‹ Recueil général des sotties (volume 2)Chapitre 89 sur 181 · FARCE A SIX PERSONNAGES · texte numérisé non relu

FARCE A SIX PERSONNAGES

DE LA REFORMERESSE

[Rouen^ vers 1540.]

La « Reformeresse », qui est le principal personnage de cette pièce, est, comme la « mère de ville », dont nous avons précédemment parlé (n» XXIII), chargée de redresser les gens. Non seulement elle veut les corriger par ses discours, mais elle entend se servir de la presse pour les dénoncer et les forcer à s'amender. Le badin, son valet, lui amène successivement un enfant sans souci (v. 128), un ménétrier (v. 208), un compositeur, « faiseur de farces et de rimes y> (v. 239-240). Chacun d'eux est obligé d'avouer qu'il mène une vie dissolue.

Un siècle avant Le Roman comique, l'auteur nous donne des renseignements peu édifiants sur la vie des

• .■^o XXV. — FARCI-: \ SIX l'ÏÏK.SONNAGKS

comcdicns, qui ne pouisuivcni que le plaisir, iVéqucnicnt les mauvais lieux ei perdent au jeu le peu qu'ils ont gagné. Aussi le badin nous dit-il (v. 25o-25i) que

l'arcciirs, rimeurs et limalours, Y sont tous sus le bas mcsticr.

La pièce, qui est très courte, n'est peut-être pas complète, car elle n'a pas de conclusion. On voit seulement à la fin que tous les états sont niis « en la presse ». Ces allusions à rimprimerie permettent de penser que la pièce a été jouée par des imprimeurs. Dès le premier vers, la Rcibrmeresse fait allusion à l'art que Dieu lui a donné; il semble quelle personnifie l'imprimerie.

Le même personnage se retrouve dans une moralité qui nous paraît être du même temps et du même auteur : Les povres Deables '. Bien plus, nous croyons reconnaître entre ces deux pièces une parenté si étroite qu'il ne nous semble pas impossible qu'elles aient fait primitivement partie de la même représentation. Le Sermon joyeux pour rire, qui est placé dans le ms. de La Vallière après la Reformer esse, était peut-être récité entre la sottie et la moralité dont nous parlons. En tout cas, la langue et le style de la Refonneresse, du Sermon et des Povres Deables offrent des ressemblances frappantes. On y remarque, notamment, une grande incertitude quant à la transcription de la diphtongue oi. Sans parler des cas où elle est rendue par o/, nous relèverons les formes suivantes : dans \si soxx\Q,feroiient (feroient), souet (soit), vouecy, voiiere (voire), voyela, voiierra; dans le sermon, pouessons [poissons,), vouecy boiiete ; dans la moralité, Soiiesons (Soissons), vouecy, voyela, vouer, souer, pouesson, bouesson.

Parmi les quatre chansons que contient la pièce, il

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