‹ Recueil Général des Bas-Reliefs de la Gaule Romaine (volume 4)Chapitre 94 sur 100 · MAYENCE. J'AI · texte numérisé non relu

MAYENCE. J'AI

Colonne de Jupiter à la Saalburg (moulage restauré).

La colonne dite de Jupiter, à Mayence, en nombreux fragments (environ »,000) qu'on a patiemment rapprochés, a été découverte en 1904-1905, près de l'emplacement du port romain, entre la rue de Sômmering et la rue de Wallau. Elle se compose, de bas en haut, de cinq parties de pierre tendre : 1° un grand socle quadrangulaire avec couronnement (la base manque); 2° un second socle plus petit, de même forme; 3° cinq tambours, de dimensions décroissantes; ces tambours et les deux socles sont décorés de vingt-huit figures, toutes debout, sauf deux; 4° un chapiteau; 5° un bloc

servant de piédestal à une statue de bronze de Jupiter dont on n'a retrouvé que quelques morceaux. BAS-RELIEFS, — il, 18

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La hauteur totale du monument dépassait 12 mètres. La statue seule mesurait à peu près 2 m. 30e . . , hi L'original est au Musée Central. Il en existe deux reproductions restaurées, l’une à la Saalburg

. \ . . , je .

(voir p. 377), l'autre à Saint-Germain-en-Laye, sarmontées pareillement d'une statue debout. À Saint-

Germain, on a choisi pour prototype de cette statue le Jupiter de bronze du Musée d'Evreux.

5887. Grand socle. — Hauteur, 1 m.

el épaisseur, O0 M. 40.

A5; largeur | | neur (c'est-à-dire par devant) Jupiter barbu, nu, de

Le dé, en deux blocs, représente à la place d'hon-

face dans une niche, un manteau sur l’épaule gauche, tenant de la main droite un foudre et s'appuyant de l’autre main sur un long sceptre; à sa droite, un aigle posé sur un globe, La bordure de la niche se compose : à la partie inférieure, d’un faisceau de laurier noué par le milieu; de chaque côté, d’une plante stylisée sortant d’un vase à deux anses ; en haut, d’un ruban perlé. La plante stylisée a l’apparence de quatre culots d'inépale

hauteur. Celui du milieu supporte un écureuil mangeant un fruit vers lequel se dresse un serpent; au-dessus du suivant volent deux oiseaux ; sur celui du haut est une tête de Satyre, placée de profil. Les écureuils, de même que les têtes, sont affrontés. — Du côté droit, Minerve et la Fortune se faisant face, dans une niche.

. Leurs images sont très dégradées. Minerve, coiffée d'un

casque à cimier orné d’un griffon et d’un grand panache,

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est drapée, la poitrine parée de l'égide. Elle jette un wrain d’encens sur la flamme d’un foculus placé devant elle, sur un socle. Derrière elle est une chouette. La Fortune, drapée et diadémée, le bras droit nu, porte de la main gauche une corne d’abondance remplie de fruits et s'appuie de l’autre main sur un gouvernail. Les déesses sont placées dans une niche dont les bordures latérales, d’ailleurs très étroites, n’ont aucune décora-

bras gauches; il tient de la main droite, tendue en avant, une bourse, de l'autre main un caducée; contre son épaule droite, un coq. La déesse, placée de profil, face à Mercure, est diadémée ct drapée, le bras droit nu. Les pans d’un manteau qui l'enveloppe sont ramenés sur le bras gauche. Elle tient de la main gauche tendue en avant un pétase, de l'autre main baissée un caducée tourné vers le sol, au-dessus d’un autel de

tion. Au bas est une rangée de roses à quatre pétales, de deux types alternés, séparées entre elles par des billettes. À la partie supérieure est une double rangée de feuilles d'eau; une des rangées correspond à l’épaisseur de la bordure. — Du côté gauche, Mercure et une déesse, dans une niche. Comme celles du côté droit, les figures sont très dégradées. Le dieu est nu, de face, coiflé du pétase, un manteau sur l'épaule et le

{orme ovoïde contre lequel se dresse un serpent. Le nom de cette déesse est douteux. On a vu en elle Rosmerla (KÜRBER , A. VON DOMASZEWSKI, oxÉ), Emporia (mass), Salus (quicine, srroxG) et Maia (s. rEINAcH). De ces hypothèses, la dernière paraît préférable : Rosmerta, parèdre en Gaule de Mercure, serait vraisemblablement la seule divinité celtique qui figurerait sur la colonne de Mayence. Il se peut bien, comme Pa supposé

M. Salomon Reinach, que Rosmerta soit la forme gau- | quatrième face, Hercule barbu, na, de face, dans une loise de la déesse latine Maïa, mère de Mercure: mais | niche, la dépouille du lion sur le bras gauche, portant ce n'est pas de cette forme qu'il s’agit. La bordure | de la main gauche une massue noueuse qu'il appuie de la niche est analogue à celle du côté droit. Les roses | contre son épaule, La main droité manquante a pu tenir

du bas y sont remplacées par des entrelacs, — Sur la des pommes. La bordure de la niche ést de même style

que celle de la première face; mais les plantes sortant | ronnée de lierre avec baies, les oiseaux volent audes vases supportent chacune une tête de Silène cou- | dessous des écureuils, et ceux-ci sont adossés. Des

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feuilles stylisées couvrent les moulures du couronnement et à la Fortune est l'inscription : Sans et Severus,

du grand socle. Venicarti f{hi), sculpserunt. Gelte inscriplion parail com- Sur la corniche de la face qui correspond à Minerve plète.

Petit socle. — Hauteur, o m. 95; largeur et épais- | Sur la face principale, l'inseription : I{ovi) o(ptimo) seur, 0 M. 80.

m{aximo) pro [sa]l[ute Neronis| Clau{d}i Caesaris

Aulglust), :imp(eratoris) ; canabalm] pub[llice, Plubho) | tant, de face, devant un cheval à tous crins dont 1l tient Sulpicio Serilbjonio Proculo, le[p(ato)| Auglusti) pl) les rênes de la main droite; le personnage, de l’autre plr(aetore), cura et impensa Quint) lui Prisei et Q{unti) | mam baissée, porte une lance dont le fer est tourné Tuli Aucti. — Du côté droit, l'un des Dioseures, coiffé | vers le sol. — Du côté gauche, l'autre Dioscure, dans d'un bonnet, les épaules couvertes d’un manteau flot- | une position à peu près symétrique de la précédente.

Le cheval est tenu de la main gauche, et le héros quatrième face, Apollon nu, de face, à cheveux longs, s'appuie de la main droite sur une lance. — Sur la un manteau sur l'épaule et le bras gauches; le dieu,

RS

de la main droite baissée, tient un rameau de laurier, | très dégradée. Selon Quilling, 1 s'agirait de Néron

et de l’autre main s appuie sur une lyre posée sur | sous les traits d’Apollon. Cette hypothèse est peu pro-

un socle; à sa droite, un corbeau. La sculpture est | bable.

Premier tambour. — Hauteur, 1 m. 28; diamètre à | ont le même caractère. Je suppose qu’elles sont toutes la partie supérieure, 0 m. 74. f | des portraits, les uns de personnages connus, les autres

e droite à gauche, la Victoire, Neptune, Diane e d'hommes et de femmes de l'entourage des sculpteurs De droite à gauche, la Vict Nept D L | dl t de f le l'entourage d Ipt

Mars. Les sculptures ont beaucoup souffert. La Victoire, | qui ont fait le monument. — Neptune n’a pour vêtement vêtue d’une robe longue, les pieds nus, est ailée; elle a | qu’un manteau jeté sur l'épaule gauche et dont les pans, la main droite ramenée sur la poitrine, et de l’autre | couvrant le dos, sont ramenés en partie sur le bras

main porte une palme. Le visage est gracieux, mais ne possède pas la beauté sereine de celui des déesses de | de la main droite un dauphin, et de l’autre main s’apl'art classique. D'autres figures de la colonne de Mayence | puie sur un sceptre. — Diane est vêtue d’une tunique

courte et chaussée de hautes bottines. Sur sa poitrine sont les nœuds d'une cravate qui lui couvre les épaules à la facon d’un col marin. La déesse a les cheveux parlagés sur le milieu du front et disposés en torsades de chaque côté du visage. Elle tient de la main gauche un are, et de l'autre main puise une flèche dans un carquois porté en bandoulière, À sa droite est un chien de chasse debout, — Mars, casqué et cuirassé, les jambes protégées par des enémides, les pieds nus, tient de la main droite une lance et s'appuie de l'autre main sur un bouclier dont l’épisème est une grande tête de Méduse.

Une lunique courte apparait sous la cuirasse.

Deuxième tambour. — Hauteur, 1 m. 02; diamètre à

la partie supérieure, o m. 64. (Voir p. 38».)

De droite à gauche, la Terre Mère (Tellus), Roma , Vulcain et Virtus. Tellus, vêtue d’une longue robe à manches courtes et d’un manteau , couronnée de blé, les cheveux partagés sur le milieu du front et relevés en torsades de chaque côté du visage, tient de la main droite baissée une patère au-dessus d’un petit autel, et de l’autre main s'appuie sur un sceptre terminé à la partie supérieure par un bouquet d’épis. Cette identifica-

tion, proposée par M. Salomon Reinach, a été acceptée | ; P

de façon douteuse par M°°S. Arthur Strong; elle paraît

certaine. Selon quelques auteurs (a. voN Domaszewski,

ox) il s'agirait de la Paix, ce qui n'est pas admissible; selon d'autres (xônvER, quirLiNG, NEes, mas), la

déesse ainsi représentée serait Cérès où Déméter. — Roma, coiflée d’un casque pourvu d'un grand panache,

les cheveux abondamment bouclés, vêtue d’une robe longue, agrafée sur l'épaule gauche et relevée par une ceinture, les bras et le côté droit de la poitrine à décou-

vert, porte de la main gauche un vexillum, et de l'autre main baissée tient une couronne. Autres hypothèses :

teurs reconnaissent à celte place Maïa (a. voN pomaszewsxt), Diké (was), une personnification de la Belgique

Fahnen Amazone (que), Virtus (orexez). — Vulcain barbu, coiffé d'un bonnet, vêtu d'une exomide, les pieds nus, porte de la main droite un marteau, et de l’autre main s'appuie sur un sceptre; à sa gauche est le foyer d'une forge. — Virtus, à peu près casquée et coiffée comme Roma, les bras et le côté droit de la poitrine pareïllement à découvert, vêtue toutefois d'une tunique courte et chaussée de hautes bottines, tient de la main droite baissée un glaive de légionnaire, et de l’autre main s'appuie sur un trophée formé d'un casque ct d’une cuirasse. Autres hypothèses : Tropaion Amazone (ouicuine), Roma (nrexeL).

Troisième tambour. — Hauteur, o m. 96; diamètre à la partie supérieure, o m. 60. :

Les divinités figurées sur ce tambour sont par culièrement difficiles à déterminer. Selon M. Salomon Reinach, dont le sentiment, partagé par M°° Strong, paraît le mieux fondé, il s'agirait, de droite à gauche : de la Paix, Vénus, Vesta et Cérès. La Paix, vêtue d’une robe longue et d’un grand manteau dont les pans sont ramenés sur le bras gauche, est voilée et porte de la main gauche un caducée qu’elle appuie contre son épaule, de l'autre main baissée un rameau de laurier. D’autres au-

BAS-RELIEFS. —— VII

(oxé). — Vénus, diadémée, drapée comme la Paix, et portant aussi un grand manteau dont les pans sont

ramenés sur le bras gauche, tient de la main droite

baissée une balance en équilibre. Cette identification

est fondée sur deux textes de Macrobe et l'existence

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de monnaies de caractère astrologique, où la balance de Vénus. (Cf. Salomon Remnacu, Revue archéol., 1917, 1, p. 289.) Autres hypothèses :

est un attribut

l'Equité (KônBER, A. VON DOMASZEWSKI, NEEB, QUILLING), “irené (mas), une personnification de l’Aquitaine (ox).

— Vesta, drapée et diadémée, voilée d’un manteau dont les pans couvrent l'épaule et le bras gauches, tient de la main gauche une torche allumée, de l’autre main baissée une patère. Derrière elle, un âne ou un mulet

agenouillé, tourné vers la gauche. Autres hypothèses : Epona |Pferdegôttin] (kônsen, Mas, Neen, QUILLING), Déméter (4. von poMAszEWsk1), Libera (oxé). — Cérès, vêtue d’une robe longue serrée à la taille par une ceinture, les avant-bras nus, coiffée d’un diadème, les cheveux partagés sur le milieu du front et relevés en torsades de chaque côté du visage, tient de la main gauche une torche, de l’autre main baissée une patère. La déesse a le pied droit sur une tête de bovidé. Autres hypothèses : une Hirtengôttin (xônser), Perséphone (4. von owaszewskr), une Rindergôttin (mass, QuicuinG), une personnification de la Lyonnaise (oxé).

Quatrième tambour. — Hauteur, o m. 88; diamètre à la partie supérieure, o m. 56.

De droite à gauche, probablement Néron, un Lare, Bacchus et un autre Lare. La figure où lon s'accorde à reconnaître Néron ou son Génie (von DomAszEwsSkt, ma4s)

est celle d’un personnage imberbe, drapé et voilé, de …

face, versant de la main droite le contenu d’une patère

petit autel allumé, de forme quadrangulaire, placé à sa droite. Le côté gauche du corps a disparu. — Le Lare qui suit, légèrement tourné vers la gauche, est vêtu d’une tunique courte, serrée à la taille par une

sur un

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