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ÉMANANT D'UN CHARBON PLACÉ ENTRE LES DEUX POLES D'UNE PILE

(Académie des Sciences, 15 janvier 1849.)

Il y a cinq ans, j*ai présenté à rAcadémie, en commun avec M. Donné, un appareil qui permet de recourir à la lumière de la pile pour éclairer vivement des menus objets, et pour en obtenir sur un écran une image amplifiée, comparable à celles que fournit le microscope solaire lui-même.

Dans cet appareil, assez difficile à manier et à conduire, la source lumineuse, si puissante du reste, devait être l'objet d'une surveillance continuelle, et elle imposait à l'opérateur une préoccupation nuisible aux expériences qui, à elles seules, réclamaient tous ses soins. Aujourd'hui mon appareil photo-électrique a reçu un complément dont je ne voudrais pas m'exagérer l'importance, mais qui me semble susceptible de le rendre utile à la science.

Les pôles de charbon qui, autrefois, devaient être incessamment rapprochés par l'opérateur lui-même, s'avancent maintenant d'eux-mêmes avec des vitesses qui font respectivement équilibre à l'usure inégale de chacun

4. Une noie sur le même sujet a été présentée A ia Société philomathique le 20 janvier 4849. Voir C. R. de VAc. des Se, t. XXVIll, p. 68 ; Procès-verbaux de la Soc. phiL 4849, p. 46.

d'eux; en sorte que, non-seulement ils se maintiennent spontanément à la petite distance la plus propre à exciter une vive lumière, mais qu'en outre le point radieux qu'on veut utiliser conserve une position invariable dans l'espace. Pour en arriver là, j'ai disposé les choses de la manière suivante :

Les deux porte-charbons sont sollicités l'un vers l'autre par des ressorts, mais ils ne peuvent aller à la rencontre l'un de Tautre qu'en faisant défiler un rouage dont le dernier mobile est placé sous la domination d'une détente. C'est ici qu'intervient l'électro-magnétisme : le courant qui illumine l'appareil passe à travers les spires d'un électro-aimant dont l'énergie varie avec l'intensité du courant; cet électro-aimant agit sur un fer doux sollicité d'autre part à s'en éloigner par un ressort antagoniste. Sur ce fer doux mobile est montée la détente qui enraye le rouage ou le laisse défiler à propos, et le sens du mouvement de la détente est tel, qu'elle presse sur le rouage quand le courant se renforce, et qu'elle le délivre quand le courant s'affaiblit. Or, comme précisément le courant se renforce ou s'affaiblit quand la distance interpolaire diminue ou augmente, on comprend que les charbons acquièrent la liberté de se rapprocher au moment même où leur distance vient à s'accroître, et que ce rapprochement ne peut aller jusqu'au contact, parce que l'aimantation croissante qui en résulte leur oppose bientôt un obstacle insurmontable, lequel se lève de lui-même aussitôt que la distance interpolaire s'est accrue de nouveau.

Le rapprochement des charbons est donc intermittent ; mais, quand l'appareil est bien réglé, les périodes de repos et d'avancement se succèdent assez rapidement pour qu'elles équivalent à un mouvement de progression continu.

Ce résultat étant obtenu depuis onze mois, je me plaisais à grouper autour de mon nouvel appareil les expériences d'optique les plus brillantes et les plus délicates.

J'ai été interrompu dans ce travail par la nouvelle qu'un appareil analogue venait d'être construit en Angleterre. V Illustration anglaise contient, dans son numéro du 18 novembre 18^8, la description d'une lampe élec-

trique pour laquelle Tinventeur, M. W. Edward Staite, a pris un brewt.

Je n'ai donc pas Tintention de contester à M. Staite le mérite d'une idée qu'il a eue en même temps que moi. Mais puisque j'ai, de mon côté, pleinement réalisé un projet que je poursuivais depuis nombre d'années, oserai-je demander à l'Académie qu'une commission veuille bien se transporter aussitôt chez moi pour constater mes résultats, pour prononcer sur l'impossibilité matérielle qu'il y aurait eu pour moi d'improviser en si peu de temps des appareils nombreux et confectionnés pour la plupart entièrement de ma main. C'est le seul moyen qui mereste pour conserver ma juste part d'une invention dont je me réserve de faire ressortir ultérieurement l'utilité dans certaines recherches expérimentales.

Si la commission daigne se rendre à mon laboratoire, je lui soumettrai en même temps une nouvelle disposition de la pile de Bunsen, qui me permet de la mettre en activité et la replacer au repos en moins de cinq minutes. Ainsi, la commission se convaincra, je l'espère, que je suivais une ligne bien déterminée et que, dans ces conjonctures si fâcheuses pour moi, j'ai été victime du désir de ne soumettre à l'Académie qu'un travail complet.

A la suite de cette communication, une commission composée de MM. Dumas et Regnault fut nommée, et dans la séance du 22 janvier 1849, M. Dumas, rapporteur, présentait en son nom le rapport suivant que nous croyons devoir reproduire *.

« Conformément aux ordres de l'Académie, nous nous sommes rendus, à Tissue de la séance dernière (15 janvier 1849), dans le laboratoire de M. Foucault, pour constater rétat dans' lequel se trouvaient les appareils construits par ce physicien pour rendre régulière et permanente la lumière produite par la pile au moyen du charbon.

(( Nous avons trouvé chez M. Foucault des piles disposées de façon qu'on puisse, en quelques minutes, les mettre en activité et propres à être mises au repos dans un temps également très-court.

« M. Foucault nous a présenté, en outre, un ancien appareil disposé pour obtenir

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