‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 62 sur 97 · XIV. — FRA&MENTS D*UNE SOTTIE · texte numérisé non relu

XIV. — FRA&MENTS D*UNE SOTTIE

beaucoup de précision. Il y est d'abord question de la guerre entreprise par le ducd'Urbino, Francesco Maria Délia Rovere, contre le pape Léon X qui l'avait dépossédé. Il est dit (v. 7) que cette guerre est terminée, ce qui nous reporte à la fin de Tannée iSij. Cest dans cette même année qu'aurait eu lieu le voyage du roi d'Espagne en Angleterre (v. 14-15). Il est assurément faux que le futur empereur Charles-Quint ait alors rendu visite à Heuiri VIJI sur le territoire anglais ; mais il est naturel qu'on ait cru en France à ce voyage. Le jeune roi se rendait alors par mer des Pays-Bas en Espagne; il débarqua, le 19 septembre iSij, à Villaviciosa. L'Angleterre se trouvait sur la route ; on devait penser que Charles s'y était arrêté. La correspondance diplomatique nous apprend d'ailleurs qu'une entrevue entre les deux souverains avait été réellement projetée '. Nous devons donc penser que la sottie a été représentée à la fin de l'année i5 17. La mention de deux hommes de guerre alors célèbres, Tamiral Prégent de Bidoux et le comte Pedro Navarro (v. 23-24), concorde tout à fait avec cette date.

, La sottie est l'œuvrç d'ui^ poète qui connaît la mesure des vers. Elle commence par deux strophes rimant aabbbcbc^ ddeeeffe; on y trouve des refrains, des vers de dix syllabes, etc. Il est difficile de ne pas reconnaître ce poète dans le maître Georges qui paraît à la fin de la pièce et qui s'excuse humblement de présenter au prince (sans doute au prince d'une confrérie ou d'un puy de rhétorique) l'œuvre d'un apprenti (v. jS-^j). Le refrain qui termine la pièce s'applique à maître Georges luimême qui s'appliquait à

Lire souvent, bien gousier et entendre.

I. Brewer, Letters and Papers ofthe reign of Henry VUh H, pièce n« 3417 (lettre du roi d'Angleterre, datée de juin iSiy).

Le texte des fragments est si altéré qu'il demande des corrections presque à chaque vers. Ces corrections ne sont pas toutes certaines; elles sont même souvent fort arbitraires ; aussi avons-nous pris le parti de reproduire littéralement le manuscrit avec toutes ses fautes, sans aller pourtant jusqu'à la reproduction tout à fait diplomatique, et d'y joindre une restitution à peu près correcte. Cette restitution sera du moins intelligible et permettra de se faire une idée des pièces qui se jouaient dans la province où virent le jour Clément Marot, Hugues Salel et Olivier de Magny,

BIBLIOGRAPHIE

Les fragments sont écrits sur des feuillets de papier qui ont été communiqués en 1895 à M. Antoine Thomas par M. J.-B. Champeval, avocat à Figeac, auteur de nombreuses publications sur l'histoire et la géographie féodales du Limousin et des provinces voisines. Ils ont été trouvés dans les archives du château de Briance, commune de Saint-Denis, près Martel (Lot). Il ne subsiste que quatre feuillets d'un cahier qui en comptait vraisemblablement huit. La sottie occupe le r** et le v* du premier f. et, en partie seulement, le r« du second. Au v^du second f. on lit le début d'un acte : « Anno Domini miîesimo quingentesimo decimo nono et die XX^ mensis aprilis apud locum^ etc. » Les troisième et quatrième ff. contiennent des fragments d'un livre de raison de la famille de Guerre, famille du Quercy, dont le nom est conservé par une commune du Lot (Mechmont-de-Guerre, canton de Catus). Ce livre de raison est écrit en provençal. Des mentions, datées de 1 5 1 3 et i5i7, sont signées : Jhon de Guera, ou Jhan de Géra. On lit au fol. 4 v» : « L'an mial V cens he XV, he lo

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XXIII. de may, a la Tor, mos. Annet de Guerra he M^* Pe. Ganhaire fero conte final »

M. Antoine Thomas a publié ces fragments dans les Mélanges de philologie romane dédiés à Cari Wahlund à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa nais^ sance (Mâcon, Protat frères, imprimeurs, 7 janvier, 1896, pet. in-4), pp. 197-206, et c'est à lui que nous empruntons la description et le texte du manuscrit, ainsi qu'une grande partie des notes explicatives.

Depuis la publication de M. Thomas le ms. a été offert à la Bibliothèque nationale, où il porte la cote : Nouv. Acq, franc. 10106. On a réuni sous la même reliure le tirage-à-part de la pièce imprimée (fol. 1-7) et les 4 feuillets originaux (fol. 8-1 1).

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