Je ne sçairoye pour ma puissance
Vivre des gaiges qu'on y a lo
D'entretenir homme et cheval; Chercher me fault aultre accoinctance.
(A. Gasté, Chansons normandes du \v<^ siècle ; Caen, 1866, pet. in-8*, n» 54, p. 84.) L* même pièce reparaît plus loin (v. 164-165).
l88 VI. — LES DEULX GALLANS
La Femme.
Doy ge prendre ma résidence, Mon demeure et mon asurance Avec telz gens ? Je m'en conseille.
Y m'ont mys la puce a l'oreille, Fol. 56 Chacun d'eulx, dont je suys mau mue *, i lo Me disant : « La tresbien venue Vous soyés, en démenant Joye », Tant que sy ravye j'estoye Que je ne savoys plus que dire.
Le Premier.
Fy de thresor! Je ne désire ii5
En se monde qu'avoir Sancté.
Le IK
Sancté nous oste hors de martire.
Le Premier.
Fy de thresor! Je ne désire
En se monde qu'avoir Sancté
Et démener joyeusseté i2û
Pour vivre en plaisir et leesse.
Le IP.
Et puys, Sancté, nostre metresse?
Vous me semblés fantasiee.
Je vous pry, tenés nous promesse.
Et puys, Sancté, nostre metresse? iiS
La Femme.
Vous démenés trop de leesse; Je suys de vous mal pourmenee.
I. Mal émue. M. Le Verdier, dans le glossaire du Mystère de l'Incarnation et Nativité (p. 55) dit avoir entendu dans l'arrondissement de Dieppe l'expression « grand mal-ému ».
ET SANCTÉ 189
Le Premier.
Et puys, Sancté, nostre metrcsse?
Vous me semblés fantasiee.
La Femme.
Je suys avec vous si troublée i3o
Et plus martiree c'un viel chien.
LeII«.
Et comment?
La Femme.
Vous ne faictes rien Synon a vostre volonté.
vo Nous demenon joyeusseté
Et chasson hors toute riote. i35
Le II«.
J'ey de plaisir plain une hôte, Puys que Sancté est aveq moy ; Je chante tout seul, je fringote ' ; Jamais mon cœur ne se tient quoy.
La Femme.
A Dieu, enfans, je vous lesray; 140 Je suys tennee de vostre vye.
Le Premier.
D'avec vous je ne bougeray.
La Femme.
A Dieu, en fan s, je vous lesray .
Le Ile.
Et moy, qu'esse que je feray?
Sancté, ne m'abandonnes mye ! 145