‹ Recueil général des sottiesChapitre 6 sur 91 · I. Hist. du Théâtre français, t. III, p. io · texte numérisé non relu

I. Hist. du Théâtre français, t. III, p. io

XII INTRODUTION

V Histoire du Théâtre français est très juste ' ; mais nous pensons qu'il y a lieu de la compléter. Les comédiens de profession donnaient des spectacles « coupés » ; l'argument tiré du Jeu du Prince des Soti est concluant, mais il a l'inconvénient de laisser dans l'ombre un genre dramatique important : le monologue. Voici un texte qui indique bien nettement l'ordre dans lequel se succédaient les diverses parties de la représentation.

On trouve dans le Journal d'un bourgeois de Paris, publié par M. Ludovic Lalanne ", des détails singulièrement curieux sur une aventure arrivée au mois d'avril i5i5 : « En ce temps, dit le bourgeois anonyme, lorsque le roi estoit a Paris, y eut un prestre qui se faisoit appeler mons"" Cruche, grand fatiste, lequel, un peu devant, avec plusieurs autres, avoit joué publiquement a la place Maubert, sur eschafaulx, certains jeux et moralitez, c'est assavoir sottje, sermon, moralité et farce; dont la moralité contenoit des seigneurs qui portoient le drap d'or a credo et emportoient leurs terres sur leurs espaules, avec autres choses morales et bonnes remonstrations. » Nous n'achève-

1. Un historien, Jehan de Roye, rapporte, il est vrai, que, « à l'occasion de la paix d'Arras faS décembre 1482), le cardinal de Bourbon fit faire en son hostel de Bourbon, à Paris, une moult belle moralité, sottie q\. farce » (voy. Petit de Julleville, Répertoire du Théâtre comique, 1886, p. 343); mais, comme en pareille circonstance la moralité devait être la pièce principale, il est vraisemblable que la sottie dut la précéder.

Quant à la farce, elle terminait sûrement la représentation. L'usage subsistait chez nous au XVII' siècle, et il s'est conservé en Angleterre dans les théâtres populaires.

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