CHAPITRE VII
SEBHON VU CUBÉ.
Le dimanche suivant , Lerond fat k l'église ; M. Robert était triomphant sur son banc; M. de Fierenville occupait la place d'honneur et -attirait tous les regards. Lerond remarqua qu'ils le fixèrent tous deux au moment où il entra, et se lancèrent ensuite un coup d'œil d'intelligence. L'office commença, et le curé monta en chaire. Il prêcha ce jour-là sur l'endurcissement des pécheurs.qui vivent dans le désordre se croyant à l'abri de tout reproche. Oui , disait-il , il en est qui , rassurés par des lois qui consacrent leur impunité, croient qu'ils seront absous au tribunal du Très-Haut , comme ils le sont au tribunal des hommes. Mais ceux-là pensent-ils que ce qui est injuste cesse de l'être > parce que les« hommes ne le punissent pas comme tel ? a'eatendent-iU pas une voix secrète qui leur crie : Rends les biens qui ne t'appartiennent pas , les 1)iensque tu possèdes au mépris de ce qu'il y a de plus sacré sur la terre. Ne te prévaux pas d'une loi sacrilège qui t'autorise à les garder ; coriçulte ta conscience, et restitue le fruit du larcin, dont
tu n'es que le receleur, au possesseur injustemeot de'pouilté ! Entendez-la , mes frères , cette voix salutaire', et ne méprisez pas les conseils qu'elle vous donne. Que dis-je ? il en est peu heureusement parmi vous à qui ce reproche jpitisse s'adresser; mais n'en fût-Il qu'un seul....
En prononçant oes mots, le curé jeta les yeux sur Lerond. M. de Fîereriville et Robert tournèrent la tète brusquement de son c6té et le regardèrent av«c affectation ; tout l'auditoire entraîne par ce mouvement en fit autant , et le pauvre Lerond , d'abord un peu déconcerté , oe perdit cependant pas la tète, et , sans baisser les yeux , il garda une ctmtenance calme et asBurée.
Le sermon continua , la messe s'acheva. Tout le monde sordt. Personne n'osa regarder Lerond ni lui parler. Ah ! monsieur le curé ^ disait-il eu s'en allant, c'est un tour que vous m'avez préparé. Vous ne me traitiez pas comme ^la quand vous veniez manger ma soupe et boire mon vin , que vous trouviez si bon 1
Lerond rentra chez lui , bien de'terminé h prendre toutes ses tribulations en patience.