‹ Recueil gradué de thèmes latinsChapitre 166 sur 194 · Reconnaissance due à nos maîtres · texte numérisé non relu

Reconnaissance due à nos maîtres

Depuis quand veut-on quel'onsoitsansreconnaissance pour ses maîtres? Quoi! il sera dans la nature de l'homme1 de revoir avec plaisir une maison où l'on est né, un villageoù l'on a été nourri par une femme mercenaire, et il ne serait pas dans notre cœur d'aimer ceux qui ont pris un soin généreux de nos premières années ! Je ne saurais pour moi être ingrat envers ceux qui m'ont inspiré le goût des belleslettres , q ui feront pour moi j usqu'au tombeau la consolation de ma vie. Rien n'effacera dans mon cœur la mémoire du Père Porée, qui est également chère à tous ceux qui ont étudié sous lui. Jamais homme ne ■rendit l'étude et la vertu plus aimables. Les heures de ses leçons étaient pour nous des heures délicieuses, et j'aurais voulu qu'il eût été établi dans Paris, comme dans Athènes, qu'on put assister atout âge à de telles leçons : je serais revenu souvent les entendre.

(Voltaire,)

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