‹ Recueil dramatique;Chapitre 44 sur 106 · acte m · texte numérisé non relu

acte m

/ SCKNt PREMIÈRE.

Pope, Thomas.

Thomas.— Je viens de prêter l'oreille à la porte du roi. Il dort du plus profond sommeil En vérité, Pope, depuis que je le sais en sûreté, mon cœur se trouve à l'aise, comme si je sortais d'une longue prison. Cependant je tremblerai toujours jusqu'à ce qu'il soit débarqué sur les terres de France. Si ces maudits rebelles' allaient se saisir de sa personnel Us ne lui feraient pas plus de grâce qu'à son père.

Pope. — Mes cheveux se dressent sur ma tête à cette pensée. Que le Ciel nous préserve d'un si grand malheur!

Thomas. — Nous voulons le bien, nous autres» tout

simplement, et avec religion, au lieu que ces sectes nouvelles outragent le Seigneur par leur orgueil. L'année dernière, avant la bataille de Dunbar, l'armée Eco*: saise ne se regardait-elle pas comme une armée de saints 1 N'entendait-on pas ses ministres dire tout haut à Dieu, que s'il ne les sauvait pas de leurs ennemis, ils ne le reconnaîtraient plus pour leur maître 1 Les in* sensés ! comme s'il était en leur pouvoir de s'en faire un autre!

Pors.—Cet orgueil les perdit Je n'en suis pas fâché. Us ne serviraient pas sincèrement le parti du prince. Il s'était jeté dans leurs bras, jet ils le traitaient comme un prisonnier. Us l'avaient éloigné de l'armée, parce qu'ils le voyaient gagner l'affection du soldat par sa valeur. Ils voulaient pour eux seuls la gloire de soumettre Cromwell. Ils l'avaient réduit à l'extrémité. C'en était fait de lui, s'ils avaient continué de rester sur les hauteurs, comme le voulait leur général. Mais Jeurs fougueux ministres (tirent qu'ils avaient lutté avec le Seigneur dans leurs prières ; qu'ils l'avaient forcé de leur accorder la victoire, et de livrer l'ennemi entre leurs mains. Us descendirent comme des forcenés dans la plaine, et furent battus. Ils le méritaient bien pour leur aveuglément ; ils parlaient d'un entretien avec le Seigneur, comme d'une conversation familière avec un ami. S'ils avaient été victorieux, ils n'auraient peut-être pas traité le roi mieux que n'aurait fait Cromwell lui-

Thomas. — J'aime encore mieux le savoir dans notre château que dans leur camp.

168 CHARLES SfcCONf».

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