I. Voy. surtout les v. 53-6o, i25-i
ridée en est plus simple. Tandis que les gorriers réussissent à faire figure dans un monde où la Folie est toute puissante, les trois personnages que nous voyons ici marchent directement à leur ruine. La pièce exprime la même idée morale que le petit livre populaire de Robert de Balsac, intitulé le Chemin de VOspital ', le Chasteau d'Amours de Gringore et le Catholicon des Maladvise\ de Laurens Des Moulins ; nous la croyons du même temps que ces diverses compositions. Il est vrai qu'elle ne contient pas une seule date, mais le v. 8 nous permet de les placer vers i5oo. Les « folz lyonnoys » tiennent la tête de l'énumération des fous (preuve que Folle Bobance a été jouée à Lyon), puis viennent les fous de Milan et de Gênes. Ces mots indiquent, croyons-nous, que la sottie a été composée alors que Milan et Gênes appartenaient à la France, c'est-à-dire entre 1499 et i5i2. Les « folz genevoys » reviennent une seconde fois plus loin (v. 16), mais le poète ne les considère pas comme des étrangers ; il semble que, par une intention satirique, il n'ait pas voulu aller chercher des fous en dehors des limites de la France. Nous croyons donc que notre pièce a été écrite entre 1499 et i5i2, mais plus près de la première date que de la seconde. L'occupation de Milan et de Gênes devait être encore un fait récent.
Les costumes élégants dont les trois fous nous donnent la description sont ceux de la fin du xvi= siècle.
Au point de vue de la forme, notre sottie est une imitation du Dialogue de messieurs de Mallepaye et
I. Allut, Étude biographique et bibliographique sur Symphorien Champier (Lyon, iSSg, gr. in-8), p. 119. — Le Chemin de l'Ospital par Robert de Balsac, sénéchal d'Agenais et de Gascogne. Nouvelle édition avec notice sur l'auteur, notes et appendice, par Ph. Tamizey de Larroque (Montpellier, 1887, in-8), extr. de la Revue des Langues romanes, III* série, XXX (1886), pp. 276-309.
DE FOLLE BOBANCE 2 37
de Baillevant. L'auteur a cherché à reproduire en divers passages le discours vif et haché des deux aventuriers. L'énumération que font nos trois fous de toutes les choses où ils mettent leur plaisance rappelle même le modèle dans un certain nombre de détails. Notre sottie est également écrite en strophes, mais le poète a cru pouvoir varier les enlacements de ces vers. Après un triolet en i6 vers décasyllabiques sur deux rimes croisées, la pièce débute par une strophe de 12 vers rimant abbabaababab (v. 17-28), puis viennent des strophes de huit vers, rimant ababbcbc. A la tin de la pièce (v. 5i i-53i) nous trouvons des vers de cinq syllabes semblables à ceux que nous avons cités plus haut (pp. 141 et 210). Ces petits vers ont aussi été employés par Claude Chevalet dans le Mystère des Tfois Doms{i 509) et dans le Mystère de saint Christophe (i526).
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BIBLIOGRAPHIE
a Farce nouuelle || tresbonne de folle Bobance || a quatre personnaiges. || Cestassauoir. || ÎJ Folle bobance. || îl Le premier fol gentil homme. || î[ Le second fol marchant, H îl Et le tiers fol laboureux. — îl Qr fine folle II Bobance^ S. l. n. d. [Lyon^ en la maison de feu Barnabe Chaussard, vers 1 545], in-4 goth. allongé de 8 ff. de 48 lignes à la page pleine, impr. en grosses lettres de forme, sign. A-B.
L'édition n'a qu'un simple titre de départ, et le ro du i" f. contient 44 lignes. Nous en reproduisons ci-après les 29 premières.
Les grosses lettres de forme avec lesquelles ce volume est imprimé ont été employées par les héritiers de Barnabe Chaussard pour la Farce nouvelle rnoralisée des Gens nouveaulx (voy. p. 257), pour la Farce de Colin, fils de Thenot, etc., et pour les titres de plusieurs farces dont le texte est d'ailleurs imprimé en caractères gothiques ordinaires.
Musée britannique, G. 20. e. i3.
b. VioUet-le-Duc, Ancien Théâtre français, II, pp. 264-291.
Si^rcc nouueue
Q^^ kttsbonnc Dc foUe23obancc
i a quatre petfottnatses* Cedadauotu
CfoUebobancc.
iL)Lep?emicc fol genttl Ijomme»
CtLe^f^conO tolmaicljant.
cet le tiers fol laboareu]c»
CJf oîï^ bobance cômence*
V^ê>02te5 tcedous^ nieuetie^uoij^ eequelfecpnopf^tîOttBpoit matootr 3©eft)eci|e? boni? bîen toS îcp a Dcllej 3BgbUe$ fûi5 lie foUte î;a!foUe5 i^af ôlleelmsqa^cp teneDoas t^tjD £)u edestionsioasmes fol^a^oliei â>o::te5 ereSoui ^ meDene^ Doip
jfol5 Iporai0p3/mpiiiîop5/geîîeoop0/ jf ol^ folâtres fetaeâair aOmeiei
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