LES RAPPORTS POLITIQUES
PARIS
L'HUtLLlËR, LIBBAIHE-ÉDICEIIII, RUE tMKttiftt, 1 DEIiÀUNAY, LIIRAIBE, AD pÀLAU-ROTAL.
Décembre 1817.
. oz MADAME JEUIÏEHOMME- CRÉMIÈRE,
USB BÂDTKrEITILLX, n* 20.
P:h»G00gle
DU CONCORHAT
sous LES RAPPORTS POLltlQUES.
La toîx publique et la Domination d'aa ^and nombre d'évâques avaient annoncé à la France qu'un nouveau traité était conclu avec le saiot-siége. Cependant, ce traité restait toujours secret , et on l'avait vu exécuter avant de le connaître. Quoique tous les journaux étrangers l'eussent publié en entier, il avait été sévèrement défendu aux journaux français d'en parler. Cette précaution prise par l'aulorité n'était pas d'un bon augure. Défend reauxjoumauzdepublier le concordat, c'était nous annoncer qu'on croyait d'avance que l'opinion ne lui serait pas favorable , c'était presque nous dire que l'autorité l'avait déjà jugé , comme elle supposait que la nation le jugerait bientôt. D'après cette crain-
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(6) tive circonspecliom , d'après tous les bruits qui circulaient j ou be pouvait pas espérer que le nouveau traité fût avantageux et honorable à la France. Quelque triste qtie Fût cette conviction , un grand nombre de Français , accoulnmés à la résignation, et pour' ainsi dire blasés sur ces nsatiëres par deux ^années de souffrances et de malheurs, ne cro^'aient pas que ce fût la peine de disputer beaucoup pour accepter ou refuser un concordat, après qu'on avait souscrit au tnité du 30 novonbre i8i5.
Cependant ce concordat c'a pas plutôt été connu, que cette espèce d'indifférence s'est dissipée. Uo mouvement électrique »'est communiqué à toutes les ' létes. La nation a senti qu'il lui restait eocore quelque chose à perdre.
La France accablée par l'Europe entière, la France cédant à l'abus de la force , conservait son caractère national , ses belles et nobles institutions achetées par vingt-cinq années de combats, sa jeunesse fière et brlliqueuse^ les souvenirs de sa gloire , une masse immense de lumières,, et un esprit de liberté qui, en lui donnant la conscience de sa force, lui garan-
(7) tissait le retour de son indépendance. L'Europe n'avait pas cessé de nousesUmer, peutêtre même de oous craindre , et notre caractère nous conservait dans l'opinion une pré*' pondérance que la force ne nous donnait plus. En Usant le concordat, une idée terrible s'est présentée a tous les esprits ; on a ru avec effroi qu'il menaçait de nous ravir tout ce que nos malheurs n'avaient pu nous ôter.
Ce sentiment a été tellement unanime^ qn'it a presque fait disparaître un moment left nuances d'opinion qui nous divisent. L'improbatioDs'estmanifestée dans toutes-les classes de la société ; tons les discours , toutes les conversations n'ont plus eu d'autre sujet. D'après cette disposition des esprits , il estdu devoir des écrivains de ne pas rester enarrière. Il est important qu'avant b discussifm du concordat les députés connaissent l'ei^ fet qu'il a produit sur tous Les Français, afin que ceux qui sont citoyens, avant tout, re-^ doublent leurs courageux eSorts, et que. ie» autres fassent le sacrifice de leurs opinions^ de leurs intérêts particuliers, au maintien de la tranquillité , de la gloire de leur paya, à la noble ambition de remplie les devoirs, qu'ils-
(8 ) se sont imposés en acceptant des fonctions qui le$ rendent organes de l'opinion publique.
Tant que le concordat, eût-il été publié officiellement , pouvait n'être considéré que comme un traité entre le roi et le pape , nous sous fussions abstenus de toute observation sur les articles qu'il renferme : un profond respect nous eut fermé la boucbe. Mais dès ' l'instant que , débattu par le conseil d'état , et revêtu du contre-seing d'un ministre, il aété soU' mis à l'approbation des chambres , il est rentré dans la classe ordinaire desaclesdu gouverne- 33ient : c'est un projet de loi tout comme un autre. Il est donc libre à tout citoyen de pu' blier^on opinion sur une chose qni n'est qu'en projet, sans qo'jl soit permis de lui supposer l'inlentioQ de faire porter plus haut des traits uniquement dirigéscontre l'acte en délibération , ou tout .au plus contre le ministre qui en est responsable.
C'est une chose reconnue que l'esprit bumain a une marche lente et presqu'insensible. On lui voit rarement franchir un grand inter- Talle en peu de temps. L'instruction, les lumières , ne percent qu'avec beaucoup de difficultés; il a iallu des siècles pour amener
(9) la France d'un état presque barbare au point où nous la vojons aniourd'hui. Ce n'est que par des gradations itiGciies qu'on parvient à faire secouer aux hommes Jes préjugés qui offusquent leur raison. Une lumière Iropvive qu'on leur présenterait sans ménagement les éblouirait au lieu de les éclairer. Si de grandes précautions sont iodlspensables pour faire passer tes hommes de l'état d'ignorance k l'élat de civilisation et d'instruction où ils sont parvenus de nos jours, elles le deviennent encore bien davantage , pour les faire rétrograder vers l'état d'ignorance. Comme cette entreprise est tout à fait nouvelle , et que notre siècle en donne peut-être le premier exemple au monde, il n'est pas étonnant qu'on n'ait pas eu à cjet égard une théorie bien établie : l'expérience manquait, et c'est là probablement la cause de la faute ou est tombée le . grand homme qui s'est mis à la tête de l'entreprise dont nous parlons.
En supposant, je ne dirai pas qu'on puisse faire rétrograder à commandement l'esprit humain , car ceci est absurde même en supposition i mais seulement qu'on puisse l'arrêter i la nouvelle tentative qu'on vient de faire
serait encore trop brusque. Les contrastes nous choquent; it nous faut des IransitioDs ménagées. Ainsi il ne faut pas essayer de faire passer tout à coup sous la discipline des prêtres une nation pervertie par vingl-cinq années de triomphe; il ne faut pas dire à une jeunesse élcYée au milieu des armes que la soutane est plus noble que la poussière des camps ; il oe faut pas croire que le peuple français Terra des légions de prêtres et de moines du même œil dont il voyait les phalanges qui firent long-temps sa force et sa gloire, et qu'il aimera autant des cfaiaots d'église que des' chants de victoire; il ne faut pas croire enfin que ce peuple qui versa tant de sang pour la liberté, dont il n'est pas même parvenu à embrasser l'ombre , puisse se soumettre, sans murmures, au joug de l'aristocratie religieuse.
Ces réflexions auraient dû frapper le négociateur du nouveau traité ; mais il n'a considéré que le côté brillant de son sujet , et , pour vouloir trop faire à la fois , il a complètement manqué son but.
Jusqu'à présent nous avions vu beaucoup de regrets , beaucoup de retours vers le passé;
BOUS avions tu les amis du bon vieux temps faire de petits efforts pour nous ramener aux usages et coulâmes de nospères.Oa est forcé de convenir aujourd'hui que ces geos-là o*avaientque des idées mesquines; les uds voulaient nous reporter à trente ans, d'autres à soixante, quelques- uns au règne de Louis XIV, les plus hardis Dépassaient pas celui d'Henri ly. Mais d'un trait de plume, nous ressusciter un traité de François !«■'; mais, de plein saut, nous taire francfaîr à reculons ud intervalle de trois siècles , c'est une conception neuve, hardie , originale, grandiose, c'est le sublime du genre.
Cette gloire était réservée à l'ambassadeur . de France , près du saint-siége ; une triste célébrilé était attachée à son nom qui ne devait plus implorer que la faveur d'un profond oubli; mais il vient d'acquérir de nouveaux titres aux sentimens que les Français lui accor* daient sans mesure , il vient dé s'inscrire dans la postérité. Si jamais on fait une histoire des progrès de l'esprit hmnain , son nom méritera de iigurer a côté de celui du calife Omar (i) : ils auront autant fait l'un que l'au-
(i) Celui qutbtdlala bibliothèque d'Alexandrie, im-
tre , quoique avec ud succès différeDt , pour arrêter sa marche.
Quelque répugnant qu'il soît de suivre un pareil guide* il faut bien s'y déterminer, il faut bien s'enfoncer arec lui daris les ténèbres des siècles passés, pour voir dans quelles circon^ tances le traité récemment renouvelé a été conclu. En les comparant ensuite aux circonstances actuelles, on verra quel degré d'aveuglement (si loulefois on peut appeller cela aveuglement) il a fallu pour croire que le même traité pât convenir aux deux époques.
Ce fut après sa première campagne d'Italie y que François ï conclut les concordats avec le pape Léon X. En convenant qu'il a montré beaucoup de faiblesse dans celte négociation , oh ne peut se dissimuler qu'il avait quelques raisons de craindre le pape. Quoique plusieurs de ses prédécesseurs lui eussent donné l'exemple de braver l'excommunication du saint-siége, de repousser ses menaces avec hauteur et mépris ^ et de tenir l'évëqueide Rome à la distance où il doit toujours
mease dépàt des conoaissaDces humaines , commencé pat Ptolémée Philadelphe.
(.3) élre d'an roi de France, François I avait ■à craindre l'artificieuse politique de Léon X,. qui pouvait, à cette époque, lui susciter de nombreux et puissans ennemis ; qui avait convoqué uo concUe pour abolir la pragmatique-sanction etqui ae fiait assez su t ses forces, pour avoir l'impudence de menacer le- roi de France de donner son royaume tïi^nçijam. C'est au successeur de St. Pierre que François I était redevable de l'agression, des Suisses qu'un cardinal, par espritde piété, conduisait àla boucherie. Il avait vu, par eet exemple, ce dont la -cour de Rome et ses suppôts étaient capables. Il craignit ce qu'elle pouvait faire encore , et il crut, en signant les concordats, se concUier l'amitié du voluptueux Léon X qui , par sa vie débordée, était lescandale de l'Europe, comme son prédécesseur en avait été le fléau par sa tuHsnleote ambition , comme d'autres , avant eox , en avaient été l'horreur et l'exécration. ■ Mais ce prince loyal et trop confiant se trompait en comptant sur quelque espèce dé sincérité de la part d'un prêtre et sar-tout d'un prêtre ambitieux. Le perfide Léon X conseï» vaittoujoursunehainesecrète contre la France. ' Satisfait d'&voit obtenu ce qu'il voulait , il leva
. ( '4 ) bientôt le masqueet reparut parmi les enoemis deFrançois 1". Le vicairede Jésus-Christ mou* xut de plaisir en apprenant le désastre de Pavie. Xets sont les titres que la mémoire de Léon X. conserve à la reconnaissance desFrançais et des successeurs de François l"'; telles sontlesraisonsquidoivent nous inspirer, pour tout ce qui émane de luij une tendre vénération.
François I^'* , qui sentait la grandeur du sa*. crifice qu'il avait fait au maintien de la paix, présenta le concordat au parlement. Loin de le faire valoir comme une chose avantageuse à ses sujets, loin d'avoir l'air de croire que la France lui dût de la reconnaissance pour un pareil traité , il eut soin de représenter les dangers qui le menaçaient lui et ses sujets, s'il n'eût fait des concessions au saiot-siége; il exposa que Is pape, de son autorité privée, avait déjà aboli la pragma- Uque-:san'Ctioo , et il fit sonner bien hautsurtout cette menace, de donner son royaume in pr^am , menace qui alors pouvait être de quelque poids (i) ; enfin il demanda l'enre-
■■ (<] Du daquième joui de février i5i7> Mon* et-
(.5) gislrement des concordats, comme devatit j>réveDtr de plus graads malheurs, comme devant empêcher les nouvelles guerres que ht cour de Rome ne manquerait pas de susciter à la France.
Cependant telle était l'horreur qu'on commençait à ressentir en France pour Tambitioa des papes et leurs prétentions toujours croissantes, que de si grands motils oe purent déterminer le parlement à consentir à l'enre*
jour^liui , etc.... Api'ès <jue ledit chancelier ( messire Antoine Duprat) a eu parld au roi, il a propose et récité bien au long les circonstances que notre saint père le pape et le roi auraient eu ensemble, à Bologne, la grasse sur la pragmati^ue-sanctien , laiptelle il a dit par avant avoir été abolie par le concile lie Latran sélébréh Rome, et déclaré schismatitfues ceux aid la tiendraient , et si on se fia efforcé la maintenir , on eût délibéré de mettre l'interdit en ce royaume , ft après un an si on n'eût voulu obéir audit concile dt Latran touchant l'abolition de ladite pragmatique , avait délibéré de mettre tous les rois et princes contr» ce royaufniet leur bailler in prœdam , et qu'au moyen dés bonnes remontrances Jailes par le roi à notrt f oint père , et à sa ^ande prière et intercession, ils auront fait ensemble des concordats , etc.... (Extrait d«8 cegiUret du cotusiL du parlsmeal de Puii, )
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(.6) gistrement des concordats. Celle compagnie, à laquelle uii peut avec justice adresser tant de reproches, se couvrit de gloire par la courageuse résisliince qu'elle upposa à la volonté dn prince, résistance qui fui secondée par le clerg-é et |>ar l'université. Tous voulaient le maintien de la pragmatique-sanction de CbarlesVil, tous se révoltaient contre cet article non moins absurde qu'odieux, par lequel te pape, décidanl que Ifsévêquesse retirent près de lui pour en obtenir l'institution canonique, se réservait le droit de percevoir les Annates (.).
It serait trop long de détailler toutes les démarches que fit le roi pour obtenir l'enregistrement des concordais, et toutes les résistances que lui opposèrent le parlement , le clergé et l'université. Un grand nombre d'historiens, trompés par un faux acte, ont dit que les concordats avaient été enregistrés l'orcé-
(i) Cet artide est formellement conservé dans le traité, et conçu en ces termes :
a Les évéques et archevêques se retirent auprès du ■ pape ponr en obtenir l'institution uaonique, sui<^tmt « les /ormes anciennes établies. »
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ment et par exprès commandement du roi , le a8 mars i5i7. Le fait estqu'Hs n'ont jamab été enregistrés. Mézerai l'affirme positivémeDt.La meilleure preuved'ailieursqu'oQ paisse en donner, c'est qu'ils ne se trouvent pas sur les registres du conseil du parlement de Paris. Qn porte ici un défi public à tous les intéressés, ^^e prouver que les concordats soient inscrits sur ces registres qui existent au Palais de Justice. Ainsi donc ces concordais qu'on ressuscite aujourd'hui n'ont jamais, été loi de Télat , puisqu'ils n'ont' pas reçu la sanction de l'enregistrement. C'est aussi ce que fit valoir ' François U, lorsque, voulant maintenir la pragmat>que, ildil au pape, par l'organe du président Di^fcnier, qu'on n'avait jamais compté parmi les lois de l'état que les. actes enregistrés par le parlement, et que les coacordals n'ayant pas ce caractère , la pragmatique devait être considérée comme n'ayant jamais cessé d'être en vigueur (i).
(i) JUoribus nostris etregum hhristianissimorum aatùjuis constitutionibus in hue tu^ue diem, retigiosè
bietvalis , nihil in Galtid pubiicè quoaâ sacras ve^ Ijumanas res jtertinet , prae ge ttatuilurf tjuod non iit
( iS )
U paraîtra étrange, sans doute, qo'oir vienae après trois cenlsans conlredire le té-jnmgnage de presque tous les historiens; mais que ceux qui doutent , remonteot à la source que nous leur indiquons, el ils verront que le déB que Qons ne craignons pas de réitérer est fondé sur des faits matériels.
Voyons combien, aprèsirois siècles, les circoostauces auxquelles on veut adapter le même traité, sont differenies.
La philosophie, en ouvrant les yeux des peuples sur toutes Içs n^omeriés sacerdotales , a entièrement détruit le prestige qui environnait l'évéquede Rome, et l'a réduit. à une nullité absolue. Les souverains de l'Europe, dans leurs relations politiques , ne considèrett ^as plus la cour de Rome que si elle n'existait vas. Ils necoosullent plus la volonté du saint i^ère qui peut être content ou mécontent , .sans quepeisonne s'en embarrassç. Son in-
parlementi arresto puhlica. Et i) ajouta que cette formalité n'avait pas élé gardée ni à la récCptiandu ïnncordat ni en J'abrogation de la pragiuatiqae. (Dupui fJIUtoin de la pragmatique sanction etdet concordats, )
( >9 ) floence ne dépasse pas les bornes de ses élaU qui, comme on sait, ne sont pas d'une grande étendue. Il aurait beau intriguer, cabaler , envoyer en posie des cardinaux dans toutes les cours, <ju'it ne parviendrait pas à faire couler une goutte de sang en Europe^ et certes c'est avoir perdu on bien beau droit dontsesprédécesseursontamplement usé pour le bonheur des peuples et par esprit de charité. Que dis-je! fatal renversement des principes^ funeste égarement des esprits! le protol}'pe de Ce que l'esprit saint' Inspira jamais à de puissans monarques, pour la plus grande gloire de Dieu, ,1a sainte 'alliance elle-même a été conclue sans la participation du sainj Père j on ne la lui a pas même communiquée* sur un article qui rentrait si bien dans sa compétence, il n'apaseu voix au conseil!
D'ailleoTs, plus de la moitié de l'Europe, justement révoltée des exactions , des crimes » ' des sacrilèges \ des [turpitudes de toute espèct pour lesquels la cour de Rome outrageait les mœurs , lliumanilé et la religion , a secoué dès long-temps s«n joug avilissant ; celle grande zérolutioa date db règne de ce Léon X^ dont
les prétentions revivent daas son snccessenr actael , et il serait assez bizarre que l'œuvre de ce même pape qu'on remet aujourd'hui à la lumière, fît secouer aux autres peuples un reste de dépendance dont la raison s'indigne , . et dont la civijisalioa réclame l'abolition.
Le pape n'aurait pas même aojoQrd'hai la pensée d'excommunier uo rojaume. Il âentirait que ce qui fut terrible autrefois , ne serait plus que ridicule maintenant , et qu'au lieu de chercher à fléchir son courroux par de l'arffeut et des concessions , on lui répondrait par des huées et des siHlets. Cette disposition est sur-tout remarquable en France , où il y a certainement encore beaucoup de piété , mais où l'on ne s'embarrasse de la religion que poar elle-même, et non plus du tout pour les intérêts de ceux qui l'exploitent. Le catholique zélé d'aujourd'hui, pourvu qu'il puisse vaquer à ses devoirs de religion -, et recevoir les sacremens quand bon lui semble , ne croit pas du tout le salut de son ame intéressé à ce qu'on lui augmente ses contributions pour pajer les annales au pape. L'idée de [ajreligion est tout à fait indépendante pour lui de celle de la cour de Rome. Le cercle de ses idées à cet égard
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ne dépasse pas les limites de sa paroisse , ou toul au plus celles de son évêché. S'il en est ainsi des catholiques zélés, qoe dirons-nous des catholiques non zélés- qui forment une si immense majorité ? Ceux-là très-certainement ne s'effrayeraient pïktplos des foudres du Vatican, qne les Turcs ne s'inquiètent de voir le saint Père nommer des évéques de Samosate -rt d'Amyclée. \
Quand naguère on cherchait à donner une grande importance aux différeods de notre .cour avec le saiot-siége , on a pu voir comma ■ t'atteaiion publique refusait, quoiqu'on Ri, de s'arrêter sur une chose aussi insignifiante, et maintenant qu'on nous en présente l'apptaausement comme une faveur signalée du ciel, Dp ne s'en occuperait pasdavantage, n'était ce glorieux concordat qui est le résultat et la condition du rapprochement. Si, au lieu de cette œuvre lumineuse, il y avait eu une rupture complète avec le pape, on ne s'en serait pas aperçu à Paris ^ à moins qu'on n'eàt fermé les théâtres , comme on a imaginé de le faire depuis trois ans , pour forcer les fidèles à prendre part, bon gré, malgré j à de$ céré-
monies do'Dt, sans cela, ils ne.se soDcieraieot nullemeDt.
De toutes ces coasidéralions , il résulte que . le pape, quelles que Tussent ses prétealions, ne pouvait plus prendre le langage de maître et le ion de la meuace. Savolooié n'était plus redoutable, puisqu'il ne -pouvait l'appuyer d'aucune force physique ni morale. Les négociations devaient donc se faire de gré àgré : c'était à lui à j mettre beaucoup de modération , puisqu'il était intéressé à nous faire conserver , en usant de grands ménagemeos , ' une apparence de dépendance que ne récTame plus l'esprit des peuples , et qu'an contraire ils eussent vu secouer avec, dés acclamations unanimes. Il ne pouvait plus, comme Léon X, menacer le roi de France de donner s^n royaume inpiadam, puisque malheureusement c'est une adaire finie; m^tis au moins elle ne provenait pas de son fait, elle provenait du déchaiiiemenl de quinze cent mille baïonnettes , dunt une seule ne se fût pas mue à la la voix du vicaire -de Jésus-Christ,
Comment donc se fait-il que ce concordat que François I reçut d'un pape puissant, ambitieux , redoutable par ses alhaoces, ses
(>S) brigues et sera influence, comme un sacrifice douloureux imposé à la France pour le maintien àe la paix exiérietire ; comment j dis-je»' se fait-il qu'on reçoive ce même concordat d'un pape dépouillé de si. puissance , de aoa influence , de tout en un mot, excepté de son ambition , .qu'on te reçoive comme un bienfait signalé , comme nue faveur particulière , lorsqu'il n'importe aucuneineotà la tranquillité de la France , à son attitude vis-à-vis des priooes étrangers , presque tous hérétiques ou schis-
. matiques , et qui n'en seront nî plus [ni moîas eugeans envers nous, parce qu'ik nous sav-
** Tont récOQoliés avec Pie Vil?
Pourquoi donc nous prôner tant i^n traité dont les Français ne sentiront les avantages t)ue par l'augmentation des contributions qui sera nécessaire pour Foumir.auz apôtres neu- Tellement promus , les moyens d'avoir des chevaux, des carrosses et des livrées? Si ce traité nous eàt été imposé par l'Europe eft ' armes , en ménie temps que celui du vingt novembre, il eût fallu se résigner et les regarder tous deux comme un infâme abus de la force envers la confiance. Sjlais loin de là, personne ne nous l'imposait, personne- oe te
(24) demandait. Le concordat de 1801 suffisait 4 DOS besoiae , il éliù^ eu rapport avec oos ' çiœm^, DOS babitudes, dos înfttitQiioiu-, dok idées. Il n'a pas pu être permis à ud négocia* leur -iDepie de l'abroger. Cet bomme devient comptable eevecs la oatioo , de l'abos qu'il «L foit de la confiance de soo maître.
Secions-nojiis tellement décbns de ce que noua étions sous François 1** , que ce qui fat pour nos pères uo sacrifice., auquel ils croreet devoir se refuser, devienne pour nous nm, biéniait, une faveur? On pourrait le croire eo voyant le discours du cbancelier Duprat au parlement, et celui de S. Ë. le ministre de l'intérieur à la cbàmbre des députés. On pareil rapprocbement justifierait bien les lamen^ talions des vieilles têtes > qui disent que depuis plusieurs siècles nous n'avons feit que ' dégénérer.
D'après l'aperçu des circonstances qoi nous «Dt procuré deux foî& le même concordat» OD voit qu'il fut presque nécessaire la première fois , et qu'il est absurde la seconde. L'avenir nous apprendra si les corps délibérans d'aujourd'hui peuvent soutenir la comparaison avec Us corps délibérans d'alors. Noos verrons
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{»6) ù les exemples de courage et de fermeté qui obtinrent alors l'asseDliment unaoïme de la ' nation, se r^roduiroot sous nos yemc; nous Terrons, en un mot, si la chambre des. députés a plus à cœur le salut du peuple qui lui est confié, que le salut des âmes qui ne la regarde pas.
Voilà un vaste champ ouvert 9ux députés pour lesquels la gloire et la prospérité de la patrie ne sont pas de vain^ mots. Ceux-là eombattront, même sans| espérance de succès; la reconnaissance de leurs concitoyens leur- tiendra lieu du plaisir d'avoir réussi; et comme les résultats d'un pareil traité sont incalculables , leur nom se recommandera à l'estime et aox remercimens de la postérité. Jamais plus important sujet n'aura appelé lès inspirations de l'éloquence ^ jamais la puissance du patriotisme n'aura été plus augmentée par les armes, que lui fourniront la raison, et trop soQveot l'iodignaiion.
Ce dernier sentiment, dont un Français n'est pas maître à la lecture du concordat, s'exhalera sur-tout dans la discussion de plusieurs articles, qui portent un caractère tellement opposé à nos idées, tellement offensant
( =6 ) pour la nation, qu'on s'étonne qu'ils aient pu trouver place dans un traité soumis à son approbation.
Lorsque le duc de Richelieu présenta à la chanibre de 1816 le traité du 20 novembre, il ne chercha point à atténuer ta grandeur des sacriBces auxquels nous condamnait cet épouvantable traité. Il parut pénétré lui-même des douleurs que la France allait ressentir; et dans un discours plein d'une tristesse noble et imposante, il s'efforça de prouver que les maux sans exemple qui pesaient sur nous, rendaient inévitables et presque nécessaires des conditions également sans exemple.
La France reçut cette communication dans le silence du désespoir; mais aprèsavoir accepté le traité, elle dut croire que tons les sacrifices étaient consommés, elle dut croire qu'elle avaitépuisé.jusqu'àla dernière goutte, la coupe de. l'adversité et de l'humiliation. Cependant, semblable au lion mourant, il fallait encore qu'elle reçût te coup de pied de l'âne : un dernier sacrifice, un dernier opprobre, lui restaient à supporter, et bien plus révoltans que tous les autres > parce qu'ils û'étïûeDt pas indispensables.
(=7.) O douleur oon encore éprouvée! Le serri- , teur des serviteurs de Dieu se souvient ausâ- «ti'î^a eu des droits sur le comlatd'Âv^QQD; il revendique ces droits, et, à leur défaut, des indemnités! indemnités! Yoîlà le mot doDt toute TEuroperetentit , et il fallait que la voix grêle et cassée d'un pape se mêlât à loules left ■ Toix menaçantes qui font sonner ce mot ter- . rible à nos oreilles ! Un évêque ultramontain, non' content des bénéfices inespérés qu'un grand élat lui accorde contre ses intérêts , réclame encore des indemnités! Le consolateur des affligés veut aussi contribuer à l'œuvre mé* ritoire d'acheter la ruine d'un peuple épuisé, par tous les sacrifices , exténué par tous les besoins, dévoré par toutes tes douleurs; U veut aussi lui arracher sa dernière ressource , ses derniers mo^rens, son dernier lambeau! et le traité annonce un consentement tacite à ces conditions, et il s'est trouvé un homme capable de le signer sans que son sang se glaçât à une pareille .idée ! Un Français ne concevrait jamais qu'un autre Français eût ptt -^ consentir à tant d'avilissement; mais quand on Ht en tête du traité te nom du négociateur^ tout devient facile à concevoir.'
On ne sait plus quel nom donner ai^ seotimeat qu'on éprouve qoaad on voit que le pape nous annonce ces bénignes prétentions comme une preuve de son affection , comme tin lémoigoage de sa gratitude. Ingrats que àous sommes ! ce que nous repoussons comme 1ÏB lâche et dernier outrage, est cependant Fefiet de la reconnaissance ; écoutons le saint Père lui-même î Xfous ne pouvions, dit-il, nous rappeler sans éprouver une vive satis- Jàetionj avec quel empressement, quel concours et quel sentiment de dévouement nous avons été reçu dans ce royaume , malgré les conjonctures tes plus difficiles j tellement que par un conseil divin du- Dieu tout-puissant, m l'indignité du successeur de Saint Pierre , KÎ là crainte des périls , n'ont pu empêcher de rendre l'honneur qui est dû au prince des apôtres^
Prince des apôtres, si c'est ainsi que vous ' noua remerciez, dans le Seigneur, du dévouement avec lequel nous vous avons reçu , de Thonneur que nous voUs'avons rendu, plût à Dieu que vous eussiez voyagé chez nous incognito \
( »9 V L'article lo est peut-être le plus extraordinaire de tou3} il est ainsi conçu :
« S. M. T. G. , voulant donner un Boiiveaa « témoignage de son zèle pour la religion^ « emploiera , de concert avec le S. P. , toos 1 les moyens qui sont en soo pouvoir pour ' ■ faire cesser, le plus tôt possible , lesdésor- « dres et les obstacle^ qui s'opposent eu biea t de la religion et à l'exécution des lois ds « l'Eglise. »
On dirait que le traité eo lui-même a'est rien ^ qu'il rie fait pas encore assez pour la religion. Quels sont donc ces moyens qu'on doit employer , et qu'on ne spécifie pas? Cet article pouvait passer du temps de François I; mais dans le nàtre , il est superflu, il est absurde. C'est sans doule en vertu de cet article , et voulant don/ter un témoignag* de son zèle pour la religion^ que François I, de concert avec le pape , persécuta' les protestans et les fit brûler à petit feu , car, canoniqoement parlant , l'hérésie est un désordre ^ un obstacle qui s'oppose au bien de la religion et à l'établissement des lois de l'Église, il faut donc le faire cesser par tous les moyens possibles^ or, ces mojens possibles,
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(30) on ne croira pas que ce soit la persuasion qui est un iDojei» lent et ine£6cace : les gens zélés trouveraient encore aajourd'bui, comme alors, qae ce sont l'exil, les persécutions et les supplices. Nous avons déjà va dans le Midi qoels étaient les moyens qu'on avait employés pour extirper l'hérésie. Où en serions-noos grand Dieu ! si les dévots avaient le pouvoir d'employer tous tes moyens pour faire triompher la. foi !
Cet article barbare avait an moins le sens commun, à la première époque. Un roi de France avait alors le pouvoir d'employer des mojens qui blessaient également la raison , l'humanité , toutes les lois divines et humaines.
Il suffisait qu'on prît le prétexte de la plus grande gloire de Dieu , pour que leal-lois se tussent. Oo laissa piller, égorger, brûler les protestans , sans qu'une voix se fit entendre en leur faveur. Ils n'eurent de défenseurs qu'euxmêmes quand ils furent devenus assez forts pour opposer la violenccNà la violence.
Mais aujourd'hui , un roi de France n'a plus lepOBToir d'employer ces moyens; son pouvoir est réglé par la loi , dont il est lui-même lepremiersujet. Il ne pourrait user du pouvoir
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( 5i ) de faife cesser les désordres et obstacles qui s'opposent au bien .de la religion, qu'en se' meltant au-dessos d^s lois, et grâce au ciel, ce n'est pas du prioce auquel nous devons la 'charte qu'on peut craindre un pareil excès.
Un prince , aujonrd'hui , ne peut employer ' que la puissance de son exemple , le langagede la persuasion, les dons d'une munlBcence éclairée , pour donner des témoignages dé ■ son zèle pour la religion, et on sait assez que ces moyens sont insuiHsans pour^ire cesser , les désordreset obstacleStC&DOniqaemeoi parlant , gui s'opposent au bien de la religion j on ne doit donc pas, dans un traité, lui laisser' la latitude d'employer, pourquoi que ce soit, tous les moyens qui sont en, son pouvoir, parce que tous les moyens sont en son pouvoir quaad il voudra se mettre au-dessus des lois. Par un langage aussi^vagne on aurait l'air ici de lui donner cette faculté, sous la condition qu'il en userait pour faire cesser les désordres et obstacles qui s'opposent aii bien de la religion et à l'établissement des lois de r Eglise.
Cet article doit être relranché comme incoastitulÎQODel. L'art. 8, qui le précède.
(50 porte le même caractère i un degré doq moins éminÇDt.
L'évéque de Rome, rétablissant à tort et à travers des archevêques et des évêqties, procédant à une nouvelle circonscription de diocèses, comme dans un état qui lui appartiendrait, décide que les sièges , tant existans qu'à ériger, recevront une dotation convenable en biens-foods et en rentes sur l'état. .On ne se serait plus douté, de nos jours , que les attribulions du saint-siége fussent aussi étendues. Ainsi , dans un gouvernement où la nation vote elle-même l'impôt etJa dépense , où le roi lui-même ne peut disposer que des fonds tque la nation lui accorde , voilà Is pape qui fait plus que ne peut faire le roi et autant, que peut faire la nation: le voilà qui dépose dès biens-fonds, des renies sur l'état, en faveur de ses évéques. St. ce sont là les droits du pape, il ne peut les exercer dans UD état où il 7^ a une constituliou , où la nation* est représentée : sous ce rapport, l'Angleterre n'a jaùiais mieux fait que de se délivrer de sa dépendance. Gomme nous avons «ossi une coostitutioa et une représentation
nationale, il est absurde qu*iin pnpe prenne de pareilles libertés chez nous. S'il met son amitié à ce prix j 11 faut que la nation clioisisse entre sa constitution elles bonnes grâces du saint Père. Il faut dire, à son honneur , que s'il ne tenait qu'à elle, le choix serait bientôt fait.
Quels sont au moins les avanta^^es qne présente le concordat en compensation de ces articles si révoltans? C'est ponr l'avenir le rétablissement prévu des abbayes , prieurés et autre» bénéfices , qui existaient en iSi/, ■ et pour le présent le paiement des annates au saint-siége et l'érection de sept .nouveaux archevêchés et de trente-cinq évéchés. Voilà sur quoi se fondent les jubilations de tous les partisans de ce grand œuvre et la satisfaction non équivoque que S. Exe. le ministre de l'inlérieur a manifestée, dans son discours, sur UD si heureux événement.
Nous ne nous arrêterons pas aux raisons' qu'on met eu avant pour justifier l'érection des nouveaux sièges; c'est l'anermissémeut de la religion si nécessaire ^u bonheur des peuples, et toutes cesthéories baauies sur lesquelles on
( 34 ) , •dit depuis long'-temiis à quoi s'en leiiir. Mais noii^ ciemiinderuiii Ji|x ministres si, diins la posiiion où nous sommes, il peui nous armer rien de plusdcsaslreuique de voir de nouvelle? charges se joindre à celles qui nous accablent, que d'être dans l'obligation d'imposer à Igi nation de nouveaux sacrifices, pour de nouveaux besoins. Quand ils auront répondu à cette question , nous leur demanderons de qtitl œil tous les hommes sensés peuvent voir l'éreclion des nouveaux sièges. Quoi! on vient maintenant nous annoncer gaiment et presque ' en triomphe un accroisseraenl de dépenses, et bientôt paraîtra ce redoutable Budget, qui arrachant l'appareil qui couvre encore nos plaies , les fera saigner aux yéûx de la France entière. Bienlôt ou va nous montrer l'insnffisance des ressources employées jusqu'à ce joiir , la nécessité d'eu créer de nouvettas quand celles qui existaient sont' épuisées, et d'augmenter, les charges de ce malheureux peuple, dont les clinneurs lamentables ont retenti jusqu'au pie^d. dit Irône. On va se jeler aux gelions delà nation, et, par pitié pour elte-uiêtoe , la supplier de larir dans leurs der-
( 55) tiîers banaux les sources de sori'ofuilem'e , tie sa prospérité, de son incfiislrie, cl c'est diiris un pareil moment qn'oii propose comme une hagatklie, que dîs-je? comiue mi bieuTait sigiiitlé une atiginenlation de dépenses inohles
ta France vient d'annoncer récemment à l'Europe i"a déplofiible impuissance où elle se iro'uvé d'enlreJenir un officier général pour commander chacun de ses départemens Chaque jour, de nouvelles .«suppressions nons apj>rennent qu'elle peut se passer d'une foule de l'unclionnairCs qu'on rroyatl indispeosablenienl nécessaires, et elle ne pourrait pas se passer de âepi archevéqoCs ^i de treole-cinq évêqùés de plus!
Les députés qni feront valoir ces raisons n'oublieront pas non plus de représenter que l'état de la religion n'était pas tellement déplorable , son existence tellement compromise qu'elle e&ï besoin d'nne sollicitude si active et de secours ii efUcaces. En lisant les bulles qui accompag'nent le nouveau concordat, en énteudànt parler de la désolation du ti-oiipeau dtt Seigneur , d'é consoler les ruines d'Israël^ on trouve que ces expressions hyperboliqucs-
(.36) auraient tout au plus convenu après ta tourmente révolntionnaire, au moment où fut conclu le concordiJt de 1801 , qui par une desiiitée bizarre se voit abrogé par un traité fait trois cents ans avant lui; mais aujourd'hui la religion était en honneur d'un bout de Ja France à l'aujre, ses ministres jouisïaient de la protection des lois et de celle du trôùe, ils recevaient d'abondans bienfaits et de la munificence rojale et de la gëuérosilé de la nation : jamais des cérémonies plus nombreuses et plus solennelles n'avaient annoncé l'empire de la religion et réjoui le cœur des fidèles. Que manqnait-il donc? que i'allail-il de plus? Pourquoi venir (ont changer, tout bouleverser sous prétexte d'amliorer? Ne serait-ce pas Icj cas de rappeler ce proverbe, que le' mieux est l'ennemi du bien ?
Quand ces raisons eld'autres qui m'échap- ' pent,, auront élé développées à la chambre avec l'énergie et la franchise qu'on peut attendre des hommes qui y siègent, le gouvernement sentira , comme la nalion , que le traité conclu à Rome le n juin 1817 est inutile, et plus que cela, qu'il est dangereux etimpo-
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litiquè ; iï ve^râ ijà'iï iff ^agiieHil qui' les bonnes grâces' du'pa/pé, s'iiïreoîtn'iïécœurâés TèançAh , car la majorité dés Français se composé d'oommié^ c^i', armant lii et pensé, né Cfoiérit^yàs (pié'l'ataitté 5ù' pape soil nécessaire il ht prà^p'ei^ité dé Tétii^ pb^s, sur-lout ^àhd if fyut l^aétéléi- àf si Haut prix. Quant i ceti<[Ûi\ féWaiÂià dé Yièox préjugés (et céuï-là ne s'cfloV rit mtls ni liombréiix ) , votidraîént que lèé' cbbseâ fusseiu ainsi par là seule raison qu'elles obi éié âirisî autrefois, je né sais pas si le pàpeadhiël doit être pour êox urié autorité bien respectable. Loi parâoiinéront -ils' d'avoiç cédé àfvéc I*univ'ers , pardon neroilt-ils à l'homme qui Ir'av'aiile aujourd'hui avec tarit dé zèle au rélablissemenl de tbiiice qui est légitimé, d'avoir fait humblement lè vojâge dé Pâiris' pôulr couronner ub usurpateur?
La chsmbic des députés doit savoir gré à S. Êxc. lé niiiiîstre de l'intérieur de lui avoir épargné ta lecture des biilles él autres pièces qu'il a déposées sjjr le bureau. ït'ya dans celte aiténtîoD délicate nue sorte dé pudeur à laquelle oh' ne' s'aurait trop applaudir. Les
■ ( 58 ) Toutes delà chambre eussent été étonnées de retentir d'un langage si^eu usité dans celte eiireinte., et s! peu assorti à rimportance des délibérations dont elle est le théâtre. Il eût clé singulier d'entendre lire à la tribune d'une asr seoiblée législative les bulles d'un pape, et sur-tout les phrases où il . peint d'une tnanièrç si plaisante L 'violente tempête qui Va jeté dans les profondeurs de la mer ^ et la peur que lui, ont faite les roues impétueuses, les chevaux hennissans et les glaives étincelans. La gravité de l'asseiublée n'eût peut-être pas été à l'épreuve d'une semblable lecture, et il eût été alïligeant qu'une bulle de saint-Père partageât avec M. Piet le privilège de mettre nos représenlans en belle humeur.
La France entière attend ce que va faire la chambre des députés dans une affaire plus iaiportante que beaucoup de personnes ne le croient. Les députés ne croiront pas, sans doute, que le respect dû à la majesté du trône leur commande, dans cette circonstance» une timide circonspection. La majesté du trône n'est pas plus compromise ici que parla discussion ordinaire des projets de loi qu'on ac-
(59) eepte ou qu'on rejette, suiraot qu'on les trouve bons ou - mauvais. Le concordat n'est poiot l'ouvrage du roi ; il est celui de ^on ambaitsadeur, l^uel l'a transmis aux ministres, qui te proposent aux chambres. Les députés peuvent donc le rejeter sans x:raindre de Mes: ser te roi , qui ne s'offenseFa pas de leur voir exercer un droit qu'il l^ur a donné luimême.
Il semble d'ailleurs avoir voulu les engager à produire leurs opinions sans crainte et sans ména'gemens, par cette phrase remarquable de son discours : ■ J'ai chargé mes minisires, « en vous le communiquant (le traité ^avec <t le saint-ùége ) , de vous proposer un projet « de loi nécessaire pour donner ta sanction le- - « gislalive à celle de ces dispositions ^ui en - sont susceptibles , et pour les mettre en har- « monie avec ta charte, etc. «
S. M. n'anoonce>t-etle pas positivement^ en partant ainsi, qu'elle a jugé avec cette sagesse à laquelle rien n'échappe, que beau- •coup de dispositions renfermées dans le concordat ne sont ni susceptibles de ta sanction législative, ni en harmonie avec la charte,
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161 qtié, ^ïréoiiséquéiit, son atubaffiàdéiit a tiobvent été aiï'-dëlà dé son intë^tiOD?
n faut' donc biéù se leûîr eïi^Atde çôttwè fes gens qui *ou<ffatent insinuct; qtfér le respe6t oblige le» députés à déguiser oa à laite leiiT opiàioD. he rêjét du concordat De p^Ut bté^sëi' persoïiqe ; et ce qut doit mettre tes O^^e'àrs pàrfaifëmènt à' leur aise, c'est que toute la boDte en retombera sur M. le comte dé' Blacas , niarqùis d'Aulps et idés Rolartds;
Èe^ discùssiobs sur le concordat féroat sâils'doute réssbrlir acte grande vérité déjà connue dépuis long-temps, mais qut'paraft avoir besoin d'être proclamée de flctiitéau'; c'est que les gouvernemfens doivértt'érttiïidre dé s'occuper trop de ce qtii ne lés' regak>diï pw, et de niégliger ce qui est esséûtîeilenifcnt de leur ressort Le salut des àtnes est lintf choie très-importante assur'ément, mais dont }e gouvemenieDt n'est pas charge; chacun y travaille pour son compte et comme it l'eritéod, et ne sait autiun gr'é à ceux qui Veulènts'en mêler pour lui. Réglé ^nérale:' si lious nous occuponsde notre safut, cela sul-^'
fît, personne n'a besoin de s'en qccuper pour nous; si nous ne nous en soucions pas, comme c'esl une affaire purement personnelle, personne ne doit s'en soucier davantage, au moins pour ce qui nous concerne. Mais le salut du peuple , son bonheur , sa tranquillité, son bien-être, .sont con6és aux gûuvernemeDS ; c'est pour y veiller qu'ils ont été institués dans leur origine.' Ce doit élre là leur grande , leur unique affaire. It est temps que la voix des peuples leyr crie de se renfermer dans leurs attributions; il est temps qu'ils se donnent moins de soins pour nous procurer le bonheur dans un autre monde, et qu'ils s'en donnent davantage pour ne pas nous faire un enfer de celui-ci. C'est là une de ces vérités utiles qu'on ne saurait trop leur répéter, dont un ne saurait trop les engager à conserver le perpétuel souvenir.
Tous les hommes dont ta vanité , la fortune, l'ambition, sont intéressées à ce que l'ordre de' cbosesdont un pareil traité nous menace, s'établisse ^ en employant tous les moyens pour le faire approuver par les deux chambrés, ne
(4=) manqueront. pas de dire que te résnftal est l'objet des vœux de toii9 les anm du rot; on pom'ra leur Tépondfe avec assurance que ses enoeniis le désîrenl peol-êlfe encore davimtajîe.
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La Notice dei Outiaobb movtsidz mi ont paru tkpuU le I" novembre 1817, chee L'HUILUER, Libraire-Editeitr,, ett à la fin de cet ouvrage.