L'entrée des enfers
La vapeur soufrée du marais stygien, qui s'exhalait sans cesse par cette ouverture, empestait l'air. Tout autour il ne croissait ni herbe ni fleurs; on 6 n'y sentait jamais les doux zéphyrs, ni les grâces naissantes du printemps, ni les riches dons de l'automne : la terre, aride, y languissait; on 7 y voyait seulement quelques arbustes dépouillés et quelques cyprès funestes. Au loin même, tout à l'entour, Cérès refusait aux laboureurs ses 8 moissons dorées; Bacchus semblait en vain y promettre ses 9 doux fruits; les grappes de raisin se desséchaient au lieu de 10 mûrir. Les Naïades, tristes, ne faisaient point couler11 une onde pure; leurs Jî flots étaient toujours amers et troublés. Les oiseaux ne chantaient jamais dans celte terre hérissée de ronces et d'épines, et n'y trouvaient aucun bocage pour18 se retirer. (Fénelon.)