I. II doit manquer un vers
sotise a. huit personnaiqes 97
Abuz.
Sus, tosty $oyez recompansés 1420
De vostre fasson et manière.
Dicant omnes :
Arrière, arrière!
Sot dissolu, Sot gloribulx, Sot corrompu .
Faictes nous place!
Sot trompeur et Sot ignorant.
Qu'on ne nous fiere!
Âlii très.
Arrière, arrière! 142S
lUi duo.
Qu'on ne nous fiere!
Ayons espasse !
Alii très.
Arrière, arrière!
Faictes nous place!
Sot dissolu.
Quelc^un me casse. 1430
Passer me fault.
FoL Eiij Abuz.
Or, sus, sus, villains, a l'asault !
Qui gainera doncques Thonneur !
Dicant omnes pugnando vehementer, intantumque Mundus cadat super eis :
Hay avant !
AbuZ; dumvidetcadereMiindum,dicit:
A Dieu^ mon labeur I Omnes.
Hé| Dieu, tout s*en va par abysme* 1435
1433 {en vedette) glorieulx— (dans le vers) nous est, sn^féé — - 1434 (dans le jeu de scène) domi videt — 1435 abysine ,
98 X. — LE MONDÉ ET ÀBtS
AbuZy voyons quel selogystne Saras tu fere, respondant.
N'as tu pas grand tort evidant D'avoir faîct si meschant ouvraige ?
Abuz.
Regardez quel fust vostre entraige. 1440
Sot glorieulx.
L'autre Monde nous fist destruyre, Se vantant de trop mîeuli construyre Ung autre, dont avons oultraige.
Abuz.
Regardez quel fut vostre entraige.
Sot corrompu.
Nous nous estions a toy fiez; 1445
Serons nous ainsi défiiez ?
Se seroit ung piteux soulaige.
Abuz.
Regardez quel fut vostre entraige.
Sot trompeur.
Seroient toutes mes marchandises Par ung seul cas ainsi surprises? 1450
v« N'arons nous de toy autre gaige?
Abuz.
Regardez quel fut vostre entraige.
Sot ignorant.
Laisseray je prez, vignes, champz,
Bestes, oyseaulx et leurs doulx chants
D'Ung seul cop, et mon labouraigè ? 1455
1436 selogysine — 1442 le vantant — 1449 Seroit — 145 1 narons nous point
SOtlSE Â HUIT PERSOKNÂIGBS 99
ÂBUZ.
Regardez quel fut vostre entraige.
Sotte folle.
Aront prins fin tous mes plaisirs?
Aray je le bout des désirs Ausqueb estoit tout mon couraige?
Abuz.
Regardez quel fut vostre entraige. 1460
Sot dissolu.
Noos n'entendons point ton langaige.
En efbi.Gt tu es meschant maistre.
Dans les arbres tu nous fiz naistre Et deffaire le Monde vieulx ; Maintenant ne terre ne cieuli 1465
N'avons cru pouvoir demourer.
Sot glorieulx.
Enseigne nous de labourer Pour nous acquérir demourance, Ou autrement ton asseurance Ne sera que une illuzion . 147^
Abuz.
Vous vintez par Confuzion ; Si en îcelle retournez ; Dictez qu'estez par retour nez En revenant au premier gitte.
Fol. Eiiij Sot trompeur.
Ou nous metz tu?
Abuz.
Ou je vous gicte? 1475
Cent lieua delà soleil levant .
Sot ignorait.
Piteusement se abbat le vant
1475 gecte.
D'Abuz, que conduyt les humains ;
De ses assaultz j'en ay heu mainctz,
Dont prandre fault fin doloureuse. 1480
Sot corrompu. ,
De folle vie maleureuse Fin souvent vous verres tenir.
Pour Âbuz suyvre et maintenir A fin venons tresmiserable .
Hë, Abuz, au moînctz quelque estable, 1485 Quelque lieu destruyt et defifaict Ne pourroît il donc estrè faict Pour nous loger, au lieu du Monde ?
Abuz.
Possible n'est, puis que la bonde
De Confuzion est rivée. 1490
Sot DISSOLU.
Ou ferons nous nostre arrivée ?
N'arons nous ne santier ne voye ?
Abuz.
Je vous remectz et vous envoie En Enfer ou en Paradis; Pansez si vpz faictz et voz ditz 1495
Ont l'ung ou l'autre mérité.
iP Mantir ne peult la Vérité
Que qui vist a son seul plaisir
Par fin devient en desplaisir ;
Par quoy de vous je me desmectz. 1 5oo
Allez ou vouldrez a jamais ; :
C'est vraye rétribution
1479 ^® "*y ^^^ -" "487 donc est suppléé — 1490 desriuec — i5oa la vraye*
SbtiSE AHVrt pbrsôkkâiges loi
De vostre grant Confuzibn, En laquelle voulsistéz nâistre.
Sot dissolu. . .
Piteulx^uerdonde meschantmaistre. i5o5
Sot globibuui. :
Noter peult, qui noter vouldVa. '
Sot corrompu.
Mal finer doibt qui en mal veult naistre.
Sot trompeur.
Piteux guerdon de mesçbant maistre.
. Sot iGNomNT.
Mal ftner doibt qui en mal ycult naistre.
'- SotTÉ-."' " '
De mat jamais bien n'adviendra. ' i5io
Sot pissoLVv '/, Pit^u^ gojsadpa demes.chant maistre:
Noter pe^ultqujlnot^r vouldira,.
Sot glohibdlx..
Abuz si bon semblant monstra
De prin sault, maiz puis a la fin
Nous a faict sentir le venin 1 5 1 5
Duqùd donne a mains à bruvaige.
. Sot corrompu.
Or sus, perdu avons le gaige De vivre au Monde qu'avons faict; Punys nous a nostre forfaict ; FoLEv Ainsi péché pécheurs convoyé. i52o
Sot trompeur.
Nous n'avons ne santier ne voye^
i5o3 grande— i5io nen aduiendra — i5i6 abriei aige— iSiç puys nous a
Ne lîeu ou tirer qu'on le ypye. . .
Abuz ainsi nous a dessus.
Sans sçavoir pu serons receuz' . Et qui tire pourra tirer ! 1 5a5
A Dieu, ptui ne fàtth démonter.
Dica&t onuies i A' Dieu, A, Dieu!. :
Recédant l'un sa. Vautre la*
Le Monde vte^t et treuve tout puyde. '
Cueurs endurcys", plainz de grandz vilitez.
Que ne pansé» qu'en* voz humanités,
Gaudir, jouer, vivre a vostre plaisance, 1 5 3o
Considères que voz grandz^ vanitez,
Plainnes d'abuz et de mondanités,
Feront ung jour bien piteuse silence.
' Àv*ou$ point veuz les sotz plains dHnsoIence,
La sotte aussi vivre en grand exteltetice i535
A leur plaisir, sans mectre en-leur eau bonde?
Et puis leur fia a esté par doleançe.:
Frappés se sont et de leur mesme lance*.
. Cen'estpasjeuquesefier au.Monde :
Bien est deceuqui se fie ence Monde. 1540
Par eulx fuz mys en grandes vilités ; Desrision en pouvres quantitez M'avoient baUé, cuydant avoir vengeance; Mais a la fin pouvres utilités V* En ont ilz heu, car leurs transquillités 1 545
Ont mené pleurs et deulhs sans allegehance.
Abuz les mist en sa folle regbaace,
i5a8 vuitez *- i53i grandz est suppléé — 1540 se fit — - 1542 quatitez
Dont sont venuz a tresgrand indigehance^ Comme apartient au foui que ainsi se fonde.
Ung Monde firent nouveau, tout pUin d*offence; 1 55o Mais sur çulx mesme? ^l qb^i^jlevir di^lTence. Ce n'est pas jeu qiie se fier au Monde :
Bien est deceu qui se fie ence Monde.
O cueurs haultains, farsés d'iniquités,
VitieuXr parvefs, qu'avés tout bien quîcté, 1^555
Voyent tieulx faictz prandre^^ vous cognoissance?
Helas, panoez que jamaiz Vérité
Ne peult faillir : ayez donc cherité,
De voz meflfaictz saississant repentance.
Si vous mectez en tieux jeux pascience, 1 56o
Las ! qui fera a la Mort résistance
Comme celluy qui tous les mefifaiz donde ? '
Temps ne sera lors laisser Taccointance,
Ains conclurrés que, par juste sentence,
Ce n'est pas jeu que se fier au Monde : i565
Bien est deceu qui se fie en ce Monde.
Prince, noz faitz sont de tel conferance Qu'on ne mect plus aucune di£Ferance Vivre ou mourir, qu'est chose furibonde.
Si vous noctez bien nostre demonstrance, 1570 Vous cognoistrés que, pour fuyr soffrance, Bien est deceu qui se fie en ce Monde :
Ce n'est pas jeu que se fier au Monde.
Seigneurs et dames de la ronde.
1548 tregrand — i553 bien est deceu, &c. — i535 paraes — i562 comment — x563 laisse — i565 ce nest pas ieu. &c. — i566 bien est deceu. &c. — 1372 bien est deceu. àc. — ibyS ce n*est pas ieu. &c.