‹ Recueil général des sotties (volume 3)Chapitre 35 sur 96 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. Biblioth. nat., ms. fr. 2206, fol. 190. — M. Petit de Jullcville a imprimé cette pièce dans Les Comédiens en France au moyen âge, i885, p. 170.

emprisonnement : Jehan de FEspine ne parle plus de la boulangère ; s'il a été

Ravy, tyré, mutilé, assailly,

En lieu secret par Morin le baillif ',

c'est qu'il était accusé d'avoir publié des libelles et Joué des farces irrévérencieuses. C'est dans cette requête que Songecreux parle de ses voyages dans les provinces.

Pour lescomédiens qui n'étaient pas accusés d'hérésie, ces arrestations ne tiraient ordinairement pas à conséquence. Jehan était populaire. On faisait sur lui des chansons comme sur tous les acteurs aimés de la foule^ et l'on ne pouvait se passer de ses services quand il y avait des réjouissances publiques. Il joua, en i53o, lors de l'entrée du roi à Paris, mais il joua sous la direction d'un comédien italien, maître Andréa, dont il semble que Gringore ait refusé de reconnaître la suprématie ^ D'ailleurs, Jehan de l'Espine, malgré les vivacités de langage qu'on pouvait lui reprocher, était un pieux moraliste, comme il le prouve dans ses Contredict\ de Songecreux^ pour lesquels le libraire Galliot Du Pré obtint un privilège le 19 février i53o (n. s.), et qui furent réimprimés en i532 *.

1 . Jehan Morin remplit les fonctions de lieutenant criminel, de 1529 à 1541.

2. Un des noëls composés vers i525 par un autre joueur de farces célèbre, Jehan Daniel, dit maître Mitou, se chantait sur :

Maistre Jehan du Pont Allés Or allés...

Voy. Les Noëls de Jean Daniel, dit maître Mitou, pre'ce'dés d'une étude par A. Chardon (Le Mans, 1876, in-8), p. 6.

3. Voy. Le Cérémonial français, t. I, p. 887 ; Picot, Pierre Gringore et les Comédiens italiens, p. 25.

4. Voy. Catal. Rothschild, n"' 5o2 et 5o3. — Sur le titre des Contredict^, Songecreux est qualifié « prince des sotz » ; il avait donc monté en grade depuis vingt ans, c'est-à-dire depuis le

Notre moraliste, qui avait eu une fâcheuse querelle avec une boulangère, semble avoir eu, vers i533, des démêlés avec la lingère du Palais '. Le roi riait sans doute de ces fredaines; aussi Jehan de l'Espine assistet-il, en i533, à l'entrée de François I^"" au Puy% et reçoit-il 225 1. t., en i534, pour avoir « par cy devant suyvy ledit seigneur avec sa bende et joué pluseurs farces devant luy pour son plaisir et récréation »\

Pierre Grognet n'a pas manqué de faire figurer Du Pont Alais dans la curieuse énumération qu'il fait des excellents facteurs de son temps :

Du Pont Alais nul ne desbat Qu'il ne face a chascun esbat, Et, quant a ses gentilz suppostz, Assez disent motz a propos *.

En 1534, ou en 1540, nousretrouvons Jehan de L'Es-

moment où notre sottie avait été jouée. M. Petit de JuUeville {Les Comédiens en Frayice au moyen âge, i885, p. 173, en note), dit à tort, à propos de ce passage: » Nous ne voyons nulle part que Pontalais ait été prince des sots ». Le poète anonyme qui écrivait pendant que se tenaient les grands jours de Moulins, appelle au contraire Du Pont Alais « roy et prince des sotz ». Voy. plus loin.

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