ZVIII. «- SATYRE» PAR ROGER DE COLLERYE
Peuple François.
Vigneron, vous n'estes pas nice,
Ça, voz propos sont de valleur. i lo
Le Vigneron.
Et ! n'esse pas un grant malheur De souffrir telle deablerie?
Il y a plus de mengerie, Par le vray Dieu, en ceste ville Qu'a Paris, par monsieur sainct Gille; 1 1 5 Mais quoy ! Cest faulte de Justice.
Tous les jours le pain appetice ' f^ Et n'est labouré bien ne beau .
Peuple fraiïçois.
Il dict vray, et ne scent que Teau,
De quoy le peuple est desplaisant. 1 20
Le Vigneron.
C'est pour le faire plus pesant
JOYEUSETÉ
Hé ! quelz gaultiers plains de malice !
JOYEUSETé.
Croy qu'ilz ressemblent l'escrevice Qui va tousjours a reculons.
lia gaultier — is3 le croy
I . Ce reproche fait aux boulangers de faire les pains trop petiu est de tous les temps ; on ne Timprime plus guère aujourd'hui ; mais jadis les poètes ne dédaignaient pas de s'en faire Técho. Voy. La Plaincte du Commun contre les boulengers et ces brouillons taverniers ou cabaretiers et autres^ avec la Désespérance des usuriers {Montùglon^ Recueil de Poésies françoises. II, pp. a3o- 337), et La Complainte du Commun Peuple a Vencontre des boulangiers qui font du petit pain^ et des taverniers qui brouillent le bon vin, lesquels seront damne:( au grand diable s*ili( ne s'amendent (ibid., y, pp. 94-io5). On ne connaît de la seconde pièce qu'une édition mutilée de 1 588 ; c'était peut-être un extrait de la Deablerie d'^loy d'Amerval (ch. 107).