I. Voy. Brunet, II, col
3. Épltre à frère Jehan d'Authon, abbé d'Angle, dans Le Labirinth de Fortune (Poitiers, [i522], in-4 goth.), fol. .^1; y Xviij.
SOTISE Â HUIT PERSONNÂIGES
Car en telz faictz ne mis onc mon estude.
Et ne sçavrois ung bon jeu composer, Tel qu'il le fault sur chauffaulx exposer En telle court, et davant telz consules Que ceulx lesquelz, par rappors incrédules De hault louer, méritent estre dictz Dieux de sçavoir, exempts de tous mesditz '.
11 n'y a d'ailleurs aucun rapport entre le style de Jehan Bouchet et celui de notre sottie. Que Ton étudie tous les auteurs du xvi* Siècle, on n'en trouvera qu'un seul qui ait poussé jusqu'à la folie l'amour des vers équivoques, des vers batelés, des vers à double queue ou à queue annuée, tels que nous en voyons ici par centaines; c'est André de La Vigne.
Le même libraire fit paraître, en même temps, vers 1 5o8, deux pièces imprimées avec les mêmes caractères et, à ce qu'il semble, en vertu du même privilège : Le Nouveau Monde ^ moralité qui fut représentée en i5o8 et la Sotise a huit personnaiges. Ces deux pièces, représentées par les basochiens, sont écrites du même style ; elles ont évidemment un auteur unique ; or, cet auteur ne peut être qu'André de La Vigne qui était alors le facteur attitré des clercs. D'ailleurs, un examen attentif du Nouveau Monde permet d'y relever en toutes lettres le nom d'André de La Vigne. Université promet l'absolution à ceux qui ont attaqué le pape, et ajoute :
C'est la vignCy c'est Tolivet
De Dieu, dont sor[t] fruict blanc et nect.
Les mots : La Vigne n'ont qu'un rapport des plus forcés avec le passage qui précède. Il faut sans doute y
I. EpUtres morales et familières du Tr averseur (Poitiers^ 1^45, i n - f ol . ), 1 1 , fol . xxxiiij b .
voir une signature analogue à celles que le poète a employées dans divers autres ouvrages.
Les Complaintes et Epitaphes du roy de la Basoche sont signées de la manière suivante :
Donc, attendant qu'on expulse et decerpe De mes raysins le maculé ver jus, Cy y'Kitandri de la vigne ung vert)us '.
Un des rondeaux publiés dans le recueil de poésies qui suit Le Vergier d'honneur commence ainsi :
De la vigne ne sçay trop de biens dire,
De la vigne nully ne doit médire,
De la vigne soal repeuz maintes gens... *.
Ici la vigne a un sens ; mais voici d'autres passages où le mot n'entre que péniblement :
Dieu gard qui si bien consonna Le cueur qui si près se consonne A la vignette qu'on sonna'...
Ne soyez pas si colérique Que m'envoyez quelque revers De la vigne, d'eux gectans vens Fondez dessus ceste pratique *.
Ailleurs le mot sert d'adresse à des vers rimes par des amis du poète :