MONACO
8600. Statuette trouvée en mer, le 9 juillet 1949, en vue de la côte monégasque. Au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.
Bronze. Hauteur, 0,51 m. (PI. I).
Raymond LANTIER, Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1951, p. 112-114. — Du MÊME, Monuments Piot, XLVI, 1951, p. 69-76. — Du MÊME, La Revue des Arts, 1951, p. 115-116. — Du MÊME, Archivo de préhistoria levantina, III, 1952, p. 208 (figures). — K. Benorr, Revue d’études ligures, XVIII, 1952, p. 265-266.
Panthère mâle, le poids du corps reposant sur les membres postérieurs, le droit légèrement fléchi, le gauche porté en arrière, la patte antérieure, de ce même côté, levée et ployée, l’autre cambrée obliquement. Le cou est tendu, la tête dressée, les oreilles tirées en arrière, la gueule béante, la langue, en cuivre rouge, au filet incisé, dardant entre les incisives inférieures, la narine dilatée. Les yeux, dont les pupilles sont indiquées par un point triangulaire en creux, regardent vers le haut. Le muffle est violemment plissé. Sous la mâchoire inférieure, deux touffes de poils dessinent une double barbiche et, à la base du crâne, de profondes incisions incurvées encadrent les joues, figurant les mèches d’un collier de poils. Sous le ventre se dissimule le sexe, dont la verge présente une terminaison rectangu-
laire. Le pli interfessier est nettement marqué et, sur la poitrine, descend, en assez fort relief, un fanon à arête aiguë. Sur la patine, passant d’un vert olive dominant à un vert plus foncé, se détachent les oscelles du pelage, sous la forme de plaquettes en cuivre rouge découpées en forme de haricot, serties dans des logettes creusées au burin et forcées au marteau.
Le métal a été attaqué par la corrosion marine. Sur la partie gauche du corps, la matière est fortement amenuisée et les extrémités des pattes rongées. Des cassures entaillent l’échine et les flancs. Une déchirure profonde affecte la cuisse droite et la queue, dont il ne reste plus qu’un moignon. La tête, le cou, les pattes et le torse ont été exécutés séparément à cire perdue, puis raccordés.
La panthère était vraisemblablement partie d’un groupe, dont l’un des éléments a disparu, reproduisant le thème de Dionysos, tantôt assis sur la panthère, tantôt la chevauchant. Un détail justifie cette association du dieu et de l’animal : avant les travaux de décapage et de restauration, s’ouvrait, légèrement au-dessus de l’échine, une ouverture pour le passage d’un tenon ou d’un goujon.
Œuvre de la toreutique hellénistique du 1v® siècle avant notre ère.