‹ Recueil Général des Bas-Reliefs de la Gaule Romaine (volume 2)Chapitre 137 sur 184 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

P. 207 et suiv., n°5 3132 à 3135. Ajouter à la bibliographie : J.-J. HaTT, Les monuments gallo-romains de Paris et les origines de la sculpture votive en Gaule romaine. I, Du Pilier

des Nautes de Paris à la colonne de Mayence, dans Revue archéologique, 1952, I, p. 68-83. — P.-M. Duva, Le groupe des bas-reliefs des Nautae parisiaci, dans Monuments Piot, 48, 1956, p. 68-90. (PI. CXIII).

On avait depuis longtemps déjà reconnu que les divers blocs sculptés, découverts sous la cathédrale Notre-Dame et sur l'emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu, souvent improprement appelés autels, avaient appartenu à un seul monument, sorte de haut pilier, décoré sur chacune de ses quatre faces. M. J.-J. Hatt propose un essai de reconstitution du monument, haut de 6 m environ, comportant quatre étages couronnés par une statue de Jupiter assis. Au sommet se placerait le bloc de Jupiter ; à la base les huit divinités, puis la Procession des Nautes, l’inscription, Castor et Pollux.

Peut-on reconnaître dans le Pilier des Nautes le prototype de la colonne de Mayence et des monuments contemporains des règnes de Tibère et de Claude, piliers de Mavilly, de Dijon, etc., matérialisant une même inspiration puisant sa source de Jupiter et de l’empereur, qui, partis de la Gaule centrale, gagnent progressivement la Rhénanie par les vallées de la Saône et de la Moselle ? La sculpture gallo-romaine du Bassin Parisien et de la Bourgogne aurait exercé aussi son action sur l’art funéraire militaire de la vallée du Rhin et ses origines sont liées à la présence, dans le sous-sol parisien, d’un matériau, la pierre de Saint-Leu, qu’utilisèrent les sculpteurs rhénans de la stèle de Flavoleius et de la colonne de Mayence, adoptant la technique parisienne du bas-relief en champlevé, appliquant à la pierre tendre les procédés artisanaux des praticiens narbonnais.

Une conclusion plus nuancée paraît devoir s’imposer. Il est, en effet, difficile d’évaluer la hauteur de blocs incomplets et de rétablir avec précision l’ordre de succession de ces mêmes blocs.

P. 210, n° 3133. Ajouter à la bibliographie : P.-M. Duvax, Le dieu Smertrios et ses avatars gallo-romains, dans Études celtiques, VI, 1953, p. 219-238.

Le personnage brandissant une massue est à rapprocher du dieu gaulois Smertrios.

P. 218-221, n°8 3137-3838. Ajouter à la bibliographie : J.-J. HaATT, Les monuments gallo-romains de Paris et les origines de la sculpture votive en Gaule romaine. II, L’ensemble du Musée Carnavalet et les arcs de triomphe votifs en Gaule romaine, dans Revue archéologique, 1953, I, p. 52-69. — Robert Ami, Nouvelles remarquables sur l’arc de triomphe dit des Amours et du Tricéphale, dans Ibid., 1954, 1, p. 204-209.

Il s’agirait, d’après ce quatrième essai d’assemblage, d’un arc aux Amours et au Tricéphale ou d’une porte monumentale, ayant fait partie de la décoration d’un même ensemble qui aurait été élevé en 17 de notre ère pour honorer le triomphe de Germanicus.

P. 229, n° 3147; IX, p. 341. Ajouter à la bibliographie : P.-M. DuvaL, La pierre aux trois divinités du Musée de Cluny, dans La Revue des arts, 1954, p. 235-238. — Ch. PicARD, Le pilier aux trois dieux de l’ancienne église Saint-Landry dans la Cité (Musée de Cluny, Paris), dans Revue archéologique, 1955, I, p. 69-71. (Clichés des archives photographiques.) (PI. CXITI-CXIV).

Une présentation nouvelle a été faite des blocs ayant appartenu à un pilier quadrangulaire, au décor incomplet par le haut et se continuant sur la partie supérieure manquante. Les restaurations suivantes ont été effectuées en 1954;

1. Bloc à la divinité féminine : L’épaule droite et les seins ; la partie extérieure médiane de la bague de la torche. La torche, dont les parties latérales sont authentiques. Le bouillon

des plis au-dessus des cuisses et le haut des plis entre les cuisses. La ligne horizontale barrant le front est une trace de peinture brun noirâtre.

2. Bloc de Mars : Le dessus des épaules ; les plis de la tunique à la naissance des cuisses ; la continuité de la lance.

3. Bloc de Vulcain : La rondeur de l’épaule droite; le plat de la tunique à mi-cuisse et le pli entre les cuisses ; la continuité du sceptre ; le tombant de la tunique à notre gauche.

4. Bloc aux feuillages : La pointe des feuilles aux troisième et sixième rangées en partant du haut.

Les sculpteurs gallo-romains n’ignoraient pas leurs classiques. On avait été surpris de ne pas retrouver l’image des « quatre divinités » sur le pilier de l’église Saint-Landry. M. Ch. Picard donne la clé de l’énigme : on est bien ici devant une scène à trois personnages, Vulcain, Mars et Vénus, ou le « ménage à trois», et les reliefs doivent être ainsiinterprétés : Vulcain n’est pas coiffé du bonnet phrygien, mais du pileus et porte l’exomis artisanale et, sur la pierre, au lieu de la représentation d’un baldaquin, on pourrait reconnaître les extrémités du filet, utilisé par le dieu pour envelopper et lier magiquement les délinquants adultères, avant de les voir gaillardement exposés devant l’Olympe amusée. Les deux coupables se tournent déjà le dos, le pilier les adossant deux à deux, Vénus voilant sa nudité, comme une Orientale, chevelure en désordre, animation de la poitrine, mouvement dansant et défensif l’écartant de son cruel époux. Mais est-ce bien une torche qu’elle tient ? Et pourquoi pas une épée ? Le chiton « à bretelles », étrange dans le costume antique, fait penser à une imitation du baudrier auquel est suspendu l’épée, dont on pourrait voir la poignée dans l’objet à cannelure près de la torche. La Venus armata est typiquement la compagne du Mars casqué dans l’Occident latin. Comme la Vénus d’Épidaure, celle de Lutèce a le sein droit découvert, d’où l’apparentement non douteux des deux figures.

P. 233, n° 3155. Ajouter à la bibliographie : P.-M. Duvai, Gallia, X, 1952, p. 53.

P. 251 et 253, n°5 3191 et 3197. Ajouter à la bibliographie : P.-M. Duvar, Note sur un relief d’Hercule resculpté en stèle funéraire provenant des Ardennes.

Il a été donné au Musée des Antiquités nationales par la famille du général Robert et non, comme l’indique E. Espérandieu, par Charles Robert.

Dans un premier état, le bloc portant l’image sculptée en baut-relief d'Hercule nu, assis sur un siège ou un rocher et recouvert de la dépouille du lion (E., 3191), pouvait être un simple ex-voto ou plutôt une partie de monument funéraire. Le style un peu mièvre rattacherait la pièce au 11° siècle de notre ère. Au siècle suivant, recoupée à gauche, en biais, la face droite arrière du bloc a été utilisée pour un bas-relief funéraire (E., 3197), représentant un homme debout, vêtu du manteau gaulois à capuchon relevé sur la tête.

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