I. Il faut prononcer : «vous est* », comme au v
[Le Savetier.]
FoL 32 2 Monsieur, je vous apporte ici De Turinc de nostrc maîstre, Afin que vous puissiez cognoistrè 225
Quel mal il a.
Le Médecin.
Il est blessé Du cerveau.
Le Savetier.
Il fault que je soy Laissé du cerveau, s'il n'est vray 1
Dat Medico pecuniam.
Le Médecin.
Or ça, bene^ il faut que j'ay
Un peu avec luy conférence. 23o
Le Savetier.
Allons donq, car j'ay espérance Que vous serez bien contenté.
Le Médecin.
Tanto melius^ silete !
Bon soir, Monde !
Le Monde.
Monsieur, bon soir !
Le Médecin.
Comment vous va? Ça, monstrez voyr 235 Vostre main. Vous estes au dessus.
Qu'est ce qui vous fait mal le plus ?
227 II fault est suppléé — b que ie soye — 229 é que j'aye
Le Monde.
La teste. Je suys tout lassé,
Tout troublé et tout tracassé
De ces folies qu'on a dit, 240
Que j'en tombe tout plat au lict.
Le Médecin.
Quelles folies?
Le Monde.
v^ Qu'il viendroît
Un déluge et que Ton verroyt Le feu en l'air par cy par la.
Le Médecin.
Et te troubles tu pour cela, 245
Monde? Tu ne te troubles pas
De voyr ces larrons attrapars
Vendre et achepter bénéfices,
Les enfants ez bras des nourrices
Estre abbez, evesques, prieurs, 25o
Chevaucher tresbien les deux sœurs,
Tuer les gens pour leur plaisir,
Jouer le leur, l'autruy saisir,
Donner aux flatteurs audience,
Faire la guerre a tout outrance, 255
Pour un rien, entre les chrestiens ?
Si bien les astrologiens
Ont dict que tu avras prou maulx.
Tu n'en doys pas estre esbahy.
Le Monde.
Ce sont des propos du pays 260
De Luther, reprouvez si faulx.
Le Médecin.
Parlez maintenant des defaults ;
247 b apprapards — 262 b Parler
Vous serez a Luther transmis.
Monde, veux tu estre remis En bonne santé ?
Le Monde.
Ouy bien. 265
Le Médecin.
Passe et ne t*arreste en rien A ces pronostications, Fol. 223 Ainçois pense aux abusions
Qui se font tous les jours chez toy.
Mects y ordre selon la loy, 270
Car je prens bien dessus ma vie
Que tu n'as autre maladie.
Le Monde.
Si ay en ma bourse qu'est nette.
Le Médecin.
Pour ce tien toy telle diette :
Despens peu; la ou tu souloye 275
Manger perdrix, mange d'une oye.
A Dieu, Monde !
Le Monde.
A Dieu soyez !
Le Conseillier.
Medico discedendo.
Monsieur, maintenant vous voyez
Et cognoissez sans fiction
Du Monde la complexion : 280
265 bien est suppléé — 276 b soulois — 277 Le nom du personnage (Le Monde) et les mots : A Dieu soyez sont suppléés
Comment luy pourrions nous tout faire A son gré ?
Le Médecin.
Pour bien luy complaire, Soyez bavards, soyez menteurs.
Soyez ruffiens, rapporteurs ; Soyez flatteurs et meschants geiUz 285
Et vous avrez chez luy Bon Temps.
A Dieu, a Dieu I
Le Conseillier.
A Dieu, monsieur,
Et grand mercy !
Pose.
Le Monde, a sesfil^* Cet affronteur De Médecin a bon propos; Il est bien sot parmy les sotz 290
Que de m'avoir presché en lieu De me medeciner.
Le Maçon.
Mon Dieu, Est il vray?
Soyez bauards, ruffien, menteurs Rapporteurs, flatteurs, meschants Gentz, et vous aurez chez luy Bon temps  Dieu, A Dieu.
Le Cons*'.
A Dieu, monsieur, et grand mercy.
Pose.
Le monde a ses folz.
Cest affronteur de médecin A bon propos. Il est bien sot Nùus avons cru devoir rétablir les vers et les rimes.
346 xvii, — sottie du monde
Le Monde.
Ouy, seurement ; Mais bien bren pour son preschement !
Je me gouverneray plustost 295
A l'apetit de quelque sot Que d'un prescheur.
Le Savetier.
Vous ferez bien.
Vivez selon vos apetitz.
Le Monde.
Aussi veux je : prenez du mien I 3oo
Icy ilfault habillier le Monde en fol.
Le Cuisinier.
Or sus ! Monde, es tu braguard Maintenant?
Le Monde.
Ha 1 je suys gaillard Et en point, la vostre mercy !
Ibi ponendum vélum super Mundi caput.
Le Cousturier.
Marchons, et nous ostons d'icy ;
C'est trop demeuré en un lieu. 3o5
Le Conseillier.
Pour mectre fin a nostre jeu,
Messieurs, vous notterez ces mots
Qu'a Tappetit d'un tas de sots,
Comme l'on void bien sans chandelle,
Le fol Monde s'en va de voile. 3 10
296 b quelque fol
Fin.