'émeris de plus en plus fins détrempés dans l'eau.

On a ainsi engendré une surface doucie, qui, sous une incidence

oblique, réfléchissait spécuiairement la lumière émanée d'un point de mire placé à la distance de trois ou quatre mètres.

Le faisceau, réfléchi et observé dans une petite lunette, donnait au foyer une image qui, par sa déformation, indiquait Tétat de la surface, et suivant que cette surface était reconnue convexe ou concave, on insistait en la travaillant de nouveau sur le centre ou sur les bords.

Quand Tirnage réfléchie s*est montrée aussi nette que Timage directe, on s'est occupé de donner le poli à cette surface doucie. Pour cela on a préparé un polissoir en verre de 0"*,12 à 0",15 de diamètre et légèrement convexe. On Ta recouvert d'un papier collé à l'empois, et, après l'avoir enduit d'oxyde de fer, on s'en est servi pour exercer, sur la surface à polir, un frottement également et méthodiquement distribué sur toute son étendue. Ce travail a duré trois jours, et, au bout de ce temps, le miroir s'est trouvé poli sans que la rectitude du plan ait été altérée. On avait pour garantie l'observation de la mire réfléchie sous l'incidence rasante, et l'on dirigeait le travail de manière à combattre la moindre tendance à la déformation dans un sens ou dans l'autre.

11 est donc établi que l'on peut construire le plan optique par simple retouche locale et sans recourir à l'ancienne et laborieuse méthode, qui consistait à réunir deux à deux une série impaire de bassins jusqu'à superposition exacte de l'un quelconque avec tous les autres.

11 n'est pas nécessaire d'insister sur l'importance d'un pareil résultat. Le miroir plan est pour l'optique expérimental un ciel artiflciel sur lequel on peut éprouver les grands instruments astronomiques, lunettes ou télescopes, en les amenant à se coUimer par eux-mêmes.

Il convient d'ajouter, aux applications précédentes de la méthode des retouches locales, remploi qu'en a fait L. Foucault pour la taille des objectifs : deux objectife, l'un de 7 pouces et l'autre de 9 pouces, ont été taillés par lui et sont actuellement employés l'un à Lima (Pérou), l'autre à Paris. L. Foucault n'a laissé aucun mémoire sur ce sujet : nous nous bornons à le signaler, nous réservant de donner en annexes les renseignements que nous aurons pu recueillir.

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