‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 79 sur 97 · XVIII. — SATYRB, PAR ROGER DE COLLERYE · texte numérisé non relu

XVIII. — SATYRB, PAR ROGER DE COLLERYE

ajournée. Nous avouons ne rien voir dans la pièce qui donne à cette conjecture une ombre de vraisemblance.

La composition de Roger de CoUerye ne ressemble en rien à ces petits poèmes allégoriques qui étaient récités lors des entrées royales. Le titre seul de Satyre en indique clairement la nature. Le passage de Jehan Bouchet que nous avons cité au début du présent recueil (I, p. Il) nous apprend, en efiet, que Ton confondait la c satyre » avec la « sottie ». C'est donc une sottie que notre auteur a composée; mais comme il faisait une pièce de circonstance, il n'a conseryé des sots traditionnels que Jenin Ma Fluste et il lui a donné pour interlocuteurs des personnages allégoriques chargés de rappeler les événements que Ton célébrait. Du reste, le dialogue a conservé ce décousu qui est le trait caractéristique du genre.

Une première allusion au dauphin, au duc d'Orléans et à la reine Eléonore se trouve dans les v. 82-91 ; mais le passage le plus important pour fixer la date de la sottie est celui-ci :

Jenin.

J*ay veu le roy i65

Aussi la royne Alienor Qui est richement parée d'or, Voyre vrayment qui est bien fin, Et aussi monsieur le dauphin Et le petit duc d'Orléans. 170

Ces vers ne prouvent nullement qu'il ait ^û y avoir une entrée solennelle à Auxerre. Les sots se vantent d'ordinaire de toutes les choses qu'ils ont faites ou qu'ils ont vues, et Jenin Ma Fluste raconte précisément qu'il a vu passer le cortège royal qui traversait alors la France.

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Si le premier éditeur des œuvres de CoUerye n^avait eu soin de nous avertir que le poète était Parisien et qu41 fut secrétaire de l'évêque d^Auxerre, nous ne saurions rien de lui. D'après Tabbé Lebeuf ' et d'après un renseignement fourni à M. d'Héricault par M. Quentin, archiviste du département de ITonne *, le nom de CoUerye se lit, en 1494, au bas d'un acte de l'évéché d'Auxerre '. L'évéque était alors Jehan Baillet (3 septembre 1478-10 novembre i5i3). Ce prélat eut un autre secrétaire, Laurent Brethel, qui nous a laissé un pouillé du diocèse ^ Roger n'avait vraisemblablement qu'un emploi secondaire, et se plaisait plus avec les basochiens et les joueurs de farces qu'avec les gens d'église : c'est à peu près tout ce qu'on peut dire de lui. M. d'Héricault^ qui a cru voir en lui le prototype de Roger Bontemps, lui a consacré une notice tout à fait fantaisiste et dénuée de faits précis. Au lieu de le suivre dans ses vagues hypothèses, nous aimons mieux donner la liste des compositions dramatiques contenues dans le recueil de 1534. Nous nous efforcerons d'en indiquer la date au moins approximative :

Vers 1 5 00. Contre les clercs du Chastellet^ la Ba\oche (éd. de i855, p. 271).

Vers i5oo. Pour les clercs du Chastellet contre les Basochiens (ibid.^ p. 273).

Ces deux ballades doivent remonter au temps où Roger de CoUerye était étudiant.

1. Mémoires concernant Vhistoire ecclésiastique et civile d'Auxerre, II (1743), p. 32a.

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