LA CHARITE
Mais c'est de me glisser aux fentes de la pierre Du cachot où languit le captif dans sa tour, Et d"y sécher des pleurs au bord d'une paupière Que réjouit dans l'ombre un seul rayon du jour!
— Bien ! reprit Jéhovah ; c'est comme mon amour ! »
Ce que dit le rayon au Bienfaiteur suprême,
Moi, l'insecte chantant, je le dis à moi-même.
Ce qui donne à ma lyre un frisson de bonheur,
Ce n'est pas de frémir au vain souffle de gloire.
Ni de jeter au temps un nom pour sa mémoire.
Ni de monter au ciel dans un hymne vainqueur;
Mais c'est de résonner, dans la nuit du mystère,
Pour l'àme sans écho d'un pauvre solitaire
Qui n'a qu'un son lointain pour tout bruit sur la terre.
Et d'y glisser ma voix par les fentes du cœur.