XXI. LES SOBRES SOTZ b'J
Le .II if. Sot.
Qui eust pensé que pavillons 45
Eussent esté sy cher vendus '?
Le .V^ Sot.
Qui eust pensé que gens tous nus, Qui ne servent synon de monstre, Eussent porté sy bonne encontre Que d'estre en un camp estimés"? 5o
Le Premyer Sot.
Qui eust pensé gens anymés Fondre au soleil comme la glace?
Le.IP. Sot.
Qui eust pensé qu'en forte place On fust entré plus aisément ?
Le AW. Sot.
C'est pour ce que le bastiment 55
Ne se sairoyt tout seul deffendre.
Le .IIII^ Sot.
Voyla que c'est que d'entreprendre v° Menger la lune a belles dens.
1. Il y a vraisemblablement ici un jeu de mots. Le sot s'étonne que de simples tentes comme celles qu'il y avait aux environs de La Goulette et de Tunis aient coûté à l'empereur tant de sacrifices; mais on appelait aussi « pavillons » les monnaies sur lesquelles le roi était représenté assis sur son trône, abrité par un dais, et l'on pouvait se demander comment ces monnaies s'étaient vendues si cher.
2. Edouard Fournier observe qu'il y a ici une allusion aux aventuriers, « ces troupes de rencontre qui ne faisaient bonne figure qu'au pillage ». Alonso de Ulloa {Vita delV imperator Carlo V, i58i, in-4, fol. 187 v°), dit que l'empereur avait réuni 1200 Espagnols, nouvellement levés, 7000 Allemands, 6000 Italiens et 5ooo vieux soldats espagnols. Ce sont probablement ces derniers, qui firent des prodiges de valeur à l'aesaut de La Goulette [ibid., fol. 140 v"), assaut que notre personnage a en vue.