XX DES PROGRÈS DE LA MÉGANIQUE
nante efficacité des retouches locales pour perfectionner indéfiniment, sans les recommencer, les surfaces de verre, qui ensuite, argentées chimiquement, fonctionnent à la manière des plus beaux miroirs et donnent à leur foyer d'excellentes images. Pour Texploration du ciel, un télescope ainsi constitué peut lutter avec une lunette achromatique de même diamètre et coûte environ six fois moins. La matière du miroir est en verre commun, tandis que les cristaux de haut prix doivent former les éléments de l'objectif achromatique; le miroir, en outre, n'a qu'une surface et l'objectif en a quatre; la distance focale de la lunette étant enfin trois ou quatre fois plus grande que celle du télescope, les frais de montage et d'abri sont augmentés par là dans une proportion qui rend l'achat de l'instrument inaccessible aux particuliers. Le télescope sera donc souvent préféré et tend chaque jour à l'être davantage.
Une fois construit cependant, il faut le diriger vers le ciel pour y contempler l'astre que l'on veut étudier, et comme le champ de la vision est malheureusement très-borné, il faut lui imprimer un mouvement continu pour suivre les astres, qui, se déplaçant à chaque instant, ne seraient visibles dans un instrument fixe que pendant quelques secondes; le télescope doit donc tourner, comme les astres, d'orient en occident, en faisant un tour en vingt-quatre heures. Si l'on songe que le grand télescope construit récemment pour l'observatoire de Marseille [pèse 1,000 kilogrammes, on comprend toute la difficulté d'un tel problème.
La solution obtenue par un mécanisme d'horlogerie serait complètement insuffisante ; les impulsions successives séparées nécessairement par des temps d'arrêt donneraient à la lunette un tremblement continuel, en faisant pour ainsi dire sautiller l'astre observé autour du fil auquel on doit rapporter son mouvement, et un tel instrument ne saurait suffire aux observations scrupuleuses et assidues de nos astronomes. Les systèmes le plus habituellement employés peuvent être comparés à des tournebroches plus ou moins perfectionnés et ne donnent aucune précision. 11 faut citer néanmoins d'une manière spéciale l'élégant mécanisme appliqué par Gambey au petit équatorial qu'il a construit pour l'observatoire de Paris; mais tout en admirant cette ingénieuse solution, les constructeurs l'ont trouvée
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généralement trop indirecte et trop dispendieuse pour chercher à Timiter. A Greenwich le nouvel appareil est mis en mouvement par un mécanisme dont on dit beaucoup de bien, et qui cependant ne semble pas pouvoir être adopté : c'est une petite turbine à eau dont la valve est gouvernée par un pendule conique; mais la nécessité d*un cours d'eau et la possibilité de la gelée sont des inconvénients graves devant lesquels la plupart des observatoires reculeront très-certainement.
Peu satisfait de ces appareils et de quelques autres proposés ou essayés jusqu'ici, M. Foucault ne désespéra pas de pouvoir résoudre plus simple^ ment ce problème si dii&cile : il y est parvenu à l'aide d'un principe dont les applications doivent s'étendre dans toutes les branches de l'industrie* Tout le monde connaît les boules massives que l'on voit tourner dans toutes les machines à vapeur, et qui, s'écartant lorsque la rotation s'accélère, diminuent l'orifice d'admission de la vapeur en modérant la force dès qu'elle est devenue trop grande. L'efficacité de cette disposition est malheu^ reusement trop douteuse et trop lente : on corrige l'efFet que l'on veutcom* battre en lui faisant produire un effet contraire; les deux causes opposées se choquent confusément, mais rien n'établit entre elles un équilibre rigoureux et ne balance exactement leur contrariété pour donner une solution précise. La vitesse, d'ailleurs, ne peut être modérée queparl'écartement des boules, qui en suppose l'accroissement préalable. L'inégalité est donc imparfaitement corrigée, et elle n'est pas prévenue. M. Foucault, profitant d'une idée déjà émise par l'habile constructeur M. Meyer, de Mulhouse, s'est proposé de rendre la vitesse de rotation de l'appareil indépendante de l'angle d'écartement, et de diminuer pour cela le poids des boules par un contre-poids dont l'action augmente quand l'écart est plus grand; il a trouvé les conditions précises d'une compensation rigoureuse, et des dispositions diverses permettent de les réaliser mathématiquement avec une parfaite justesse : il suffirait, par exemple, de faire descendre le contre-poids sur la courbe tant de fois rencontrée depuis Huyghens par les mécaniciens géomètres, et que l'on nomme cycloKde. Celte disposition donnerait un instrument théoriquement parfait comme le pendule cycloïdal d'Huyghens, mais il n'a pas plu à M. Foucault de l'adopter ; c'est chez lui